18 juil. 2018

Une autre fenêtre / Otra ventana


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Une autre fenêtre
    Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)
On se lasse d’être seul à délirer
avec sa fenêtre au milieu de la rue,
parmi la neige qui traîne
sa blancheur dans les ruelles oubliées.
On se lasse de sortir pour chercher
la même femme à la chevelure
jusqu’aux pieds.

Peut-être est-ce cela l'art de la solitude :
écrire maintes fois l’île avec son ciel lilas
et la sveltesse du phare qui verse sa lumière sur
nos cheveux en désordre.
Peut-être est-ce seulement ça : une boussole sans mémoire
pour les temps à venir.

(Trad : Colo)


Otra ventana

    Miguel Angel Zapata (Perú, 1955)

Uno se cansa de estar solo delirando
con su ventana en medio de la calle,
entre la nieve que arrastra
su blancor por los callejones olvidados.
Uno se cansa de salir a buscar la
misma mujer con el cabello
largo hasta los pies.

Tal vez en eso consista el arte de la soledad:
escribir repetidas veces la isla con su cielo lila
y la esbeltez del faro que derrama su luz sobre
nuestro cabello alborotado.
Tal vez sea sólo eso: una brújula sin memoria
para el tiempo que vendrá.


11 juil. 2018

Seulement voir / Solamente ver


Roberto Juarroz, 1925-1995; poète Argentin, un des meilleurs selon l'avis général et le mien en particulier:-)
Son oeuvre est réunie sous un unique titre: Poésie Verticale.
"Dans l'un de ses derniers recueils, Treizième poésie verticale, publié en 1993, Roberto Juarroz forme le vœu de parvenir à « dessiner les pensées comme une branche se dessine sur le ciel ».(wiki)


Ventana, Ernest Descals



Il dessinait partout des fenêtres.
Sur les murs trop hauts,
sur les murs trop bas,
sur les parois obtuses, dans les coins,
dans l'air et jusque sur les plafonds.


Il dessinait des fenêtres comme s'il dessinait des oiseaux.
Sur le sol, sur les nuits,
sur les regards tangiblement sourds,
sur les environs de la mort,
sur les tombes, les arbres.

Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.
Mais jamais il ne dessina une porte.
Il ne voulait ni entrer ni sortir.
Il savait que cela ne se peut.
Il voulait seulement voir : voir.
Il dessinait des fenêtres.

 Partout.

(Douzième poésie verticale, traduction de Fernand Verhesen)

Roberto Juarroz 1925-1995, considerado como el mejor poeta argentino de su tiempo, así lo veo yo también, reunió toda su obra bajo un mismo título, Poesía Vertical.
En su Trigésima y última Poesía Vertical, 1993, emite el deseo de dibujar los pensamientos como una rama se dibuja sobre el cielo.


Beatriz Kohn, Caracas, 1939

Dibujaba ventanas en todas partes.
En los muros demasiado altos,
en los muros demasiado bajos,
en las paredes obtusas, en los rincones,
en el aire y hasta en los techos. 
 
Dibujaba ventanas como si dibujara pájaros.
En el piso, en las noches,
en las miradas palpablemente sordas,
en los alrededores de la muerte,
en las tumbas, los árboles. 
 
Dibujaba ventanas hasta en las puertas.
Pero nunca dibujó una puerta.
No quería entrar ni salir.
Sabía que no se puede.
Solamente quería ver: ver.
Dibujaba ventanas. 
 
En todas partes.

4 juil. 2018

Assis ou couchés? / ¿Sentados o tumbados?


L'amour est une ortie qu'il faut moissonner chaque instant si l'on veut faire la sieste étendu à son ombre.”
El amor es una ortiga que uno debe segar a cada instante si se quiere dormir tendido en su sombra.”
Pablo Picasso

Picasso La siesta 1919



La sieste, ce moment délicieux pendant les après-midi d’été...

Énormément de peintres de tous pays ont croqué ces endormissements, en voici 

quelques uns, espagnols. Tous s'intitulent La siesta ou Siesta.


