27 oct. 2020

Croquer un soupir / Dibujar un suspiro

 A part les doux appels de la pluie, tout était silencieux; elle lisait, le chien, couché sur le canapé interdit, dormait, paisible.

Soudain un long soupir.

Qui?

Oubliant l’obligation de passer inaperçu et pouvoir ainsi prolonger son confortable somme, ce souffle lui avait échappé.

Bien-être ? Ennui ?

Elle écarta, peut-être à tort, l’idée d’un mal d’amour ou de mélancolie.


Musique de la pluie ; notes, silences, soupirs.


Le soupir entendu semblait plutôt léger….

Tant de soupirs, exaspérés ou satisfaits. Quand, pourquoi soupirons-nous ? Y faisons-nous attention, parfois ?

 

                                                      Distorsión de un suspiro Cristobal Delgado- España

 

Excepto las dulces llamadas de la lluvia, todo estaba en silencio; ella leía, el perro, tumbado en el sofá prohibido, dormía, apacible.

De repente un largo suspiro.

¿Quién?

Olvidándose de la obligación de pasar desapercibido y poder así prolongar su confortable sueño, ese soplo le había escapado.

¿Bienestar? ¿Aburrimiento?

Descartó, tal vez sin razón, la idea de un mal de amores o de melancolía.

Música de la lluvia; notas, silencios, suspiros.

El suspiro parecía mas bien ligero…. 

 

 

 

 


Poème d'Antonio Gala chanté par Clara Montés

                                

A pied vont mes soupirs

chemin de mon bien

 

Avant qu’ils n’arrivent

j’arriverai


Mon coeur  avec des ailes

mes soupirs à pied


Tiens la porte ouverte

et ouverte l’âme aussi.


Avant qu’ils n’arrivent

j’arriverai


Mon coeur a des ailes

mes soupirs vont à pied

(Trad:Colo) 

 

 

A PIÉ VAN MIS SUSPIROS poème d’Antonio Gala

 

 A pié van mis suspiros

camino de mi bien.

Antes de que ellos lleguen
yo llegaré.

Mi corazón con alas
mis suspiros a pié.

Abierta ten la puerta
y abierta el alma ten.

Antes de que ellos lleguen
yo llegaré.

Mi corazón con alas
mis suspiros a pié.



Tantos suspiros, exasperados o satisfechos. ¿Cuándo, por qué suspiramos? ¿A veces les prestamos atención a esos suspiros?

 

Cette note a été en partie publiée ici il y a des années.

22 oct. 2020

La vie, quelle beauté / La vida ¡qué hermosura!

 

MaríaZambrano, plus philosophe que poète, écrivait des textes en prose, en vers aussi, Ce poème je l’ai trouvé sous les deux formes. Elle appelait la poésie, “mes délires”

…………………….


"...Y yo había pasado por la vida
tan sólo de paso, lejana de mí misma."


..Et j’étais déjà passée par la vie

seulement de passage, loin de moi-même”






La penseuse de l’aura



Naître sans passé

sans rien d’antérieur à quoi se référer

et pouvoir alors tout voir

tout sentir

comme doivent sentir l’aurore les feuilles qui reçoivent la rosée

ouvrir les yeux à la lumière en souriant

bénir le matin

l’âme

la vie reçue

la vie, quelle beauté!


N’étant rien ou presque rien

pourquoi ne pas sourire à l’univers, au jour qui avance?

Accepter le temps comme un splendide cadeau

le cadeau d’un Dieu qui nous connaît

qui sait notre secret

notre inanité

et que ça ne le dérange pas

qui ne nous garde pas rancœur de ne pas être…


...Et comme je suis libre de cet être, que je croyais avoir,

je vivrai simplement

je lâcherai cette image que j’avais de moi-même

puisqu'elle ne correspond à rien

et toutes, quelconque obligation

qui découlent d'être moi, ou de vouloir l’être.


