25 avr. 2023

Escapade

3 jours en Flandres, à Anvers ma ville natale, là où j’ai vécu jusqu’à mes 18 ans, puis 2 ans après mes études. Grande émotion car il y avait plus de 25 ans que je n’y étais pas allée. Une sorte de pèlerinage, l’occasion de montrer aussi à mes enfants où j’avais vécu et cette magnifique ville qui a été rénovée, transformée par les commerces, comme partout, et rendue piétonnière dans le centre.


                              Source: https://magazine.bellesdemeures.com/luxe/art-de-vivre/gare-d-anvers-un-monument-historique-art-nouveau-article-30026.html



On a commencé par la gare qui date de 1836 et est considérée comme la plus belle gare...du monde ?

Elle a été complètement restaurée (début des travaux en 2007) et c’est magnifique.

(clic pour agrandir les photos)



De là, à pied, avec une amie de toujours qui nous avait rejoints, nous avons déambulé, le nez en l’air pour admirer le haut des vieilles maisons et autres plutôt que les vitrines de magasins qu’on trouve partout.



Arrivés à la cathédrale Notre-Dame qui elle aussi a été remise à neuf. Construite de 1352 à 1521, elle contient de nombreux tableaux de Rubens.

Chance, il y a avait un peu de soleil, ça arrive en Belgique😅, d’où la belle lumière que vous voyez.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi toutes le oeuvres de Rubens, celle qui m'a le plus émue est ce triptyque de la descente de croix.


 

Tout cela donne soif, arrêt dans un vieux café où la moustache d'un homme m'a séduite!! Partout l'extrême gentillesse des gens nous a enchantés.




Suite la semaine prochaine….





18 avr. 2023

Le fond et la forme / El fondo y la forma

 

Il est des poèmes tellement tarabiscotés, travaillés, que le sens nous échappe encore après plusieurs lectures.

Le poème, très simple, d’aujourd’hui, incite, au contraire, à regarder derrière les mots...

Hay poemas, escritos tan elaborados que su sentido nos escapa todavía después de varias lecturas.

El poema, muy simple, de hoy, incita, al contrario, a mirar detrás de las palabras...

 

Le filtre transparent 

 Circé Maia (Uruguay, Montevideo 1932)

 

Le mieux serait de ne pas trop penser

à eux, les mots. Ils viennent

ainsi ou autrement et ce n’est pas si important.

Verres, ce sont des fenêtres qu’il faudrait nettoyer

avec soin. Ne pas les peindre

- que verrais-tu derrière?- ni les décorer.

À force de regarder la décoration à la fenêtre

tu n’as pas regardé dehors.

Le moindre coup d’œil

aurait pourtant suffi

pour voir la lumière de l’autre côté.

Oui, cette lumière du dehors

sur un visage qui passe.

Trad: Colo



Merci Dominique, j'ajoute ce magnifique poème de Armen Lubin 

 

Armen Lubin: SANS RIEN AUTOUR

N’ayant plus de maison ni logis,
Plus de chambre où me mettre,
Je me suis fabriqué une fenêtre
Sans rien autour.

Fenêtre encadrant la matière
Par le tracé de son contour,
Elle s’ouvre comme la paupière,
Se ferme sans rien autour.

Se sont dépouillées les vieilles amours,
Mais la fenêtre dépourvue de glace
Gagne les hauteurs, elle se déplace,
Avec son cadre étonnant,

Qui n’est ni chair ni bois blanc,
Mais qui conserve la forme exacte
D’un oeil parcourant sans ciller
L’espace soumis, le temps rayé.

Et je reste suspendu au cadre qui file,
J’en suis la larme la plus inutile
Dans la nuit fermée, dans le petit jour,
Ils s’ouvrent à moi sans rien autour.

 



 

EL MEDIO TRANSPARENTE Circé Maia (Uruguay, Montevideo 1932)

Lo mejor sería no pensar demasiado
en ellas, las palabras. Ellas vienen
así o de otro modo y no es tan importante.
Vidrios, ventanas son y habría que limpiarlas
con cuidado, por eso. No pintarlas
–¿qué verías detrás?– y no adornarlas.
Por mirar el adorno en la ventana
no miraste hacia afuera.
El más breve vistazo
hubiera sido al menos suficiente
para mirar la luz del otro lado.
Sí, esa luz de afuera
sobre un rostro que pasa.

 


12 avr. 2023

Tout lire / Leerlo todo

En commentaire sous le dernier billet, celui de Nicanor Parra, señor K m’a mis un autre poème de lui, en français. Je l’avais lu en español mais jamais cherché en traduction. Il l’avait trouvée sur un blog, belle traduction réalisée par le tenancier. de Brumes. Gracias K.


Si, comme Nicanor, vous lisez tout, toujours et partout, ce poème ironique devrait 

vous plaire.


Si, como Nicanor, leéis todo, siempre y en cualquier lugar, este poema irónico os 

debería gustar.


