21 mai 2022

Balade à Palma / Paseo por Palma



 

Cette longue panne d’ordinateur m’a plu. C’est étrange, ou du moins je ne


m’attendais pas, à y trouver une grande sérénité en plus d’heures disponibles


pour...tout!


Tout a été aussi me balader dans la vieille ville de Palma, tôt le matin, quand


régnaient encore fraîcheur et calme.


Nombre de façades de maisons plus ou moins anciennes sont garnies de ce


qu’on appelle en espagnol des galerias, en français loggia si je ne me trompe


pas. Elles servent à climatiser les pièces car il y a une autre porte-fenêtre


derrière, les plantes s’y portent à merveille aussi.


Je n’y ai jamais vu personne assis à observer la rue, mais c’est un poste de

choix.


Comme vous verrez sur les photos, il y en a de tous genres.

 


Une ou deux "de luxe"




Puis ces deux-là, des maisons courantes dans le vieux Palma


Une maison abandonnée où des pigeons semblent se plaire

Et pour finir, un usage inattendu: pourquoi pas, en revenant de la plage, y faire 

sécher le bikini?




Bon week-end !

 


7 mai 2022

Un arbre à musique / Un árbol de música

J'aime relire des poèmes publiés il y a longtemps, pour certains il y a si longtemps 

que je les ai oubliés ou presque ! Celui-ci m'a ré-enchantée.


 

Visites Octavio Paz

 

 

A travers la nuit urbaine de pierre et sécheresse

la campagne entre dans ma chambre.

Elle allonge des bras verts couverts de bracelets d'oiseaux,

de bracelets de feuilles.

A la main une rivière.

Le ciel de la campagne entre aussi,

avec son panier de joyaux fraîchement coupés.

Et la mer s'assied à mes côtés,

elle étend sa traîne si blanche sur le sol.

Du silence jaillit un arbre à musique.

De l'arbre pendent tous les mots superbes

qui brillent, mûrissent, tombent.

Sur mon front, grotte qu'habite un éclair...

Mais tout s'est peuplé d'ailes.

(Trad: Colo)

 

http://4.bp.blogspot.com/-GdbKmp7HVEE/VDFzxEIO_pI/AAAAAAAAG6E/eHOLjncLFLU/s1600/visitas.JPG

 

                                Photo Colo, prise par ma fenêtre

Visitas Octavio Paz

 


A través de la noche urbana de piedra y sequía
entra el campo a mi cuarto.
Alarga brazos verdes con pulseras de pájaros,
con pulseras de hojas.
Lleva un río de la mano.
El cielo del campo también entra,
con su cesta de joyas acabadas de cortar.
Y el mar se sienta junto a mí,
extendiendo su cola blanquísima en el suelo.
Del silencio brota un árbol de música.
Del árbol cuelgan todas las palabras hermosas
que brillan, maduran, caen.
En mi frente, cueva que habita un relámpago...
Pero todo se ha poblado de alas.



27 avr. 2022

Il n'y a pas d'aujourd'huis / No hay hoyes

La semaine dernière nous parlions de Mario Benedetti et de ses mots sur la poésie. Alors aujourd'hui un exemple de poème "libre et fantaisiste" mais pas que...

La semana pasada hablábamos de Mario Benedetti y de sus palabras sobre la poesía. Aquí va hoy un ejemplo de poema “libre y fantasioso” y mucho más...

 


 

Conjugaciones            Conjugaisons Mario Benedetti



5 (después)

El futuro no es
una página en blanco
es una fé
de erratas.

5 (après)

 

Le futur n’est pas

une page en blanc

il est

un errata



8 (previsión)

De vez en cuando es bueno
ser consciente
de que hoy
de que ahora
estamos fabricando
las nostalgias
que descongelarán
algún futuro.





8 (prévision)

 

De temps en temps il est bon

d’être conscients

qu’aujourd’hui

que maintenant

nous fabriquons

les nostalgies

qui dégèleront

un futur.


9 (plurales)

Hay
ayeres
y mañanas
pero no hay
hoyes.



9 (pluriels)

 

Il y a

des hiers

et des demains

mais il n’y a pas

d’aujourd’huis.

 

(Trad: Colo)

20 avr. 2022

Poésie, prose et nous / Poesía, prosa y nosotros

 

Si Flaubert, dans son Dictionnaire des idées reçues, écrivait, ironiquement '' La poésie est inutile, totalement passée de mode'', une moquerie donc, nombreux sont ceux qui le pensent vraiment, idée contre laquelle se rebelle Mario Benedetti (et moi:-)).

Pour lui la poésie suppose une transgression car elle questionne une suite de supposés sociaux que l’homme doit mettre en doute et qui, trop souvent, forment partie de notre oubli quotidien.

