6 juil. 2026

Sois arbre ! / Sé árbol !

Encore une semaine très chaude, alors de l’eau, une source, et F. García Lorca, 

ça vous dit ? Un long poème que j'ai trouvé superbe. 



Source (extraits)

F. García Lorca



L'ombre s'est endormie en la prairie.

Les sources chantent.

 

Face au vaste crépuscule d'hiver,

Mon cœur songeait.

Que ne puis-je comprendre les sources,

Le secret de l'eau

Nouveau-née : chant occulte

À tous les regards

De l'esprit, douce mélodie,

Au-delà des âmes ? ...

 

Luttant sous le poids de l'ombre

Chante une source.

Je m'approche pour écouter son chant

Mais mon cœur ne perçoit rien.

C'est un jaillissement d'invisibles étoiles

Au ras de l'herbe chaste,

La naissance du Verbe de la terre

En un sexe sans tache.

 

(….)


Mais je perçois dans l'eau

Quelque chose qui m'émeut... comme un souffle

À travers le feuillage de mon âme.

Sois arbre ! dit une voix lointaine.

Et un torrent d'étoiles

Roula dans le ciel clair.

 

Mon doux feuillage n'entendra-t-il jamais

Le secret de l'eau ?

Est-ce que ma racine atteindra le royaume

Où il naît et se fige ?

J'inclinai mon ramage vers le ciel

Que l'onde répétait.

Je le mouillai au cristallin

Diamant bleu qui chante

Et je sentis les sources bouillonner

Ainsi qu'elles faisaient à mon oreille humaine.

C'était le même flux plein de musique

Et de science ignorée.

 

À lever mes bras gigantesques

Face à l'azur, j'étais

Plein de brouillard épais, de rosée

Et de lumière fanée.

J'éprouvai la tristesse des arbres :

Je désirai des ailes

Pour pouvoir me jeter dans le vent

Jusqu'aux étoiles claires.

Pourtant mon cœur dans les racines,

Triste, me murmurait :

Si tu ne comprends pas les sources,

Meurs et brise tes ramées !

 

Seigneur, arrache-moi du sol. Fais-moi entendre

Le langage de l'eau !

Donne-moi une voix amoureuse qui tire

Leur secret aux ondes enchantées.

Pour allumer leur phare, je ne veux

Que l'huile des paroles.

 

Sois rossignol ! dit une voix perdue

En la morte distance.

Et un torrent d'astres de feu

Jaillit alors du sein de la nuit.



Traduit de l'espagnol par André Belamich

Gallimard, 1954






. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Manantial


F. García Lorca


La sombra se ha dormido en la pradera.
Los manantiales cantan.


Frente al ancho crepúsculo de invierno
mi corazón soñaba.
¿Quién pudiera entender los manantiales,
el secreto del agua
recién nacida, ese cantar oculto
a todas las miradas
del espíritu, dulce melodía
más allá de las almas...?


Luchando bajo el peso de la sombra,
un manantial cantaba.
Yo me acerqué para escuchar su canto,
pero mi corazón no entiende nada.
Era un brotar de estrellas invisibles
sobre la hierba casta,
nacimiento del Verbo de la tierra
por un sexo sin mancha.


(…)


Mas yo siento en el agua
algo que me estremece..., como un aire
que agita los ramajes de mi alma.
¡Sé árbol! (Dijo una voz en la distancia.)
Y hubo un torrente de luceros
sobre el cielo sin mancha.




¿No podrán comprender mis dulces hojas
el secreto del agua?
¿Llegarán mis raíces a los reinos
donde nace y se cuaja?
Incliné mis ramajes hacia el cielo
que las ondas copiaban,
mojé las hojas en el cristalino
diamante azul que canta,
y sentí borbotar los manantiales
como de humano yo los escuchara.


Era el mismo fluir lleno de música
y de ciencia ignorada.
Al levantar mis brazos gigantescos
frente al azul, estaba
lleno de niebla espesa, de rocío
y de luz marchitada.
Tuve la gran tristeza vegetal,
el amor a las alas.
Para poder lanzarse con los vientos
a las estrellas blancas.
Pero mi corazón en las raíces
triste me murmuraba:
"Si no comprendes a los manantiales,
¡muere y troncha tus ramas"!
¡Señor, arráncame del suelo! ¡Dame oídos
que entiendan a las aguas!
Dame una voz que por amor arranque
su secreto a las ondas encantadas,
para encender su faro sólo pido
aceite de palabras.


