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14 juin 2026

La vie en été / Vida en verano

  

Le poème d’aujourd’hui a été écrit dans les années 60, par le catalan Miquel Martí i Pol, 1929 - 2003, poète et traducteur espagnol d'expression catalane reconnu pour la simplicité de sa poésie, loin d'hermétismes et essentiellement communicative. (Wiki)

Un petit sourire à la lecture de certains vers, c’était avant Me too...

 

Noche de verano en Sevilla. Gonzalo Bilbao. 1905.
                                    Nuit d'été à Seville. 



ÉTÉ

C’est maintenant le temps d’aimer sur les chemins,

au bord de la rivière où l’herbe est douce et accueillante

et à l’ombre des vieux arbres,

près des sources à demi perdues,

là où la forêt est plus intime.


C’est maintenant le temps de s’asseoir dans les rues

pour parler de football et de femmes,

après le dîner,

en groupes, sur l’étroit trottoir

et regarder les jeunes filles traverser la rue avant d’arriver,

puis passer et s’éloigner,

un peu craintives.


C’est maintenant le temps des charpentiers et des maçons,

le temps de chanter en travaillant en plein soleil,

en oubliant le risque des échafaudages,

en oubliant l’effort

et la monotonie du travail

et de la vie.


C’est maintenant le temps de se promener avec les enfants

et la dame qui porte des gants blancs

pour cacher les ravages de l’eau de Javel,

le dimanche après-midi,

sur la large route bordée de platanes,

saluant tout le monde d’un grand mouvement de la tête

et enviant l’épouse de ceux qui passent.


C’est maintenant le temps des femmes

qui cousent dans la pénombre des entrées

et s’endorment souvent sur leur ouvrage,

et c’est le temps des hommes

qui font la sieste

dans le coin le plus sombre de la maison

les après-midi ensoleillés,

quand dans les rues règne un silence pesant

et qu’il fait une chaleur despotique.


C’est maintenant l’été,

l’été lourd et un peu absurde

mais intensément beau,

qui arrive soudainement une

de ces nuits du début de juin

et qui s’en va, lui aussi soudainement,

une nuit de la fin de septembre.

(Trad: Colo)

" ESTIU " de Miquel Martí i Pol

Ara és el temps d'estimar pels camins,

a la vora del riu on l'herba és blana i acollidora

i a l'ombra dels vells arbres,

a les fonts mig perdudes,

allí on el bosc és més íntim.



Ara és el temps de seure pels carrers

a parlar de futbol i de dones,

havent sopat,

formant grup a l'escassa voravia

i veure com les noies

travessen el carrer abans d'arribar

i passen i s'allunyen

una mica porugues.



Ara és el temps dels fusters i dels paletes,

temps de cantar tot treballant

a ple sol,

oblidant el risc de les bastides,

oblidant l'esforç

i la monotonia de la feina i del viure.



Ara és el temps de passejar amb les nenes

i la senyora que porta guants blancs

per amagar els estralls del lleixiu,

a la tarda del diumenge,

per l'ampla carretera vorejada de plàtans

dient adéu-siau a tothom

amb un gran gest del cap

i envejant la muller dels que passen.



Ara és el temps de les dones que cusen

a la penombra de les entrades

i s'adormen sovint damunt la feina,

i és el temps dels homes que fan la sesta

al racó més fosc de la casa

a les tardes de sol,

quan als carrers hi ha un silenci feixuc

i fa una calor despòtica.



Ara és l'estiu,

l'estiu massís i una mica absurd

però intensament bell,

que arriba sobtadament

una nit qualsevol de principis de juny

i que se'n va, també sobtadament,

una nit qualsevol de finals de setembre. 


2 juin 2026

La vie et les formules / La vida y las fórmulas

 Cette courte biographie d'Oscar Campos vous aidera à comprendre le poème, je crois. 

