15 mai 2019

Routine / Rutina

Elvira Sastre, jeune poète, écrivain, traductrice et philologue espagnole, née à 
Ségovie en 1992, est déjà très connue et a publié plusieurs recueils de poèmes. 
J'ai été très surprise et  frappée par la maturité dont elle fait preuve dans le 
poème qui suit.

Elvira Sastre, joven poeta, escritora, traductora  y filóloga española, nacida en
 Segovia en 1992, es ya muy conocida y ha publicado varios poemarios.
Me ha sorprendido la madurez que enseña en el poema que sigue.


L'habitude de nous habiter

Je me demande si c'est ça:
les mots qui s'ajustent aux notes,
le calme de l'équilibre minuscule
et le minime soubresaut qui sort du dedans,
le
bien d'autrui
qui
déjà
est
nôtre.

Je me demande si c'est ça
le souvenir au présent,
la main experte tendue sans à peine effleurer,
un silence confortable habitant entre les regards,
la routine
qui
déjà
est
constante.

Chaque nuit
j'embrasse la réponse

(Trad:Colo)


Equilibrio, Jorge Morrone






ELVIRA SASTRE

EL HÁBITO DE HABITARNOS
Me pregunto si es esto:
las palabras encajando en las notas,
la calma del equilibrio minúsculo
y el mínimo sobresalto que sale de dentro,
lo
ajeno
que
ya
es
propio.

Me pregunto si es esto:
el recuerdo en presente,
la mano experta tendida sin rozar apenas,
un silencio cómodo habitando entre miradas,
la
rutina
que
ya
es
perenne.

Cada noche
abrazo la respuesta.



6 mai 2019

Nos petits rêves / Nuestros pequeños sueños



Poète et narrateur Irakien né en 1944, Sargon Bulous s’installa en 1967 à Beyrouth où il travailla comme journaliste et traducteur. Postérieurement il émigra aux États-Unis. Ses recueils de poèmes sont peu connus et traduits à ma connaissance.
Poeta y narrador iraquí nacido en 1944, Sargón Bulus se trasladó en 1967 a Beirut, donde trabajó como periodista y traductor. Posteriormente emigró a Estados Unidos y desde 1980 vive en San Francisco. Sus libros de poemas no están, que yo sepa, traducidos al español.


Le poème qui suit a été traduit en espagnol par Milagros Nuin et en français par moi, Colo.

La femme qui volait avec le vent Sargón Bulus (o Boulus).


Si tu voyais cette femme qui vole avec le vent
qui porte dans les yeux
les signes d’un orage à venir
et les cheveux coiffés en tourbillons,
n’hésite pas, préviens-moi,
peut-être n’est-elle qu’un de mes désirs,
peut-être est-elle celle que j’ai cherché par monts et par vaux…



Je la trouverai peut-être dans une ruelle déserte,
un enfant dans les bras, ou penchée à une fenêtre,
ou encore la reconnaîtrai-je par un sifflotement, un fragment de chanson
qui dirait de belles choses sur l’éloignement
et la distance.



Si seulement tu la voyais sur les ailes d’un papillon
volant, collée au goudron du pavement
les yeux troublés par les absurdes ornements de l’histoire
et la poitrine chargée de cris de tristesse de tout un peuple
et ses fruits solitaires,
comme des pierres dans un panier…



Amène-la au marché des boutiques fermées
là où le vent souffle entre les planches,
aux alentours du village où nous sommes nés
et avons rêvé nos rêves,
nos petits rêves...
et que nous avons abandonné.

 (Trad:Colo)
 
Mural-Beirut.
Cortesía: Al Arabiya

“La mujer que vuela con el viento”, de Sargón Bulus



Si vieras a esa mujer que vuela con el viento
llevando en sus ojos
los signos de una tormenta venidera
y con el pelo envuelto en torbellinos,
no dudes, avísame,
quizás ella sólo sea un anhelo mío,
quizás sea ella a quien he buscado por aldeas y pueblos…

Tal vez la encuentre en un callejón desierto,
con un niño entre los brazos, o asomada a una ventana,
o quizás la reconozca en un silbido, en un fragmento de canción
que hable de cosas hermosas sobre el alejamiento
y la distancia.

