21 mai 2024

Histoire et géant

 

Transformé en centre culturel, La Misericordia est à l’origine un bâtiment austère fondé en 1677 pour être une institution bénéfique où on accueillait pauvres et malades et cultivait un potager. Au XIXºs il a été reconstruit puis on y ajouta un second bâtiment.

Cet ensemble se trouve à l’extrême nord de La Rambla, Costa de la Sang, à côté du vieil Hôpital Général. Dans la partie ancienne de la ville de Palma.





Ce centre culturel est superbe, il dispose d’une grande bibliothèque, (dont la bibliothèque Luís Alemany spécialisée dans tout ce qui est relatif aux Baléares). Dans la chapelle il y a des nombreuses expositions, dans le jardin des statues.

L’ensemble est inattendu et vert, agréable, intéressant.



Mais ce qu’il y a de plus impressionnant c’est un arbre qui date plus ou moins de 1827 quand on y créa un jardin botanique. Un Ficus macrophylla,

J’ai essayé de le photographier le mieux possible, il est tellement gigantesque que ce n’est pas mince affaire. Arbre emblématique de Palma que les habitants sont fiers de montrer aux visiteurs. 


 



14 mai 2024

L'arbre et le ciel / El árbol y el cielo

Peut-être ce poème  vous rappellera-t-il des souvenirs.

 JR Wilcock, injustement peu connu était Argentin mais avait passé une bonne partie de

 sa vie en Italie. Poète, écrivain, professeur de lettres, et surtout traducteur. Décédé à 58 

ans en Italie.

 

                                                   Yeuse( ou chêne vert) 

 

Jardin botanique


Juan Rodolfo Wilcock


Te souviens-tu de cet arbre aimé,

ciel d’après-midi verts et jaunes ?


C’était une yeuse accueillante et elle était

comme une auberge, gravée de façons diverses

par les clients d’autres printemps.


Nous n’avons pas inscrit là notre nom;

pourtant, quand tout sera mort,

ne restera-t-il pas le souvenir de deux ombres

qui un jour se baisaient les mains,

même si les ombres ne sont plus celles-là ?


Les questions rhétoriques n’ont pas de réponse.


Pour te revoir intensément, je m’éloigne:

si jeune, telle une barque au soleil.


Trad: Colo

 

]ardín Botánico

Juan Rodolfo Wilcock



¿Recuerdas aquel árbol querido,
cielo de tardes verdes y amarillas?


Era una encina, era acogedora y era
como una posada, grabada de diversas formas
por los clientes de otras primaveras.


No escribimos en ella nuestro nombre;
sin embargo, cuando todo haya muerto,
¿no quedará el recuerdo de dos sombras
que un día se besaban las manos,
aunque ya las sombras no sean aquellas?


Las preguntas retóricas no tienen respuesta.


Para verte de nuevo intensamente, me alejo:
tan joven, como una barca al sol.


5 mai 2024

Où on parle de sourires et de larmes / Donde se habla de sonrisas y lágrimas

 La vida de las nubes es una vida de reuniones y despedidas; de lágrimas y sonrisas.

 La vie des nuages est une vie de réunions et d'au revoir; de larmes et sourires. 

Gibrán Khalil Gibrán

 


                                     ©Myriam Chenard

 

Mario Benedetti

Arco iris                                             Arc - en - ciel

A veces
por supuesto
usted sonríe
y no importa lo linda
o lo fea
lo vieja
o lo joven
lo mucho
o lo poco
que usted realmente
sea

(...)

sonríe
y usted nace
asume el mundo
mira
sin mirar
indefensa
desnuda
transparente


y a lo mejor
si la sonrisa viene
de muy
de muy adentro
usted puede llorar
sencillamente
sin desgarrarse
sin desesperarse
sin convocar la muerte
ni sentirse vacía

llorar
sólo llorar

entonces su sonrisa
si todavía existe
se vuelve un arco iris.

Des fois
bien sûr
vous souriez
et peu importe
qu'en réalité
vous soyez jolie
ou laide
vieille
ou jeune
gens de beaucoup
ou de peu

(...)

vous souriez
et vous naissez
vous assumez le monde
regardez
sans regarder
sans défense
nue
transparente


et peut-être
si le sourire vient
de loin
de très loin à l'intérieur
vous pouvez pleurer
simplement
sans vous déchirer
sans vous désespérer
sans appeler la mort
ni vous sentir vide

pleurer
seulement pleurer

alors votre sourire
s'il existe encore
se transforme en arc-en-ciel
 
                                                                                          (Trad: Colo)

 

28 avr. 2024

Galiciens / Gallegos

 Voici une partie du poème “Al otro lado” ( De l’autre côté) de Alvaro Cunqueiro

grand poète Galicien.



