C’est
vraiment par hasard que ce matin à l’aube j’ai vu que le 6 avril
est le jour où est décédé Jacques Higelin. En 2018.
Homme
aux multiples talents, souvent décalé, j’ai retenu, je le trouve très inspiré, ce poème
qu’il a mis en musique et chante. Vous connaissez peut-être la
chanson si vous êtes de ma génération...
Tête
en l'air
Texte
/ Chanson de Jacques Higelin
Sur
la terre des damnés, tête en l'air,
Étranger aux vérités
premières énoncées par des cons,
Jamais touché le fond de la
misère
Et je pleure, et je crie et je ris au pied d'une fleur
des champs,
Égaré, insouciant dans l'âme du printemps, cœur
battant,
Cœur serré par la colère, par l'éphémère beauté
de la vie.
Sur
la terre, face aux dieux, tête en l'air,
Amoureux d'une émotion
légère comme un soleil radieux
Dans le ciel de ma fenêtre
ouverte
Et je chante, et je lance un appel aux archanges de
l'Amour.
Quelle chance un vautour, d'un coup d'aile d'un coup de
bec
Me rend aveugle et sourd à la colère à la détresse de la
vie.
Sur
la terre, tête en l'air, amoureux,
Y'a des allumettes au fond
de tes yeux,
Des pianos à queue dans la boîte aux lettres,
Des
pots de yaourt dans la vinaigrette
Et des oubliettes au fond de
la cour…
Comme
un vol d'hirondelles échappé de la poubelle du ciel...
Ce dimanche chez Aifelle,
il y avait cette belle vidéo et une chanson dont
elle ne
comprend pas les paroles…voici ce que
j’ai pu faire.(quelques mots sont inaudibles)
Silvia
Pérez Cruz, une
chanteuse originale, naturelle, talentueuse, qui aborde volontiers des genres
musicaux.
très différents
L’introduction
de cette chanson, sous forme de poème, est due au dramaturge Pablo
Messiez.
“J’ai
voulu faire une chanson qui parle des avantages et des limites des
mots” dit-elle.
Une belle
composition, embellie par la participation de musiciens cubains, ses
amis, de flûte et chœurs, et d’une joyeuse vidéo
tournée à La Havane.
NOMMER EST IMPOSSIBLE
Nommer est impossible.
Et
il peut être beau
de
tenter l’impossible.
Mais
chaque fois que nous parlons
quelque
chose reste en dehors des noms.
Chaque
mot omet
l’unique
partie unique
de
ce qu’il veut dire.
Nommer
est oublier.
Et
aujourd’hui je veux me rappeler.
Je
veux me rappeler
Qu’il
n’y a ni bien ni mal
Qu’il
n’y a ni blanc ni noir
Ni
haut ni bas
Ni
côtés ni flancs
Ni
vide ni profond
Ni
limites ni centre
Ni
genre possible
Qui
touche un peu du monde.
Pas besoin de la parole pour te
dire “non”
Mais
bien pour te mentir
Je
veux le mot pour mettre mes idées en place, pour m’accrocher,
pour
partager, pour soigner, pour ne pas m’oublier.
Je
voudrais chanter pour me retrouver.
Je
voudrais chanter pour me guérir.
Je
voudrais chanter pour nous sentir vivants
et
ainsi, après, on meurt.
Lalalalala…
N’use
pas le mot pour m’enfoncer, pour me gronder,
mais
bien pour aider, pour dénoncer, pour pardonner, pour me définir.
Je
veux revendiquer une si belle imperfection
la
fin de l’illusion qui définissent mon évolution
Pas
lent laisse des traces, poétique révolution
me
crie mon intuition.
Lalala,
ça fait mal, tellement mal. Comme des mots, ça fait mal...(??) un
jour ça fait mal.
Je
recherche l’équilibre entre humilité et dignité,
je
balance ma personne, ma chanson, ma volonté.
Ça
n’arrête pas.
Elle
respire et se palpe tout le visage
elle
se trouve et s’inspire.
Je
voudrais chanter pour ….?(inaudible)
Je
voudrais chanter comme tu sais le faire
Je
voudrais chanter pour nous sentir vivants
et
ainsi, après, on meurt.
Nommer
est impossible
Et
il peut être beau
de
tenter l’impossible.
Mais
chaque fois que nous parlons
quelque
chose reste en dehors des noms.
Chaque
mot omet
l’unique
partie unique
de
ce qu’il veut dire.
Nommer
est oublier.
Et
aujourd’hui je veux me rappeler
me
rappeler
que
nommer est impossible,
Nommer
est impossible.
Nombrar es
imposible (algunas partes son difíciles de oír, hice lo mejor que pude)
Y
puede ser bello
intentar
lo imposible.
Pero
cada vez que hablamos
Algo
queda fuera de los nombres.
Cada
palabra omite
la
única parte única
de
aquello que quiere decir.
Nombrar
es olvidar.
Y
hoy quiero recordar.
Quiero
recordar
Que
no hay ni bien ni mal
Ni
blanco ni negro
Ni
arriba ni abajo
Ni
lados ni costados
Ni
hueco ni profundo
Ni
límites ni centro
Ni
género posible
Que
toque algo del mundo.
