Quand
nous regardons un autoportrait nous nous posons rarement la même
question que devant un tableau: “Que veut nous dire l’artiste ?”.
On se demande plutôt s’il est vraiment comme il se représente.
Veut-il se faire connaître ? Est-ce un travail d’introspection ? “...il
est (donc) parfois difficile de déterminer s’ils se représentent
tels qu’ils sont, tels qu’ils voudraient être ou encore tels
qu’ils souhaitent être vus.” *
Nous
connaissons tous les autoportraits d’hommes, si nombreux dans le
cas de Rembrandt par exemple, mais cette semaine je suis restée
longtemps devant celui de Victoria Martín de Campo qui date de 1840.
À part Frida Khalo, je n’avais vu d’autoportraits de femmes.
Autorretrato- Victoria Martin de Campo
Cette
espagnole, née à Cádiz en 1794, est peu connue et je n’ai pas
trouvé beaucoup d’œuvres d’elle, mais celle-ci m’intrigue et
me fascine à la fois. Tant son regard que son demi-sourire, un peu
coquins, amusés sont comme... envoûtants.
Loin
de moi l'idée de faire un cours sur Goya (Saragosse 1746-Bordeaux,
France, 1828) et son œuvre, si multiple et variée.
Selon
les époques de sa vie, à la cour, pendant la guerre ou l' exil, ses
peintures ont pris des tons différents, parfois doux et champêtres,
puis sarcastiques, violents et cruels lors du soulèvement à Madrid
contre l'armée française. Plusieurs billets sont donc prévus.
Nous
commencerons en douceur.
En 2014 Le Prado présentait une expo, qui a l'air superbe, “Goya
en Madrid” ,
surtout des “cartons pour tapis” qui l'ont rendu célèbre.
Joie,
enfants, jeux et fêtes...
(reprise, en partie, de billets d'il y a 10 ans)
A orillas del Manzanares
El pelele
Lejos
de mí la idea de dar una clase sobre Goya (Fuendetodos, provincia de
Zaragoza, 30 de marzo de 1746-Burdeos, Francia, 16 de abril de 1828)
y su obra, tan múltiple y variada.
Según
las épocas de su vida, en la corte, durante la guerra, en el exilio,
sus obras han tomado diferentes tonos, a veces dulces y campestres,
luego sarcásticos o violentos y crueles cuando el levantamiento de
Madrid contra el ejercito francés. Empezaremos suavemente.
En 2014 El Prado presentaba una exposición que parece
maravillosa,“Goya
en Madrid”,
sobre todo cartones para tapices que le han hecho celebre.
Alegría,
niños, juegos y fiestas ...
Las lavanderas
Muchachos jugando a soldados
Los Jugadores de naipes
PS. cliquez sur Goya en Madrid pour en voir plus, tout savoir!!!
Une exposition
à Madrid, au musée national Thyssen-Bornemisza propose un
"voyage de la fin du XVIe siècle aux premières décennies du XXe siècle, à
travers huit scènes importantes du parcours des femmes vers leur
émancipation".
Et
je réfléchis, et me rends compte qu'à l'exception d'une ou
deux, comme Maria Blanchard, je ne connais pas de peintres-femmes
espagnoles.
Je
vous propose pour ce mois, qui sait pour le suivant, de vous
présenter quelques tableaux que j'aime particulièrement, suivis
d'un poème.
«Idilio en La Caleta» (1914) de Flora López Castrillo ("Idylle dans La Caleta - la crique", sans doute à Tenerife)
Nuits...Josefina
de la Torre*
Nuits
sur la plage: rumeur de rive fraîche.
Blanc
battement des rames que l’obscurité surprend.
Sur
la grande barre les torches de pêche,
et
un corps paresseux qui sur le sable s'allonge.
Sur
le haut de l’Île le phare tourne et tourne.
Une
dense odeur d’algues...Vénus, la Grande Ourse….
Résonne
une guitare. Une femme soupire.
La
brise apporte des arômes de chèvrefeuille en fleur.
(...) Trad: Colo
*Josefina de la Torre
Millares, née le 25 septembre 1907 à Las Palmas de Grande Canarie
et décédée à Madrid le 12 juillet 2002, est une poétesse,
romancière, chanteuse lyrique et actrice espagnole.
