23 mai 2017

Parfum d'un visage disparu / Perfume de un rostro desaparecido





Deux courts poèmes d’Alejandra Pizarnik, cette poétesse Argentine si vénérée là-bas, si peu connue de notre côté dont je vous avais longuement parlé ici

Dos poemas cortos de Alejandra Pizarnik, esa poetisa Argentina tan venerada en su país de la cual os había hablado aquí.


INFANCIA

Hora en que la yerba crece
en la memoria del caballo.
El viento pronuncia discursos ingenuos
en honor de las lilas,
y alguien entra en la muerte
con los ojos abiertos
como Alicia en el país de lo ya visto.

Enfance

Heure où pousse l’herbe
dans la mémoire du cheval.
Le vent prononce des discours ingénus
en honneur aux lilas,
et quelqu’un entre dans la mort
les yeux ouverts
comme Alice dans le pays du déjà vu.

(Trad:Colo)

  





Sens de son absence

si j’ose
regarder et dire
c’est pour son ombre
si doucement unie
à mon nom
là au loin
dans la pluie
dans ma mémoire.
Par son visage
qui brûlant dans mon poème
disperse joliment
un parfum
de visage aimé disparu

(Trad:Colo)

SENTIDO DE SU AUSENCIA

si yo me atrevo
a mirar y a decir
es por su sombra
unida tan suave
a mi nombre
allá lejos
en la lluvia
en mi memoria
por su rostro
que ardiendo en mi poema
dispersa hermosamente
un perfume
a amado rostro desaparecido

18 mai 2017

Idiote ma poule? / ¿Idiota mi gallina?


Dans un jardin où des orangers procurent de l'ombre, un beau poulailler; une vingtaine de poules et quelques coqs.
Depuis sa prime jeunesse une des poules, libertaire et têtue, ma préférée, a décidé que le terrain qui leur est alloué est ..monotone? Toujours est-il que ses excursions sont journalières. Dernièrement, (nous faisons des travaux de rénovation dans la maison), elle s'héberge pour pondre dans un endroit charmant...


Stupides les poules? F.García Lorca semble le penser,
Voici une partie d'un récit, un peu surréaliste, écrit par lui pour des enfants.

En un jardín donde unos naranjos proporcionan sombra, un bonito gallinero; unos veinte gallinas y unos gallos.
Desde su tierna juventud una gallina, libertaria y testaruda, mi preferida, ha decidido que el terreno que les está asignado es---¿monótono? El hecho es que sus excursiones son diarias. Últimamente (hacemos unas obras de renovación de la casa), se alberga para poner su huevo en un sitio encantador...


¿Estúpidas las gallinas? F. García Lorca parece pensarlo.
Aquí una parte de un relato , algo surrealista, escrito por él para los niños.

La Gallina                      La Poule
Federico García Lorca  (Trad:Colo)
 
Había una gallina que era idiota. He dicho
idiota. Pero era más idiota todavía. Le
picaba un mosquito y salía corriendo. Le
picaba una avispa y salía corriendo.
Le picaba un murciélago y salía corriendo
.…
Il y avait une poule qui était idiote. J’ai dit
idiote. Mais elle était encore plus qu'idiote. Si la
piquait un moustique, elle partait en courant. Si la
piquait une abeille, elle partait en courant.
La piquait une chauve-souris, elle partait en courant.
------
La gallina idiota odiaba los huevos. Le
gustaban los gallos, es cierto, como les
gusta a las manos derechas de las personas
esas picaduras de las zarzas o la iniciación
del alfilerazo. Pero ella odiaba su propio
huevo. Y sin embargo no hay nada más
hermoso que un huevo.

La poule idiote détestait les œufs. Elle
aimait les coqs, c’est vrai, autant qu’aiment
les mains droites des gens ces
piqûres de ronces ou une
piqûre d’épingle. Mais elle détestait son propre
œuf. Pourtant il n’y a rien de plus
beau qu’un œuf.