No se
necesita la palabra para decirte “no”
Se
necesita la palabra para mentirte
Yo
quiero la palabra pa’ ordenarme, pa’ agarrarme,
Pa’
compartir, para sanar, para no olvidarme.
Yo
quisiera cantar para reencontrarme.
Yo
quisiera cantar para curarme.
Yo
quisiera cantar para sentirnos vivos
y
así luego nos morimos.
Lalalala…
No uses la
palabra para hundirme, pa’reñirme,
sí
para ayudar, pa’ denunciar, pa perdonar, pa definirme.
Quiero
revindicar tal imperfección tan bella
definen
mi evolución
Paso
lento deja huella, poética revolución
está
gritando mi intuición
Lalala,
duele, tanto duele. Como palabras, duele… (…??) un día duele.
Une chanson des années '60, des photos de Mallorca ces années-là. Je n'y vivais pas encore mais en '77 oui, et pas mal d'endroits étaient encore ainsi.
Gracias à Dani qui me l'a envoyée:-)) en regrettant que ce ne soit pas Dalida qui l'ait chantée.
Joaquín
Sabina, est un
auteur, compositeur,
poète contemporain, de 72 ans maintenant. Un rebelle talentueux
extrêmement connu ici en Espagne.
Ses poèmes-chansons racontent
des histoires de vies, certaines contiennent énormément de
références à la vie sociale, politique, aux révoltes, à la vie à
Madrid qui vous auraient peut-être échappées, alors j’en ai
choisi un, vraiment très connu, plus universel.
Rue
Mélancolie
Comme qui voyage à dos d’une
jument sombre
Dans la ville je marche, ne me
demandez pas vers où,
Je cherche peut-être une
rencontre qui illuminera ma journée
Mais je ne trouve que des portes
qui refusent ce qu’elles cachent.
Les cheminées déversent leur
vomi de fumée
Sur un ciel de plus en plus
lointain et haut,
Des murs ocres se répand le jus
D’un fruit de sang cultivé
sur l’asphalte.
La campagne est déjà verte, ce
doit être le printemps,
Un train sans fin croise mon
regard
Le quartier où j’habite n’est
pas vraiment une prairie
Paysage désolé d’antennes et
de câbles.
J’habite au numéro 7, rue
Mélancolie
Depuis longtemps je veux
déménager dans le quartier de la joie
Mais chaque fois que j’essaye
le tram est déjà parti,
Sur les escaliers je m’assieds
et siffle ma mélodie.
Comme qui voyage à bord d’un
bateau devenu fou
Qui vient de la nuit et va nulle
part,
Ainsi mes pieds descendent la
pente de l’oubli
Fatigués de tant marcher sans
te trouver.
De retour chez moi, j’allume
une cigarette,
Je range mes papiers, résous un
mot croisé,
Me fâche avec les ombres qui
peuplent les couloirs
J’embrasse l’absence que tu
laisses dans mon lit.
J’escalade ton souvenir comme
une plante grimpante
Qui ne trouve pas de fenêtre où
s’accrocher. Je suis
Cette absurde épidémie dont
souffrent les trottoirs
Si tu veux me trouver, tu sais
où je suis.
J’habite au numéro 7, rue
Mélancolie
Depuis longtemps je veux
déménager dans le quartier de la joie
Mais chaque fois que j’essaye
le tram est déjà parti,
Sur les escaliers je m’assieds
et siffle ma mélodie.
Como
quien viaja a lomos de una yegua sombría
Por la ciudad camino,
no preguntéis adónde
Busco acaso un encuentro que me ilumine
el día
Y no hallo más que puertas que niegan lo que esconden.
Las
chimeneas vierten su vómito de humo
A un cielo cada vez más
lejano y más alto
Por las paredes ocres se desparrama el
zumo
De una fruta de sangre crecida en el asfalto.
Ya
el campo estará verde, debe ser primavera
Cruza por mi mirada
un tren interminable
El barrio donde habito no es ninguna
pradera
Desolado paisaje de antenas y de cables.
Vivo
en el número siete, calle Melancolía
Quiero mudarme hace años
al barrio de la alegría
Pero siempre que lo intento ha salido
ya el tranvía
En la escalera me siento a silbar mi melodía.
Como
quien viaja a bordo de un barco enloquecido
Que viene de la
noche y va a ninguna parte
Así mis pies descienden la cuesta
del olvido
Fatigados de tanto andar sin encontrarte.
Luego,
de vuelta a casa enciendo un cigarrillo
Ordeno mis papeles,
resuelvo un crucigrama
Me enfado con las sombras que pueblan los
pasillos
Y me abrazo a la ausencia que dejas en mi cama.
Trepo
por tu recuerdo como una enredadera
Que no encuentra ventanas
donde agarrarse, soy
Esa absurda epidemia que sufren las
aceras
Si quieres encontrarme ya sabes dónde estoy.
Vivo
en el número siete, calle Melancolía
Quiero mudarme hace años
al barrio de la alegría
Pero siempre que lo intento ha salido
ya el tranvía
En la escalera me siento a silbar mi melodía