6 mars 2026

Dis-lui que je suis venue / Dile que he venido

Elena Poniatowska (Mexique-France, une femme révolutionnaire, sa biographie est intéressante )

J'ai traduit un de ses courts récits.

Le style d'Elena est simple et je n'ai pas cherché à le modifier. Dans ce récit sous forme de lettre, les souvenirs sont très présents et on y trouve quelques éléments de son pays d'origine, le Mexique: la pauvreté et la délinquance, les femmes habituées, résignées à attendre l'homme tout-puissant, soumises ( problème soulevé par de nombreuses écrivaines sud-américaines ).

Là « elle » sait que cet amour est fini, ou n'a jamais existé, mais...elle attend

Bonne lecture. 



Os dejo aquí un relato suyo.

El estilo de Elena es simple y en este relato, en forma de carta, los recuerdos están muy presentes y se encuentran algunos elementos de su país de orígen, Mexico : la pobreza y la delincuencia, las mujeres acostumbradas, resignadas a esperar al hombre todo poderoso, sumisas (problema que abordan varias mujeres escritoras sur americanas)

La « ella » sabe que este amor ha terminado, o no ha existido nunca, pero....espera.

Buena lectura.



LA COMMISSION



Je suis venue Martín, et tu n'es pas là. Je me suis assise sur le seuil de ta maison, appuyée contre ta porte et je pense qu'en un endroit de la ville, par une onde qui traverse l'air, tu dois deviner que je suis ici. Voici ton petit bout de jardin; ton mimosa s'incline vers la rue et en passant les enfants lui arrachent les branches les plus accessibles...En terre, semées autour d'un mur, très rectilignes et sérieuses, je vois des fleurs qui ont des feuilles comme des épées. Elles sont bleu marine, elles ressemblent à des soldats. Elles sont très graves, très honnêtes. Toi aussi tu es un soldat. Tu marches dans la vie, un, deux, un, deux...Ton jardin entier est solide, il est comme toi, il a une force qui inspire confiance.



Me voici contre le mur de ta maison, telle que je suis parfois contre le mur de ton dos. Le soleil donne aussi contre la vitre de tes fenêtres et peu à peu il faiblit car il est tard. Le ciel rougissant a chauffé ton chèvrefeuille et son odeur se fait de plus en plus pénétrante. C'est la tombée du jour. Le jour va décliner. Ta voisine passe. Je ne sais si elle m'aura vue. Elle va arroser son bout de jardin. Je me souviens qu'elle t'apporte une soupe quand tu es malade et que sa fille te fait des piqûres...Je pense à toi très lentement, comme si je te dessinais en moi et que tu restais gravé là. Je voudrais avoir la certitude que je vais te voir demain et après-demain et toujours dans une chaîne ininterrompue de jours; que je pourrai te regarder lentement bien que je connaisse chaque petit recoin de ton visage; rien entre nous n'a été provisoire ni un accident.



Je suis penchée sur une feuille de papier et je t'écris tout ça et je pense que maintenant, dans un quelconque quartier où tu marches, pressé, décidé comme tu en as l'habitude, dans une de ces rues où je t'imagine toujours: Donceles et Cinco de Febrero ou Venustiano Carranza, sur une de ces banquettes grises et monocordes brisées par la foule de gens qui va prendre le camion, tu dois savoir au fond de toi que je t'attends. Je suis simplement venue te dire que je t'aime et comme tu n'es pas là je te l'écris. Je ne peux presque plus écrire parce que le soleil est déjà parti et je ne sais pas bien ce que je te mets. Dehors passent encore des enfants, en courant. Et une dame avec une casserole prévient, irritée: “ Ne me secoue pas la main, je vais renverser le lait...” Et je laisse ce crayon, Martín, et je laisse la feuille à lignes et je laisse mes bras pendre inutilement le long de mon corps et je t'attends. Je pense que j'aurais aimé t'étreindre. Parfois j'aimerais être plus vieille parce que la jeunesse porte en elle, l'impérieux, l'implacable besoin de tout relier à l'amour.