Si sólo la vieras en las alas de una mariposa
volando pegada al alquitrán del pavimento
con los ojos enturbiados por los absurdos adornos de la historia
y el pecho cargado con gritos de tristeza de todo un pueblo
y sus frutos solitarios,
como piedras en un cesto…

Tráela al mercado de las tiendas cerradas
donde el viento sopla entre las maderas,
a las afueras del pueblo en que nacimos
y soñamos nuestros sueños,
nuestros pequeños sueños…
y lo abandonamos.



Publicado por primera vez en el periódico Al—Hayat Publicado en el periódico Al-Hayat el 8 de octubre de 2003)

Trad al español, Milagros Nuin

25 avr. 2019

Le tour du monde / La vuelta al mundo


Pierre Reverdy


HEURE


Un œil se ferme à l’horizon
                     L’autre se lève
Combien de temps faut-il pour parcourir la nuit
Le bruit et la lumière
Étoiles et grelots
            Quelqu’un sur la montagne a jeté son manteau
                     Et derrière
                                       L’eau
            Le soleil éteint qui tombe
Et le chant plus gai d’un oiseau
            Le tour du monde
                              Tout se dresse autour du rideau
                       Les voix qui montent vont plus haut
                       ou les marches plus basses
                              Celui qui redescend
                              Marche la tête basse
L’ombre s’allonge
                              Le ciel s’éclaire
On écoute les bruits tomber tout près du mur
                                     Contre la terre


 https://www.pyrenees-ossau-loisirs.com/crepuscule-a-laubisque/


Hora

Un ojo se cierra en el horizonte
              El otro se levanta
Cuánto tiempo hace falta para recorrer la noche
El ruido y la luz
Estrellas y cascabeles
         Alguien en la montaña ha tirado su abrigo
                     Y detrás
                            El agua
         El sol apagado que cae
Y el canto más alegre de un pájaro
          La vuelta al mundo
                         Todo se alza alrededor de la cortina
                 Las voces que suben van más alto
                 o los escalones más bajos
                       El que vuelve a bajar
                       Anda cabizbajo
Se alarga la sombra
                       Se ilumina el cielo
Se escuchan los ruidos caer muy cerca del muro
                        Contra la tierra
(Trad:Colo)

18 avr. 2019

Rires et larmes/ Risas y lágrimas



C’est en 1988 que Miquel Barceló réalise avec des amis un premier voyage au Mali. Fasciné par cet univers si nouveau il y achète une maison, y retourne souvent:"pour retrouver ce rapport à la vie qui me manque ici, même si j’y séjourne moins longtemps qu’avant. Je n’ai jamais ri nulle part dans le monde comme là-bas. En Occident, on paie pour rire au cinéma."



Miquel Barceló realiza con unos amigos su primer viaje a Mali en 1988.
Fascinado por ese universo tan nuevo, compra una casa y vuelve a menudo ”para reencontrar esa relación con la vida que me falta aquí, incluso si mis estancias son menos largas que antaño. Nunca me he reído en ninguna parte del mundo como allí. En Occidente, se paga para reír en el cine.”(Trad Colo)




Au Mali il réalise quantité de dessins et d’aquarelles pleins de vie, il y découvre le sable, ses couleurs et nuances.
Malheureusement le pays est devenu trop dangereux à cause des attaques djihadistes, et depuis 2012 il ne peut plus y rejoindre son atelier.
En Malí realiza cantidad de dibujos y acuarelas llenos de vida, de colores, matices de la arena.
Por desgracia el país se ha vuelto demasiado peligroso por los ataques yihadistas y desde el año 2012 no puede volver a su taller africano.


-Qu’est ce qui te manque le plus du Mali?
-Je crois que ce qui me manque le plus parmi tout c’est le rire, Avec mes amis chaque jour nous avions mal aux tripes de rire parce que chez moi venaient quelques 50 personnes boire du thé ou de la bière et raconter des histoires hommes et femmes.