(Trad:Colo)


Sera-t-il possible qu’un jour heureux la poésie récupère que ce que la philosophie sait, tout ce qu’elle a appris dans sa prise de distance et ses doutes, pour fixer lucidement et pour tous son rêve?”(Dans Philosophie et poésie)


«¿No será posible que algún día afortunado la poesía recoja todo lo que la filosofía sabe, todo lo que aprendió en su alejamiento y en su duda, para fijar lúcidamente y para todos su sueño?» en Filosofía y poesía. 


La pensadora del aura



Nacer sin pasado

sin nada previo a que referirse

y poder entonces verlo todo

sentirlo

como deben sentir la aurora las hojas que reciben el rocío

abrir los ojos a la luz sonriendo

bendecir la mañana

el alma

la vida recibida

la vida ¡qué hermosura!


No siendo nada o apenas nada

por qué no sonreír al universo? al día que avanza?

aceptar el tiempo como un regalo espléndido

un regalo de un Dios que nos sabe

que conoce nuestro secreto

nuestra inanidad

 y no le importa

que no nos guarda rencor por no ser...


...Y como estoy libre de ese ser, que creía tener

viviré simplemente

soltaré esa imagen que tenía de mí misma

puesto que a nada corresponde

y todas, cualquier obligación

de las que vienen de ser yo, o del querer serlo.


Maria Zambrano 

En Delirio y Destino, Madrid,



Versión en prosa.


     Nacer sin pasado, sin nada previo a que referirse, y poder entonces verlo todo, sentirlo, como deben sentir la aurora las hojas que reciben el rocío; abrir los ojos a la luz sonriendo; bendecir la mañana, el alma, la vida recibida, la vida ¡qué hermosura! No siendo nada o apenas nada por qué no sonreír al universo, al día que avanza, aceptar el tiempo como un regalo espléndido, un regalo de un Dios que nos sabe, que nuestro secreto, nuestra inanidad y no le importa, que no nos guarda rencor por no ser...
     ...Y como estoy libre de ese ser, que creía tener, viviré simplemente, soltaré esa imagen que tenía de mí misma, puesto que a nada corresponde y todas, cualquier obligación, de las que vienen de ser yo, o del querer serlo.

17 oct. 2020

Lumière d'automne / Luz de otoño

 

L’automne a lui aussi son été, cette minute où s’incendie son or et se transforme en feu; l’air se densifie et la lumière devient pâteuse, épaisse, plus visible qu’en été, et permet, invite même à la regarder et, avant de tomber, devient pâle comme un fantôme d’elle-même, image pure de la lumière solaire; astre qui sans décadence aucune a cédé devant la requête du regard humain. C’est, plus que le printemps, l’instant d’accomplissement des noces entre le Soleil et la vie terrestre. Et une paix et une secrète douceur pénètrent partout, la vie humaine aussi; c’est le moment de l’amitié, de se sentir en amitié, même si on n’en n’a pas; de l’intimité de l’amitié, de son accomplissement, si on l’a.”(trad:Colo)

Délire et destin ; les vingt ans d'une espagnole   MaríaZambrano

 
                        Photo Colo 17 octobre 2020

 «El otoño tiene también su verano, ese minuto en que se incendia su oro y se convierte en fuego; el aire se adensa y la luz se hace pastosa, corpórea, más visible que en el verano, y sólo permite, y hasta invita, a que se le mire y, antes de caer, se vuelve pálido como un fantasma de sí mismo, imagen pura de la luz solar; astro que sin decadencia alguna ha cedido ante el requerimiento de la mirada humana. Es, más que la primavera, el instante de cumplimiento de las nupcias entre el Sol y la vida terrestre. Y una paz y una secreta dulzura lo penetra todo, la vida humana también; es el momento de la amistad, de sentirse en amistad, aunque no se tenga; de la intimidad de la amistad, de su cumplimiento, si se la tiene».                         

 (ZAMBRANO, María. Delirio y destino: los veinte años de una española. Madrid: Horas y horas, 2011.)