Un chien aboie; il aboie agressivement. Je crois qu'il est temps de partir. Sous peu viendra la voisine pour allumer la lumière de ta maison; elle a la clef et elle allumera l'ampoule de la chambre qui donne vers l'extérieur parce que dans cette colonie on assaille beaucoup, on vole beaucoup. On vole beaucoup aux pauvres; les pauvres se volent entre eux...Tu sais, depuis mon enfance je me suis assise ainsi à attendre, j'ai toujours été docile, parce que je t'attendais. Je sais que toutes les femmes attendent. Elles attendent la vie future, toutes ces images forgées dans la solitude, toute cette forêt qui marche vers elles: toute cette immense promesse qu'est l'homme; une grenade qui s’ouvre soudain et montre ses grains rouges, brillants; une grenade comme une bouche pulpeuse de mille grains. Plus tard ces heures vécues en imagination, devenues heures réelles, devront prendre poids et taille et dureté. Tous nous sommes – ô mon amour – si pleins de portraits intérieurs, si pleins de paysages non vécus.

La nuit est tombée et je ne vois presque plus ce que je suis en train de griffonner sur le papier ligné. Je ne distingue plus les lettres. Là où tu ne comprends pas, dans les espaces, dans les vides, mets: “Je t'aime...” Je ne sais si je vais glisser cette feuille sous la porte, je ne sais. Tu m'as donné un tel respect de toi-même....Peut-être que maintenant je vais partir, je ne suis passée que pour demander à une voisine qu'elle te fasse la commission: qu'elle te dise que je suis venue.

Trad : Colo



Picasso, mujer sentada - femme assise



Elena Poniatowska, El Recado

Vine Martín, y no estás. Me he sentado en el peldaño de tu casa, recargada en tu puerta y pienso que en algún lugar de la ciudad, por una onda que cruza el aire, debes intuir que aquí estoy. Es este tu pedacito de jardín; tu mimosa se inclina hacia afuera y los niños al pasar le arrancan las ramas más accesibles... En la tierra, sembradas alrededor del muro, muy rectilíneas y serias veo unas flores que tienen hojas como espadas. Son azul marino, parecen soldados. Son muy graves, muy honestas. Tú también eres un soldado. Marchas por la vida, uno, dos, uno, dos... Todo tu jardín es sólido, es como tú, tiene una reciedumbre que inspira confianza.

Aquí estoy contra el muro de tu casa, así como estoy a veces contra el muro de tu espalda. El sol da también contra el vidrio de tus ventanas y poco a poco se debilita porque ya es tarde. El cielo enrojecido ha calentado tu madreselva y su olor se vuelve aún más penetrante. Es el atardecer. El día va a decaer. Tu vecina pasa. No sé si me habrá visto. Va a regar su pedazo de jardín. Recuerdo que ella te trae una sopa cuando estás enfermo y que su hija te pone inyecciones... Pienso en ti muy despacio, como si te dibujara dentro de mí y quedaras allí grabado. Quisiera tener la certeza de que te voy a ver mañana y pasado mañana y siempre en una cadena ininterrumpida de días; que podré mirarte lentamente aunque ya me sé cada rinconcito de tu rostro; que nada entre nosotros ha sido provisional o un accidente.

Estoy inclinada ante una hoja de papel y te escribo todo esto y pienso que ahora, en alguna cuadra donde camines apresurado, decidido como sueles hacerlo, en alguna de esas calles por donde te imagino siempre: Donceles y Cinco de Febrero o Venustiano Carranza, en alguna de esas banquetas grises y monocordes rotas sólo por el remolino de gente que va a tomar el camión, has de saber dentro de tí que te espero. Vine nada más a decirte que te quiero y como no estás te lo escribo. Ya casi no puedo escribir porque ya se fue el sol y no sé bien a bien lo que te pongo. Afuera pasan más niños, corriendo. Y una señora con una olla advierte irritada: "No me sacudas la mano porque voy a tirar la leche..." Y dejo este lápiz, Martín, y dejo la hoja rayada y dejo que mis brazos cuelguen inútilmente a lo largo de mi cuerpo y te espero. Pienso que te hubiera querido abrazar. A veces quisiera ser más vieja porque la juventud lleva en sí, la imperiosa, la implacable necesidad de relacionarlo todo con el amor.
Ladra un perro; ladra agresivamente. Creo que es hora de irme. Dentro de poco vendrá la vecina a prender la luz de tu casa; ella tiene llave y encenderá el foco de la recámara que da hacia afuera porque en esta colonia asaltan mucho, roban mucho. A los pobres les roban mucho; los pobres se roban entre sí... Sabes, desde mi infancia me he sentado así a esperar, siempre fui dócil, porque te esperaba. Sé que todas las mujeres aguardan. Aguardan la vida futura, todas esas imágenes forjadas en la soledad, todo ese bosque que camina hacia ellas; toda esa inmensa promesa que es el hombre; una granada que de pronto se abre y muestra sus granos rojos, lustrosos; una granada como una boca pulposa de mil gajos. Más tarde esas horas vividas en la imaginación, hechas horas reales, tendrán que cobrar peso y tamaño y crudeza. Todos estamos —oh mi amor— tan llenos de retratos interiores, tan llenos de paisajes no vividos.
Ha caído la noche y ya y casi no veo lo que estoy borroneando en la hoja rayada. Ya no percibo las letras. Allí donde no le entiendas en los espacios blancos, en los huecos, pon: "Te quiero..." No sé si voy a echar esta hoja debajo de la puerta, no sé. Me has dado un tal respeto de ti mismo...Quizá ahora que me vaya, sólo pase a pedirle a la vecina que te dé el recado: que te diga que vine.