-Et comment étaient les histoires?
-Des histoires à eux. Ils te racontent la même histoire qu’ils t’ont racontée cinquante fois, mais améliorée, il s’agit d’aller en améliorant. Ça je l’ai appris de Paul Bowles à Tanger, parce qu’il retranscrivait les histoires du marché, des conteurs d’histoires analphabètes. (Trad: Colo)



-¿Qué es lo que más echas de menos de Malí?
-Creo que lo que más echo de menos es la risa, entre todo. Con mis amigos cada día nos podía doler la tripa de reír porque a mi casa venían como cincuenta personas a beber té o cerveza y a contar historias, hombres y mujeres.
-¿Y cómo eran esas historias?
-Historias suyas. Te vuelven a contar la misma historia que te han contado cincuenta veces, pero mejorada, se trata de ir mejorando. Yo esto lo aprendí de Paul Bowles en Tánger, porque él transcribía las historias del mercado, de los contadores de historias analfabetos.  

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Depuis, et c’est en partie le thème de sa dernière exposition (2018), la Méditerranée et les migrants sont pour lui un thème de préoccupation. Une mer menaçante, des barques vides...

Il est évident que c'est quelque chose qui me concerne beaucoup : un grand nombre des personnes qui meurent noyées en Méditerranée - et je suis de la Méditerranée - sont originaires du Mali, un pays où j'ai vécu de nombreuses années" (...) "J'ai toujours la sensation que ce sont des gens que je connais personnellement."



(Selon l’ONU l'an dernier, au moins 2.262 migrants sont "morts ou portés disparus" en tentant de traverser la Méditerranée)
Desde entonces, y es en parte el tema de su última exposición, el Mediterráneo y los inmigrantes son para él un tema de preocupación. Un mar amenazador, unas barcas vacías...



es evidente que es algo que me concierne mucho: un gran número de las personas que mueren ahogadas en el Mediterráneo son de Mali, un país donde viví muchos años. (…) Siempre tengo la sensación que son personas que conozco personalmente”

Trad. Colo



11 avr. 2019

Fascination




C’est une vraie fascination que ressent Miquel Barceló pour le poulpe; il  trouve en lui "ce qu'il y a de plus proche d'un alien".
Dans “Del cuaderno cuaderno For Khun Somchai. Alchi, Bangkok, París, Mallorca, Delhi, 2018” il écrit:

Je mènerais une vie de poulpe
Mangeant la nuit crabes et crevettes
Et aux heures ensoleillées, dans les baraques
Je n’irais presque jamais en ville, ni à la messe, ni au marché
Je ne ferais rien de toute la journée, j’observerais les collections de carapaces de crabes velus et d’arapèdes
Je ferais attention aux murènes mais je me distrairais en regardant un trait d’encre en suspens,
exubérant (circonspect) toujours sur le point de projeter un crachat noir définitif et terminer quelconque conversation.” (Trad Colo)






Un autoportrait en forme de poulpe, partout des poulpes, spécialement dans sa dernièrement exposition intitulée... “Vie de Poulpe”.

Un autorretrato en forma de pulpo, pulpos por todo, especialmente en su última exposición titulada... “Vida de pulpo”



Es una verdadera fascinación por el pulpo la que siente Miquel Barceló que encuentra en él lo que más se acerca a un extraterrestre.
Escribe en “Del cuaderno cuaderno For Khun Somchai. Alchi, Bangkok, París, Mallorca, Delhi, 2018”
Llevaría una vida de pulpo
De noche comiendo cangrejos y gambas
Y en las horas de sol, dentro de las barracas
No iría casi nunca a la Ciutat, ni a misa, ni al mercado
No haría nada en todo el día, observaría las colecciones de caparazones de cangrejos peludos y lapas
Tendría cuidado con las morenas pero me entretendría mirando un sorbo de tinta suspendido, exuberante (circunspecto) siempre a punto de proyectar un gargajo negro definitivo y acabar cualquier conversación.”


2 avr. 2019

Illuminer la nuit / Iluminar la noche

 
Poursuivons une semaine encore avec GiocondaBelli et le thème de l’enfance, de l’éphémère.
Sigamos otra semana con Gioconda Belli y el tema de la infancia, de lo efímero.


