15 févr. 2019

Ivresses / Embriagueces


Quels tableaux de F. de Goya et P.Klee Alejandra Pizarnik a-t-elle regardés qui

ont inspiré ses mots? Peut-être ceux-ci…


(exposición Goya)

un agujero en la noche
súbitamente invadido por un ángel

un trou dans la nuit
soudain envahi par un ange



Tobía y el angel F. Goya 1787


(un dibujo de Klee)

cuando el palacio de la noche
encienda su hermosura
pulsaremos los espejos
hasta que nuestros rostros canten como ídolos

quand le palais de la nuit
allumera sa beauté
nous sonderons les miroirs
jusqu’à ce que nos visages chantent comme des idoles

Paul Klee


Terminons par cette ivresse….Acabemos con esta embriaguez….

un golpe del alba en las flores
me abandona ebria de nada y de luz lila
ebria de inmovilidad y de certeza

un coup d’aube sur les fleurs
m’abandonne ivre de rien et de lumière lilas
ivre d’immobilité et de certitude
                            
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Traductions en français : Colo
Extraits de Arbol de Diana Alejandra Pizarnik

10 févr. 2019

Bonne semaine!


Douceur de l’air ce dimanche, le soleil était aussi pâle que le bleu du ciel, une balade autour de mon village.
J’ai pensé à vous tous qui habitez dans le nord... Alors pour commencer la semaine sans trop pester contre ceci ou cela :-), voilà pour vous.


Au sol des fleurs, jaunes pour la plupart 





Les arbres, eux, sont fleuris comme l'amandier...



ou habillés comme le vieux caroubier...
 


ou nus comme ce superbe figuier qui pourrait être une sculpture vous ne trouvez pas?

 

5 févr. 2019

Frugalité / Frugalidad


D’Andreï Makine je ne connaissais que sa belle figure, sa voix, son parler lent au fort accent. Une amie m’a offert pour Noël deux romans de lui. Le premier que j’ai lu est « L’Archipel d’une autre vie » où la taïga, traitée comme un personnage dur, aride mais plein de douceur parfois aussi m’a comme envoûtée.

Voici ce qu’en dit le romancier et éditeur Bertrand Visage. 

 


Je vous en livre un extrait, situé vers la fin du livre, et qui ne dévoile rien de l’intrigue.

Dans ma jeunesse, je revenais souvent, en pensée, vers les ermites de Chantars. À un moment, leur exil m’a paru incompréhensible, effrayant même. Se couper de la société, s’enfermer au milieu des glaces, sur un îlot entouré d’un océan en furie! Refusant l’excitant spectacle de la vie, son pathos, ses rivalités! J’avais, alors, l’âge où la multiplicité éblouit et la variété des postures intoxique. Où changer de rôle donne l’illusion de la liberté. Où dupliquer sa personne en mille relations est perçu comme une richesse d’existence.
J’avais l’impression de vivre tout ce que Gartsev et Elkan ne connaîtraient jamais.
Et puis, sans se soucier de mon amour-propre, l’équation s’est retournée: chaque jour m’enlevait un peu plus la chance de vivre et de comprendre ce qu’ils avaient vécu et compris.
Non, il ne s’agissait pas du nombre d’ »expériences », valeur si prisée par la modernité. Ni d’une sagesse fumeuse, fruit de l’une de ces expériences exotiques. Leur quotidien, rude et simple, ne visait aucun but édifiant. (…)
Quand les cartouches manquaient, ils chassaient à l’arc et Gartsev finit par préférer ce tir insonore. À marée basse, les poissons piégés au milieu des rochers étaient faciles à prendre et la forêt, à l’automne, débordait de baies. Elkan préparait ce qui leur servait de pain : pâtés composés de graminées, de champignons séchés, de plantules de conifères…
Je me souviens qu’en parlant de cette vie Gartsev me confia, avec un étonnement souriant : »Je n’aurais jamais cru que l’homme avait besoin de si peu » .