"Sé ruiseñor!", dice una voz perdida
en la muerta distancia,
y un torrente de cálidos luceros
brotó del seno que la noche guarda.



 

3 juil. 2026

Bavarde, la fontaine.../ Parlanchina, la fuente

  

La fontaine dit....

Manuel Machado Ruiz  (Frère d'Antonio Machado) 

 

Elle ne se taisait pas la fontaine,

ne se taisait pas...

 

Elle riait,

sautait,

bavardait...Et personne ne savait

ce qu’elle disait,

    

Claire, gaie, polyphonique,

colonnette salominique*

elle perforait

le silence du couchant

et volubile se dressait

pour voir le soleil mourant. 

 

Elle ne se taisait pas la fontaine,

ne se taisait pas...

 

Comme veine

de la nuit, sa vrille,

argent froid,

se repliait

et s’étirait…

Montait,

descendait,

bavardait...Et personne ne savait

ce qu’elle disait

 

Quand l’aurore revenait…

Trad: Colo. (gracias MC)

 

*”La colonne salomonique est un type de colonne de forme torsadée, c'est-à-dire dont le fût tourne en hélice. Elle trouve son origine traditionnelle dans les colonnes qui auraient été rapportées du grand temple de Salomon de Jérusalem pour la construction de la crypte de la tombe de saint Pierre à Rome.” 

 

Fuente de Neptuna. (La Granja de San Idelfonso- Segovia)
 

 

«Dice la fuente…» Manuel Machado Ruiz

No se callaba la fuente,
no se callaba…

Reía,
saltaba,
charlaba… Y nadie sabía
lo que decía,

Clara, alegre, polifónica,
columnilla salomónica
perforaba
el silencio del Poniente
y, gárrula, se empinaba
para ver el sol muriente.

No se callaba la fuente,
no se callaba…
      

Como vena
de la noche, su barrena,
plata fría,
encogía
y estiraba…
Subía,
bajaba,

Como vena
de la noche, su barrena,
plata fría,
encogía
y estiraba…
Subía,
bajaba,
charlaba… Y nadie sabía
lo que decía.

Cuando la aurora volvía…

      

Cuando la aurora volvía…

 

 

 

22 juin 2026

Traduire des mots étrangers / Traducir palabras ajenas

Ida Vitale, qui a maintenant 102 ans, est née à Montévidéo. Femme de lettres et poétesse Uruguayenne, voici un poème d’elle que je n’avais jamais publié, sans doute n’avais-je pas trouvé une jolie façon de le traduire. Mais voilà qu’une autre femme, poétesse elle aussi, Silvia Baron Supervielle, l’a fait pour nous.

Traduire

Quelqu’un déborde
au cœur de la nuit.
Face à un ordre de mots étrangers,
rebelle soumis,
il leur offre l’éventail de toute sa mémoire,
les revêt d’une nouvelle peau
et avec cet amour
les couche en langue neuve.

Éteinte la lumière,
le vent tempête dans les arbres,
et il fait froid près de la fenêtre
et la certitude que tout paysage
intérieur se brise
comme une phrase qui atteint le fond
du redoutable sens.
Il n’y a pas
de guide bienveillant
dans le désert.
Les pas sont aveugles,
le ciel est sans étoiles.
Et l’esprit anticipe les fauves.

Ni plus Ni Moins. Éditions du Seuil. 2016. Traduction : Silvia Baron Supervielle & François Maspero.

 


Traducir

Alguien desborda,
al centro de la noche.
Ante un orden de palabras ajenas,
rebelde sometido,
ofrece el canto de toda su memoria,
las reviste de nueva piel
y con amor
las duerme en nueva lengua.

Apagada la luz,
el viento se pregona entre los árboles
y junto a la ventana hay frío
y la certeza de que todo paisaje
adentro se interrumpe
como frase que alcanza la madriguera
del terrible sentido.
No hay dispuesto
en el yermo
un benévolo guía.