Je vous traduis un passage, que je trouve fort intéressant, de “El ejercicio del criterio”.

Car le problème est le suivant: la poésie mord. Parce qu’elle est libre, questionneuse, transgressive, curieuse, subjective, fantaisiste, hermétique parfois et communicative parfois aussi. C’est pour cette raison qu’elle mord. Et pour cette raison une bonne partie du public (je me réfère à celle qui lit, bien sûr) préfère la prose qui souvent contient des réponses, obéit à des plans et structures, est généralement objective, sait organiser ses fantasmes et n’a pas l’habitude de mordre, spécialement quand on lui met (ou qu’elle se met) un bâillon.

Même en temps de censure, et tenant compte que les censeurs sont rarement des spécialistes en métaphores, la poésie passe généralement les douanes avec beaucoup plus de d’allant que la prose.”

 

                           https://www.superprof.fr/ressources/langues/francais/college-fr2/3eme-fr2/poetes-versets-antiques.html



Porque el problema es ése: que la poesía muerde. Por ser libre, preguntona, transgresora, cuestionante, subjetiva, fantasiosa, hermética a veces y comunicativa en otras. Por eso muerde. Y por eso buena parte del público (me refiero al que lee, claro) prefiere la prosa que a menudo contiene respuestas, obedece a planes y estructuras, suele ser objetiva, sabe organizar sus fantasmas y en general no muerde, especialmente cuando le ponen (o se pone) el bozal. Aun en tiempos de censura, y habida cuenta de que los censores no suelen ser especialistas en metáforas, la poesía suele pasar las aduanas con mucho más donaire que la prosa.”

 

NB: Je vous recommande la lecture cette fable de John Keats ici: https://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2022/04/un-jour-un-texte-john-keats-la-sauterelle-et-le-grillon.html

 

 

13 avr. 2022

Sensualité printanière / Sensualidad de primavera

Je me souviens du moins d'une grande fille magnifique qui avait dansé tout l'après-midi. Elle portait un collier de Jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu'aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait après elle une odeur mêlée de fleurs et de chair.” écrivait Albert Camus dans Noces.

Ici dans le sud les jasmins fleurissent en avril-mai, chez moi ils sont en pleine floraison

Sensualité, gaieté de l’air qui se réchauffe, un parfum à la fois délicat et fort quand on s'en approche.

 


 


Au Prado de Madrid en ce moment cette exposition: “La esencia de un cuadro. Una exposición olfativa”,à travers "L'odorat"de Jan Brueghel le vieux et Rubens,

 

 



Si vous n'avez pas l'intention de vous y rendre, (désolée pour la vidéo qui a été déclarée privée après la mise en ligne du billet) mais vous en aurez une idée ici:

https://www.rtve.es/play/videos/telediario/olfato-recrea-olores-cuadro-museo-prado/6478180/


 



7 avr. 2022

Mais où sont mes lunettes ?/ Pero ¿dónde están mis gafas?

 

Jeunes ou mi-jeunes il nous arrive d’être tête en l’air, d’oublier ceci ou cela, ce que mère appelait avoir “des distractions de savants”. Rien de grave.

Mais voilà, avec l’âge ces failles de nos mémoires augmentent inexorablement.

Carmen Naranjo, (Costa Rica 1928-2012) en a fait, non sans humour, un poème 

qu’elle a intitulé:




SIGNE IMPERTINENT

Carmen Naranjo



Impertinent signe

de l’oubli

les clés où sont-elles

le rendez-vous était avant

non après

et ce nom

sur le bout de la langue.

Impertinent

tu te souviens

bien sûr

et moi avec des volets

de où et quand.

Impertinent symbole

mieux vaut noter

et je note l’adresse

sans savoir par où

que l’oubli est immense !

(Trad: Colo)

 

Les couleurs de l'oubli / Los colores del olvido Rene Villanueva

https://www.eluniversal.com.mx/cultura/artes-visuales/salvan-del-olvido-pinturas-del-musico-rene-villanueva

Impertinente signo de Carmen Naranjo

Impertinente signo

del olvido

las llaves dónde están

la cita era antes

no después

y ese nombre

en la punta de la lengua.

Impertinente

te acordás

claro que sí

y yo con persianas

de dónde y cuándo.

Impertinente símbolo

de mejor apuntar

y apunto destino

sin saber por dónde

que inmenso es el olvido.



30 mars 2022

Sculptures au Costa Rica / Esculturas en Costa Rica / José Sancho

 

Nous restons au Costa Rica...en sculpture.