Vous pouvez aussi lire le beau billet de Dominique, mais surtout lisez ce magnifique roman!

Une image de la taïga

Esta novela de Andreï Makine no está traducida en español...aún. Pero cuando salga, os la recomiendo. Aquí un largo parrafo :
Durante mi juventud pensaba, con frecuencia, en los ermitaños de Chantar. A un momento dado, su exilio me pareció incomprensible, incluso aterrador. Aislarse de la sociedad, encerrarse en medio de los hielos en un islote rodeado de un océano furioso! Negarse el excitante espectáculo de la vida, su pothos, sus rivalidades! Tenia, entonces, la edad en la que la multiplicidad deslumbra y la variedad de actitudes intoxica. Donde cambiar de papel da la ilusión de la libertad. Donde duplicar su persona en mil relaciones se percibe como una riqueza de existencia.
Tenia la impresión de vivir todo aquello que Gartsev y Elkan no conocerían nunca.
Y después, sin preocuparse de mi amor propio, la ecuación se ha jirado: cada día me quitaba, un poco más, la posibilidad de vivir y comprender aquello que ellos habían vivido y comprendido.
No, no se trataba del numero de “experiencias”, ese valor tan apreciado por la modernidad. Ni de una sabiduría confusa, fruto de una de esas experiencias exóticas. Su cotidiano, rudo y simple, no pretendía ningún objetivo edificante. (…)
Cuando faltaban cartuchos, cazaban con arco y Gartsev acabó por preferir ese tiro insonoro. A la marea baja, los peces atrapados en medio de las rocas eran fáciles de coger y el bosque, en otoño, desbordaba de bayas. Elkan preparaba lo que les servía de pan: pasta compuesta de gramíneas, de setas secas, de plántulas de coníferas…
Me acuerdo que al hablar de esta vida Gartsev me confió, con un asombro sonriente:”Nunca habría creído que el hombre necesitase tan poco”:
(Trad : MAH y Colo)

30 janv. 2019

C'était d'autres temps / Eran otros tiempos


Aujourd'hui une chanson de Rozalen, auteure-compositrice-chanteuse née à Albacete en 1986.

Elle y relate une conversation avec sa grand-mère.
Dure réalité de la période de la guerre civile...




Tais-toi
ne rouvre pas la plaie
pleure toujours en silence
ne soulève pas de rancœurs, ce village est si petit…
c’était d’autres temps.
(bis)

Tous l’appelaient Juste
Juste de nom et d’action
l’aîné de cinq frères
élégant, le plus prudent d’un petit village de la Sierra De Segura
tailleur et bûcheron de profession.
Il s’entendait avec l’Ascensión, une brunette, celle d’Amalio
une des rares qui lisait
étudiait la nuit pendant les trois mois d’hiver
lui, il chantait dans les rues toujours gai une chanson.
Fin ‘38 sont appelés à la guerre
la génération la plus jeune
celle de « l’année du biberon »
ils montèrent dans le camion comme si d’une fête il s’agissait
mais il fut le seul qui ne revint pas.

Et maintenant j’arrive à t’entendre chanter
ton visage se dessine dans l’harmonie de ce lieu
et maintenant j’arrive à t’entendre chanter
si tu on ne soigne la blessure elle fait mal, elle suppure, ne trouve pas la paix.

Après treize jours sans nouvelles la joie d’une seconde
arrive une lettre…..
une autre de son compagnon
ce fut une balle nous disait le journal
j’ai gardé sa cuiller, sa veste militaire et le briquet.
La mère déjà descend la côte criant : « Canailles vous me l’avez tué ! »
sans une fleur
sans un adieu
pour seule tombe, son cœur.

Mais maintenant j’arrive à t’entendre chanter
ton visage se dessine dans l’harmonie de ce lieu
et maintenant j’arrive à t’entendre chanter
si tu on ne soigne la blessure elle fait mal, elle suppure, ne trouve pas la paix.