 

Oscar Campos est né à Valparaíso en 1955 et est fils de pêcheur. Durant ses années universitaires, le pays a traversé des ruptures, des changements complexes et des traumatismes. Dans ce contexte, il a choisi de brûler sa bibliothèque naissante ainsi que ses premiers écrits. Il a étudié l’ingénierie commerciale et a exercé professionnellement en tant qu’auditeur-comptable. Il est titulaire d’un Master en administration. Son parcours ressemble à l’itinéraire d’un train : de temps à autre, il descend dans une gare, comme tout le monde, à ceci près qu’il écrit, respire et évite la claustrophobie…

 

Une feuille verte 

Oscar Campos 

 

Une feuille verte

tombe sur un livre,

la branche ne l’a pas lâchée,

mais l’habitant

a oublié d’écouter les saisons.

Le livre ouvert,

ne la reconnaît pas,

il ne parle que de formules.

 

Ce n’est pas l’automne, sa chute,

elle semble être l’erreur d’un code

qui ne comprenait pas les arbres.

 

La pensée cherche les codes exacts,

saute entre des formules.

Sa frénésie l’éloigne de la chair.

.      

Peut-être la feuille

était-elle plus proche de la réalité

que cette architecture parfaite. 

(...)

 Ainsi la pensée,

qui ne touche pas l’âme

se convertit en un piège,

et arrête simplement de fleurir.

 

Une feuille verte,

cherche la vie,

tombe sur un livre de poésie...

 (Trad: Colo)

 


 

Oscar Campos nace en Valparaíso y es hijo de pescador. En su época de universitario el país experimenta quiebres, cambios complejos y traumas, y en este contexto, opta por quemar su incipiente biblioteca y escritos. Estudió ingeniería comercial y en su vida profesional se desempeña como contador auditor. Posee un Master en administración. Su camino se parece al itinerario de un tren, de vez en cuando desciende en alguna estación, como todos, solo que escribe, respira, y evita la claustrofobia....

 

   

Una Hoja verde

Oscar Campos

 

Una hoja verde

cae sobre un libro,

 no porque la rama la soltara,

sino porque el habitante

olvidó escuchar las estaciones.

El libro abierto,

no la reconoce,

habla solo de fórmulas.

 

No es otoño, su caída,

parece un error de un código

que no entendía de árboles.

 

El pensamiento busca los códigos exactos,

salta entre formulas.

Su frenesí lo aleja de la carne.

 

Quizás, la hoja

estaba mas cerca de la realidad

que esa arquitectura perfecta.

 

 (...)

Así el pensamiento,

que no toca el alma

se convierte en una trampa,

simplemente deja de florecer.

 

Una hoja verde,

busca la vida,

cae en un libro de poesía…

 

 

 

 

26 mai 2026

Toujours continuer / Seguir siempre

  

Secreto Secret



José Agustín Goytisolo


Antes yo no sabía
por qué debemos todos
-día tras día-

seguir siempre adelante
hasta como se dice
que el cuerpo aguante.

Ahora lo sé.
Si te vienes conmigo
te lo diré.

                                             Le secret. Fernand-Edmond-Jean-Marie Khnopff

 (peintre, dessinateur, photographe et graveur symboliste belge né à Grembergen  en 1858 et mort à Bruxelles en 1921).


Autrefois, je ne savais pas

 pourquoi nous devons tous

— jour après jour —

 


toujours continuer d’avancer

jusqu’à ce que le corps tienne,

comme on dit.

 

 Maintenant, je le sais.

Si tu viens avec moi,

 je te le dirai.

Trad.Colo 

3 mai 2026

Tout est espace / Todo espacio

  

Hier et toujours c’est le Mexicain Octavio Paz et ses vers qui m’ont séduite, 

emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

Ayer y siempre el Mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a 

bailar en el espacio; instantes mágicos.

 

Puig de Sa Tudossa https://pekesmallorca.com/2022/03/02/puig-de-sa-tudossa/



 

Vent

Octavio Paz

Chantent les feuilles,
dansent les poires sur le poirier ;
tourne la rose,
rose du vent, pas du rosier.