 

13 oct. 2020

Au sujet des plantes de tomates / Regarding the tomato plants

 Vu le peu de traductions en français des poèmes de Louise Glück, mon amie Eeva et moi avons eu l’idée d’en traduire un . Celui que nous avons choisi parle de la Terre, de Gaia, et commence par la difficulté, que nous connaissons bien toutes les deux, de cultiver de belles tomates chaque année. Après moultes échanges, nous avons pensé que le YOU du poème est Gaia elle-même.

Vous pouvez bien sûr intervenir pour donner votre avis….

Vêpres

Louise Glück - 1943-

 

Durant ton absence prolongée, tu me permets

l'usage de la terre, anticipant

un retour sur investissement. Je dois signaler

que j’ai failli à ma mission, principalement

au sujet des plantes de tomates.

Je crois qu’il ne faudrait pas m'encourager à cultiver

des tomates. Sinon il te faudrait retenir

les fortes pluies, les nuits froides qui arrivent

si souvent ici, tandis que d'autres régions ont

douze semaines d'été. Tout ceci

t'appartient: d'autre part,

c’est moi qui ai planté les semences, surveillé les premières pousses

comme des ailes déchirant le sol, et ce fut mon cœur

meurtri par la rouille, les taches noires qui si vite

se multiplient dans les rangées. Je doute

que tu aies un cœur, dans notre conception

du mot. Toi qui ne fais pas la différence

entre le mort et le vivant, toi qui es ainsi

immunisé aux signes avant-coureurs, tu peux ne pas savoir

quelle est la terreur que nous supportons, la feuille mouchetée,

les feuilles rouges de l'érable qui tombent

même en août, dans l'obscurité hâtive : je suis responsable

de ces vignes.

(Trad:Eeva, Colo) 

                                          Pekka Halonen 1913 Tomaatteja (peintre finlandais)*

Vespers  ( 1992)
Louise Glück - 1943-

In your extended absence, you permit me
use of earth, anticipating
some return on investment. I must report
failure in my assignment, principally
regarding the tomato plants.
I think I should not be encouraged to grow
tomatoes. Or, if I am, you should withhold
the heavy rains, the cold nights that come
so often here, while other regions get
twelve weeks of summer. All this
belongs to you: on the other hand,
I planted the seeds, I watched the first shoots
like wings tearing the soil, and it was my heart
broken by the blight, the black spot so quickly
multiplying in the rows. I doubt
you have a heart, in our understanding of
that term. You who do not discriminate
between the dead and the living, who are, in consequence,
immune to foreshadowing, you may not know
how much terror we bear, the spotted leaf,
the red leaves of the maple falling
even in August, in early darkness: I am responsible
for these vines.
 

From The Wild Iris, published by The Ecco Press, 1992. Copyright © 1992 by Louise Glück. All Rights reserved. Used with permission.

* Tomates pâles de Finlande, manque de soleil sans doute...;-) 

5 oct. 2020

Mafalda

 

Un  ami Argentin disait il y a peu que les deux personnages les plus connus dans son pays étaient Evita Perón et Mafalda “peut-être même plus cette dernière” a-t-il ajouté. Une femme, une fillette.

Qui, ici en Europe, ne connaît cette gamine impertinente, vive, réflexive , féministe et faussement innocente, mais qui permettait à son auteur, Quino, de faire passer ses idées malgré la dictature.

Quino qui vient de mourir et avait réalisé bien d’autres œuvres que les vignettes de Mafala “née” en 1962 et que l’auteur arrêtera de dessiner en 1973.




A los de habla hispana, ninguna necesitad de presentaros a Quino ni a Mafalda! Pero con su desaparición, y como homenaje, aquí unas tiras de recuerdo. 

 




 
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1 oct. 2020

L'ail rit / Ríe el ajo

 

Nous terminons pour le moment ce petit tour de la poésie cubiste, avec Picasso.

Alors là il faut s’accrocher pour y trouver du sens, mais en lisant avec attention on finit par comprendre, ou le croire du moins ;-))

J’ai traduit 2 poèmes, un “en prose” et puis un autre.


