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26 mai 2026

Toujours continuer / Seguir siempre

  

Secreto Secret



José Agustín Goytisolo


Antes yo no sabía
por qué debemos todos
-día tras día-

seguir siempre adelante
hasta como se dice
que el cuerpo aguante.

Ahora lo sé.
Si te vienes conmigo
te lo diré.

                                             Le secret. Fernand-Edmond-Jean-Marie Khnopff

 (peintre, dessinateur, photographe et graveur symboliste belge né à Grembergen  en 1858 et mort à Bruxelles en 1921).


Autrefois, je ne savais pas

 pourquoi nous devons tous

— jour après jour —

 


toujours continuer d’avancer

jusqu’à ce que le corps tienne,

comme on dit.

 

 Maintenant, je le sais.

Si tu viens avec moi,

 je te le dirai.

Trad.Colo 

13 août 2025

La paresse / La pereza

 Voici la paresse vue sous un autre angle...une paresse active.

 




La Paresse

Augusto Ferrán 1870


Il est une paresse active

qui, tandis qu’elle dort, pense,

qui se tait car elle se couche,

qui dort mais qui rêve.


Elle est comme un léger reflet

de la majesté suprême,

qui, éternellement tranquille,

sur l’univers règne.


Oh asile de la pensée

errante, douce paresse;

mille fois heureux l’homme

qui jouit de toi sur terre!


(Trad: Colo)

 

 

 

La pereza

Augusto Ferrán1870


Hay una pereza activa

que mientras descansa piensa,

que calla porque se vence,

que duerme pero que sueña.


Es como un leve reflejo

de la majestad suprema,

que eternamente tranquila,

sobre el universo reina.


¡Oh asilo del pensamiento

errante, dulce pereza;

mil veces feliz el hombre

que de ti goza en la tierra.

 

 

14 oct. 2024

Autoportrait féminin / Autorretrato femenino

 Quand nous regardons un autoportrait nous nous posons rarement la même

 question que devant un tableau: “Que veut nous dire l’artiste ?”. 

On se demande plutôt s’il est vraiment comme il se représente. Veut-il se faire connaître ? Est-ce un travail d’introspection ? ...il est (donc) parfois difficile de déterminer s’ils se représentent tels qu’ils sont, tels qu’ils voudraient être ou encore tels qu’ils souhaitent être vus.” *


Nous connaissons tous les autoportraits d’hommes, si nombreux dans le cas de Rembrandt par exemple, mais cette semaine je suis restée longtemps devant celui de Victoria Martín de Campo qui date de 1840. 

À part Frida Khalo, je n’avais vu d’autoportraits de femmes. 

 

                          Autorretrato- Victoria Martin de Campo


Cette espagnole, née à Cádiz en 1794, est peu connue et je n’ai pas trouvé beaucoup d’œuvres d’elle, mais celle-ci m’intrigue et me fascine à la fois. Tant son regard que son demi-sourire, un peu coquins, amusés sont comme... envoûtants. 

 

*https://artenquestion.com/autoportrait-artistes/

 

24 juin 2024

Été / Verano

 

Selon l’endroit où l'on habite, l’été a des couleurs et saveurs différentes. 

Les méditerranéens se retrouveront sans doute dans ce poème sensuel, à déguster 

lentement.

                                                  Vieux figuier

 

ÉTÉ             

Paco Morata


c’était juillet

nous mangions

les fleurs minuscules de l’olivier

la peau jaunâtre des amandes pas mûres

le chant plus ample que le paysage des cigales

l’odeur d’abricots sur le point de pourrir

le nectar des fruits que dégustaient

gratuitement nos lèvres

pareilles aux bouches des dieux.

 

(...)

 

c’était la sieste

été

nous protégeait

un abri de figuiers tordus qui accueillait

un bourdonnement d’insectes

la rumeur du ruisseau

la vie silencieuse

de ficus aspidistra et géraniums

tu dépliais ton corps

comme la solitude étire l’infini

la magnitude du jour

la main tendue

aimée et vulnérable

jusqu’à effleurer les vagues

la mouiller dans les marées

et t’amener à la bouche les lèvres de la mer

imbiber du sel de la mer les mots

(...)

incline-toi

et aime

Trad: Colo


 




VERANO


era julio

comíamos

las flores diminutas del olivo

la piel amarillenta de almendras inmaduras

el canto más extenso que el paisaje de cigarras

el olor de albaricoques a punto de pudrirse

el néctar de los frutos que libaban

gratis nuestros labios

iguales a las bocas de los dioses

 (...)

era siesta                                                                    

verano

nos guardaba

un palio retorcido de higueras que acogía

un zumbido de insectos

el rumor de la acequia

la vida silenciosa

de ficus aspidistras y geranios

extendías tu cuerpo

como la soledad estira al infinito

la magnitud del día

alargada la mano

armada y vulnerable

hasta rozar las olas

mojarla en las mareas

y traerte los labios del mar hasta la boca

empapar del sabor de la sal las palabras

(...)

inclínate

y ama


(Del libro Sobre mi, culpable)




 




15 févr. 2024

Je ne me lasse pas de Goya / No me canso de Goya

 Loin de moi l'idée de faire un cours sur Goya (Saragosse 1746-Bordeaux, France, 1828) et son œuvre, si multiple et variée.