 


Un bonito cuento para niños escrito por ella, con ilustraciones preciosas aquí:



  



1 mars 2026

Un peu de douceur


 En général, un fois par an, je vous montre notre terrain en juillet-août, fière de nos 

tomates et poivrons. 

Ce matin, 1 mars, un tour minutieux et très plaisant m'a fait photographier ce que je

 voyais.

 Quoi de mieux que la nature tandis que des bombes tombent, et que des fous dangereux

 agissent sans aucune limite ?

  Ici fleurs, plantes aromatiques et légumes sont mélangés, les résultats

sont  très satisfaisants. 


Giroflées

Citronnier chargé


La bourrache qui parfume nos salades





Les fèves                                                                                        et les choux

La lavande en pleine floraison

Ici, regardez bien le mini artichaut qui pousse au centre-droit



Le romarin fleurit aussi en ce moment


Les petits pois et mange-tout, hop dans l'assiette

Les avocats en pleine forme

 

 

Et toutes sortes de laitues

Brocolis 



Bonne semaine ! 

21 févr. 2026

Jamais / Nunca

Ce poème a été écrit en 1953. 

Ou aujourd'hui. 

 Embargos successifs, dont le récent sur le pétrole; sans électricité, des habitants si pauvres, si courageux, si amoureux de leur île. 

 

                                              Unos cubanos en La Habana Vieja. (Foto: Marcel Villa)

 

Jamais je ne les abandonnerai

Virgilio Piñera  Cuba, 1912-1979


Quand mon père posa les yeux sur le monde,

il dit:

Allons faire un tour du village”.

Le village c’était les maisons,

les arbres, le linge étendu,

des hommes et des femmes chantant

et parfois se disputant.

Combien de fois ai-je regardé les étoiles.

Combien de fois, craignant son attraction inhumaine,

ai-je espéré flotter en solitaire dans l’espace

tandis qu’en bas Cuba perpétuait son bleu,

où la mort s’arrête.

 

Alors je sentais les roses,

ou, dans la soirée, la voix fausse

du chanteur qui me plongeait dans des délices célestes.

Jamais je ne les abandonnerai- disais-je à voix basse-;

même si on me clouait sur la croix,

jamais je ne les abandonnerai.

Même s’ils crachent sur moi,

je resterai parmi le peuple.

Et je crierai cet amour qui

peut crier son nom aux quatre vents,

ce que dit le peuple à chaque instant:

Ils sont en train de me tuer mais je prends du plaisir”.


Trad: Colo et merci à la correctrice. 

 

NUNCA LOS DEJARÉ

Virgilio Piñera  Cuba, 1912-1979


Cuando puso los ojos en el mundo,
dijo mi padre:
“Vamos a dar una vuelta por el pueblo”.
El pueblo eran las casas,
los árboles, la ropa tendida,
hombres y mujeres cantando
y a ratos peleándose entre sí.
Cuántas veces miré las estrellas.
Cuántas veces, temiendo su atracción inhumana,
esperé flotar solitario en los espacios
mientras abajo Cuba perpetuaba su azul,
donde la muerte se detiene.

Entonces olía las rosas,
o en la retreta, la voz desafinada
del cantante me sumía en delicias celestiales.
Nunca los dejaré —decía en voz baja—;
aunque me claven en la cruz,
nunca los dejaré.
Aunque me escupan,
me quedaré entre el pueblo.
Y gritaré con ese amor que puede
gritar su nombre hacia los cuatro vientos,
lo que el pueblo dice en cada instante:
“Me están matando pero estoy gozando”.