                                          Pablo Picasso 1939 Femme avec oiseau

 

Pablo Picasso Mai / mayo de 1936

ah si l’oiseau tisse des guirlandes avec les heures endormies dans le ventre de l’araignée de bronze pouvait se faire une friture d’étoiles dans le fond de l’air de la mer des numéros la colère déchaînée des chevreaux vêtus de plumes et chanter sur le fil du télégraphe rose de l’œil de l’œuf bleu de l’écharpe nouée au clou ardent planté exactement au milieu du front entre les cornes de la tête du toro quel silence

(Trad: Colo)

ah si el pájaro teje guirnaldas con las horas dormidas en el vientre de la araña de bronce pudiera hacerse una fritura de estrellas en el fondo del aire del mar de los números la cólera desatada de los chivos vestidos con plumas y cantar sobre el tendido del telégrafo rosa del ojo del huevo azul de la bufanda anudada al clavo ardiente plantado exactamente en medio de la

frente entre los cuernos de la testa del toro qué silencio

 

                                           Picasso 1936 Nature morte / Bodegón


Pablo Picasso Juin / junio de 1936

 

il rit l’ail de sa couleur d’étoile feuille sèche

il rit de son air moqueur de la rose le poignard que sa couleur lui inflige

l’ail de l’étoile qui est feuille sèche

rit de son air malin du bouquet de roses l’odeur d’étoile tombante

qui est feuille morte

l’ail de l’aile

(Trad: Colo)

 

se ríe el ajo de su color de estrella hoja seca

se ríe con su aire burlón de la rosa el puñal que su color le clava

el ajo de la estrella que es hoja seca

se ríe con su aire astuto del piñal de rosas el olor de la estrella caediza

que es hoja seca

el ajo del ala


23 sept. 2020

Fou, PIcabia? / ¿Loco, Picabia?

 

Picabia. Francis-Marie Martinez de Picabia Écrivain, poète, peintre... Il est né en France en 1879 de père espagnol et de mère française.

Nous restons dans le cubisme, un poème de lui aussi biscornu que certaines de ses peintures…

Je me suis demandé pourquoi, en mots, ces étrangetés nous dérangent plus que dans ses peintures. . Regardez ce tableau de lui, UDNI…connu, applaudi, très cher sûrement; il est au Centre Pompidou

 

                                   F. Picabia Udnie 1913


 

Et maintenant lisez ce poème...



Un fou qui est devenu fou           F. Picabia


La lune s'est couchée dans une cheminée

en rue il faisait froid

j'entends la pluie

je suis assis en attente de rien

j'en ai trouvé une

j'en cherche deux

deux feuilles pour la couronne

de l'héritage

du fantasme solitaire

qui se traîne vers l'amour

pour vider mon cœur.


(Trad: Colo, pas trouvé l'original-français sur la toile, hélas.)

 

Un loco que se ha vuelto loco  


                                           

La luna se ha acostado en una chimenea

hacia frío en la calle

oigo la lluvia

estoy sentado a la espera de nada

he encontrado una

busco dos

dos hojas para la corona

de la herencia

del fantasma solitario

que se arrastra hacia el amor

para vaciar mi corazón.

Francis Picabia

 

16 sept. 2020

Poème cubiste / Poema cubista

 La peinture cubiste est mieux connue que la poésie du même mouvement. Alors, pendant quelques semaines, partons à la découverte...

La pintura cubista es más conocida que la poesía del mismo movimiento. Entonces, y por unas semanas, vamos a descubrirla...



 

Chanson cubiste

José María Eguren (Lima, Pérou, 1874-1942)



Peupleraie de rectangles bleus.


La tour joyeuse

du dandy.


Volent

papillons photos.


Dans le gratte-ciel

un coq noir en papier

salue la nuit.


Au-delà de hollywood,

dans une distante

la ville lumineuse,

des obélisques

de nacre.


Dans le brouillard

la garçonne

étrangle un fantôme.

(Trad:Colo)

 


Fernand Léger, La ville / la ciudad, 1919 



Canción cubista

de José María Eguren (Lima, Perú 1874-1942)

Alameda de rectángulos azules.

La torre alegre
del dandy.

Vuelan
mariposas fotos.

En el rascacielos
un gallo negro de papel
saluda la noche.