La siesta, ese momento delicioso durante las tardes de verano…

Muchísimos pintores de todos los países han pintado esas somnolencias, he aquí 

algunos. Españoles. Todos se titulan La siesta o Siesta


Siestes couchés, siestas tumbados

Goya

Joaquin Sorolla 1912





Siestes assis, siestas sentados

La Migdia, Ramón Martí Alsina 1884



Julio Romero de Torres 1874-1930




Siestes confortables? ¿Siestas confortables?
Miguel Prieto Anguita 1947

Román Ribera Cirera (1849-1935)













 Et puis cette siesta-ci  qui me plaît tant, d'un Colombien, si reconnaissable. Finalmente esta siesta que tanto me gusta del Colombiano tan reconocible.

Fernando Botero (1932-   )

D'autres siestes plus françaises ici: http://www.lasiestoune.com/blog/la-sieste-dans-l-art-a-travers-les-ages

Chinou me signale gentiment une aquarelle d'elle, je l'ajoute car je la trouve superbe et...c'est le sujet du jour! Merci beaucoup!

Sieste, Chinou



30 juin 2018

Quitter l'enfance / Dejar la infancia


Hier sur la place du village, ils étaient partout, couraient derrière un ballon ou juste pour le plaisir, le besoin de courir.
Les enfants sont en vacances.
S’il existe multitude de poèmes sur l’enfance, voici le premier que je lis sur sa fin.

Ayer en la plaza del pueblo, estaban por todas partes, corrían tras una pelota o por el placer, la necesidad de correr.
 Los niños están de vacaciones.
Si existen multitud de poemas sobre la infancia, he aquí el primero que leo sobre su fin.


ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).

Toboggans

 

Je parcours les rues qui
jadis étaient des rues.
Je suis sur les places qui
avant étaient l'enfance.
Je descends, degré par degré,
par des escaliers qui avant
étaient des toboggans.


Et à la chute, je me découvre
seul au milieu de rien.
Rien qui pour les autres est tout.
Rien ne reste déjà de cela…
Et cela, qui était tout,
Maintenant c’est le rien.
Et les doutes.
(Trad: Colo)

Escaleras La Habana-Cuba


 

ÁNGEL RUIZ DEL ÁRBOL (La Habana, Cuba. 1956).



Toboganes
Transcurro en calles que
Antes eran calles.
Sucedo en plazas que
Antes eran infancia.
Desciendo, peldaño a peldaño,
Por escaleras que antes
Eran toboganes.

Y al caer me descubro
Solo en medio de la nada.
Nada que para otros es todo.
Nada queda ya de aquello…
Y aquello, que era todo,
Ahora es la nada.
Y las dudas.

24 juin 2018

Si j'étais.../ Si fuera...


Latitude

Juan Ramón Jiménez



Si j'étais comme un lieu de la mer ou du ciel;
le même et un autre toujours, avec les vagues,
le même et un autre toujours, avec les nuages;
ferme et errant,
hésitant et sûr de lui,
attendant et solitaire,
rencontré et inconnu,
aimé et oublié, et libre et prisonnier,
- un autre et le même toujours, avec mes nuages,
avec mes vagues -!




Sud de l'île de Mallorca


Latitud J.R. Jimenéz

¡Si fuera yo como un lugar del mar o el cielo;
el mismo y otro siempre son las olas,
el mismo y otro siempre con las nubes;
firme y errante,
dudoso y cierto,
aguardador y solitario,
encontrado y desconocido,
amado y olvidado, y libre y preso,
-otro y el mismo siempre, con mis nubes,
con mis olas-!


Traduction trouvée sur le site Emmila Gitana sans nom de traducteur. 

17 juin 2018

Près du banc / Cerca del banco

Toujours assise sur mon banc malgré les transformation qui peuvent semble-t-il s'y produire, je contemple autour de moi quelques plantes et arbustes: le Buddleia, ou arbre à papillons et insectes, un Aloe Vera aux étranges fleurs jaunes, un Limonium et des Passiflore.
La lecture de poèmes de Juan Ramón Jiménez ou du roman "L’arbre du pays Toroja" de Philippe Claudel est très souvent interrompue pour observer sans bouger, photographier.

 








Nous nous retrouverons avec des poèmes vers la fin du mois, portez-vous bien!


1 juin 2018

Le banc / El banco


Un banc, des livres en tout genre, papier et stylo pour traduire des poèmes...tout est prêt pour une pause. Le temps de refaire le plein d'idées et de mots et je reviens.
Si vous passez, prenez place; Dominique, je t'attends à l'ombre.



Un banco, libros de todos tipos, papel y boli para traducir poemas....todo está listo para una pausa. El tiempo de llenar la libreta con ideas y poemas y vuelvo.
Si pasáis por aquí, tomad asiento.

