13 janv. 2021

Bateau / Barco

Lisière, un site dont nous avons déjà parlé ici. Vous vous en souvenez ? Des Kinépoèmes.


¿Os acordáis de los Kinépoèmes en Lisière ?

Esta vez, el autor del sitio web me pidió que grabará, susurrando, una frase de un

 poema de Alejandra Pizarnik. Parecía fácil...pero sude y me reí mucho.

Podéis encontrar todo aquí.


Cette fois l’auteur, Deylan Caylon, m’a demandé d’enregistrer une phrase - en 

espagnol - d’Alejandra Pizarnik, ceci en chuchotant. Il m’avait prévenue “ c’est plus

 compliqué qu’il n'y paraît“.

En effet, oh là, là, après moultes essais, pas mal de gouttes de sueur, de fous 

rires aussi...c’est fini.

 

                                    (c'est plus beau en écran complet - es más bonito en plena pantalla)


Vous trouverez l’ensemble sur son site, mais voilà ce qu’il écrit au-dessous du montage:


Poème en mouvement réalisé par Deylan Caylon inspiré par un texte de Alejandra Pizarnik et une musique d’Arcangelo Corelli.

Alejandra Pizarnik a partagé sa courte vie entre l’Argentine et Paris où elle croisa notamment Octavio Paz et Julio Cortázar. Écrivain, journaliste, poétesse, les mots étaient pour elle comme l’air qu’elle respirait.

Deylan a choisi ce texte pour faire contrepoint (contre-pied ?) à celui d’Italo Calvino dans « Écume ». C’est pourquoi il a repris le troisième mouvement du Concerto Grosso op6 n°1 d’Arcangelo Corelli, mais dans une interprétation toute différente.

Les mots ont emprunté la voix de Brigitte Bardou (elle-même auteure de poèmes et de pièces de théâtre) et de Colo (passionnée de culture hispanique et latino-américaine).


9 janv. 2021

Peurs et courages / Miedos y valentías

   Courageux

GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

 Il avait peur des pas
des portes entrouvertes
des rideaux
des pieds des sphinx
de la langue des chats

Il était effrayé par les rires des vieux
et par les photos d'enfants en cravate
par les ours en peluche
par les mouettes au cinéma
des années soixante

Il craignait surtout de
voir pleurer son père
de parcourir un couloir
de se couper avec du papier
et de mourir chaque nuit

Mais il était si courageux
qu'il regardait dans les yeux
et qu'il épanchait son âme
et disait je t'aime
et c'était vrai.

(Trad: Colo)


Valiente  
       

GRACIA IGLESIAS LODARES
(Madrid 1977)
 
Le daban miedo las pisadas
las puertas entreabiertas
las cortinas
los pies de las esfinges
la lengua de los gatos.

Le asustaban la risa de los viejos
y las fotos de niños con corbata
los osos de peluche
las gaviotas de cine
de los años sesenta.

Temía sobre todo
ver llorar a su padre
recorrer un pasillo
cortarse con papel
y morir cada noche.

Pero era tan valiente
que miraba a los ojos
y derramaba el alma
y decía te amo
y era cierto.

3 janv. 2021

À fleur de peau / A flor de piel

 

Gioconda Belli, une poétesse que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois sur ce blog.

Si vos sens sont un peu engourdis par le froid, par l’apathie de ces derniers mois, je pense que ce poème vous réveillera ...


Ya hemos encontrado esta poetisa varias veces en este blog.

Si tenéis los sentidos algo adormecidos por el frío o la apatía de esos últimos meses, creo que este poema os despertará...

 

 

                                      El visitante / Le visiteur  Fernando de Szyszlo (Perú)


Gioconda Belli


Je te vois comme un tremblement...

 

Je te vois comme un tremblement

dans l’eau.

Tu vas

tu viens,

et laisses des ronds dans mon imagination.



Quand je suis avec toi

j’aimerais avoir plusieurs moi,

envahir l’air que tu respires,

me transformer en un amour chaud

pour que tu me sues

et pouvoir entrer et sortir de toi.


Te caresser cérébralement

ou me glisser dans ton cœur et exploser

à chacun de tes battements.


