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17 févr. 2025

Qui ? / ¿Quién ?

 

Le soir, devant la cheminée, laisser remonter des souvenirs...et ce 

poème que j'ai lu.


Il est de Claribel Alegría, (Nicaragua, 1924-2018) nous l'avons déjà 

rencontrée sur ce blog; son nom m'a toujours enchantée.




 Évoquant des souvenirs


Évoquant des souvenirs

j’ai trouvé le tien.

Il ne faisait pas mal.

Je l’ai sorti de son étui,

j’ai secoué ses racines

dans le vent,

je l’ai mis à contre-jour:

C’était un cristal poli

qui reflétait des poissons de couleurs,

une fleur sans épines

qui ne brûlait pas.

Je l’ai jeté contre le mur

et la sirène de mon alarme a sonné.

Qui a éteint son feu?

Qui a usé le fil

de mon souvenir-lance

que j’aimais tant?

(Trad: Colo)

 



In memoriam, Enrique Grau 1990, Colombia



Barajando recuerdos


Barajando recuerdos
me encontré con el tuyo.
No dolía.
Lo saqué de su estuche,
sacudí sus raíces
en el viento,
lo puse a contraluz:
Era un cristal pulido
reflejando peces de colores,
una flor sin espinas
que no ardía.
Lo arrojé contra el muro
y sonó la sirena de mi alarma.
¿Quién apagó su lumbre?
¿Quién le quitó su filo
a mi recuerdo-lanza
que yo amaba?


14 mai 2024

L'arbre et le ciel / El árbol y el cielo

Peut-être ce poème  vous rappellera-t-il des souvenirs.

 JR Wilcock, injustement peu connu était Argentin mais avait passé une bonne partie de

 sa vie en Italie. Poète, écrivain, professeur de lettres, et surtout traducteur. Décédé à 58 

ans en Italie.

 

                                                   Yeuse( ou chêne vert) 

 

Jardin botanique


Juan Rodolfo Wilcock


Te souviens-tu de cet arbre aimé,

ciel d’après-midi verts et jaunes ?


C’était une yeuse accueillante et elle était

comme une auberge, gravée de façons diverses

par les clients d’autres printemps.


Nous n’avons pas inscrit là notre nom;

pourtant, quand tout sera mort,

ne restera-t-il pas le souvenir de deux ombres

qui un jour se baisaient les mains,

même si les ombres ne sont plus celles-là ?


Les questions rhétoriques n’ont pas de réponse.


Pour te revoir intensément, je m’éloigne:

si jeune, telle une barque au soleil.


Trad: Colo

 

]ardín Botánico

Juan Rodolfo Wilcock



¿Recuerdas aquel árbol querido,
cielo de tardes verdes y amarillas?


Era una encina, era acogedora y era
como una posada, grabada de diversas formas
por los clientes de otras primaveras.


No escribimos en ella nuestro nombre;
sin embargo, cuando todo haya muerto,
¿no quedará el recuerdo de dos sombras
que un día se besaban las manos,
aunque ya las sombras no sean aquellas?


Las preguntas retóricas no tienen respuesta.


Para verte de nuevo intensamente, me alejo:
tan joven, como una barca al sol.


3 oct. 2023

Souvenirs de plage / Recuerdos de playa

 

Hier soir j’ai perdu...Pedro Salinas


Sur le sable de la plage

un souvenir

doré, vieux et menu

comme un petit grain de sable.

Patience ! La nuit est courte.

J’irai le chercher demain…

Mais j’ai peur de ces

tourbillons nocturnes

qui emportent sur leur croupe

- dieu sait où? le sable

fin de la plage.


(Trad: Colo)


Léon Spilliaert, Plage au clair de Lune, 1908, aquarelle et crayon de couleur. Coll. particulière.


Anoche se me ha perdido... Pedro Salinas

En la arena de la playa
un recuerdo
dorado, viejo y menudo
como un granito de arena.
¡Paciencia! la noche es corta.
Iré a buscarlo mañana...
Pero tengo miedo de esos
remolinos nocherniegos
que se llevan en su grupa
¡dios sabe adónde! la arena
menudita de la playa.



24 sept. 2023

P(l)ages , poésie de la mer, du sable....

 

Tout est original, joliment présenté dans ce recueil de poésie.