Los pasos son a ciegas,
el cielo sin estrellas.
Y el pensamiento anticipa las fieras.





14 juin 2026

La vie en été / Vida en verano

  

Le poème d’aujourd’hui a été écrit dans les années 60, par le catalan Miquel Martí i Pol, 1929 - 2003, poète et traducteur espagnol d'expression catalane reconnu pour la simplicité de sa poésie, loin d'hermétismes et essentiellement communicative. (Wiki)

Un petit sourire à la lecture de certains vers, c’était avant Me too...

 

Noche de verano en Sevilla. Gonzalo Bilbao. 1905.
                                    Nuit d'été à Seville. 



ÉTÉ

C’est maintenant le temps d’aimer sur les chemins,

au bord de la rivière où l’herbe est douce et accueillante

et à l’ombre des vieux arbres,

près des sources à demi perdues,

là où la forêt est plus intime.


C’est maintenant le temps de s’asseoir dans les rues

pour parler de football et de femmes,

après le dîner,

en groupes, sur l’étroit trottoir

et regarder les jeunes filles traverser la rue avant d’arriver,

puis passer et s’éloigner,

un peu craintives.


C’est maintenant le temps des charpentiers et des maçons,

le temps de chanter en travaillant en plein soleil,

en oubliant le risque des échafaudages,

en oubliant l’effort

et la monotonie du travail

et de la vie.


C’est maintenant le temps de se promener avec les enfants

et la dame qui porte des gants blancs

pour cacher les ravages de l’eau de Javel,

le dimanche après-midi,

sur la large route bordée de platanes,

saluant tout le monde d’un grand mouvement de la tête

et enviant l’épouse de ceux qui passent.


C’est maintenant le temps des femmes

qui cousent dans la pénombre des entrées

et s’endorment souvent sur leur ouvrage,

et c’est le temps des hommes

qui font la sieste

dans le coin le plus sombre de la maison

les après-midi ensoleillés,

quand dans les rues règne un silence pesant

et qu’il fait une chaleur despotique.


C’est maintenant l’été,

l’été lourd et un peu absurde

mais intensément beau,

qui arrive soudainement une

de ces nuits du début de juin

et qui s’en va, lui aussi soudainement,

une nuit de la fin de septembre.

(Trad: Colo)

" ESTIU " de Miquel Martí i Pol

Ara és el temps d'estimar pels camins,

a la vora del riu on l'herba és blana i acollidora

i a l'ombra dels vells arbres,

a les fonts mig perdudes,

allí on el bosc és més íntim.



Ara és el temps de seure pels carrers

a parlar de futbol i de dones,

havent sopat,

formant grup a l'escassa voravia

i veure com les noies

travessen el carrer abans d'arribar

i passen i s'allunyen

una mica porugues.



Ara és el temps dels fusters i dels paletes,

temps de cantar tot treballant

a ple sol,

oblidant el risc de les bastides,

oblidant l'esforç

i la monotonia de la feina i del viure.



Ara és el temps de passejar amb les nenes

i la senyora que porta guants blancs

per amagar els estralls del lleixiu,

a la tarda del diumenge,

per l'ampla carretera vorejada de plàtans

dient adéu-siau a tothom

amb un gran gest del cap

i envejant la muller dels que passen.



Ara és el temps de les dones que cusen

a la penombra de les entrades

i s'adormen sovint damunt la feina,

i és el temps dels homes que fan la sesta

al racó més fosc de la casa

a les tardes de sol,

quan als carrers hi ha un silenci feixuc

i fa una calor despòtica.



Ara és l'estiu,

l'estiu massís i una mica absurd

però intensament bell,

que arriba sobtadament

una nit qualsevol de principis de juny

i que se'n va, també sobtadament,

una nit qualsevol de finals de setembre. 


2 juin 2026

La vie et les formules / La vida y las fórmulas

 Cette courte biographie d'Oscar Campos vous aidera à comprendre le poème, je crois. 