De l’autre côté

Le rêve monte par les veines de l’arbre

une vie entière qui passe

jusqu’à devenir oiseau sur une branche

un oiseau qui se souvient, chante et s’en va

peu avant que tous les arbres ne meurent.


Si je deviens vieil arbre de l’autre côté de la rivière

et je dois être l’arbre qui se souvient et rêve

tu peux être bien sûre que je rêverai de toi

de tes yeux gris comme l’aube

et de ton sourire

dont s’habillèrent les lèvres des rosiers

aux jours les plus heureux.

Alvaro Cunqueiro

(Trad: Colo)

  Manuel Abelenda Zapata, peintre Galicien (A Coruña, 1889 -  A Coruña, 1957) El río del Burgo

 

AL OTRO LADO
Alvaro Cunqueiro

El sueño va subiendo por las venas del árbol
una vida entera que pasa
hasta hacerse pájaro en una rama
un pájaro que recuerda, canta y se marcha
poco antes de que todos los árboles mueran.

Si yo me hago árbol viejo al otro lado del río
y me toca ser el árbol que recuerda y sueña
puedes estar bien segura que soñaré contigo
con tus ojos grises como el alba
y con tu sonrisa
con la cual se vistieron los labios de los rosales
en los días mas felices.

22 avr. 2024

Rodrigo, son père et les autres


C’est une chance, cette fois le livre qui m’a plu et émue est traduit en français. Il s’agit de (le titre français) “ Les adieux de Gabo et Mercedes”, écrit par Rodrigo, le fils de Gabriel García Marquéz.

On se demande d’abord pourquoi ce fils, Colombien donc, l’a écrit en anglais. (il l’explique). Et son titre anglais est “Memoir”. Fort différent donc, mais c’est bien entre la vie et l’adieu définitif que se déroule ce récit, beau et émouvant. 

 

                                             
Gabo e Mercedes Barcha em 1990 (foto: Hernan Diaz/Fundación Gabo.)


Au fil de chapitres courts, Rodrigo raconte les derniers jours de son père, les funérailles, l’après.

Le récit, parfois triste, parfois teinté de douce ironie ou d’humour, relate autant la vie de son père, de sa mère Mercedes qui est “politiquement peu correcte” et pleine de vie, de force, que la sienne, celle de son frère, de leurs familles et proches, et puis les souvenirs.

Le récit est structuré autour de citations de différents romans de G.G Marquéz. C’est fort intéressant. Des anecdotes relient des événements, parfois minuscules, aux grands romans de l'auteur.

Des années avant son décès il avait comencé  à perdre- puis tout à fait perdu la mémoire, “un drame pour un écrivain”. Mais c’est avec humour que Gabo (surnom de son père) disait: Je perds la mémoire mais par chance j’oublie que je suis en train de la perdre.

Nous avons trois vies: la vie publique, la vie privée, puis les secrets” disait-il.

Rodrigo nous balade entre ces vies, la disparition de son père est, inévitablement, un événement public, mais il réussit à doser parfaitement son récit et on entre dans une pudique intimité avec Garbo.

Cette facette de GG Marquéz m’était inconnue et voilà que hier j'ai reçu un livre posthume de lui" En agosto nos vemos" (Nous nous voyons -verrons?, en août).


16 avr. 2024

Bavard / Hablador

Juan avait toujours parlé par les coudes (hablar por los codos), intarissable depuis son enfance. Souvent, faute de compagnie, il parlait seul et là aucune limite à ses rêves, projets.

Intelligent et bon élève, ses parents lui conseillèrent de devenir avocat: “avec une telle verve, ce sera “coudre et chanter” (coser y cantar) " disaient-ils.

Juan les avait crus.

Une fois ses études terminées il pensa, oh erreur, que ce serait “arriver et baiser le saint”(llegar y besar el santo)

Jamais il ne s'était imaginé qu'autant de concurrents se présenteraient au même poste d'avocat de l'entreprise BUHO. On lui donna le numéro 22, chose qui le laissa à carreaux (quedarse a cuadros).

Dans la salle d'attente il rencontra l'ancien avocat de la boîte qui lui dit: celui qui veut des poissons doit se mouiller le cul (el que quiera peces que se moje el culo)

 


 

 Les autres candidats, tous fort bavards, s'approchèrent et une discussion fort animée s'ensuivit.