D’abord son format agréable à manier, à lire car il y a des “respirations”, des blancs, quelques photos. Ensuite il a été réalisé par 4 poètes : Brigitte Bardou,Viviane Fournier, Marion Le Braz et Alcyon. mais on ne sait pas qui a écrit quoi: les poèmes ne sont pas signés quoique quelques pistes...

Voici la couverture de P(l)ages


Sur la page de garde on lit ceci:

"À celles et ceux qui nous ont fait découvrir nos premières plages.

À celles et ceux à qui nous avons eu la joie de les faire découvrir à notre tour".


Tous les poèmes, parfois très courts ou d’autres racontant une histoire, ont trait à la plage, la mer, l’eau. Aux couleurs, aux mouvements des vagues, au sable...Aux personnes, beaucoup d’enfants, mais aussi aux migrants, aux amours, aux souvenirs. 





Parfois, en bas du poème, en bas de page, un mot qui fait écho.

 



Pour que vous vous en fassiez une idée, j’ai préféré photographier quelques pages plutôt que de recopier les mots.

 


Publié par Lisières, un joli cadeau à vous faire, à offrir aussi.

17 mars 2021

Mémoire / Memoria

Restons au Chili.

Michaela Paredes Barraza est une jeune poète Chilienne, née à Santiago de Chile, en 1993

 

                                Álvaro Bindis, Chili,

 

Cérémonies d’intérieur

Il y a quelque chose de permanent dans la distance

entre objet et souvenir, ici ou là,

hier, aujourd’hui et demain.

Répété et différent dans la mémoire

tout reste circonscrit à ce lieu

où un jour il nous fut donné d’aimer le monde.

Perdurent ses images : l’angoisse

du rite des dimanches, les miettes du pain

et du désamour

que nous nions une fois derrière la fenêtre.


Nous changeons de ville, d’endroits,

mais là, et seulement là, nous fûmes et sommes

condamnés pour toujours à l’étreinte

au secret de la lumière qui, les nuits, nous rappelle

notre ruine originaire.

(Trad: Colo)

 

Alvaro Bindis, peintre Chilien 

 

Ceremonias de interior



Micaela Paredes Barraza (Santiago de Chile 1993)



 

Hay algo permanente en la distancia

entre objeto y recuerdo, aquí o allá,

ayer, hoy y mañana.

Repetido y diferente en la memoria

todo queda circunscrito a ese lugar

en que un día nos fue dado amar al mundo.

Perduran sus imágenes: la angustia

del rito los domingos, las migajas del pan

y el desamor

que negamos una vez tras la ventana.

 

Cambiamos de ciudad, contamos sitios,

pero allí y solo allí fuimos y somos

para siempre condenados al abrazo,

al secreto de la luz que nos recuerda por las noches

nuestra ruina originaria.

12 déc. 2019

Une fleur sans épines / Una flor sin espinas

Les longues soirées devant la cheminée, ce vague à l’âme qui peut nous envahir en laissant notre regard se perdre dans les flammes...et ce poème que j'ai lu un soir.
Il est de Claribel Alegría, (Nicaragua, 1924-2018) nous l'avons déjà rencontrée sur ce blog; son nom m'a toujours enchantée.


 Évoquant des souvenirs

Évoquant des souvenirs
j’ai trouvé le tien.
Il ne faisait pas mal.
Je l’ai sorti de son étui,
j’ai secoué ses racines
dans le vent,
je l’ai mis à contre-jour:
C’était un cristal poli
qui reflétait des poissons de couleurs,
une fleur sans épines
qui ne brûlait pas.
Je l’ai jeté contre le mur
et la sirène de mon alarme a sonné.
Qui a éteint son feu?
Qui a usé le fil
de mon souvenir-lance
que j’aimais tant?
(Trad: Colo)

 
In memoriam, Enrique Grau 1990, Colombia


Barajando recuerdos

Barajando recuerdos
me encontré con el tuyo.
No dolía.
Lo saqué de su estuche,
sacudí sus raíces
en el viento,
lo puse a contraluz:
Era un cristal pulido
reflejando peces de colores,
una flor sin espinas
que no ardía.
Lo arrojé contra el muro
y sonó la sirena de mi alarma.
¿Quién apagó su lumbre?
¿Quién le quitó su filo
a mi recuerdo-lanza
que yo amaba?