 

  

Virgilio Piñera fue un escritor, poeta, narrador y dramaturgo cubano. Nació el 4 de agosto de 1912 en la ciudad de Cárdenas, provincia de Matanzas (Cuba) y falleció de un infarto cardíaco el 18 de octubre de 1979 en La Habana (Cuba).

 

13 févr. 2026

Quelques notes / Unas notas

  

Jeune poète cubain, un texte insolite...sans majuscules.
Joven poeta cubana, un texto insólito...sin mayúsculas.


La mère

    ma mère s'attendrit en écoutant le xylophone. selon le dictionnaire: instrument musical de percussion, fait de planchettes de bois. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient un instrument, elle devient musicale, elle devient percussion, elle arrache une planchette et me donne une raclée qui m'attendrit. il suffit de se le proposer comme le père de Beethoven, qui ne devait pas être si mauvais vu que son fils était si bon. le dada de Beethoven était le piano; celui de son père, l'éducation musicale. un xylophone ressemble à un piano. le xylophone, pas ma mère. mais si ma mère le veut elle devient entièrement piano et elle me laisse tomber sur les doigts le couvercle du clavier pour que je file doux, pour que je ne me remette jamais de l’attendrissement, comme le ferait le père de Beethoven: comme le fait la mère du poète.


Trad: Colo

Sergio García Zamora, nació en Cuba en 1986. Né à Cuba.Poeta de la llamada Generación Cero. Poète de la génération appelée Cero

 

 



LA MADRE


    mi madre se enternece oyendo un xilófono. según el diccionario: instrumento musical de percusión, hecho de tablillas de madera. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve un instrumento, se vuelve musical, se vuelve de percusión, se arranca una tablilla y me da una zurra que me enternece. todo está en proponérselo como el padre de Beethoven, que no debió ser tan malo cuando el hijo fue tan bueno. lo de Beethoven era el piano; lo de su padre, la educación musical. un xilófono parece un piano. el xilófono, no mi madre. pero si mi madre quiere se vuelve toda piano y me deja caer sobre los dedos la tapa del teclado para que ande piano, para que nunca me recupere del enternecimiento, como lo haría el padre de Beethoven. o acaso mejor: como lo hace la madre del poeta.

10 févr. 2026

Peintre flamand en Espagne, Juan de Flandes

  

Il y a peu je suis tombée sur le nom, que j’avais un peu oublié, de Juan de Flandes. J’en 

avais même fait un billet il y a une dizaine d’années. Oh mémoire. Alors je republie le 

billet !


Des femmes mécènes, il y en a eu partout dans le passé. Pensez par exemple à Christine de Suède, à Madame de Pompadour ou à Catherine II de Russie.

Peut-être, car c'est moins connu, ignorez-vous qu'Isabelle la Catholique (1451-1504), reine de Castille et épouse Ferdinand d'Aragon joua un rôle primordial dans le rayonnement de l'art, spécialement de la peinture flamande qui était sa préférée. Les deux peintres officiels de la cour étaient Juan de Flandes (sans “r” en espagnol) et Michel Sittow.(ces deux peintres collaborèrent en de nombreuses occasions, pour réaliser des peintures, des retables à thèmes religieux - la vie et les œuvres de Mr Sittow sont d'un grand intérêt)


Mujeres mecenas siempre ha habido. Pensad, por ejemplo, en Christina de Suecia, Madame de Pompadour o Catherina II de Rusia.

Quizás, puesto que es menos conocido, ignoráis que Isabel la Católica (1451-1504), reina de Castilla y esposa de Fernando de Aragon jugo un importante papel en el resplandor del arte, especialmente de la pintura flamenca, que fue su preferido. Los dos pintores oficiales de la corte fueron Juan de Flandes y Michel Sittow.


Baptismo de Cristo (detalle) Juan de Flandes


Juan de Flandes donc...parler de lui est simple car on ignore son vrai nom et où il est né en 1465; il n'apparaît qu'en 1496 comme peintre de la cour au service d'Isabelle la Catholique et ce jusqu'à sa mort à elle en 1504. 