En 1970 Costa Rica a créé un réseau National de Parcs Naturels, de réserves biologiques et forestières. Il y a en tout, selon différentes sources,entre 27 et 30 parcs nationaux., 26% du territoire, d’une extrême diversité.

Les multiples animaux, plantes, champignons, arbres y sont bien sûr protégés et un contrôle strict est observé. Ces parcs sont visités par les touristes (importants pour l’économie) mais servent aussi à l’éducation, la recherche…

Bon voilà le côté informatif. Mais vous connaissez peut-être, comme moi, des gens qui y sont allés et en sont revenus émerveillés.


Celui qui a retenu mon attention est un sculpteur costaricien, José Sancho. (1935). Il a exposé en France, en Belgique, aux États-unis, au Canada…et les œuvres que j’ai retenues de lui aujourd’hui sont celles représentant des animaux, dans le sujet du jour.

                                    Colibri José Sancho




Suricato
                                    Mapache (raton laveur)
 
Sylvette Pisciforme


Et, dans un tout autre style, Alacrán, scorpion. 
 

22 mars 2022

L'aile forte et le regard fier / El ala fuerte y la mirada fiera

Armes, armées. 

Un pays sans forces armées depuis 1948, Costa Rica. Me voilà illico à la 

recherche d'un poète, d'un poème. Et voici Julián Marchena ( 1897-1985) et son 

poème le plus connu.

 

 

Vol suprême     Vuelo supremo

Julián Marchena


Je veux vivre la vie aventureuse

des vagabonds oiseaux marins;

ne pas avoir, pour aller à autre rivage,

la vision prosaïque des chemins.


Pouvoir voler quand mourra le soir

entre les éclairs ambrés

et opposer aux tourbillons véloces

l’aile forte et le regard fier.


Fuir tout ce qui est humain;

m’enivrer de bleu...Être souverain

de deux immensités: mer et ciel,

 

et quand sentirai mon cœur fatigué

mourir sur un rocher abandonné

les ailes ouvertes prêtes au vol. 

(Trad:Colo)

 



Quiero vivir la vida aventurera

de los errantes pájaros marinos;

no tener, para ir a otra ribera,

la prosaica visión de los caminos.


Poder volar cuando la tarde muera

entre fugaces lampos ambarinos

y oponer a los raudos torbellinos

el ala fuerte y la mirada fiera.


Huir de todo lo que sea humano;

embriagarme de azul... Ser soberano

de dos inmensidades: mar y cielo,


y cuando sienta el corazón cansado

morir sobre un peñón abandonado

con las alas abiertas para el vuelo.

17 mars 2022

Le lion de Rosa

L e 7 mars dernier La Poste (France) a émis 612.000 timbres pour rendre hommage à Rosa Bonheur née il y a 200 ans.

 

(une vidéo qui explique bien sa personnalité https://www.youtube.com/watch?v=Op8UqS-jNSE&ab_channel=TV5MONDEInfo)

 

 

                                              El Cid



Bien dites-vous, quel rapport avec l’Espagne ? Voilà, voilà.


Selon Anna Klumke, une des deux femmes qui ont partagé sa vie, Rosa Bonheur, passionnée d’animaux, commença à peindre des lions durant la guerre franco-prusse. Après elle employa comme modèles des lions du zoo de Paris puis elle adopta un couple qui vivait dans son domaine.


En 1879 le marchant Ernest Gambart, ami intime de la peintre, donna le tableau-   lion au Museo del Prado, et sa renommée en fut grandie au point qu’elle reçut la Grande Croix d’Isabelle la Catholique, une décoration réservée aux grands maîtres.


Voilà le tableau, appelé Le Cid, peint en 1879 dont la dessinatrice Valérie Besser fit une gravure pour le timbre. 

 


L’œuvre causa un énorme impact non seulement à cause de sa beauté et de son réalisme, mais surtout par l’expression du visage du lion. Son regard surtout, presque humain vous ne trouvez pas ? Un vrai portait.

Je ne suis vraiment pas fan de la peinture animalière, mais le regard de ce lion me subjugue.




9 mars 2022

............

 

J’ai toujours beaucoup employé les points de suspension, ils permettent d’imaginer toutes les suites.

Alors j’ai été ravie de lire cet article dont le titre est: “Je ne peux arrêter d’écrire...des points de suspension... “ de l’écrivaine Mar Abad. En voici des extraits.


                                     

Ventanas Abiertas (Karen Hollingsworth)

                               

Un editor latinoamericano me dijo:

¡Cómo os gustan a los españoles los puntos suspensivos! 

Mmm… ¿Sí…? Pues no me había dado cuenta…  

 

Un éditeur latino-américain me dit:

- Comme vous aimez les points de suspension, vous les Espagnols !