Nuages et nuages
flottent endormis, algues de l’air ;
tout l’espace
tourne avec eux, force de personne.

Tout est espace ;
vibre la tige du coquelicot
et l’un, nu,
vole dans le vent dos de la vague.

Rien je suis,
corps qui flotte, lumière, houle ;
tout est au vent,
et le vent est de l’air toujours en voyage.


(Trad. Colo)

 

Viento

Octavio Paz


Cantan las hojas,
bailan las peras en el peral;
gira la rosa,
rosa del viento, no del rosal.


Nubes y nubes
flotan dormidas, algas del aire;
todo el espacio
gira con ellas, fuerza de nadie.


Todo es espacio;
vibra la vara de la amapola
y una desnuda
vuela en el viento lomo de ola.


Nada soy yo,
cuerpo que flota, luz, oleaje;
todo es del viento
y el viento es aire siempre de viaje.

 

 

21 févr. 2026

Jamais / Nunca

Ce poème a été écrit en 1953. 

Ou aujourd'hui. 

 Embargos successifs, dont le récent sur le pétrole; sans électricité, des habitants si pauvres, si courageux, si amoureux de leur île. 

 

                                              Unos cubanos en La Habana Vieja. (Foto: Marcel Villa)

 

Jamais je ne les abandonnerai

Virgilio Piñera  Cuba, 1912-1979


Quand mon père posa les yeux sur le monde,

il dit:

Allons faire un tour du village”.

Le village c’était les maisons,

les arbres, le linge étendu,

des hommes et des femmes chantant

et parfois se disputant.

Combien de fois ai-je regardé les étoiles.

Combien de fois, craignant son attraction inhumaine,

ai-je espéré flotter en solitaire dans l’espace

tandis qu’en bas Cuba perpétuait son bleu,

où la mort s’arrête.

 

Alors je sentais les roses,

ou, dans la soirée, la voix fausse

du chanteur qui me plongeait dans des délices célestes.

Jamais je ne les abandonnerai- disais-je à voix basse-;

même si on me clouait sur la croix,

jamais je ne les abandonnerai.

Même s’ils crachent sur moi,

je resterai parmi le peuple.

Et je crierai cet amour qui

peut crier son nom aux quatre vents,

ce que dit le peuple à chaque instant:

Ils sont en train de me tuer mais je prends du plaisir”.


Trad: Colo et merci à la correctrice. 

 

NUNCA LOS DEJARÉ

Virgilio Piñera  Cuba, 1912-1979


Cuando puso los ojos en el mundo,
dijo mi padre:
“Vamos a dar una vuelta por el pueblo”.
El pueblo eran las casas,
los árboles, la ropa tendida,
hombres y mujeres cantando
y a ratos peleándose entre sí.
Cuántas veces miré las estrellas.
Cuántas veces, temiendo su atracción inhumana,
esperé flotar solitario en los espacios
mientras abajo Cuba perpetuaba su azul,
donde la muerte se detiene.

Entonces olía las rosas,
o en la retreta, la voz desafinada
del cantante me sumía en delicias celestiales.
Nunca los dejaré —decía en voz baja—;
aunque me claven en la cruz,
nunca los dejaré.
Aunque me escupan,
me quedaré entre el pueblo.
Y gritaré con ese amor que puede
gritar su nombre hacia los cuatro vientos,
lo que el pueblo dice en cada instante:
“Me están matando pero estoy gozando”.

 

  

Virgilio Piñera fue un escritor, poeta, narrador y dramaturgo cubano. Nació el 4 de agosto de 1912 en la ciudad de Cárdenas, provincia de Matanzas (Cuba) y falleció de un infarto cardíaco el 18 de octubre de 1979 en La Habana (Cuba).

 

13 févr. 2026

Quelques notes / Unas notas

  

Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.


La mère

    ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.