***Aime-moi fillette, aime-moi fillette, aime-moi toujours
Aime-moi autant, aime-moi autant que je t’aime
en échange je te donnerai
la viennoiserie, la viennoiserie et le bon café
la viennoiserie, la viennoiserie et le bon café
(trad : Colo)

22 janv. 2019

Je visite la vie / Visito la vida



Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez.”
G. Bachelard.
Roberto Juarroz est sans aucun doute un poète qui emploie l’imagination, les images, pour étudier, analyser le réel. Ce poème illustre bien, je trouve, le propos de G. Bachelard.


Un nuage m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
son contour dans le vent. 

 
Une ombre m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
le poids d’un autre corps. 

 
Une bouffée d’images m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
l’irréligion du rêve. 

 
Une absence m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
mon image dans le temps. 

 
Et moi je visite la vie.
Je lui laisserai en m’en allant
la grâce de ces restes.

Roberto Juarroz

Poésie verticale, traduction Roger Munier
 
Ombre/ Sombra



Hace falta que la imaginación coja demasiado para que el pensamiento tenga suficiente”. G. Bachelard.
Roberto Juarroz es, sin duda, un poeta que usa la imaginación, las imágenes, para estudiar, analizar la realidad. Este poema ilustra bien el propósito de G. Bachelard.

Me visitó una nube.
Y me dejó al marcharse
su contorno de viento.

Me visitó una sombra.
Y me dejó al marcharse
el peso de otro cuerpo.

Me visitó una ráfaga de imágenes.
Y me dejó al marcharse
la irreligión del sueño.

Me visitó una ausencia.
Y me dejó al marcharse
mi imagen en el tiempo.

Yo visito la vida.
Le dejaré al marcharme
la gracia de estos restos.

Roberto Juarroz

17 janv. 2019

Des corps divins / Cuerpos divinos


Somniant Deus, Rêvant de Dieux, est le titre d’un livre de photos et d’une exposition où le corps humain est traité comme une sculpture. L’idée du photographe Toni Catany (1942-2013) est la suivante : « Les Grecs ont divinisé le corps humain en sculpture. Pourquoi ne le ferais-je pas en photos ? »
Il a donc fait venir dans son atelier des modèles, presque tous des hommes, qu’il a laissé se mouvoir à leur guise pendant qu’il prenait des centaines de photos. Il n’a gardé que celles qui lui provoquaient une émotion.
Avec son ami l’écrivain et poète Blai Bonet , les deux majorquins ont publié un livre en 1993 « Somniant deus » où de beaux textes enrichissent la série de photos, et ceci se retrouve dans l’exposition.









« La parole, celle qui crée et fait qu’on voit la perspective…,apparaît toujours après que la chair du corps soit restée comme une flamme qui s’éteint sous la pluie car, après le fugitif et fugace passage du Corps qui devient chair, si nous restons sans mots nous ne savons plus qui nous sommes ... » Blai Bonet
(Trad : Colo)
La palabra, la que crea y hace que se vea la perspectiva…, siempre aparece después de que la carne ha quedado como una llama que se apaga bajo la lluvia porque, tras el fugitivo y huidizo paso del Cuerpo que se hace carne, si quedamos sin la palabara no sabemos quienes somos...” Blai Bonet
(Trad: Colo)







Nous y étions seules mon amie et moi ce matin là, merveille. Ces corps parfaits, comme en mouvement, nous ont séduites, fascinées.


Somniant deus, Soñando Dioses, es el título de un libro de fotos y de exposición donde el cuerpo humano es tratado como una escultura. La idea del fotógrafo majorquin Toni Catany (1942-2013) es la siguiente : "Los griegos divinizaron el cuerpo humano con la escultura. ¿Por qué no tendría que hacerlo yo con la fotografía?"