Selon les époques de sa vie, à la cour, pendant la guerre ou l' exil, ses peintures ont pris des tons différents, parfois doux et champêtres, puis sarcastiques, violents et cruels lors du soulèvement à Madrid contre l'armée française. Plusieurs billets sont donc prévus.
 
Nous commencerons en douceur.
 
En 2014 Le Prado présentait une expo, qui a l'air superbe, Goya en Madrid” , surtout des “cartons pour tapis” qui l'ont rendu célèbre.
Joie, enfants, jeux et fêtes...
 
(reprise, en partie, de billets d'il y a 10 ans)

 
A orillas del Manzanares


El pelele   
 
Lejos de mí la idea de dar una clase sobre Goya (Fuendetodos, provincia de Zaragoza, 30 de marzo de 1746-Burdeos, Francia, 16 de abril de 1828) y su obra, tan múltiple y variada.
Según las épocas de su vida, en la corte, durante la guerra, en el exilio, sus obras han tomado diferentes tonos, a veces dulces y campestres, luego sarcásticos o violentos y crueles cuando el levantamiento de Madrid contra el ejercito francés. Empezaremos suavemente.
En 2014 El Prado presentaba una exposición que parece maravillosa, “Goya en Madrid”, sobre todo cartones para tapices que le han hecho celebre.
Alegría, niños, juegos y fiestas ...

Las lavanderas

Muchachos jugando a soldados

Los Jugadores de naipes


PS. cliquez sur Goya en Madrid pour en voir plus, tout savoir!!!

11 déc. 2023

Un tableau, un poème / Un cuadro, un poema - 1

 

 Une exposition à Madrid, au musée national Thyssen-Bornemisza propose un

 "voyage de la fin du XVIe siècle aux premières décennies du XXe siècle, à 

travers  huit scènes importantes du parcours des femmes vers leur

émancipation".

Et je réfléchis, et me rends compte qu'à l'exception d'une ou deux, comme Maria Blanchard, je ne connais pas de peintres-femmes espagnoles.

Je vous propose pour ce mois, qui sait pour le suivant, de vous présenter quelques tableaux que j'aime particulièrement, suivis d'un poème. 


         «Idilio en La Caleta» (1914) de Flora López Castrillo ("Idylle dans La Caleta - la crique", sans doute à Tenerife)


Nuits...Josefina de la Torre*


Nuits sur la plage: rumeur de rive fraîche.

Blanc battement des rames que l’obscurité surprend.

Sur la grande barre les torches de pêche,

et un corps paresseux qui sur le sable s'allonge. 


Sur le haut de l’Île le phare tourne et tourne.

Une dense odeur d’algues...Vénus, la Grande Ourse….

Résonne une guitare. Une femme soupire.

La brise apporte des arômes de chèvrefeuille en fleur.

(...) Trad: Colo

*Josefina de la Torre Millares, née le 25 septembre 1907 à Las Palmas de Grande Canarie et décédée à Madrid le 12 juillet 2002, est une poétesse, romancière, chanteuse lyrique et actrice espagnole.

 

 

Noches… Josefina de la Torre

Noches sobre la playa: rumor de orilla fresca.  

Blanco batir de remos que la sombra sorprende.  

Sobre la barra grande los hachones de pesca,  

y un cuerpo perezoso que en la arena se tiende.  

 

En lo alto de la Isleta el faro gira y gira.  

Un denso olor a algas... Venus, la Osa Mayor...  

Rasguea una guitarra. Una mujer suspira.  

La brisa trae aromas de madreselva en flor.  

 

(…)

30 mai 2023

Nommer /Nombrar

Ce dimanche chez Aifelle, il y avait cette belle vidéo et une chanson dont elle ne comprend pas les paroles…voici ce que j’ai pu faire.(quelques mots sont inaudibles)

Silvia Pérez Cruz, une chanteuse originale, naturelle, talentueuse, qui aborde volontiers des genres musicaux. très différents

L’introduction de cette chanson, sous forme de poème, est due au dramaturge Pablo Messiez.

J’ai voulu faire une chanson qui parle des avantages et des limites des mots” dit-elle.

Une belle composition, embellie par la participation de musiciens cubains, ses amis, de flûte et chœurs, et d’une joyeuse vidéo tournée à La Havane. 