Recién sacado de las espigas, todavía
caliente, es la perfección de la boca, el
párpado y el lóbulo de la oreja. La mejilla
caliente de la que acaba de morir. Es el
rostro. ¿No lo entendéis? Yo sí. Lo dicen los
cuentos japoneses, y algunas mujeres
ignorantes también lo saben.
  
À peine sorti des épis, encore
chaud, c’est la perfection de la bouche, de la
paupière et du lobe de l’oreille. C’est le
visage. Vous ne comprenez pas? Moi si. Les
contes japonais le disent, et certaines femmes
ignorantes le savent aussi.

No quiero defender la belleza enjuta del
huevo, pero ya que todo el mundo alaba la
pulcritud del espejo y la alegría de los que se
revuelcan en la hierba, bien está que yo
defienda un huevo contra una gallina idiota.
...
Je ne veux pas défendre la faible beauté de
l’œuf, mais comme tout le monde loue la
propreté du miroir et la joie de ceux qui se
roulent dans l’herbe, il est bon que je
défende un œuf contre une poule idiote.
...


11 mai 2017

Reconnaissante / Agradecida


ENRIQUETA ARVELO LARRIVA (VENEZUELA, 1886-1962)


ÉMOTION ET AVANTAGE DE LA PROFONDEUR ÉTABLIE


Merci à ceux qui s'en furent par l'obscur sentier
écrasant les feuilles brunies.
À ceux qui me dirent: attends-nous sous cet arbre.

Merci à ceux qui s'en furent chercher du feu pour leurs cigarettes
me laissant seule
emmêlée dans de petits soleils d’une ombre odorante.

Merci à ceux qui s'en furent chercher de l'eau pour ma soif
me laissant là
à boire l'eau essentielle d'un monde ébranlé.

Merci à ceux qui me laissèrent à écouter un chant boisé
et à voir, ensommeillée, 
les troncs bordés de laines fanées. 

Maintenant je marche, indemne, parmi les gens.
(Trad: Colo)
 
 
 
EMOCIÓN Y VENTAJA DE LA PROBADA PROFUNDIDAD 

Gracias a los que se fueron por la vereda oscura 
moliendo las hojas tostadas.
A los que me dijeron: espéranos bajo ese árbol.

 Gracias a los que se fueron a buscar fuego para sus cigarrillos
y me dejaron sola
enredada en los soles pequeños de una sombra olorosa. 

Gracias a los que se fueron a buscar agua para mi sed 
y me dejaron ahí
bebiéndome el agua esencial de un mundo estremecido. 

Gracias a los que me dejaron oyendo un canto enselvado
 y viendo soñolienta
 los troncos bordados de lanas marchitas.


Ahora voy indemne entre las gentes. 

Source/fuente: http://www.tinta-china.net/ealarriva.htm 

4 mai 2017

Pepita


Une histoire inattendue, pleine de succès, de rebondissements que celle que nous a racontée Vita Sackville-West dans son livre Pepita et que sa petite-fille, Juliet Nicolson, vient de narrer dans A House Full of Daughters .
Una historia inesperada, llena de éxitos y de imprevistos, la que nos contó Vita en su libro Pepita y que su nieta, Juliet Nicolson acaba de narrar en A House Full of Daughters.

Vita, vous le savez sans doute, vécut une histoire d’amour avec Virginia Woolf. (Le film Vita et Virginia sort au cinéma cette année 2017) ; Pepita était sa grand-mère.

Vita, probablemente lo sabéis, vivió una historia de amor con Virginia Woolf (La película Vita y Virginia sale en el cine este año); Pepita era su abuela.




Remontons le temps...l’histoire commence avec une enfant d’ascendance gitane dans un quartier de Malaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , plus connue comme Pepita Oliva (ou de Oliva), L’Étoile d’Andalousie, qui devint danseuse et célèbre grâce à une danse appelée Cachucha ou Olé.
Remontemos en el tiempo...la historia empieza con una niña de ascendencia gitana en un barrio de Málaga, Josefa Durán (Málaga, 1830 – Turín, 1871) , más conocida como Pepita Oliva (o de Oliva), la Estrella andaluza, que se hizo bailarina y famosa gracias a un baile llamado Cachaca u Olé.