Trad: Colo

Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba.Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appelée Cero

 

 



LA MADRE


    mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

3 févr. 2026

Silence, lumière et vers / Silencio, luz y versos

 

Le silence rond de la nuit

Federico García Lorca

Le silence rond de la nuit
Sur la portée musicale
De l'infini.
Moi je sors nu en rue,

Ivre de vers
Perdus.
Le noir, criblé
Par le chant du grillon,

Retient ce feu follet
Mort,
Du son.
Cette lumière musicale
Que perçoit
L'esprit.
Les squelettes de mille papillons
Dorment dans mon enceinte.


Passe une jeunesse de brises folles
Sur la rivière.


(Trad: Colo) 

  


 


 

 

El silencio redondo de la noche
Federico García Lorca
    El silencio redondo de la noche
    Sobre el pentagrama
    Del infinito.
    Yo me salgo desnudo a la calle,
    Maduro de versos
    Perdidos.
    Lo negro, acribillado
    Por el canto del grillo,
    Tiene ese fuego fatuo,
    Muerto,
    Del sonido.
    Esa luz musical
    Que percibe
    El espíritu.
    Los esqueletos de mil mariposas
    Duermen en mi recinto.

    Hay una juventud de brisas locas
    Sobre el río.

 

2 janv. 2026

Abriter les années

 

Un cadeau, ce recueil de poèmes de Robert Desnos, surréaliste,  intitulé “Poèmes de minuit”. Merci !

Maurice de Vlaminck

 

14/4/36

Campagnes que je traverse

Statues dépassées sans s’arrêter

Danse des fils télégraphiques

Vol d’un oiseau à l’horizon

Coin perdu où l’on voudrait une seule

Maison où l’on voudrait abriter toutes les années

Terre toute la terre

Où vivent les hommes

Mes amis


4 nov. 2025

Le vide, espace du possible / El vacío, espacio de lo posible

 

Peu connu, je pense, Juan Rodolfo Wilcock, et c’est fort dommage. Si je le connais peu comme traducteur, sa poésie m’enchante, et si vous me suivez depuis longtemps, vous aurez déjà lu l’un ou l’autre poème de lui ici.

Simplicité et profondeur dans le poème d’aujourd’hui. 

Dos esculturas de Jorge de Oteiza . Izquierda: Caja vacía, 1958; derecha: De la serie de la desocupación de la esfera, 1957

 
 

ESPACE

Juan Rodolfo Wilcock *Argentina 1919-1978

 

Dans ma chambre il n’y a rien,

sauf un tourne-disques et un lit;

et dans le cœur rien non plus,

sauf un fils différent de moi.


Ainsi il y a de l’espace pour bouger

tant dans le cœur que dans la chambre

j’ai jeté les guenilles au feu,

les sentiments, à la mer.


Tout le monde n’a pas une chambre vide,

tout le monde n’a pas le cœur vide:

on peut y laisser entrer

chaque matin un monde nouveau.

(Trad.Colo)


*”Né de père anglais et de mère italienne, Wilcock se forma dans une Buenos Aires cosmopolite, où il se lia d’amitié dès 1941-1942 avec Borges, Silvina Ocampo et Bioy Casarès, et il se définit comme un « écrivain européen7 », qui aurait finalement choisi d’écrire en italien car c’est la langue qui ressemble le plus au latin ! Fixé définitivement en Italie en 1957, Wilcock est un écrivain qui touche à tous les genres, un journaliste, un essayiste, un traducteur aussi, capable de traduire vers l’italien aussi bien l’espagnol que le français ou l’anglais.”

Source: https://books.openedition.org/pur/39154?lang=fr

 

Fábrica MDK     https://www.tccuadernos.com/blog/solido-vacio-arquitectura-fran-silvestre-david-cohn/

ESPACIO

Juan Rodolfo Wilcock

En mi cuarto no hay nada,
salvo el tocadiscos y una cama;
y en el corazón tampoco hay nada,
salvo un hijo distinto a mí.