Ce dimanche chez Aifelle,
il y avait cette belle vidéo et une chanson dont
elle ne
comprend pas les paroles…voici ce que
j’ai pu faire.(quelques mots sont inaudibles)
Silvia
Pérez Cruz, une
chanteuse originale, naturelle, talentueuse, qui aborde volontiers des genres
musicaux.
très différents
L’introduction
de cette chanson, sous forme de poème, est due au dramaturge Pablo
Messiez.
“J’ai
voulu faire une chanson qui parle des avantages et des limites des
mots” dit-elle.
Une belle
composition, embellie par la participation de musiciens cubains, ses
amis, de flûte et chœurs, et d’une joyeuse vidéo
tournée à La Havane.
NOMMER EST IMPOSSIBLE
Nommer est impossible.
Et
il peut être beau
de
tenter l’impossible.
Mais
chaque fois que nous parlons
quelque
chose reste en dehors des noms.
Chaque
mot omet
l’unique
partie unique
de
ce qu’il veut dire.
Nommer
est oublier.
Et
aujourd’hui je veux me rappeler.
Je
veux me rappeler
Qu’il
n’y a ni bien ni mal
Qu’il
n’y a ni blanc ni noir
Ni
haut ni bas
Ni
côtés ni flancs
Ni
vide ni profond
Ni
limites ni centre
Ni
genre possible
Qui
touche un peu du monde.
Pas besoin de la parole pour te
dire “non”
Mais
bien pour te mentir
Je
veux le mot pour mettre mes idées en place, pour m’accrocher,
pour
partager, pour soigner, pour ne pas m’oublier.
Je
voudrais chanter pour me retrouver.
Je
voudrais chanter pour me guérir.
Je
voudrais chanter pour nous sentir vivants
et
ainsi, après, on meurt.
Lalalalala…
N’use
pas le mot pour m’enfoncer, pour me gronder,
mais
bien pour aider, pour dénoncer, pour pardonner, pour me définir.
Je
veux revendiquer une si belle imperfection
la
fin de l’illusion qui définissent mon évolution
Pas
lent laisse des traces, poétique révolution
me
crie mon intuition.
Lalala,
ça fait mal, tellement mal. Comme des mots, ça fait mal...(??) un
jour ça fait mal.
Je
recherche l’équilibre entre humilité et dignité,
je
balance ma personne, ma chanson, ma volonté.
Ça
n’arrête pas.
Elle
respire et se palpe tout le visage
elle
se trouve et s’inspire.
Je
voudrais chanter pour ….?(inaudible)
Je
voudrais chanter comme tu sais le faire
Je
voudrais chanter pour nous sentir vivants
et
ainsi, après, on meurt.
Nommer
est impossible
Et
il peut être beau
de
tenter l’impossible.
Mais
chaque fois que nous parlons
quelque
chose reste en dehors des noms.
Chaque
mot omet
l’unique
partie unique
de
ce qu’il veut dire.
Nommer
est oublier.
Et
aujourd’hui je veux me rappeler
me
rappeler
que
nommer est impossible,
Nommer
est impossible.
Nombrar es
imposible (algunas partes son difíciles de oír, hice lo mejor que pude)
Y
puede ser bello
intentar
lo imposible.
Pero
cada vez que hablamos
Algo
queda fuera de los nombres.
Cada
palabra omite
la
única parte única
de
aquello que quiere decir.
Nombrar
es olvidar.
Y
hoy quiero recordar.
Quiero
recordar
Que
no hay ni bien ni mal
Ni
blanco ni negro
Ni
arriba ni abajo
Ni
lados ni costados
Ni
hueco ni profundo
Ni
límites ni centro
Ni
género posible
Que
toque algo del mundo.
No se
necesita la palabra para decirte “no”
Se
necesita la palabra para mentirte
Yo
quiero la palabra pa’ ordenarme, pa’ agarrarme,
Pa’
compartir, para sanar, para no olvidarme.
Yo
quisiera cantar para reencontrarme.
Yo
quisiera cantar para curarme.
Yo
quisiera cantar para sentirnos vivos
y
así luego nos morimos.
Lalalala…
No uses la
palabra para hundirme, pa’reñirme,
sí
para ayudar, pa’ denunciar, pa perdonar, pa definirme.
Quiero
revindicar tal imperfección tan bella
definen
mi evolución
Paso
lento deja huella, poética revolución
está
gritando mi intuición
Lalala,
duele, tanto duele. Como palabras, duele… (…??) un día duele.