 

Oscar Campos est né à Valparaíso en 1955 et est fils de pêcheur. Durant ses années universitaires, le pays a traversé des ruptures, des changements complexes et des traumatismes. Dans ce contexte, il a choisi de brûler sa bibliothèque naissante ainsi que ses premiers écrits. Il a étudié l’ingénierie commerciale et a exercé professionnellement en tant qu’auditeur-comptable. Il est titulaire d’un Master en administration. Son parcours ressemble à l’itinéraire d’un train : de temps à autre, il descend dans une gare, comme tout le monde, à ceci près qu’il écrit, respire et évite la claustrophobie…

 

Une feuille verte 

Oscar Campos 

 

Une feuille verte

tombe sur un livre,

la branche ne l’a pas lâchée,

mais l’habitant

a oublié d’écouter les saisons.

Le livre ouvert,

ne la reconnaît pas,

il ne parle que de formules.

 

Ce n’est pas l’automne, sa chute,

elle semble être l’erreur d’un code

qui ne comprenait pas les arbres.

 

La pensée cherche les codes exacts,

saute entre des formules.

Sa frénésie l’éloigne de la chair.

.      

Peut-être la feuille

était-elle plus proche de la réalité

que cette architecture parfaite. 

(...)

 Ainsi la pensée,

qui ne touche pas l’âme

se convertit en un piège,

et arrête simplement de fleurir.

 

Une feuille verte,

cherche la vie,

tombe sur un livre de poésie...

 (Trad: Colo)

 


 

Oscar Campos nace en Valparaíso y es hijo de pescador. En su época de universitario el país experimenta quiebres, cambios complejos y traumas, y en este contexto, opta por quemar su incipiente biblioteca y escritos. Estudió ingeniería comercial y en su vida profesional se desempeña como contador auditor. Posee un Master en administración. Su camino se parece al itinerario de un tren, de vez en cuando desciende en alguna estación, como todos, solo que escribe, respira, y evita la claustrofobia....

 

   

Una Hoja verde

Oscar Campos

 

Una hoja verde

cae sobre un libro,

 no porque la rama la soltara,

sino porque el habitante

olvidó escuchar las estaciones.

El libro abierto,

no la reconoce,

habla solo de fórmulas.

 

No es otoño, su caída,

parece un error de un código

que no entendía de árboles.

 

El pensamiento busca los códigos exactos,

salta entre formulas.

Su frenesí lo aleja de la carne.

 

Quizás, la hoja

estaba mas cerca de la realidad

que esa arquitectura perfecta.

 

 (...)

Así el pensamiento,

que no toca el alma

se convierte en una trampa,

simplemente deja de florecer.

 

Una hoja verde,

busca la vida,

cae en un libro de poesía…

 

 

 

 

26 mai 2026

Toujours continuer / Seguir siempre

  

Secreto Secret



José Agustín Goytisolo


Antes yo no sabía
por qué debemos todos
-día tras día-

seguir siempre adelante
hasta como se dice
que el cuerpo aguante.

Ahora lo sé.
Si te vienes conmigo
te lo diré.

                                             Le secret. Fernand-Edmond-Jean-Marie Khnopff

 (peintre, dessinateur, photographe et graveur symboliste belge né à Grembergen  en 1858 et mort à Bruxelles en 1921).


Autrefois, je ne savais pas

 pourquoi nous devons tous

— jour après jour —

 


toujours continuer d’avancer

jusqu’à ce que le corps tienne,

comme on dit.

 

 Maintenant, je le sais.

Si tu viens avec moi,

 je te le dirai.

Trad.Colo 

21 mai 2026

Manger / Comer

Aujourd'hui je republie cet article qui date d'il y a exactement 10 ans,  et toujours, si pas plus, d'actualité. Hélas. 

Pour nous qui cultivons, élevons poules et lapins, la nourriture, la cuisine, occupent une place essentielle. Ah, le goût d'une sauce - tomates maison !