- Mmm….Oui?...Et bien je ne m’en étais pas rendu compte…


Para ver si era cierto decidí escribir un texto y hacerlo en dos versiones. Una sin puntos suspensivos y otra con todos los puntos suspensivos que me pidiera el cuerpo. 

Pour voir si c’était vrai je décidai d’écrire un texte et d’en faire deux versions. Une sans points de suspension et une autre avec tous les points de suspension que le corps me demanderait.

En la primera tuve la sensación de que las escenas que abre cada frase quedan cerradas y bien atadas. El punto y seguido no deja rendijas. No deja puertas entreabiertas. No deja nada que entrever. 

Dans la première j’eus la sensation que les scènes, qu’ouvre chaque phrase, sont fermées, bien limitées. Le point ne laisse pas de fente, Il ne laisse pas de portes ouvertes. Rien à entrevoir.

Sin puntos suspensivos, las intrigas están hechas con tiralíneas. Los suspenses no dejan ecos al final de la oración. Parecen misterios lacrados en una frase, cuando, en realidad, un misterio es algo etéreo.

Sans points de suspension, les intrigues sont faites au tire-lignes. Les suspenses ne laissent pas d’écho en fin de phrase. Ils semblent des mystères scellés dans une phrase quand, en réalité, un mystère est quelque chose d’éthéré.

En cambio, en la segunda versión, en vez de un texto, creí ver cine. Algunos puntos suspensivos me inquietaron mucho. Encontré tres pam… pam… pam… que alargaban la tensión de las frases. Vi tres plin… plin… plin… tan turbadores como un grifo que gotea. 

Par contre, dans la seconde version, à la place du texte j’ai cru voir du cinéma. Certains points de suspension m’inquiétèrent fort. Je trouvai trois pam...pam...pam qui allongeaient la tension des phrases. Je vis trois plin...plin...plin...aussi perturbants qu’on robinet qui goutte.

 

                                  Miro, Bleu II


(...)

Incluso encontré puntos suspensivos que, en vez de tres, eran diez. Así: "Y entonces, con el cuchillo en la mano……….". ¡Endiós, qué terror! En esa ristra de puntos veía un pasillo largo, con una luz al fondo. Sentía incertidumbre y desasosiego. (…)

Je trouvai même des points de suspension qui, à la place d’être trois, étaient dix. “ Mon dieu, quelle terreur! Dans ce chapelet de points je voyais un long couloir, une lumière au fond. Je sentais de l’incertitude et de l’angoisse.

A los puntos suspensivos se les da muy bien el suspense, pero no es su único trabajo. También dicen frases sugerentes… Insinúan ideas… Plantean dudas… Lanzan pensamientos al aire para que otros sueñen. (...) Es dejar una ventana abierta; saltar de un trampolín; poner al lector a volar en ala delta. 

Les points de suspension sont parfaits pour le suspense, mais ce n’est pas leur seul travail. Ils donnent des phrases suggestives...Insinuent des idées...Exposent des doutes...Ils lancent des pensées en l’air pour que d’autres rêvent. (…) C’est laisser une fenêtre ouverte; sauter d’un tremplin; proposer au lecteur un vol en aile delta.

(...)

Aunque no somos los únicos que amamos este punteo. Los escritores del Romanticismo también se hartaron de usar los puntos suspensivos. Desbordados de añoranzas, ay… con esos suspiros tan sentíos que solo salen del alma, ay… les faltaban signos, ¡tinta!, ¡plumas!, para cantar sus males. Y como nadie les paró los pies, sus textos parecen caminos de Pulgarcito……..

Bien que nous ne soyons pas les seuls qui aimions ces points. Les écrivains du Romantisme se gavèrent de l’emploi des points de suspension.

Débordés de nostalgie, aïe….avec ces soupirs si profonds qui ne sortent que de l’âme, aïe...il leur manquait des signes, encre!, plumes!, pour chanter leurs maux. Et comme personne ne leur mit un frein, leurs textes ressemblent à des chemins du Petit Poucet……...

(...)

Los puntos suspensivos ponen drama a las palabras planas. Ponen música. ¡Ponen vida! Y misterio… intriga… insinuación… ¡Qué prisión serían las frases si no tuviéramos los puntos suspensivos para fugarnos por la ventana!

Les points de suspension mettent du drame aux mots plats. Ils mettent de la musique. Ils mettent de la vie ! Et mystère...intrigue...insinuation...Quelle prison seraient les phrases si nous n’avions les points de suspension pour nous enfuir par la fenêtre !

Traduction....Colo

Fuente /Source https://www.eldiario.es/opinion/zona-critica/no-parar-escribir-puntos-suspensivos_129_8783589.html

Ventanas Abiertas (Karen Hollingsworth)