Te semer, tel un grand arbre, dans mon corps

et soigner tes feuilles et ton tronc,

te donner mon sang de sève

et, pour toi, me convertir en terre.


Je sens un souffle chatouilleur

quand nous sommes ensemble,

je voudrais me transformer en rire,

pleine de plaisir,

batifoler sur plages de tendresse

récentes,

mais que j’ai toujours pressenties,

t’aimer, t’aimer

jusqu’à ce que nous oubliions tout

et ne sachions plus qui est qui.

(Trad: Colo)





Te veo como un temblor...

Te veo como un temblor
en el agua.
Te vas,
te venís,
y dejás anillos en mi imaginación.

Cuando estoy con vos
quisiera tener varios yo,
invadir el aire que respiras,
transformarme en un amor caliente
para que me sudes
y poder entrar y salir de vos.

Acariciarte cerebralmente
o meterme en tu corazón y explotar
con cada uno de tus latidos.

Sembrarte como un gran árbol en mi cuerpo
y cuidar de tus hojas y tu tronco,
darte mi sangre de savia
y convertirme en tierra para vos.

Siento un aliento cosquilloso
cuando estamos juntos,
quisiera convertirme en risa,
llena de gozo,
retozar en playas de ternuras
recién descubiertas,
pero que siempre presentí,
amarte, amarte
hasta que todo se nos olvide
y no sepamos quién es quién.



29 déc. 2020

Toc, toc !

 Nous voilà en fin d'Année, souhaitons pour 2021 que le tempête s'éloigne et que chacun de nous puisse donner et recevoir visites, baisers et caresses, avoir travail, logement, tout ce qui lui manque.


 

Foto: https://www.ultimahora.es/noticias/local/2020/12/29/1226099/tiempo-mallorca-amaina-borrasca-bella.html

 

Gioconda Belli Poeta Nicaragua 1948-

 

Dis-moi que tu ne me façonneras jamais, 

ni ne me donneras le bonheur de la résignation 

mais celui dont souffrent les élus, ceux qui peuvent

 embrasser des yeux la mer et le ciel 

et amener l'Univers dans leurs corps.”(Trad: Colo)

 

Bonne Année, Feliz Año

 

Dime que no me conformarás nunca, 

ni me darás la felicidad de la resignación, 

sino la felicidad que duele de los elegidos, 

los que pueden abarcar el mar y el cielo con sus ojos 

y llevar el Universo dentro de sus cuerpos.” 


Nota:  Poema entero aquí.


24 déc. 2020

Fêter

 

Quand une amie de blog publie un livre.

 

 


Quand il arrive au 100º exemplaire vendu, il faut fêter ça, vous ne pensez pas?


Alors pour toi, Marie. 

 

Ode à l’âge, Pablo Neruda (extraits)



Je ne crois pas à l’âge

Tous les vieux

portent

dans les yeux

un enfant,

et les enfants

parfois

nous observent

comme des vieillards profonds.


(…)


Maintenant,

temps, je t’enroule,

je te dépose dans ma

boîte sylvestre

et je m’en vais pêcher

avec ta longue ligne

les poissons de l’aurore.



Et pour la fête, ces quelques fleurs,




Et un gâteau maison à l’orange




C'est la fête aussi chez:


Tania : http://textespretextes.blogspirit.com/

Dominique : http://asautsetagambades.hautetfort.com/

Emma : https://www.emmacollages.com/

Quichottine : https://quichottine.fr/

Plumes d’Anges : https://www.plumesdanges.com/

Anne Le Maître: http://lesmomentsbleus.blogspot.com/

Denise: https://lesrevesdeugenie.com/ 

Claudie : http://www.lapetiteverriere.com/

 

Photo fleurs : https://www.bergamotte.fr/le-journal-vegetal/fleurs-et-fleurs-sechees/astuces-entretien-fleurs/quelles-fleurs-offrir-pour-un-anniversaire-3-idees-originales

23 déc. 2020

Risette / Sonrisita

 Voilà une carte postale, achetée je ne sais plus où et toujours gardée.

He aquí una postal, comprada ya no sé donde y siempre guardada.