 

https://www.eneljardin.com/2013/01/la-huerta-en-enero.html

Vivre sans manger

Elvira Lindo El País (http://elpais.com/elpais/2015/05/26/estilo/1432661730_752325.html)

(Trad: Colo)


Il est de plus en plus fréquent de partager sa table avec des gens qui considèrent leur devoir de vous informer des nutriments que contient chaque aliment sur votre assiette. Si tu commandes des sardines ils te rappellent leur haut contenu en Oméga-3; s'il s'agit de brocolis comment contourner ses propriétés anti cancérigènes; si on mange avec du thé (de plus en plus fréquent) on célèbre son potentiel antioxydant et diurétique; si la salade contient des noix on commente le pouvoir énergétique et les bontés cardiovasculaires; si c'est du saumon il faut rappeler à chaque bouchée qu'on est en train de donner un coup de pied au mauvais cholestérol; (…). Moi, je le confesse, tout ça me dépasse.

Je m'indigne devant cette tendance à juger les aliments en effaçant tout aspect hédoniste et social; ces derniers exercent sûrement une influence plus décisive sur le bien-être que le stricte récit de leurs propriétés.

Je lis que les super créatifs de Sylicon Valley sont enthousiasmés par de petites poudres appelées Soylent qui, mélangées à de l'eau, évitent de passer par cette terrible épreuve qu'est manger un plat comme il faut. Soylent est un composant nutritif qui fut crée en 2003 par un ingénieur software dans le but d'épargner de l'argent et de ne perdre de temps ni dans la préparation du repas ni dans cette demi-heure perdue où on le déguste. Ce régime, qui se prend à la paille et permet à l'exécutif de ne pas quitter son ordinateur des yeux, n'est pas accepté par la science comme un substitut de la nourriture mais il y a des “branchés” qui l'adoptent avec enthousiasme.

Je considère que cela constitue un manque de respect envers ceux qui n'ont rien à se mettre sous la dent.

 

 

https://www.elconfidencial.com/tecnologia/2015-01-19/soylent-la-comida-del-futuro-aun-tiene-mucho-por-demostrar_623364/
                                             







Vivir sin comer


Elvira Lindo El País (http://elpais.com/elpais/2015/05/26/estilo/1432661730_752325.html )


Cada vez es más frecuente compartir mesa con personas que consideran que han de informarte de los nutrientes que contiene cada alimento que hay sobre el plato. Si pides sardinas te recuerdan su alto contenido en Omega-3; si la cosa va de brocoli cómo obviar sus propiedades anti cancerígenas; si se come con té (cada vez más frecuente) se celebra su potencial antioxidante y diurético; si la ensalada lleva nueces se comenta el poder energético y las bondades cardiovasculares; si se trata de salmón hay que recordar que con cada bocado estamos dándole la patada al colesterol malo; (...)
Yo, lo confieso, no puedo con tanto.
Me indigna esa tendencia a juzgar los alimentos borrando cualquier aspecto hedonista o social, que finalmente seguro que ejerce una influencia más decisiva en el bienestar que la relación estricta de sus propiedades. Leo que los creativos guays de Sylicon Valley están entusiasmados con unos polvitos llamados Soylent que mezclados con agua le evitan a uno el mal trago de comerse un plato como Dios manda. Soylent es un compuesto nutritivo que fue diseñado en 2003 por un ingeniero de
software con el fin de ahorrar dinero y no perder tiempo ni en la preparación de comida ni en esa media hora preciosa que se va en consumirla. Esta dieta, que se toma con pajita y permite al ejecutivo no apartar la mirada del ordenador, no está aceptada por la ciencia como un sustitutivo de la comida pero hay modernetes que la están abrazando con entusiasmo. Considero que no es más que una falta de respeto hacia aquellos que no tienen comida que llevarse a la boca.

 


9 mai 2026

La main pense à voix haute / La mano piensa en vox alta

  

Certains d’entre vous le connaissaient, d’autres l'ont découvert la semaine dernière, voici un autre poème de ce poète Mexicain que j’apprécie, Octavio Paz.