29 mai 2018

Une belle vie, adios Señora.


María Dolores Pradera, 93 ans vient de disparaître. Une toute grande dame de la chanson et de la scène de théâtre espagnoles. Une dame à l'esprit fin et rempli d'humour et à la voix grave, qui laisse un énorme répertoire de chanson espagnole et de musiques sud-américaines. Des sujets d'hier et de toujours, des fados, coplas, rancheras, balades et boléros.
Quelle chanson choisir? Je les aime toutes.



Acaba de desaparecer, a sus 93 años, maría Dolores Pradera, la gran dama de la canción española y del teatro. Une dame fina, inteligente, llena de humor. Su voz grave nos deja un repertorio enorme, temas de ayer y de siempre, fados, coplas, rancheras, baladas y boleros.
¿Qué canción elegir? Me gustan todas.







23 mai 2018

Entre les jeux de lueurs / Entre juegos de luces


Julia de Burgos (1914-1953)
Voici le troisième billet consacré à la poésie de la portoricaine Julia de Burgos.  Le premier était un pas vers le féminisme, ici. 
Dans le second une sélection de vers sensuels et musicaux, ici.
 Aujourd'hui, un poème délicat. J'ai gardé la belle traduction de E. Dupas
  
Presque l'aube


Presque l'aube,
comme dire  ruisseau plongeant dans la source
comme dire étoile,
comme dire colombe ailée au ciel.

Cette nuit a fui
presque l'aurore, presque la pleine lune entre des montagnes
comme une sensation d'hirondelle
qui picore son illusion sur une branche.

l'Aube, sans ailes pour fuir,
retour d'émotion jusqu'à l'âme
grains de maïs brûlés d'amour entre mes mains
que l'assaut de l'amour a rendues chastes.

Nuit déchirée au temps répété,
ville prisonnière d'essences hautes,
comme une clarté tu brises mon esprit
tu enfermes mon émotion comme une geôle. 

 
Amour muet et lointain...
Timide petite voix d'un dahlia,
je te veux ainsi, intime,
sans te savoir aux portes du matin,
presque souriante, ouverte entre les rires,
entre les jeux de lueurs, presque l'aube...
 

 
 
traduit de l'espagnol par E. Dupas

Aube sur champ de pavots- Oleh Rak

Casi alba,
como decir arroyo entre la fuente,
como decir estrella,
como decir paloma en cielo de alas.

Esta noche se ha ido casi aurora,
casi ronda de luna entre montañas,
como una sensación de golondrina
al picar su ilusión en una rama.

Amanecer, sin alas para huirse,
regreso de emoción hasta su alma,
palomitas de amor entre mis manos
que al asalto de amor subieron castas.

Noche rasgada al tiempo repetido,
detenida ciudad de esencias altas,
como una claridad rompes mi espíritu,
circundas mi emoción como una jaula.

Amor callado y lejos...
tímida vocecita de una dalia,
así te quiero, íntimo,
sin saberte las puertas al mañana,
casi sonrisa abierta entre las risas,
entre juego de luces, casi alba...



Biographies de Julia de Burgos
En español:

En français


16 mai 2018

Passion / Pasión


Fable de Samaniego (1745-1801)
Les fourmis


Ce qu'aujourd'hui sont les fourmis,
Étaient les hommes d'antan:
De leurs biens propres et de ceux d'autrui
Ils faisaient leur provision.
Jupiter, qui depuis des siècles
Observait cette passion,
N'en pouvant plus,
En fourmis les transforma:
Ils changèrent de forme;
Et d'habitudes? Jamais.
(Trad: Colo)


En quoi Jupiter nous transformerait-il aujourd'hui?
Photo Kwarkito, merci! "Eurogroupe fourmis"


Las hormigas 
Fábulas, Samaniego 
 Lo que hoy las hormigas son,
 Eran los hombres antaño:
 De lo propio y de lo extraño
 Hacían su provisión.
 Júpiter, que tal pasión
 Notó de siglos atrás,
 No pudiendo aguantar más,
 En hormigas los trasforma:
 Ellos mudaron de forma;
 ¿Y de costumbres? Jamás.

¿En qué nos trasformaría Jupiter hoy en día?