26 févr. 2019

Une poignée de ta mer / Un puñado de tu mar


Nous poursuivons notre périple poétique au Honduras, cette fois avec une poétesse, écrivaine et professeur (licence en littérature) née en 1962.
Seguimos con nuestro viaje en Honduras, esta vez con una poetisa, escritora y profesora nacida en 1962

Peut-être ce poème fera-t-il surgir en vous quelques souvenirs...
Tal vez este poema os recordará algún encuentro...

Soledad Altamirano Murillo



Ton arrivée

Tu es arrivé
avec toute la couleur
de l’aube éveillée;
dos au préjugé
et seul avec moi
tu as tissé mon corps de lumière,
tu l’as peuplé de pollen
et lui as donné une poignée
de ta mer.

Tu es arrivé dans ma vie
réduisant les distances
un jour d’avril.

Je t’ai tout donné:
terre, mer, océans,
courants d’air
et saisons .
(Trad:Colo)

Tu llegada

Llegaste
con todo el color
de la aurora despierta;
de espaldas al prejuicio
y a solas conmigo
tejiste mi cuerpo de luz,
lo poblaste de polen
y le diste un puñado
de tu mar.

Llegaste a mi vida
acortando distancias
un día de abril.

Yo te otorgué todo:
tierra, océanos,
corrientes de aire
y estaciones.

30 déc. 2017

Dans la malle / En el baúl


Hope box

Ce n'était pas si difficile- lui ai-je dit tandis que je buvais le café aqueux et chaud qu'on venait de me servir. -Il suffisait d'ouvrir la malle où je garde les souvenirs, les déguisements..., et de chausser ces lunettes en forme de cœur qu'un soir de réveillon quelqu'un a laissées pour que je les trouve. Et de ne plus jamais les ôter. 
 
Texte de D. Herrón, merci! (trad: Colo)

Tampoco era tan difícil- le dije mientras sorbía el café aguado y caliente que me acababa de servir. -Bastaba con abrir el baúl donde guardo los recuerdos, los disfraces..., y ponerme esas gafas en forma de corazón que una noche vieja alguien dejó para que yo encontrará. Y no quitármelas ya nunca más.

Texto de D. Herrón (¡muchas gracias!)


                                            
                                               



¡Feliz Año! Bonne année!


1 nov. 2017

Je me souviens de toi..../ Te recuerdo....


Pablo Neruda


Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
un simple béret gris, le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.

Je sens voyager tes yeux et l'automne est distant:
béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
et vers eux émigraient mes désirs si profonds
et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.

Ciel vu d'un bateau. Champs vus des collines:
lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.

(Traduction trouvée sur la Toile, sans nom d’auteur, un peu modifiée par moi)
 
Photo Colo, prise près de chez moi


Te recuerdo como eras en el último otoño.
Eras la boina gris y el corazón en calma.
En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
Y las hojas caían en el agua de tu alma.

Apegada a mis brazos como una enredadera,
las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
hacia donde emigraban mis profundos anhelos
y caían mis besos alegres como brasas.

Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
Hojas secas de otoño giraban en tu alma.


19 juin 2017

Les assiettes-souvenirs / Los platos-recuerdos





 Ana Pérez Cañamares
Santa Cruz de Tenerife, 1968


LES ASSIETTES offertes par ma mère
sont maintenant ternes et démodées.

Quand nous faisons le ménage
elles nous regardent tels des malades agonisants
qui ne comprennent pas ce que nous leur voulons.

Mais ce sont les assiettes de ma mère
qui ne m’offrira jamais plus
rien.
Si un jour nous nous décidions à les jeter
j’essayerai d’avoir sa voix en tête :
les choses, ma fille, ne sont que des choses”.

Ma mère n’est pas dans l’assiette.
Ma mère est dans le pain que je mange.
Trad: Colo

463
http://souris-blanche.over-blog.com/pages/De_vieilles_choses-1230162.html



LOS PLATOS que me regaló mi madre
están ya deslucidos y pasados de moda.

Cuando hacemos limpieza
nos miran como enfermos agonizantes
que no entienden qué queremos de ellos.

Pero son los platos que me regaló mi madre
que ya nunca volverá a regalarme
nada.
Si un día nos decidiéramos a tirarlos
intentaré escuchar su voz en mi cabeza:
“las cosas, hija, son sólo cosas“.

Mi madre no está en un plato.
Mi madre está en el pan que como.