Le Tombeau des Lucioles -Isao Takahata-1988



Lucioles


A cinq heures du soir,
Quand la lumière perd de son brillant
Et le jardin se submerge dans la dernière ardeur du jour,
J’entends le bruyant groupe d’enfants
Qui sortent chasser des lucioles.


Ils courent dans la prairie,
Se dispersent entre les arbustes,
Crient leur excitation, palpent leur éblouissement.
Se forme un cercle autour de la petite
Qui montre le creux de ses mains illuminé
Scintillant.

Ancien métier humain
Celui de vouloir éteindre la lumière.

Te souviens-tu de la dernière fois que nous avons cru pouvoir illuminer
la nuit?


Le temps nous a vidés d’éclat.
Mais l’obscurité
Est toujours peuplée de lucioles.


(Trad: Colo)


Luciérnagas

A las cinco de la tarde
Cuando el resplandor se queda sin brillo
Y el jardín se sumerge en el último hervor dorado del día
Oigo el grupo bullicioso de niños
Que salen a cazar luciérnagas.

Corriendo sobre el pasto
Se dispersan entre los arbustos,
Gritan su excitación, palpan su deslumbre
Se arma un círculo alrededor de la pequeña
Que muestra la encendida cuenca de sus manos
Titilando.

Antiguo oficio humano
Este de querer apagar la luz.

¿Te acordás de la última vez que creímos poder iluminar
la noche?

El tiempo nos ha vaciado de fulgor.
Pero la oscuridad
Sigue poblada de luciérnagas.



27 mars 2019

C'eût été si beau / Hubiera sido tan hermoso


Gioconda Belli née le 9 décembre 1948 à Managua, est une poète et romancière nicaraguayenne dont nous avons déjà parlé ici.
Elle est peut-être connue en France pour sa sensualité ou sexualité libérée , son engagement révolutionnaire, mais pas beaucoup plus. Elle a cependant écrit de beaux romans et de nombreux poèmes sur la maternité, la vieillesse, la nature...


https://www.philippegronon.com/fr/84-philippe-gronon/oeuvres-works/127-chateaux-de-sable-sand-castles




Châteaux de Sable
  Gioconda Belli

Pourquoi ne m'as tu pas dit que tu bâtissais
ce château de sable ?

C'eût été si beau
pouvoir entrer par s
a petite porte,
parcourir ses couloirs salés,
t'attendre aux parterres de coquillages,
en te parlant depuis le balcon
la bouche pleine d'écume blanche et transparente
comme mes mots,
ces mots frivoles que je te dis,
qui n'ont que le poids
de l'air entre mes dents.

Il est si beau de contempler la mer.

Elle aurait été si belle la mer
depuis notre château de sable,
pourléchant le temps
avec la tendresse
dense et profonde de l'eau,
divaguant sur les histoires qu'
on nous contait
quand, enfants, nous étions un seul pore
ouvert à la nature.

Maintenant, à marée haute, l’eau a emporté
ton château de sable.

Elle a emporté les tours,
les fossés,
la petite porte par où nous
serions passés
à marée basse,
quand la réalité est loin
et qu'il y a des châteaux de sable

sur la plage... 

 
 (Trad: Colo inspirée par celle de E. Dupas)




 Castillos de arena
Gioconda Belli.

¿Por qué no me dijiste que estabas construyendo
ese castillo de arena?

Hubiera sido tan hermoso
poder entrar por su pequeña puerta,
recorrer sus salados corredores,
esperarte en los cuadros de conchas,
hablándote desde el balcón
con la boca llena de espuma blanca y transparente
como mis palabras,
esas palabras livianas que te digo,
que no tienen más que el peso
del aire entre mis dientes.

Es tan hermoso contemplar el mar.

Hubiera sido tan hermoso el mar
desde nuestro castillo de arena,
relamiendo el tiempo
con la ternura
honda y profunda del agua,
divagando sobre las historias que nos contaban
cuando, niños, éramos un sólo poro
abierto a la naturaleza.

Ahora el agua se ha llevado tu castillo de arena
en la marea alta.