10 mai 2018

Al-Andalus, l'amour des fleurs / El amor por la flores


J'ai lu que l'amour pour les fleurs dans la poésie (et dans l'art) de Al-Andalus se devait à ce que les berbères et les musulmans venaient de terres arides, désertiques. Une telle explosion de couleurs et d’odeurs les enchantèrent. Cela me semble une explication fort plausible.
Voici le poème le plus connu sur le sujet.


Leí que el amor por la flores en la poesía (y en el arte) de Al-Andalus se debía a que los musulmanes y bereberes procedían de tierras áridas, desérticas. Tal explosión de colores y olores les encantó. Eso me parece una explicación muy plausible.
Aquí va el poema más conocido sobre el tema.

 

JARDIN- JARDÍN

Yusuf ibn Harun ar-Ramadi

Le myrte, le lys, le jasmin vigoureux et la giroflée ont grand mérite et s’emparent
des jardins.
Mais bien plus grand est le mérite de la rose.
Le myrte est-il autre chose que l’arôme qui s’éteint une fois jeté au feu? 
La rose, même fanée, laisse dans l’eau un parfum qui dure après elle.
 Le mal du lys est très commun: après un instant il descend dans la tombe.
 Le jasmin est humble d’origine, mais son odeur est solennelle et orgueilleuse.
Le caractère de la giroflée est perturbé, tout comme un voleur, elle s’éveille après les prières du soir.
La rose est la dame des jardins, bien qu’elle soit la servante du rose des joues.
(Trad.Colo)
El mirto, la azucena, el jazmín lozano y el alhelí tienen gran mérito y con él se enseñorea el jardín.

Pero el mérito de la rosa es aún mayor.


¿Acaso es el mirto otra cosa que aroma que se extingue arrojado al fuego?
La rosa, aun marchita, deja en el agua perfume que perdura tras de ella.
El mal de la azucena es muy común: tras un instante baja a la tumba.
El jazmín es humilde en sus orígenes, pero su aroma es solemne y orgulloso.
El carácter del alhelí está trastornado, es como un ladrón, se despierta tras la oración de la noche.


La rosa es la señora de los jardines, aunque es sierva de la rosa de las mejillas.



ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI también llamado ABU YENIS nació en Córdoba. Grandes tinieblas cubren la vida y obra de este autor. Ya antes de los disturbios originados por guerra civil, a finales del siglo X, se había asentado en el Reino Taifa de Zaragoza,
Murió probablemente en el año 1022 aunque otras fuentes citan el 1013.
ABU ÚMAR YUSUF IBN HARUN AL RAMADI appelé aussi Abu Yenis est né à Cordoue. On sait fort peu de sa vie, de son œuvre, avant les gtands troubles de guerriers de la fin du Xº siècle, il s'était établi dans le Royaume de Taifa de Saragosse.
IL est mort probablement en l'an 1022, certaines sources citent 1013..


3 mai 2018

La poésie du temps de Al-Andalus / La poesía del tiempo de Al-Andalus


Pour commencer, quelques rappels historiques…

Tintero nazarí /Encrier Nazarí XIVºs  .http://elpoderdelaalhambra.com/piezas-destacadas/tintero-nazari/

Nous sommes un peu avant l’an 711 ; l’Espagne, à l’exception des Asturies, de la Cantabrie et du Pays basque, constituent le royaume des Wisigoths. Et l'Hispanie ne jouit pas d’une grande stabilité politique au moment où les musulmans partent à sa conquête

La naissance et la formation de Al-Andalus se sont faites progressivement, les conquêtes se réalisèrent entre 711 et 716. Toute l’Espagne (et l'actuel Portugal) fut envahie excepté le Pays Basque et quelques régions montagneuses de Cantabrie. Les musulmans tentèrent de s’étendre en France mais, vous le savez, ils furent vaincus à Poitiers (732) et se replièrent sur la péninsule ibérique.
Et ils décident d’établir leur capitale à Cordoue, apparemment fascinés par le Guadalquivir.

Al-Andalus (711-1492) est devenu dès le IXº siècle un foyer de haute culture et attira de nombreux savants, artistes….
Sur la Terre D’Islam qu’est Al Andalus, diverses populations aux cultures différentes se mêlaient : les musulmans (arabes, berbères, muladi) et européens musulmans, les slaves musulmans, puis les juifs et les chrétiens (mozarabes).

Alors mes amis, quand j’ai décidé de me plonger dans la poésie (en arabe mais largement traduite en espagnol ;-))  datant de cette longue époque musulmane, je me suis très vite vue submergée par un nombre incalculable de poètes, de poèmes écrits en arabe pendant les différents siècles.