Juan de Flandes... hablar de el es sencillo pues se ignora su verdadero nombre y donde nació en 1465; aparece por primera vez en 1496 como pintor de la corte al servicio de Isabel la Católica y allí permanece hasta la muerte de la reina en 1504.



De la minutie de sa peinture, de la perfection technique et des compositions, d'une grande sensibilité envers les personnages, du traitement des paysages et de la lumière
 on a déduit qu'il avait été disciple de l'École de Bruges, et donc de Jan van Eyck.

Il poursuivit son art à Palencia, les peintures du superbe retable de la cathédrale sont de lui, ville où il mourut en 1519.


Debido a la minuciosidad de su pintura, a la perfección de su técnica, a su gran sensibilidad en la composición de los personajes y al uso de los paisajes y de la luz, se ha deducido que había sido discípulo de la escuela de Brujas y por ello de Jan van Eyck.

Continuó ejerciendo su arte en Palencia (firmó las pinturas del soberbio retablo de la catedral) donde murió en 1519. 

 

Détail du retable



Que vous montrer? Bien sûr le portrait d'Isabelle de Castille, mais aussi cet autre, si spécial, qui serait Catalina de Aragón peint en 1496.

¿Que cuadros os mostraría? Naturalmente el retrato de Isabel de Castilla, pero sobre todo este otro, tan especial, que sería el de Catalina de Aragón (reina de Inglaterra como esposa de Enrique VIII) pintado en 1496. 

 


Isabel de Castilla

 

 


                                    Supposedly Catalina de Aragón


La peinture religieuse ne m'attire pas particulièrement, mais voici deux tableaux qui m'ont réjouie tant par leur délicatesse que par...examinez plutôt la tête, pour le moins étonnée, de Lazare ressuscitant.


La pintura religiosa no me atrae particularmente, pero he aquí dos cuadros que me han alegrado tanto por su delicadeza como por... mirad la cara, cuando menos sorprendida, de Lazaro resucitado.


 



La resurrección de Lázaro


 Puis La tentation du Christ dans le désert, voyez par vous-mêmes le détail qui m'a fait sourire!

Luego La tentación de Cristo en el desierto, ved por vosotros mismos lo que me ha hecho sonreír.




La tentación de Cristo en el desierto -  Juan de Flandes y Michael Sittow



D'autres liens où vous trouverez des infos, d'autres tableaux:

Juan de Flandes

http://www.foroxerbar.com/viewtopic.php?t=5786

3 févr. 2026

Silence, lumière et vers / Silencio, luz y versos

 

Le silence rond de la nuit

Federico García Lorca

Le silence rond de la nuit
Sur la portée musicale
De l'infini.
Moi je sors nu en rue,

Ivre de vers
Perdus.
Le noir, criblé
Par le chant du grillon,

Retient ce feu follet
Mort,
Du son.
Cette lumière musicale
Que perçoit
L'esprit.
Les squelettes de mille papillons
Dorment dans mon enceinte.


Passe une jeunesse de brises folles
Sur la rivière.


(Trad: Colo) 

  


 


 

 

El silencio redondo de la noche
Federico García Lorca
    El silencio redondo de la noche
    Sobre el pentagrama
    Del infinito.
    Yo me salgo desnudo a la calle,
    Maduro de versos
    Perdidos.
    Lo negro, acribillado
    Por el canto del grillo,
    Tiene ese fuego fatuo,
    Muerto,
    Del sonido.
    Esa luz musical
    Que percibe
    El espíritu.
    Los esqueletos de mil mariposas
    Duermen en mi recinto.

    Hay una juventud de brisas locas
    Sobre el río.

 

28 janv. 2026

Fleurs d'hiver


   

Si l’amandier fleurit en hiver c’est pour que les abeilles le pollinisent et qu’ainsi il ait le temps de former l’amande avant la chaleur sèche de l’été. Pour l’heure le fruit aura grandi et sera assez mûr pour ne plus rien avoir besoin de la terre.

Un arbre courageux donc qui prend le risque de geler plutôt que celui de la sécheresse certaine de l’été.

Les premières fleurs, une joie attendue avec impatience et sourire.