Intérieur      Octavio Paz

Pensées en guerre
veulent briser mon front

Par des chemins d’oiseaux
avance l’écriture

La main pense à voix haute
le mot en appelle un autre

Sur la feuille où j’écris
vont et viennent les êtres que je vois

Le livre et le cahier
replient les ailes et reposent

On a déjà allumé les lampes
tel un lit, l’heure s’ouvre et se ferme

Les bas rouges et le visage clair
vous entrez toi et la nuit

(Trad.Colo)

 


 

«Interior»

Pensamientos en guerra
quieren romper mi frente

Por caminos de pájaros
avanza la escritura

La mano piensa en voz alta
una palabra llama a otra

En la hoja en que escribo
van y vienen los seres que veo

El libro y el cuaderno
repliegan las alas y reposan

Ya encendieron las lámparas
la hora se abre y cierra como un lecho

Con medias rojas y cara pálida
entran tú y la noche

Octavio Paz

3 mai 2026

Tout est espace / Todo espacio

  

Hier et toujours c’est le Mexicain Octavio Paz et ses vers qui m’ont séduite, 

emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

Ayer y siempre el Mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a 

bailar en el espacio; instantes mágicos.

 

Puig de Sa Tudossa https://pekesmallorca.com/2022/03/02/puig-de-sa-tudossa/



 

Vent

Octavio Paz

Chantent les feuilles,
dansent les poires sur le poirier ;
tourne la rose,
rose du vent, pas du rosier.

Nuages et nuages
flottent endormis, algues de l’air ;
tout l’espace
tourne avec eux, force de personne.

Tout est espace ;
vibre la tige du coquelicot
et l’un, nu,
vole dans le vent dos de la vague.

Rien je suis,
corps qui flotte, lumière, houle ;
tout est au vent,
et le vent est de l’air toujours en voyage.


(Trad. Colo)

 

Viento

Octavio Paz


Cantan las hojas,
bailan las peras en el peral;
gira la rosa,
rosa del viento, no del rosal.


Nubes y nubes
flotan dormidas, algas del aire;
todo el espacio
gira con ellas, fuerza de nadie.


Todo es espacio;
vibra la vara de la amapola
y una desnuda
vuela en el viento lomo de ola.


Nada soy yo,
cuerpo que flota, luz, oleaje;
todo es del viento
y el viento es aire siempre de viaje.

 

 

28 avr. 2026

Par ici.../ Por aquí

  

Pendant l’époque des plantations, en tout plus de 300 plantes de tomates, poivrons, concombres, oignons etc., des tas de choses se sont passées tant dans mon village que sur l’île ou dans la maison.

Durante la época de las plantaciones, en total más de 300 plantas de tomates, pimientos, pepinos, cebollas, etc., han pasado muchas cosas tanto en mi pueblo como en la isla o en la casa.



 


Il y a eu un marathon cycliste international, 312km, 8.500 coureurs qui ont parcouru le nord de l’île.

Toutes les routes étaient bloquées, les gens chez eux un samedi, pas trop contents. De plus ils n’apportent rien à tous les villages qu’ils traversent, si ce n’est des images fugaces de coureurs lancés à toute allure.

Hubo un maratón ciclista internacional, 312 km, 8.500 corredores que recorrieron el norte de la isla.
Todas las carreteras estaban bloqueadas, la gente en sus casas un sábado, no demasiado contenta. Además, no aportan nada a todos los pueblos que atraviesan, salvo imágenes fugaces de corredores lanzados a toda veloci


Fuente: Última hora

 


Il y a eu Sant Jordi, le 23 avril, jour du livre. Ici au village ce fut ce dimanche, j’y suis arrivée à l’ouverture. Un chouette stand, une variété intéressante.

Hubo Sant Jordi, el 23 de abril, día del libro. Aquí en el pueblo fue ese domingo; llegué a la apertura. Un bonito puesto, una variedad interesante.



 

Il y a eu mon anniversaire et j’ai reçu, entre autres, un livre inattendu: une bande dessinée graphique de la vie de Jane Austen. Si le titre en est Patchwork, c’est qu’avec sa mère et sa soeur elles avaient patiemment réalisé un couvre-lit.

También fue mi cumpleaños y recibí, entre otras cosas, un libro inesperado: una novela gráfica sobre la vida de Jane Austen. Si el título es Patchwork, es porque, junto con su madre y su hermana, habían realizado pacientemente una colcha.


 


 

 Je vous laisse avec une photo prise par I.P. sur les montagnes derrière chez nous.