Qui était cette femme si extraordinaire? D’abord elle voyagea dans toute l’Europe: Angleterre, Norvège, France, Allemagne...formant partie d’une série de danseuses espagnoles qui furent la coqueluche des théâtres. Elle, elle éveillait des passions, provoquait une fièvre qui fut d’ailleurs nommée delirium Pepitatorum!!
Pero ¿quién era esa mujer tan extraordinaria? Primero viajó por toda Europa: Inglaterra, Francia, Alemania...formando parte de un grupo de bailarinas españolas que fueron los ídolos de los teatros. Ella despertó tales pasiones, que provocaba una fiebre que fue nombrada delirium Pepitatorum!!


Elle influença la mode espagnole, volants, dentelles noires, grands décolletés, mantilles, “tailles impossibles grâce à la torture du corsage et les cheveux noués et entrelacés avec une fleur”*
Et pas seulement la mode, vous connaissez peut-être la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.

Pepita tuvo influencia en la moda española, volantes, encajes negros, gran escotes, mantillas, “las cinturas imposibles gracias a las torturas del corpiño y los cabellos recogidos y entrelazados con una flor.”*
Y no solo la moda, tal vez conocéis la “Polca-Pepita” de Johann Strauss.







Mais la vie scandaleuse de Pepita commença quand elle tomba amoureuse d’un aristocrate: le diplomate Lionel Sackville-West, secrétaire de l’Ambassade d’Angleterre en Allemagne. Tous deux étaient mariés: elle avec son maître de ballet (Juan de Oliva); mais leur romance se poursuivit. Ils partirent habiter à Arcachon et eurent 2 fils et 3 filles, dont Victoria, la mère de Vita.
Pero la vida escandalosa de Pepita comenzó cuando se enamoró de un aristócrata: el diplomático Lionel Sackville-West, secretario de la Embajada de Inglaterra en Alemania. Ambos estaban casados, ella con su maestro de ballet (Juan de Oliva); pero su romance siguió. Se fueron a vivir a Arcachón (Francia) y tuvieron 2 hijos y 3 hijas, una de ellas era Victoria, la madre de Vita.

Pepita mourut à 41 ans des suites de couche. (Il y eut ensuite un grand scandale après sa mort quand ses enfants réclamèrent la paternité du diplomate! La mère de Vita fut répudiée par la société victorienne, enfant d’une relation adultère)
Vita avait toujours été fascinée par cette grand-mère et avait sans doute quelques traits de son caractère...extravagant.

Pepita murió a los 41 años de puerperio. ( Luego hubo un gran escándalo cuando sus hijos reclamaron la paternidad del diplomático! La madre de Vita fue repudiada por la sociedad victoriana como hija de padres adúlteros).
A Vita siempre le había fascinado su abuela y tenía sin duda algunos rasgos de su carácter...extravagante
Nota: Para escribir esta entrada me inspiré en gran medida del magnifico artículo de El País:

27 avr. 2017

Guitare Péruvienne / Guitarra Peruana



Grâce à Radio Nacional España Clásica (qui est devenue une chaîne de grande qualité, vu qu’auparavant une présentatrice - que je soupçonnais concentrée sur le tricotage de chaussettes - lisait de temps un temps un texte qu'elle ne comprenait pas) j'ai fait la connaissance de ce jeune guitariste Péruvien,  Riber Oré.

Gracias a Radio Nacional Clásica España (que es ahora de gran calidad, ya que antaño una presentadora - que yo sospechaba de estar muy aplicada haciendo calceta - leía de vez en cuando un texto que no entendía) llegué a conocer a este joven guitarrista Peruano,  Riber Oré.