Comme l’écrit Marie Bonheur du Jour,

 “après les mimosas ce seront les amandiers qui fleuriront
et bouleverseront les cœurs comme une autre tempête.
Il y a toujours des tempêtes.”

http://bonheurdujour.blogspirit.com/archive/2026/01/28/jour-de-tempete-3385126.html





23 janv. 2026

État d'esprit / Estado de ánimo

 

 

États d’esprit

Mario Benedetti, Uruguay 1920 - 2009

 


Quelques fois je me sens

comme pauvre colline

et d’autres comme montagne

aux sommets répétés,



quelques fois je me sens

comme une falaise,

et à d’autres comme un ciel

bleu mais lointain,



parfois on est

source entre des rochers,

et parfois un arbre

avec ses dernières feuilles,

mais aujourd’hui je me sens à peine

comme une lagune insomniaque,

avec un embarcadère

privé d’embarcations,



une lagune verte

immobile et patiente

satisfaite de ses algues

ses mousses et ses poissons,

sereine dans ma confiance

espérant qu’un après-midi

tu t’approches et te regardes…

que tu te regardes me regardant.

                                                       (Trad. Colo)

 

 

                                    Laguna verde, Lanzarote

 

 

 

 

 

 

 

Estados de ánimo   

Mario Benedetti, Uruguay 1920 - 2009


Unas veces me siento
como pobre colina, 
y otras como montaña 
de cumbres repetidas, 


unas veces me siento 
como un acantilado, 
y en otras como un cielo 
azul pero lejano, 


a veces uno es 
manantial entre rocas, 
y otras veces un árbol
con las últimas hojas, 
pero hoy me siento apenas 
como laguna insomne, 
con un embarcadero 
ya sin embarcaciones, 


una laguna verde 
inmóvil y paciente 
conforme con sus algas
sus musgos y sus peces, 
sereno en mi confianza 
confiando en que una tarde, 
te acerques y te mires.. 
te mires al mirarme.




19 janv. 2026

Balade en Hollande / Paseo por Holanda

 Si je republie ce billet paru en 2013 c'est parce que, avec une nièce espagnole, nous 

avons passé un long moment à l'admirer. Si jamais vous le voyiez chez un bouquiniste ou 

ailleurs...c'est une merveille.

 

Le 2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très sortable - :”
*(Paris)
El 2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en príncipe todavía muy presentable -:”
* (París)
Ce “je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et de traditionnelle histoire restée.”
 
Este “Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu, denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero aún más de talento hereditario y de tradicional historia permanecida.”


Quinze jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille” sans prix donc.
C'est avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue, elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom. 
 
Quinze días en Holanda” de Paul Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones, recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa vida anterior.
Recibido y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey, con el pintor Joseph Israëls, el escitor Willem Kloos...todos artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.


Enchanté, il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage, dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un gosier fort accueillant.
Avant chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît énomément.
Quant au sujet de ses conférences:
...J'ai bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois encore parler ici.”
Alors il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses propres poèmes.
 
Encantado, visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés; pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los “amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine un cliente más que acogedor.
Antes de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo. Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En cuanto al tema de sus conferencias:
...Me basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de la Escuela románica.
Este maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo que hablar de nuevo aquí.”
También lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios poemas.




Tour à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.



NB: Dominique nous signale que ce livre a été réédité, sans les belles illustrations, et Tania a trouvé sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter:
http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=ES&q=verlaine+hollande


Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken
Alternativamente maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.

 

9 janv. 2026

Herbier et poèmes / Herbario y poemas

 

Un autre beau cadeau ce livre à la fois herbier et poèmes choisis d'Emily Dickinson, en

 anglais et espagnol, avec des illustrations de fleurs et plantes. Gracias, Carmen.

 

 



J’y ai ajouté, bien sûr, une traduction en français...


Who robbed the woods,
The trusting woods?
The unsuspecting trees.
Brought out their burrs and mosses,
His fantasy to please.
He scanned their trinkets, curious,
He grasped, he bore away.
What will the solemn hemlock,
What will the fir-tree say?



Qui a volé les bois,
Les bois confiants ?
Les arbres peu méfiants.
Ils sortirent leurs écorces et leurs mousses,
Pour satisfaire leur fantasme.
Il examina leurs trophées, curieux,
Il s’en saisit, les emporta.
Que dira le cèdre solennel,
Que dira le sapin ?



¿Quién robó los bosques,

Los bosques confiados?

Los negligentes árboles

Sacaron sus cortezas y sus musgos

Para complacer su fantasía.

Observó curioso sus adornos,

Se los arrebató, huyó.

¿Qué dirá el solemne pino,

El abeto, qué dirá ?