Más allá de hollywood,
en tiniebla distante
la ciudad luminosa,
de los obeliscos
de nácar.

En la niebla
la garzona
estrangula un fantasma.



11 sept. 2020

Emmène-moi, J.R.Wilcock / Llévame

 

Juan Rkodolfo Wilcock, ( Argentine 1919-Italie 1978) est un poète peu connu, très intéressant dans ses genres variés; nous l’avons déjà croisé ici et ici.

J. R. Wilcock, (Argentina 1919-Italia 1978) poeta poco conocido, y muy interesante en sus estilos diversos; ya lo hemos cruzado aquí y aquí.

Le poème d’aujourd’hui est à la fois court et long car, vous le verrez: à part les 3 premiers vers, il n’est constitué que d’une seule longue phrase, presque à perdre haleine…Écrit en italien, le voici traduit en français et espagnol.


Un poema a la vez corto y largo ya que, lo veréis, excepto los tres primeros versos, está constituido por una sola frase larga, para perder casi el aliento...Escrito en italiano, aquí la traducción al español por Guillermo Piro.



Je ne dis pas viens avec moi, je dis emmène-moi


Je ne dis pas viens avec moi, je dis emmène-moi.

Devant un saint ou une vierge, qui

dirait "viens, on va à Tunis ?".

Et si l'image sortait faire un tour,

qui ne voudrait l'accompagner, qui ?

À trente mètres je vois très bien,

je voudrais toujours te suivre à trente mètres,

et parfois, près d'une rivière ou d’une fontaine,

m'approcher de cet éclat fabuleux,

quand tu dors, te reposes ou souris,

pour, la nuit venue, me reclure dans l'obscurité

et constater que je brille aussi par moi-même

et qu'au-delà de l'enregistreur

avec ta voix gravée sur la bande

se condensent des apparences lumineuses

qui en d'autres temps s'appelaient des anges,

des formes suspendues, des esprits novices

qui de toi veulent apprendre, en ces lieux étranges,

pureté et tendresse,

modestie, vérité et autres arts angéliques

jamais vus réunis, ni en ces lieux-là ni ailleurs,

ou comment une nation entière se rend

en baissant simplement les paupières.

(Trad Colo)

 

 Xeneize19 (Xeneize19) en Pinterest

 



No digo ven conmigo, digo llévame


No digo ven conmigo, digo llévame.

Delante de un santo o de una virgen ¿quién

diría: "ven ¿vamos a Túnez?".

Y si la imagen saliera a dar vueltas

¿quién no querría acompañarla, quién?.

A treinta metros veo muy bien,

quisiera seguirte siempre a treinta metros,

y a veces, cerca de un río o de una fuente,

acercarme a ese fabuloso fulgor,

cuando duermes, reposas o sonríes,

para después a la noche recluirme en la oscuridad

y comprobar que brillo también por mí mismo

y que más allá del grabador

con tu voz registrada en la cinta

se condensan apariencias luminosas

que en otros tiempos se llamaban ángeles,

formas suspendidas, espíritus aprendices

que de ti quieren en aquellos extraños parajes

aprender pureza y ternura,

recato, verdad y otras artes angelicales

jamás vistas juntas, ni en aquellos lugares ni en otros,

o cómo se rinde una nación entera

bajando los párpados simplemente.

(Trad: Guillermo Piro)


Vieni con me non dico, dico portami.

Vieni con me non dico, dico portami.
Davanti a un Santo o a una Madonna chi
direbbe, « vieni, andiamo in Tunisia »? 
Ma se l’immagine se ne andasse in giro
chi non vorrebbe accompagnarla, chi?
A trenta metri vedo molto bene,
vorrei seguirti sempre a trenta metri,
e a volte, presso un fiume o una fontana,
avvicinarmi a tanto irraggiamento,
se dormi, se riposi, se sorridi,
per poi la sera chiudermi nel buio
e accertare che splendo anche da solo
e che al di sopra del registratore
col nastro inciso con la tua voce
si addensano apparenze luminose
che in altri tempi si chiamavano angeli,
forme sospese, spiriti apprendisti
che da te vogliono in quei rari paraggi
imparare purezza e tenerezza,
ritegno, verità e altre arti angeliche
mai viste insieme, né in quei luoghi né altrove,
o come si asservisce una nazione
abbassando le palpebre semplicemente.