                                      Mix de rythmes Péruviens


20 avr. 2017

Doutes et amples horizons / Dudas y anchos horizontes



Quand j'arriverai à la vieillesse
-si j'y arrive-
et me regarderai dans le miroir
et compterai mes rides
comme une délicate orographie
de peau distendue.
Quand je pourrai compter les marques
qu'ont laissé les larmes
et les préoccupations,
et que déjà mon corps répondra lentement
à mes désirs,
quand je verrai ma vie enrobée
de veines bleues,
de profondes cernes,
et que je lâcherai ma chevelure blanche
pour m’endormir tôt
-comme il se doit-
quand viendront mes petits-enfants
s’asseoir sur mes genoux
rouillés par le passage de tant d’hivers,
je sais qu’encore mon cœur
sera -rebelle- à tictaquer
et que les doutes et les amples horizons
salueront aussi
mes matins.
(Trad: Colo)
*André Derain -  Madame Matisse au kimono



Desafío a la vejez Gioconda Belli
Cuando yo llegue a vieja
-si es que llego-
y me mire al espejo
y me cuente las arrugas
como una delicada orografía
de distendida piel.
Cuando pueda contar las marcas
que han dejado las lágrimas
y las preocupaciones,
y ya mi cuerpo responda despacio
a mis deseos,
cuando vea mi vida envuelta
en venas azules,
en profundas ojeras,
y suelte blanca mi cabellera
para dormirme temprano
-como corresponde-
cuando vengan mis nietos
a sentarse sobre mis rodillas
enmohecidas por el paso de muchos inviernos,
sé que todavía mi corazón
estará -rebelde- tictaqueando
y las dudas y los anchos horizontes
también saludarán
mis mañanas.



*André Derain (Chatou, 1880 - Garches, 1954) peintre fauviste, grand ami de Matisse.

12 avr. 2017

Fauves dorés / Doradas fieras



Sans doute, oui sans doute un billet sur nos 17 lapins nouveaux-nés accompagné d’adorables photos aurait-il été plus approprié en ces jours de Pâques.
Mais non, c’est un poème surréaliste d’Octavio Paz qui m’a étonnée, m'a fait sourire et me demander où il avait été chercher tant de choses à dire sur...deux yeux.

Tal vez, sí tal vez una entrada sobre nuestros 17 conejitos recién nacidos , acompañada de fotos muy monas hubiera sido más apropiado en estos días de Pascua.
Pero no, es un poema surrealista de Octavio Paz que me ha sorprendido, hecho sonreír y preguntarme de dónde había sacado tantas cosas que decir sobre...dos ojos.

Octavio Paz ( Mexique 1914-1998)
 
Tes yeux 
 
Tes yeux sont la patrie
de l'éclair et de la larme,
silence disert,
tempêtes sans vent, mer sans vagues,
oiseaux prisonniers, fauves dorés endormis,
topazes impies comme la vérité,
automne dans une clairière
où la lumière chante sur l’épaule
d'un arbre, et où toutes les feuilles sont oiseaux,
plage que le matin trouve constellé d'yeux,
panier de fruits de feu,
mensonge nourricier,
miroirs de ce monde, porte de l'au delà,
pulsation tranquille de la mer à midi
absolu qui scintille,
désert.

traduction Colo (inspirée par celle d’ E. Dupas )

Silvana Canetti (Uruguay)
" Los ojos de Ariadna"


Tus ojos O. Paz
Tus ojos son la patria
del relámpago y de la lágrima,
silencio que habla,
tempestades sin viento,
mar sin olas, pájaros presos,
doradas fieras adormecidas,
topacios impíos como la verdad,
otoño en un claro del bosque
en donde la luz canta en el hombro
de un árbol y son pájaros todas las hojas,
playa que la mañana
encuentra constelada de ojos,
cesta de frutos de fuego,
mentira que alimenta,
espejos de este mundo,
puertas del más allá,
pulsación tranquila del mar a mediodía,
absoluto que parpadea, páramo.