Elle s'intitule "Risette". Se titula "Risette" (sonrisita)

 


 


Passez une agréable fin d'Année, et souvenez-vous des mots de Charlie Chaplin: 

"Un sourire signifie beaucoup. Il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui l'offre. Il dure une seconde  mais son souvenir, parfois, ne s'efface jamais.

 

Os deseo un agradable fin de Año, y acordaos de las palabras de Charlie Chaplin:

"Una sonrisa significa mucho. Enriquece a quien la recibe; sin empobrecer a quien la ofrece. Dura un segundo pero su recuerdo, a veces, nunca se borra."



Foto: Foto, Jugendfrei, Baby, Witziges, Kind, Niedlich, Schwarz-Weiß, Weiß, Hochformat, artconcept, Ecki Design, Lächeln, Junge, Lachen, International, Fliege, Grinsen


16 déc. 2020

Kinépoèmes

 

Il y a un temps, Deylan Caylon (pseudo) m’a contactée après avoir parcouru mon

blog car il voulait faire une section “kinépoèmes “ sur le thème Péninsules.


Un Kinépoème, m’a-t-il expliqué, ce sont quelques lignes d’un poème que je mets

 en mouvement, images et musique. !Muy bien!


Depuis lors, et sur son site Lisière , il a ajouté une autre section Latinos et nous 

échangeons des poèmes, puis je découvre avec grand plaisir ce qu’il en a fait.


Aujourd’hui, et pour vous souhaiter des jours agréables, en voici deux.


Alfonsina Storni




Le second ne vient pas de chez moi bien sûr, mais comment résister à cet appel de la poésie ?







10 déc. 2020

Le sablier / El reloj de arena

 Si la littérature s'est emparée du sablier pour signifier le temps qui passe et nous mène inexorablement vers la mort, cet objet, tombé en désuétude, avait jadis de multiples usages, vous le savez; navigation, cuisine, église (messe)...

 
Si la literatura ha convertido el reloj de arena en signo del tiempo que pasa y nos lleva irremediablemente a la muerte, ese objeto, hoy en desusso, tenía antaño múltiples usos; navegación, cocina, iglesia (misa)...
 

El reloj de arena (Le sablier) José Cirilo Henao, artista Colombiano
 

 

 
Le sablier
joue
à se remplir de lumière
à se vider d'ombre.
Nous le retournons
jouons à ne pas nous perdre
à ne pas nous vider de lumière
à ne pas nous remplir d'ombre.
 
(Trad: Colo)
 
 
Jorge H Cadavid (poète et essayiste Colombien (1962-   ))
 
 
El reloj de arena
juega
a llenarse de luz
a vaciarse de sombra.
Nosotros le damos vuelta
jugamos a no perdernos
no vaciarnos de luz
no llenarnos de sombra.


NB: Ce billet est plus ou moins une reprise d'il y a des années...

7 déc. 2020

Sur la route

 

un monde flottant
tout au bout de la route
vient la lumière 
 

 

 

 Le señor K  publiait récemment sur son blog un texte "Simplement bon".

C'est ainsi qu'hier, entre averses de pluie et grêle, une courte balade pas loin de chez nous. Tonifiant, joues rougies. La route monte, descend.'à l’ombre.

Et tout à coup cette vue.

 



 

1 déc. 2020

Ah ces baisers... / Ah, esos besos...

 

Des lèvres sur les peaux, des bras qui enserrent les corps, ces gestes de tendresse déconseillés depuis des mois.

Ils me manquent cruellement ; quand pourrais-je sans risque, embrasser mes enfants, serrer mes amis dans mes bras ? 

 

Les souvenirs de baisers suffisent-ils ? 

 

 

                             E. Munch Beso en la orilla bajo la luz de la luna / Museo Thyssen
 

 

 

Ce baiser

Claribel Alegría, Nicaragua (1924-2018)



Ce baiser d'hier

m'a ouvert la porte

et tous les souvenirs

que je croyais fantômes

têtus, se levèrent

pour me mordre.

(Trad : Colo)

 

Ese beso

Claribel Alegría (1924-2018)
Nicaragua



Ese beso de ayer
me abrió la puerta
y todos los recuerdos
que yo creí fantasmas
se levantaron tercos
a morderme.