Así hay espacio para moverse
tanto en el corazón como en el cuarto
tiré los harapos al fuego,
los sentimientos, al mar.

No todos tienen el cuarto vacío,
no todos tienen el corazón vacío:
se puede dejar entrar
cada mañana un mundo nuevo.

 

8 sept. 2025

Garder au chaud le frisson / Mantener caliente el escalofrío

 Nous allons passer un moment sur l'île.

Aujourd'hui deux courts poèmes du majorquin Antonio Rigo ( Palma de Mallorca 1957)



Le silence de la montagne

brisé par le son

de l'herbe qui germe,

le bruit de la ville

écrasé par le silence

de la feuille qui croît.


(Trad: Colo)

El silencio de la montaña
roto por el sonido
de la hierba que brota,
el ruido de la ciudad
aplastado por el silencio
de la hoja que crece. 

 

                                  Source : https://www.komoot.com/es-es/guide/210453/las-mejores-cimas-en-mallorca



En amour et

en poésie

l'important

est de garder

au chaud le

frisson.


En el amor y
la poesía
lo importante
es mantener
caliente el
escalofrío.



Antonio Rigo

Extrait /Extracto de: Albúm blanco

13 août 2025

La paresse / La pereza

 Voici la paresse vue sous un autre angle...une paresse active.

 




La Paresse

Augusto Ferrán 1870


Il est une paresse active

qui, tandis qu’elle dort, pense,

qui se tait car elle se couche,

qui dort mais qui rêve.


Elle est comme un léger reflet

de la majesté suprême,

qui, éternellement tranquille,

sur l’univers règne.


Oh asile de la pensée

errante, douce paresse;

mille fois heureux l’homme

qui jouit de toi sur terre!


(Trad: Colo)

 

 

 

La pereza

Augusto Ferrán1870


Hay una pereza activa

que mientras descansa piensa,

que calla porque se vence,

que duerme pero que sueña.


Es como un leve reflejo

de la majestad suprema,

que eternamente tranquila,

sobre el universo reina.


¡Oh asilo del pensamiento

errante, dulce pereza;

mil veces feliz el hombre

que de ti goza en la tierra.

 

 

10 août 2025

Dans nos sacs à main / En nuestras bolsas

 

Après le repassage, voici un autre poème du quotidien: les sacs à main.

C’est fou la variété de choses qu’on peut y trouver, entre souvenirs, pharmacies entières, différentes cartes, photos etc, parfois des objets insolites.

Ici, cette poétesse Mexicaine, peu connue, en fait un inventaire...poétique.

 

 




Dans mon sac


Yolanda Barry


 Je porte dans mon sac

une poignée d’illusions,

mil baisers gardés,

des désirs opprimés.


Je porte dans mon sac

des billets d’espoirs,

des monnaies qui me permettent

de payer mes plus chers désirs

 

Je porte dans mon sac

des petites boîtes de bombons

qui servent à adoucir

mes tristesses et mes peines

(...)

Je porte dans mon sac

le stricte nécessaire

ni bijoux ni richesses

seule une part de mon désir

 

Je ne veux ni argent,

ni grands crédits,

seulement la liberté

pour parcourir les cieux. 

 


 


(Trad: Colo)

En mi bolsa

Llevo en mi bolsa

puñado de ilusiones,

miles de besos guardados,

deseos oprimidos.



Llevo en mi bolsa

billetes de esperanzas,

monedas que me permitan

pagar mis más caros anhelos.



Llevo en mi bolsa

cajitas de caramelos

que sirvan para endulzar

mis tristezas y mis penas.

 (…)

Llevo en mi bolso

lo necesario, lo que necesito,

no necesito joyas ni riquezas,

solo un trozo de mi anhelo.



No quiero dinero,

ni grandes crédito,

solo quiero libertad

para recorrer los cielos.

YOLANDA BARRY.