 


 NOMMER EST IMPOSSIBLE

Nommer est impossible.

Et il peut être beau

de tenter l’impossible.

Mais chaque fois que nous parlons

quelque chose reste en dehors des noms.

Chaque mot omet

l’unique partie unique

de ce qu’il veut dire.

Nommer est oublier.

Et aujourd’hui je veux me rappeler.

Je veux me rappeler

Qu’il n’y a ni bien ni mal

Qu’il n’y a ni blanc ni noir

Ni haut ni bas

Ni côtés ni flancs

Ni vide ni profond

Ni limites ni centre

Ni genre possible

Qui touche un peu du monde.


Pas besoin de la parole pour te dire “non”

Mais bien pour te mentir

Je veux le mot pour mettre mes idées en place, pour m’accrocher,

pour partager, pour soigner, pour ne pas m’oublier.


Je voudrais chanter pour me retrouver.

Je voudrais chanter pour me guérir.

Je voudrais chanter pour nous sentir vivants

et ainsi, après, on meurt.

Lalalalala…

 

N’use pas le mot pour m’enfoncer, pour me gronder,

mais bien pour aider, pour dénoncer, pour pardonner, pour me définir.

Je veux revendiquer une si belle imperfection

la fin de l’illusion qui définissent mon évolution

Pas lent laisse des traces, poétique révolution

me crie mon intuition.


Lalala, ça fait mal, tellement mal. Comme des mots, ça fait mal...(??) un jour ça fait mal.

 

Je recherche l’équilibre entre humilité et dignité,

je balance ma personne, ma chanson, ma volonté.

Ça n’arrête pas.


Elle respire et se palpe tout le visage

elle se trouve et s’inspire.


Je voudrais chanter pour ….?(inaudible)

Je voudrais chanter comme tu sais le faire

Je voudrais chanter pour nous sentir vivants

et ainsi, après, on meurt.



Nommer est impossible

Et il peut être beau

de tenter l’impossible.

Mais chaque fois que nous parlons

quelque chose reste en dehors des noms.

Chaque mot omet

l’unique partie unique

de ce qu’il veut dire.


Nommer est oublier.

Et aujourd’hui je veux me rappeler

me rappeler

que nommer est impossible,


Nommer est impossible.


Nombrar es imposible (algunas partes son difíciles de oír, hice lo mejor que pude)

Y puede ser bello

intentar lo imposible.

Pero cada vez que hablamos

Algo queda fuera de los nombres.

Cada palabra omite

la única parte única

de aquello que quiere decir.

Nombrar es olvidar.

Y hoy quiero recordar.

Quiero recordar

Que no hay ni bien ni mal

Ni blanco ni negro

Ni arriba ni abajo

Ni lados ni costados

Ni hueco ni profundo

Ni límites ni centro

Ni género posible

Que toque algo del mundo.


No se necesita la palabra para decirte “no”

Se necesita la palabra para mentirte

Yo quiero la palabra pa’ ordenarme, pa’ agarrarme,

Pa’ compartir, para sanar, para no olvidarme.


Yo quisiera cantar para reencontrarme.

Yo quisiera cantar para curarme.

Yo quisiera cantar para sentirnos vivos

y así luego nos morimos.


Lalalala…

 

No uses la palabra para hundirme, pa’reñirme,

sí para ayudar, pa’ denunciar, pa perdonar, pa definirme.

Quiero revindicar tal imperfección tan bella

definen mi evolución

Paso lento deja huella, poética revolución

está gritando mi intuición


Lalala, duele, tanto duele. Como palabras, duele… (…??) un día duele.

 

Buscando el equilibrio entre humildad y seguridad

columpio mi persona, mi canción, mi voluntad.

Y no se para.

Respira y se palpa toda la cara,

se ubica y se inspira.

Yo quisiera cantar pa’ mi ….(inaudible)

Yo quisiera cantar así como tú sabes

Yo quisiera cantar pa’ sentirnos vivos

y así luego nos morimos-


Lalala ….

Nombrar es imposible

y puede ser bello intentar lo imposible

pero cada vez que hablamos

algo queda fuera de los nombres

cada palabra omite

la única parte única única

de aquello que quiere decir


Nombrar es olvidar….

Y hoy quiero recordar,

quiero recordar

que nombrar es imposible.


Nombrar es imposible.





 



16 nov. 2022

Barbes d'écume / Barbas de espuma

 

Blanca Andreu (La Coruña 1959- ) est connue pour écrire une poésie néosurréaliste.

Voici deux courts poèmes où l’océan est central. Des images inattendues, vos imaginations, comme la mienne en les traduisant, va être mise au travail...


Hommes des océans

Je navigue

sur du blé céleste

entre des herbes bleues parmi les champs marins.