3 avr. 2017

Souvenirs citadins / Recuerdos urbanos


Les lieux communs

Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974
 

La ville se conserve dans le souvenir,
pliée et disponible,
comme une carte affective
sur qui la mémoire a signalé
d’une croix la rue
et le bar et la terrasse
et la cafétéria
et le petit bout de trottoir
où l’on a entrevu un instant
un bonheur insaisissable.
(Trad: Colo)
Extrait de "Las palabras y los días"

 
Antwerpen, Anvers, Amberes, ma ville natale

Los lugares comunes
Elena Felíu Arquiola, Valencia 1974

 

La ciudad se conserva en el recuerdo,
doblada y disponible,
como un mapa afectivo
en el que la memoria ha señalado
con una cruz la calle
y el bar y la terraza
y la cafetería
y el trocito de acera
donde se adivinó por un instante
una felicidad esquiva. 

(De Las palabras y los días)

3 sept. 2016

Icare / Ícaro



Icare

Fondent au soleil
les ailes que je mets aux souvenirs:
à certains, pour qu'ils reviennent à moi,
à d'autres, pour voir s'ils émigrent pour toujours.


Trad: Colo


Serenità, Mario Tozzi 1923
 Source http://www.wikiart.org/en/mario-tozzi/serenit






Ícaro

Se derriten al sol
las alas que les pongo a los recuerdos:
a unos, para que vuelen hasta mí,
a otros, a ver si emigran para siempre.





1 févr. 2012

Silences et bruits d'arbres / Silencios y ruidos de árboles

Une vieille photo retrouvée, quelques arbres qui entouraient la maison de grand-mère.

Tous les étés, les jeux de ma jeunesse.
Des lieux, des arbres, des moments de vie.

Una vieja foto encontrada, unos árboles que rodeaban la casa de la abuela.


Cada verano, los juegos de mi juventud.

Lugares, árboles, momentos de vida.


Deux rangées de marronniers devant ma maison natale en Flandres ; là c’était se rouler et donner gaiment des coups de pied dans les couches humides et colorées des feuilles tombées, et ouvrir les coques dures des fruits en se blessant les mains, et admirer les pyramides de fleurs blanches qui annonçaient les vacances.


Dos filas de castaños ante mi casa natal en Flandes; allí era revolcarse y dar alegres patadas a las capas húmedas y coloradas de hojas caídas, y abrir las duras cápsulas de los frutos hiriéndose las manos, y admirar las pirámides de flores blancas que anunciaban las vacaciones.

L'arbre

L'arbre attendait.
Puis il fit sombre.

Il restait là-bas.
L'enfant le regardait.

Il dit : il fait nuit.
Et cela dit il rentra

On dîna. On veilla.
Et l'arbre ? dit-il.

Se demanda l'enfant
Sous le clair de lampe

L'enfant à qui l'arbre
Vint fermer les yeux.

Mohammed Dib


El árbol


El árbol esperaba.
Después oscureció.

Se quedaba allí.
El niño lo miraba.

Dijo: hace de noche.
Y dicho esto entró en casa.

Cenamos. Velamos.
¡Y el árbol? dijo.

Se preguntó el niño
Bajo la luz de la lámpara.

El niño a quien el árbol
Vino a cerrar los ojos.

Mohammed Dib

(Trad. Colo y MH)

Dans mes souvenirs diffus de la première année passée en Espagne, aux îles Canaries, ce sont les gigantesques avocatiers chargés de fruits; puis ce fut la découverte sur une autre île, Ibiza, des amandiers et oliviers qui me suivront ici à Majorque.

En mis difusos recuerdos del primer año pasado en España, en las islas Canarias, son los gigantescos aguacates cargados de frutos; luego fue el descubrimiento en otra isla, Ibiza, de los almendros y olivos que me seguirán hasta aquí, Mallorca.


Ici …hésitation. Et puis non, pourquoi choisir? Les palmiers et les pins, tous deux habitent mon paysage quotidien.

Solitaire, le palmier aux gestes lents se suffit à lui seul, il est le décor. Tandis que ce sont les forêts de pins qui donnent la couleur générale; odeurs et bruits dans le vent.

Aquí....hesitación. Pero no,¿por qué elegir? Las palmeras y los pinos, ambos habitan mi paisaje cotidiano.

Solitaria, la palmera de gestos lentos se basta a si misma, ella es el decorado. Mientras que son los bosques de pinos que dan el color general; olores y ruidos en el viento.