Hizo venir a su taller modelos, casi todos masculinos, y les dejo moverse a su conveniencia mientras él sacaba miles de fotos. Sólo se quedó con las que le provocaban alguna emoción.
Con su amigo, el escritor y poeta Bali Bonet, los dos mallorquines publicaron un libro “Somniant deus” donde bonitos textos enriquecen la serie de fotos; todo esto está presentado en la exposición.

Estábamos solas, mi amiga y yo, aquella mañana, una maravilla. Esos cuerpos perfectos, como en movimiento, nos sedujeron, nos fascinaron.

5 janv. 2019

Premier poème de l'année / Primer poema del año



Merci, merci à Maïté /Aléonor pour ce joli recueil de poèmes de Jean-Pierre Siméon.

Déjà son titre, “La nuit respire”, inspire.



Lettre aux gens très sages

À Sarah

Non il n’est pas fou
celui qui parle au vent
aux murs aux rues aux lampadaires

à l’ombre du chat sur la fenêtre
aux mains fragiles
qui l’aiment et le connaissent

Il n’est pas fou
celui qui voit la mer
dans son miroir
et des chiens bleus
dans les nuages

Non le poète n’est pas fou
il rêve il rêve
et nous attend
sous le manteau de son mystère
au coeur du monde imaginé

https://www.domestika.org/es/projects/257670-bioclimatic-house-espejo-del-mar

Carta a gente muy buena
Para Sarah

No, no está loco
el que le habla al viento
a las paredes a las calles a las farolas

a la sombra del gato en la ventana
a las manos frágiles
que le quieren y le conocen
No está loco
el que ve el mar
en su espejo
y perros azules
en las nubes

No, el poeta no está loco
sueña sueña
y nos espera
bajo el abrigo de su misterio
en el corazón del mundo imaginado
(Trad: Colo)


30 déc. 2018

Quelques mots pour vous / Unas palabras para vosotros


Je fais miens ces mots de Julos Beaucarne pour vous souhaiter une Bonne Année.
Hago mías la palabras de Julos Beaucarne* para desearos un Feliz Año.

Foto Toni Catany


Je rêve d'un concert que je donnerais où je pourrais me taire pendant deux heures
Et que personne ne s'ennuie
Je rêve de me taire et de passer mon temps à vous écouter vous raconter
Je rêve de n'avoir plus rien à dire
(...)
Je rêve de passer ma vie à aller rendre visite à tout un chacun chez lui, à l'écouter
Je rêve de m'asseoir dans les fauteuils de tout le monde


(texte complet en voix et musique, superbe, dans la vidéo plus bas)

Sueño con dar un concierto donde me pudiera callar durante dos horas
Y que nadie se aburriera
Sueño con callarme y pasar el tiempo escuchando vuestra historia
Sueño con no tener nada más que decir
(...)
Sueño con pasarme la vida visitando a cada uno en su casa, a escucharle
Sueño con sentarme en los sillones de cada uno.
(Trad: Colo)

* Julos Beaucarne es un poeta y cantante belga.

25 déc. 2018

L'autre rive du monde / La otra orilla del mundo


Sakura
Luís Comis

Un oiseau chante
la nudité de l'hiver...
À l'ombre de la fleur
les nuages roses.
La fugacité de l'éternel.
La goutte de rosée s'ouvre pour mesurer la solitude
de l'autre rive du monde…

(trad. Colo)
Indonesia Foto I. Pampín http://israpamp.tumblr.com/

Sakura
Luís Comis

Un pájaro canta
la desnudez del invierno…
A la sombra de la flor
las nubes rosadas.
La fugacidad de lo eterno.
La gota de rocío se abre para medir la soledad
de la otra orilla del mundo…

17 déc. 2018

Pieds nus / Descalzo


Ce poème m’a émue, m'a fait penser à ma très vieille amie, Margarita, qui est analphabète.
Este poema me conmovió, me hizo pensar en mi amiga, muy mayor, Margarita, que es analfabeta.

