14 nov. 2017

Savoir nommer / Saber nombrar


Nous revenons une fois encore à Alejandra Pizarnik.
Volvemos una vez más a Alejandra Pizarnik.

 
elle se dénude dans le paradis
de sa mémoire
elle ignore le féroce destin
de ses visions
elle a peur de ne savoir nommer
ce qui n'existe pas
(Trad: Colo)

ella se desnuda en el paraíso
de su memoria
ella desconoce el feroz destino
de sus visiones
ella tiene miedo de no saber nombrar
lo que no existe

expliquer avec des mots de ce monde
que de moi sortit un bateau qui m'emporta

(trad:Colo)

explicar con palabras de este mundo
que partió de mí un barco llevándome



Je lisais et traduisais ces courts poèmes quand je me suis demandé si cette difficulté à nommer l’avait poussée à s’exprimer aussi d’une autre façon qu’avec des mots. Et j’ai trouvé ça:
Leía y traducía esos cortos poemas cuando me pregunté si esa dificultad en nombrar le había empujado a expresarse también de otra forma que con palabras. Y encontré esto:

Seul le fragile reste

La cage est devenue oiseau et s'est envolée



Je demande le silence * (détail)

Ce voyage fut une erreur *










6 nov. 2017

Chauds ou froids, frissons / Cálidos o fríos, escalofríos

Derrière ma fenêtre fermée (Colo)


Les premiers froids sont arrivés, soudain. Brrr. Avant-hier on déjeunait encore sur la terrasse.
 Deux courts poèmes du majorquin Antonio Rigo ( Palma de Mallorca 1957)



Le silence de la montagne
brisé par le son
de l'herbe qui germe,
le bruit de la ville
écrasé par le silence
de la feuille qui croît.

(Trad: Colo)
El silencio de la montaña
roto por el sonido
de la hierba que brota,
el ruido de la ciudad
aplastado por el silencio
de la hoja que crece.


En amour et
en poésie
l'important
est de garder
au chaud le
frisson.

En el amor y
la poesía
lo importante
es mantener
caliente el
escalofrío.


Antonio Rigo
Extrait /Extracto de:
Albúm blanco


1 nov. 2017

Je me souviens de toi..../ Te recuerdo....


Pablo Neruda


Je me souviens de toi telle que tu étais en ce dernier automne:
un simple béret gris, le cœur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme un volubilis,
les feuilles recueillaient ta voix lente et paisible.
Bûcher de stupeur où ma soif brûlait.
Douce jacinthe bleue tordue sur mon âme.

Je sens voyager tes yeux et l'automne est distant:
béret gris, cris d'oiseau, cœur où l'on est chez soi
et vers eux émigraient mes désirs si profonds
et tombaient mes baisers, joyeux comme des braises.

Ciel vu d'un bateau. Champs vus des collines:
lumière, étang de paix, fumée, ton souvenir.
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Sur ton âme tournaient les feuilles de l'automne.

(Traduction trouvée sur la Toile, sans nom d’auteur, un peu modifiée par moi)
 
Photo Colo, prise près de chez moi


Te recuerdo como eras en el último otoño.
Eras la boina gris y el corazón en calma.
En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
Y las hojas caían en el agua de tu alma.

Apegada a mis brazos como una enredadera,
las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
hacia donde emigraban mis profundos anhelos
y caían mis besos alegres como brasas.

Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
Hojas secas de otoño giraban en tu alma.