Blanca
Andreu (La
Coruña 1959- ) est connue pour écrire une poésie néosurréaliste.
Voici
deux courts poèmes où l’océan est central. Des images
inattendues, vos imaginations, comme la mienne en les traduisant, va
être mise au travail...
Hommes
des océans
Je
navigue
sur
du blé céleste
entre
des herbes bleues parmi les champs marins.
Ici
sont mouettes les tourterelles
et
le merle, cormoran.
Ceux
qui labourent ces sillons humides
de
couleur verte et indigo
récoltent
de l’argenté
s’ils
sèment
rêves
ou
désirs
de
rentrer chez eux.
(Trad:
Colo)
Hombres
de los océanos Blanca Andreu
A
Miguel Lodeiro
Navego
sobre
trigo celeste
entre hierbas azules por los campos marinos.
Aquí
son gaviotas las tórtolas
y el mirlo, cormorán.
Los que
labran estos húmedos surcos
de color verde o índigo
recogen
plata
si siembran
sueños
o deseos
de volver al
hogar.
L'homme à la barre, Théo van RYSSELBERGHE,
MARINE
Je
t’ai vu, océan,
je
t’ai galopé sur le dos d’un violon
de
bois poli
d’un
poulain arrondi
couleur
du cerisier
et
tu étais, océan
un
pré
d’herbes
bleues
en
mouvement.
Comme
si tu étais
l’océan
lui-même
je
t’ai visité
océan
empereur
des eaux
miroir
profond du ciel
et
j’ai vu dans tes éternelles barbes d’écume
céréales
bleues et fleurs du silence.
(Trad: Colo)
Marina
Te
he visto, océano
te he galopado
a lomos de un violín
de madera pulida
de un potro alabeado
del color del cerezo
y eras, océano
un prado
de hierba azul
en movimiento.
Como si fueras
el propio olvido
te he visitado
océano
emperador de las aguas
espejo profundo del cielo
y he visto en tus eternas barbas de espuma
cereales azules y flores del silencio.
Il
y aura des mots nouveaux pour la nouvelle histoire
et
il faut les trouver avant qu’il ne soit trop tard.
(Trad:Colo)
Nada
es lo mismo Ángel Gonzáles La
lágrima fue dicha...
Olvidemos
el llanto
y empecemos de nuevo,
con paciencia,
observando a las cosas
hasta hallar la menuda diferencia
que las separa
de su entidad de ayer
y que define
el transcurso del tiempo y su eficacia.
¿A
qué llorar por el caído
fruto,
por el fracaso
de
ese deseo hondo,
compacto como un grano de simiente?
No
es bueno repetir lo que está dicho.
Después de haber hablado,
de haber vertido lágrimas,
silencio y sonreíd:
Nada
es lo mismo.
Habrá palabras nuevas para la nueva historia
y
es preciso encontrarlas antes de que sea tarde.
Elvira Sastre, jeune poète, écrivain, traductrice et philologue espagnole, née à Ségovie en 1992, est déjà très connue et a publié plusieurs recueils de poèmes. J'ai été très surprise et frappée par la maturité dont elle fait preuve dans le poème qui suit.
Elvira Sastre, joven poeta, escritora, traductora y filóloga española, nacida en Segovia en 1992, es ya muy conocida y ha publicado varios poemarios. Me ha sorprendido la madurez que enseña en el poema que sigue.
L'habitude
de nous habiter
Je
me demande si c'est ça:
les
mots qui s'ajustent aux notes,
le
calme de l'équilibre minuscule
et
le minime soubresaut qui sort du dedans,
le
bien
d'autrui
qui
déjà
est
nôtre.
Je
me demande si c'est ça
le
souvenir au présent,
la
main experte tendue sans à peine effleurer,
un
silence confortable habitant entre les regards,
la
routine
qui
déjà
est
constante.
Chaque
nuit
j'embrasse
la réponse
(Trad:Colo)
Equilibrio, Jorge Morrone
ELVIRA
SASTRE
EL
HÁBITO DE HABITARNOS Me
pregunto si es esto:
las palabras encajando en las notas,
la
calma del equilibrio minúsculo
y el mínimo sobresalto que sale
de dentro,
lo
ajeno
que
ya
es
propio.
Me
pregunto si es esto:
el recuerdo en presente,
la mano
experta tendida sin rozar apenas,
un silencio cómodo habitando
entre miradas,
la
rutina
que
ya
es
perenne.