Antònia Vicens nació en Santanyí (Mallorca) en 1941. Es novelista y poeta.
Née à Santanyí (Mallorca) en 1941, elle est romancière et poète.

Sorolla, el viejo pescador


 
Il avait toujours mal aux pieds

Les pieds le faisaient toujours souffrir
mon père.
C’est en boitant qu’il parcourait tous les magasins de chaussure
à la recherche de souliers confortables qui l’aideraient
à supporter le poids de toutes les blessures
déchirements et coupures
que la mer lui avait faits.
Il n’en trouva jamais. Il a dû s’en aller
pieds nus avec sa montre et son couteau
à couper le pain, à couper les larmes, dans la poche de la veste et
la figure blanche comme l’écume des vagues
tant de fois surfées.

Toujours il me le disait:
Je n’ai pas eu d’enfance.

Il ne se l’ôtait pas de la tête:
J’ai appris à écrire mon nom à la guerre

Sifflaient les balles glissaient les étoiles
de sang quand j’ai appris à écrire mon nom.
Je ne voulais pas être un aide-maçon quelconque

Et ma mère disait :
C’est un bel homme. Dommage
qu’il ne sache pas écrire. Toi
tu dois aller à l’école Antonia.Tu
ne dois pas être une ignorante comme ton père, ma fille.

Et le bleu de ses yeux se répandait sur ses joues quand,
diluvienne,
elle pleurait son absence.
(Traduction Colo) 

Alexander Ignatius Roche, the old fisherman


LOS PIES SIEMPRE LE DOLÍAN


Los pies siempre le dolían
a mi padre.
Cojeando recorría todas las zapaterías
buscando unos zapatos bastante cómodos que lo ayudaran
a sobrellevar el peso de  todos los daños
los desgarros y los cortes
que el mar le había hecho.
Nunca los encontró. Tuvo que marcharse
descalzo con el reloj de pulsera y el cuchillo
de rebanar pan de rebanar lágrimas en el bolsillo de la chaqueta y
una cara blanca como la espuma de las olas
que tantas veces montó.

Me lo decía siempre:
No tuve infancia.

No se lo sacaba de la cabeza:
Aprendí a escribir mi nombre en el frente.

Chillaban balas se deslizaban estrellas
de sangre cuando yo aprendía a escribir mi nombre.
No quería ser un peón cualquiera.

Y decía mi madre:
Es un hombre apuesto. Lástima
que no sepa escribir. Tú
tienes que ir a la escuela Antònia. No
tienes que ser un ignorante como tu padre hija.

Y el azulete de los ojos se le esparcía por las mejillas cuando
diluviana
lloraba su ausencia.

*
Traducción de Carlos Vitale*

L'original en catalan.

ELS PEUS SEMPRE LI FEIEN MAL /// Els peus sempre li feien mal / al pare. / Ranquejant recorria totes les sabateries / cercant unes sabates prou còmodes que l’ajudessin / a dur el pes de tots els traus / els treps i els talls / que la mar li havia fet. / No les va trobar mai. Va haver d’anar-se’n / descalç amb el rellotge de polsera i el ganivet / de llescar pa de llescar llàgrimes dins la butxaca del gec i / una cara blanca com l’escuma de les ones / que tantes vegades va muntar. / M’ho deia sempre: / No vaig tenir infància. / No s’ho treia del cap: / Vaig aprendre a escriure el meu nom al front. / Giscaven bales lliscaven estrelles / de sang quan jo aprenia a escriure el meu nom. / No volia ser un peó qualsevol. / I deia la mare: / És un home plantós. Llàstima / que no sàpiga escriure. Tu / has d’anar a l’escola Antònia. No / has de ser una ignorant com ton pare filla. / I el blavet dels ulls se li escampava per les galtes quan / diluviana / plorava la seva absència.