6 sept. 2020

Les cales de l'espoir / Las bodegas de la espera

 Marine Décembre 1993

Renée Ferrer Paraguay 1944-



Marcher
sur les sables de ta pensée
voyager en clandestin dans les cales de l’espoir,
et céder
-en cette attente de toi,
de ton désir survivant d’un cataclysme d’écumes.

L’horizon se loge en moi
s’appuyant
de l’autre côté de mon front.
La mer s’en tient aux rites du temps
et réitère un appel secret.

Ne me dis pas que j’ai à nouveau rêvé,
qu’il fait déjà jour.


 (Trad:Colo)

 

                           Joaquin Sorolla http://museosdelmundo.com/c-espana/joaquin-sorolla/
 

 

Marina

Renée Ferrer Paraguay 1944-

Caminar
por las arenas de tu pensamiento,
viajar de polizón en las bodegas de la espera,
y ceder
-a esa espera de ti,
de tu deseo sobreviviente de un cataclismo de espumas.

El horizonte se aposenta en mí
recostándose
del otro lado de mi frente.
El mar se atiene a los ritos del tiempo
reiterando un llamado secreto.

No me digas que he soñado otra vez,
que ya es de día.

Diciembre de 1993


 

2 sept. 2020

Il y a des moments comme ça.../ Hay momentos así...

 

Il est des fois...Roque Vallejos Paraguay 1943-2006

   para Augusto Roa Bastos


Il est des fois où personne

ne se rappelle

que nous existons ;

où la vie se rétrécit

et nous serre,

où il est difficile d’éveiller

chaque matin

le sang dans nos veines.



Des jours à conserver

le squelette, courbés vers l’intérieur,

à pleurer dans l’obscurité

sur ces mêmes os,

à employer notre propre peau

comme linceul, et dire

à la vie que nous n’y sommes pas

et qu’elle revienne un autre jour.


(Trad:Colo)

                                        

                                  Pintura de David Padilla

(Trouver une peinture d'un homme au lit qui n'est ni mort ni accompagné n'a pas été aisé:-)) Par contre des femmes, je vous dis pas....curieux n'est-ce pas?)

HAY VECES… Roque Vallejos

 

         para Augusto Roa Bastos

 

Hay veces en que nadie

recuerda

que existimos;

que La vida se encoge

y nos aprieta,

y que es difícil despertar

cada mañana

la sangre en nuestras venas.

 

Días de conservar

el esqueleto, doblados hacia adentro,

y de llorar a oscuras

sobre estos mismos huesos,

de usar la propia piel

como mortaja, y decirle

a la vida que no estamos

y que vuelva otro día.


30 août 2020

Chercher, rêver / Buscar, soñar

 Deux courts poèmes de la même poétesse Uruguayenne, Idea VIlariño.


Recherche...

Nous cherchons

chaque nuit

avec effort

entre des terres lourdes et asphyxiantes

ce léger oiseau de lumière

qui brûle et nous échappe

dans un gémissement.

(Trad:Colo)

 

 Joan Miró Femmes et oiseaux à la lumière de la lune / Mujeres y pájaros a la luz de la luna


Buscamos...

Buscamos
cada noche
con esfuerzo
entre tierras pesadas y asfixiantes
ese liviano pájaro de luz
que arde y se nos escapa
en un gemido.

 

 

Où le rêve accompli…

Où le rêve accompli

et où l’amour fou

que tous

ou certains

toujours

derrière le masque serein

demandons à genoux

(Trad:Colo)

Marc Chagall Anniversaire /Cumpleaños

                 Marc Chagall Anniversaire / Cumpleaños

 

Dónde el sueño cumplido...

Dónde el sueño cumplido
y dónde el loco amor
que todos
o que algunos
siempre
tras la serena máscara
pedimos de rodillas