Pins

Pins qui restez debout à crier, malhabiles,
Sur l'étendue des landes

Où rien ne vous entend que l'espace en vous-mêmes
Et peut-être un oiseau qui fait la même chose

Lorsque vous avez l'air d'être ailleurs, occupés,
Livrés à tous les ciels qui sont livrés aux vents,

C'est pour mieux retenir le silence et le temps,
Et vous continuez à ne pas abdiquer,

Et vous êtes pareils
Aux hommes dans la ville.

Eugène Guillevic

Gallimard, 1966

Pinos

Pinos que os quedáis de pie gritando, torpes,
Sobre las extensas landas

Donde nada os oye salvo el espacio en vosotros mismos
Y quizás un ave que hace lo mismo

Cuando aparecéis como idos, ocupados
Entregados a todos los cielos que son abandonados al viento,

Es para retener mejor el silencio y el tiempo,
Y seguís sin abdicar,

Y os parecéis
A los hombres en la ciudad.
Eugène Guillevic
(Trad: Colo y MH)

Merci Hélder



Une chanson de Jean Ferrat, merci Gérard



5 nov. 2010

Souvenirs / Recuerdos

Court le billet de cette semaine car, et pour la première fois depuis les 35 ans que je vis en Espagne, mes deux sœurs sont venues me voir, ensemble et sans leur famille.

Le soleil brille, la nature est superbe, les émotions fusent ; on se voit si peu.

Nos souvenirs sont bien souvent contradictoires : « mais non, ce n’était pas Tante Yoyo, c´était tante Minou ou tante Poucette qui était tombée dans une poubelle ! »… (Oui, nos tantes avaient des surnoms évocateurs).

Nous tombons pourtant d’accord sur certains sujets comme les repas dominicaux de notre jeunesse : poulet rôti-frites-salades, gâteau, souvent un quatre-quart.À l’époque, un passé pas si, si lointain quand même, le poulet était un met de fête chez nous ; quant aux frites, ah ces frites belges, uniques, les meilleures ! (ici une recette possible pour les non belges avides de connaître leur secret ! )

Corta la nota de esta semana ya que por primera vez en los 35 años que llevo viviendo en España, han venido a verme, juntas y sin su familia, mis dos hermanas.

Brilla el sol, la naturaleza es magnífica, las emociones estallan; nos vemos tan poco.

Nuestros recuerdos son por supuesto contradictorios:” no, no era la tía Yoyo, era la tía Minou o la tía Poucette que se había caído en una basura”… (sí, nuestras tías tenían apodos evocadores).

Nos ponemos de acuerdo sobre algunos temas como el de las comidas dominicales de nuestra juventud: pollo asado-patatas fritas-ensalada, pastel, a menudo bizcocho.

En aquellos tiempos (no tan, tan lejanos) el pollo era un plato de fiesta en casa, en cuanto a las patatas fritas, ¡ah, esas patatas fritas belgas, únicas, las mejores! (para los no-belgas ávidos de conocer nuestro secreto, se fríen dos veces)

La patate vient bien sûr d’Amérique du Sud et au Chili il en existe 200 variétés, ils les appellent papas ; leur préparation a inspiré Pablo Neruda, voici des « papas » poétiques.

Ode à la papa frite Pablo Neruda

Elle grésille
dans l’huile
bouillante
la joie
du monde :
les papas
frites
entrent
dans la poêle
telles d’enneigées
plumes
de cygne
matinal
et en sortent
semi dorées par le crépitant
ambre des olives.

L’ail
leur ajoute
sa fragrance terrienne,
le poivre,
pollen qui traversa les récifs,
et
vêtues
à nouveau
d’un costume d’ivoire, elles emplissent l’assiette
de leur abondante répétition
et de leur savoureuse simplicité de terre. (Trad. Colo)

Oda a la papa frita Pablo Neruda

Chisporrea
en el aceite
hirviendo
la alegría
del mundo:
las papas
fritas
entran
en la sartén
como nevadas
plumas
de cisne
matutino
y salen
semidoradas por el crepitante
ámbar de las olivas.

El ajo
les añade
su terrenal fragancia,
la pimienta,
polen que atravesó los arrecifes,
y
vestidas
de nuevo
con traje de marfil, llenan el plato
con la repetición de su abundancia
y su sabrosa sencillez de tierra.

(Photos de ma terrasse et des variétés de papas chiliennes)