Ici sont mouettes les tourterelles

et le merle, cormoran.

Ceux qui labourent ces sillons humides

de couleur verte et indigo

récoltent de l’argenté

s’ils sèment

rêves

ou désirs

de rentrer chez eux.

(Trad: Colo)



Hombres de los océanos Blanca Andreu

A Miguel Lodeiro

Navego
sobre trigo celeste
entre hierbas azules por los campos marinos.
Aquí son gaviotas las tórtolas
y el mirlo, cormorán.
Los que labran estos húmedos surcos
de color verde o índigo
recogen plata
si siembran
sueños
o deseos
de volver al hogar.



                            L'homme à la barre, Théo van RYSSELBERGHE,


MARINE

Je t’ai vu, océan,

je t’ai galopé sur le dos d’un violon

de bois poli

d’un poulain arrondi

couleur du cerisier

et tu étais, océan

un pré

d’herbes bleues

en mouvement.

Comme si tu étais

l’océan lui-même

je t’ai visité

océan

empereur des eaux

miroir profond du ciel

et j’ai vu dans tes éternelles barbes d’écume

céréales bleues et fleurs du silence. 

(Trad: Colo) 



Marina

Te he visto, océano
te he galopado
a lomos de un violín
de madera pulida
de un potro alabeado
del color del cerezo
y eras, océano
un prado
de hierba azul
en movimiento.

Como si fueras
el propio olvido
te he visitado
océano
emperador de las aguas
espejo profundo del cielo
y he visto en tus eternas barbas de espuma
cereales azules y flores del silencio.

"El sueño oscuro" 1994

28 juil. 2020

Une nouvelle histoire/ Una nueva historia



Rien n’est pareil        Ángel González (1925-2008 Oviedo-Madrid)

                                                                             La larme fut dite…
Oublions
les pleurs
et recommençons,
avec patience,
observant les choses
jusqu’à y trouver la minime différence
qui les sépare
de leur identité d’hier
et qui définit
le cours du temps et son efficacité.
 
A quoi bon pleurer le fruit
tombé,
l’échec
de ce profond désir,
compact comme une graine de semence?

Il n’est pas bon de répéter ce qui est dit.
Après avoir parlé,
avoir versé des larmes,
taisez vous et souriez:

Rien n’est pareil.
Il y aura des mots nouveaux pour la nouvelle histoire
et il faut les trouver avant qu’il ne soit trop tard.
(Trad:Colo)



Nada es lo mismo Ángel Gonzáles
                                                                 La lágrima fue dicha...
Olvidemos
el llanto
y empecemos de nuevo,
con paciencia,
observando a las cosas
hasta hallar la menuda diferencia
que las separa
de su entidad de ayer
y que define
el transcurso del tiempo y su eficacia.
¿A qué llorar por el caído
fruto,
por el fracaso
de ese deseo hondo,
compacto como un grano de simiente?
No es bueno repetir lo que está dicho.
Después de haber hablado,
de haber vertido lágrimas,
silencio y sonreíd:
Nada es lo mismo.
Habrá palabras nuevas para la nueva historia
y es preciso encontrarlas antes de que sea tarde.
 






15 mai 2019

Routine / Rutina

Elvira Sastre, jeune poète, écrivain, traductrice et philologue espagnole, née à 
Ségovie en 1992, est déjà très connue et a publié plusieurs recueils de poèmes. 
J'ai été très surprise et  frappée par la maturité dont elle fait preuve dans le 
poème qui suit.

Elvira Sastre, joven poeta, escritora, traductora  y filóloga española, nacida en
 Segovia en 1992, es ya muy conocida y ha publicado varios poemarios.
Me ha sorprendido la madurez que enseña en el poema que sigue.


L'habitude de nous habiter

Je me demande si c'est ça:
les mots qui s'ajustent aux notes,
le calme de l'équilibre minuscule
et le minime soubresaut qui sort du dedans,
le
bien d'autrui
qui
déjà
est
nôtre.

Je me demande si c'est ça
le souvenir au présent,
la main experte tendue sans à peine effleurer,
un silence confortable habitant entre les regards,
la routine
qui
déjà
est
constante.

Chaque nuit
j'embrasse la réponse

(Trad:Colo)


Equilibrio, Jorge Morrone






ELVIRA SASTRE

EL HÁBITO DE HABITARNOS
Me pregunto si es esto:
las palabras encajando en las notas,
la calma del equilibrio minúsculo
y el mínimo sobresalto que sale de dentro,
lo
ajeno
que
ya
es
propio.

Me pregunto si es esto:
el recuerdo en presente,
la mano experta tendida sin rozar apenas,
un silencio cómodo habitando entre miradas,
la
rutina
que
ya
es
perenne.

Cada noche
abrazo la respuesta.