Fort animée et de plus en plus bruyante, au point que l'avocat général renvoya chaque hibou à son olivier (cada muchuelo a su olivo)

C'est penaud que Juan rentra chez lui; il avait pris sa décision: il deviendrait oiseleur.

 

                                                

"L'OISELEUR INDOU",  AUGUSTE DE WEVER (Belgique, 1836-1910)

 

Ça va, vous avez tout compris ?

9 avr. 2024

Un oiseau, un violon, une fleur / Un pájaro, un violín, una flor

 

Aujourd'hui le billet de Kwarkito intitulé “L’huître et le néant” m’a fait rire !

Aujourd’hui  aussi une épitaphe, très poétique, de Juan Gelman. 

 

 

Épitaphe Juan Gelman


Un oiseau vivait en moi

Une fleur voyageait dans mon sang

Mon cœur était un violon.

 

J'ai aimé ou pas. Mais parfois

on m'a aimé. Moi aussi

je me réjouissais : du printemps

des mains jointes, de ce qui rend heureux.

 

Je dis que l'homme se doit de l'être.

 

(Ci-gît un oiseau.

Une fleur.

Un violon)

(Traduction trouvée sans nom du traducteur, hélas)


 

Epitafio

Un pájaro vivía en mí.

Una flor viajaba en mi sangre.

Mi corazón era un violín.

Quise o no quise. Pero a veces

me quisieron. También a mí

me alegraban: la primavera,

las manos juntas, lo feliz.

¡Digo que el hombre debe serlo!

(Aquí yace un pájaro.

Una flor.

Un violín).


6 avr. 2024

Tête en l'air

 

C’est vraiment par hasard que ce matin à l’aube j’ai vu que le 6 avril est le jour où est décédé Jacques Higelin. En 2018.

Homme aux multiples talents, souvent décalé, j’ai retenu, je le trouve très inspiré,  ce poème qu’il a mis en musique et chante. Vous connaissez peut-être la chanson si vous êtes de ma génération...





Tête en l'air


Texte / Chanson de Jacques Higelin


Sur la terre des damnés, tête en l'air,
Étranger aux vérités premières énoncées par des cons,
Jamais touché le fond de la misère
Et je pleure, et je crie et je ris au pied d'une fleur des champs,
Égaré, insouciant dans l'âme du printemps, cœur battant,
Cœur serré par la colère, par l'éphémère beauté de la vie.


Sur la terre, face aux dieux, tête en l'air,
Amoureux d'une émotion légère comme un soleil radieux
Dans le ciel de ma fenêtre ouverte
Et je chante, et je lance un appel aux archanges de l'Amour.
Quelle chance un vautour, d'un coup d'aile d'un coup de bec
Me rend aveugle et sourd à la colère à la détresse de la vie.


Sur la terre, tête en l'air, amoureux,
Y'a des allumettes au fond de tes yeux,
Des pianos à queue dans la boîte aux lettres,
Des pots de yaourt dans la vinaigrette
Et des oubliettes au fond de la cour…


Comme un vol d'hirondelles échappé de la poubelle du ciel...


31 mars 2024

Les rites du temps / Los ritos del tiempo

 

                                                     

Dan Miravalles Pendás, Arriondas, Asturias, 1985.

Marine

 

 Renée Ferrer, Paraguay 1944-


Marcher

sur les sables de ta pensée

voyager en clandestin dans les cales de l’espoir,

et céder

-en cette attente de toi,

de ton désir survivant d’un cataclysme d’écumes.


L’horizon se loge en moi

s’appuyant

de l’autre côté de mon front.

La mer s’en tient aux rites du temps

et réitère un secret désiré.


Ne me dis pas que j’ai à nouveau rêvé,

qu’il fait déjà jour.


Trad:Colo


Et, si vous fêtez Pâques, bon dimanche! 



Marina 

 

  Renée Ferrer ,Paraguay 1944-


Caminar

por las arenas de tu pensamiento,

viajar de polizón en las bodegas de la espera,

y ceder

-a esa espera de ti,

de tu deseo sobreviviente de un cataclismo de espumas.


El horizonte se aposenta en mí

recostándose

del otro lado de mi frente.

El mar se atiene a los ritos del tiempo

reiterando un llamado secreto.


No me digas que he soñado otra vez,

que ya es de día. 

 


17 mars 2024

Pause

Comme chaque année au moment des plantations (et du désherbage) de printemps, il me faut faire une pause-blog. 

Je passerai chez vous mais pas le temps de faire des traductions...

Portez-vous bien !

                              Variété de laitues du potager.
 

 

Asphodèles, il y en a partout.