On y parle d’amour, de fleurs et de parfums, de vin, de séparations, puis vers la fin, de la perte d’un paradis. Que choisir, quels poèmes traduire en français ?
En voici deux pour commencer.


Le poète Ibn Darray (958-1030) 
 
Si en les jardins où il habite
ne peux voir mon maître
dans les jardins du rêve
aurons notre rencontre
(Trad: Colo, MAH)


Le poète Ibn Baqi (m. 1145):


Quand le voile de la nuit
s’étend sur la terre,
du vin le plus odorant
           à ma belle je lève mon verre
.
Tel un baudrier tombe
sur moi sa chevelure,
et comme le guerrier prend
de sa main droite l’épée
j’enlace, moi, son cou,
qui au cygne ressemble.
       
Mais à voir que déjà s’incline,
fatiguée, la tête,
doucement je sépare
le bras dont elle m’enlace
et je pose sur ma poitrine
sa tempe, pour qu’elle y dorme.
Aïe! Mon coeur heureux
bat avec grande force.
Que cet oreiller est agité!
en lui ne pourra dormir.

(Trad: Colo, MAH)

Notes :
Si le sujet vous intéresse, voici le lien d’une superbe émission de Arte:

https://vimeo.com/101877438

Et aussi, à lire:
http://balises.bpi.fr/histoire/al-andalus------le-passe-arabo-berbere-de-leurope



Jarrón de las gacelas, arte Nazarí. (Alhambra-Granada)
Para empezar, unos datos históricos...
Estamos en el año 711, España, a la excepción del País Vasco, de Cantábria y de Asturias constituyen el reino Visigodo. Hispania no goza de una gran estabilidad política en el momento en que los musulmanes deciden conquistarla.

El nacimiento y la formación de Al-Andalus se hizo de forma progresiva, las conquistas se escalonaron entre 711 y 716. España entera, excepto el País Vasco y algunas regiones montañosas de Catabria, fue invadida.
Los musulmanes intentaron extenderse en Francia pero, lo sabéis, fueron derrotados en Poitiers (732) y se replegaron en la península ibérica.

Decidieron establecer su capital en Córdoba, fascinados, por lo visto, por el Guadalquivir.

Desde el siglo IX Al-Andalus (711-1492) fue un foco de alta cultura y atrajo a muy numerosos eruditas, artistas…
En la tierra de Islam que era Al-Andalus, se mezclaban poblaciones de diversas culturas: los musulmanes (árabes, bereberes, muladi) y europeos musulmanes, los eslavos musulmanes, finalmente los judíos y los cristianos (mozárabes).

Entonces amigos, cuando decidí sumergirme en la poesía de esa época, me vi rápidamente desbordada por un número incalculable de poetas, de poemas escritos en árabe durante esos siglos.

En ellos se habla de amor, de flores, de perfumes, de vino, de separaciones, y luego hacia el final, de la pérdida de un paraíso.
¿Cuáles elegir, cuáles traducir al francés?
Aquí, y para empezar, dos de ellos.
 

https://3.bp.blogspot.com/-lPAXkK0J8vw/Wulyuu7KrMI/AAAAAAAAI2Y/Z_Z98HUjeOo0V2euWTjmFX8TLFXRrumPgCLcBGAs/s1600/arquetacalifal.jpg
 
El poeta  Ibn Darray (958-1030)
Si en los jardines que habita
me impiden ver a mi dueño,
en los jardines del sueño
nos daremos una cita.
http://enciclopedia.us.es/index.php/Archivo:Mihrab_mezquita_persa_Kashan,_(1226).jpg



EL poeta Ibn Baqi (m. 1145):
Cuando el manto de la noche
se extiende sobre la tierra,
del más oloroso vino
brindo una copa a mi bella.
Como talabarte cae
sobre mí su cabellera,
y como el guerrero toma
la limpia espada en la diestra,
enlazo yo su garganta,
que a la del cisne asemeja.


Pero al ver que ya reclina,
fatigada, la cabeza,
suavemente separo
el brazo con que me estrecha,
y pongo sobre mi pecho
su sien, para que allí duerma.
¡Ay! El corazón dichoso
me late con mucha fuerza.
¡Cuán intranquila almohada!
No podrá dormir en ella.