Le Prix Nobel

Le Prix Nobel de Lecture
Devrait m’être attribué
Car je suis le lecteur idéal
Je lis tout ce qui me tombe entre les mains :

Je lis les noms des rues
Et les enseignes lumineuses
Et les graffitis sur les murs
Et les nouvelles listes de prix

Et les actualités judiciaires
Et les pronostics pour le Derby
Et les plaques d'immatriculation

Pour une personne comme moi
La parole est une chose sacrée

Messieurs les membres du jury
Que gagnerais-je à mentir
Je suis un lecteur acharné
Je lis tout – je ne saute même
Pas les petites annonces

Bien sûr ces derniers temps, je lis peu
Je n’ai pas beaucoup de temps
Mais bon Dieu, qu’est-ce que j’ai lu

C’est pour cela que je vous demande de me donner
Le Prix Nobel de Lecture
Aussitôt qu’impossible.


Traduction de l’auteur de ce blog : https://brumes.wordpress.com/about/



EL PREMIO NOBEL

El Premio Nobel de Lectura
me lo debieran dar a mí
que soy el lector ideal
y leo todo lo que pillo:

leo los nombres de las calles
y los letreros luminosos
y las murallas de los baños
y las nuevas listas de precios

y las noticias policiales
y los pronósticos del Derby

y las patentes de los autos

para un sujeto como yo
la palabra es algo sagrado

señores miembros del jurado
qué ganaría con mentirles
soy un lector empedernido
me leo todo – no me salto
ni los avisos económicos

claro que ahora leo poco
no dispongo de mucho tiempo
pero caramba que he leído

por eso pido que me den
el Premio Nobel de Lectura
a la brevedad imposible

 

 

 


6 avr. 2023

La montagne russe / La montaña rusa

 





Nicanor Parra (Chili 1914-2018), quel personnage! Vous souvenez-vous de lui ?

J'ai repris certaines parties d'un billet d'il y a ....des lunes.


Voici pour commencer un extrait d’une interview.


Le coq à l’âne est son dada, si je puis dire. Il saute d’un sujet à l’autre sans rapport logique. Est-ce seulement un jeu auquel se livre Parra pour désarçonner son lecteur ?

Parra appartient à une société ou une époque où la force de l’instabilité est permanente. Sa poésie exploite à l’extrême limite les comportements contradictoires de notre monde. Il faut apprendre à vivre dans la contradiction sans conflit, dit-il, c’est une condition pour pouvoir survivre.

(Article sur Nicanor Parra http://www.espaces-latinos.org/archives/61675)



Puis le voilà.

Extracto de « Montaña rusa »



La Montana Rusa

 
Durante medio siglo


La poesía fue


El paraíso del tonto solemne.


Hasta que vine yo


Y me instalé con mi montaña rusa.

Suban, si les parece.


Claro que yo no respondo si bajan


Echando sangre por boca y narices.


 



La montagne Russe (extrait)


La poésie a été le paradis
De l'idiot solennel.
Jusqu’à ce que j’arrive
M’y installer avec mes montagnes russes.

Montez, si ça vous chante.

Mais je ne réponds de rien
si vous redescendez
en saignant de la bouche et du nez.







Finalement un poème entier



Nicanor Parra – Casse-tête

Je ne donne à personne le droit.
J’adore un morceau de chiffon.
Je change des tombes de place.

Je change des tombes de place.
Je ne donne à personne le droit.
Je suis un type ridicule
Sous les rayons du soleil,
Moi le fléau des bistrots.
Moi je meurs de rage.

Je n’ai plus aucun recours,
Mes propres cheveux m’accusent
Sur un autel d’occasion
Les machines ne pardonnent pas.

Je ris derrière une chaise,
Mon visage se remplit de mouches.

C’est moi qui m’exprime mal
Exprime en vue de quoi.

Je bégaye,
Du pied je touche une espèce de fœtus.

C’est pour quoi faire, ces estomacs ?
Qui a fait ce méli-mélo-là ?

Le mieux, c’est de faire l’indien.
Je dis une chose pour une autre.



Rompecabezas

No doy a nadie el derecho.
Adoro un trozo de trapo.
Traslado tumbas de lugar.

Traslado tumbas de lugar.
No doy a nadie el derecho.
Yo soy un tipo ridículo
A los rayos del sol,
Azote de las fuentes de soda
Yo me muero de rabia.

Yo no tengo remedio,
Mis propios pelos me acusan
En un altar de ocasión
Las máquinas no perdonan.

Me río detrás de una silla,
mi cara se llena de moscas.

Yo soy quien se expresa mal
Expresa en vistas de qué.

Yo tartamudeo,
Con el pie toco una especie de feto.

¿Para qué son estos estómagos?
¿Quién hizo esta mescolanza?

Lo mejor es hacer el indio.
Yo digo una cosa por otra.