Se ha llevado las torres,
los fosos,
la puertecita por donde hubiéramos pasado
en la marea baja,
cuando la realidad está lejos
y hay castillo de arena
sobre la playa. . .

23 mars 2019

À chacun ses couleurs / Cada cual con sus colores


Chez nous, ce matin. N'hésitez pas à les agrandir :-)

En casa, esta mañana.

Noisetier /Avellano

Figuier / Higuera

Grenadier / Granado




20 mars 2019

Je ris derrière une chaise / Me río detrás de una silla


Tout d’abord je voulais vous signaler un Printemps des Poètes exceptionnel de qualité et variété sur le blog de l’ami K.

Pour nous aujourd’hui.


Nicanor Parra (Chili 1914-2018), quel personnage! L’anti-poète que je ne dois sans doute pas vous présenter.
Voici pour commencer un extrait d’une interview sur lui:
Le coq à l’âne est son dada, si je puis dire. Il saute d’un sujet à l’autre sans rapport logique. Est-ce seulement un jeu auquel se livre Parra pour désarçonner son lecteur ?
Parra appartient à une société ou une époque où la force de l’instabilité est permanente. Sa poésie exploite à l’extrême limite les comportements contradictoires de notre monde. Il faut apprendre à vivre dans la contradiction sans conflit, dit-il, c’est une condition pour pouvoir survivre.


Puis le voilà.


La montagne Russe (extrait)

La poésie a été le paradis
De l'idiot solennel.
Jusqu’à ce que j’arrive
M’y installer avec mes montagnes russes

Montez, si ça vous chante.
Mais je ne réponds de rien
si vous redescendez
en saignant de la bouche et du nez.



Extra
cto de « Montaña rusa »



La Montana Rusa
Durante medio siglo
La poesía fue
El paraíso del tonto solemne.
Hasta que vine yo
Y me instalé con mi montaña rusa.

Suban, si les parece.
Claro que yo no respondo si bajan
Echando sangre por boca y narices.


Montañas Rusas Fabiaba Calandria

Finalement un poème entier

Nicanor Parra – Casse-tête

Je ne donne à personne le droit.
J’adore un morceau de chiffon.
Je change des tombes de place.
Je change des tombes de place.
Je ne donne à personne le droit.
Je suis un type ridicule
Sous les rayons du soleil,
Moi le fléau des bistrots.
Moi je meurs de rage.
Je n’ai plus aucun recours,
Mes propres cheveux m’accusent
Sur un autel d’occasion
Les machines ne pardonnent pas.
Je ris derrière une chaise,
Mon visage se remplit de mouches.
C’est moi qui m’exprime mal
Exprime en vue de quoi.
Je bégaye,
Du pied je touche une espèce de fœtus.
C’est pour quoi faire, ces estomacs ?
Qui a fait ce méli-mélo-là ?
Le mieux, c’est de faire l’indien.
Je dis une chose pour une autre.


Rompecabezas
No doy a nadie el derecho.
Adoro un trozo de trapo.
Traslado tumbas de lugar.
Traslado tumbas de lugar.
No doy a nadie el derecho.
Yo soy un tipo ridículo
A los rayos del sol,
Azote de las fuentes de soda
Yo me muero de rabia.
Yo no tengo remedio,
Mis propios pelos me acusan
En un altar de ocasión
Las máquinas no perdonan.
Me río detrás de una silla,
mi cara se llena de moscas.
Yo soy quien se expresa mal
Expresa en vistas de qué.
Yo tartamudeo,
Con el pie toco una especie de feto.
¿Para qué son estos estómagos?
¿Quién hizo esta mescolanza?
Lo mejor es hacer el indio.
Yo digo una cosa por otra.

13 mars 2019

Entraide / Ayuda mutua


Aujourd’hui un haïku de Chiyo-Ni, une des premières femmes poète, XVIIIºs.
Hoy un haîku de Chiyo-Ni,  Una de las primeras mujeres poetas Siglo XVIII.

Hokusai 1828

Du vol des mille oiseaux
l'un perd des forces
et le vent le cueille.

(Trad:Colo)


De la bandada de los mil pájaros,
uno va perdiendo fuerzas
y el viento lo recoge.