Une exposition
à Madrid, au musée national Thyssen-Bornemisza propose un
"voyage de la fin du XVIe siècle aux premières décennies du XXe siècle, à
travers huit scènes importantes du parcours des femmes vers leur
émancipation".
Et je réfléchis, et me rends compte qu'à l'exception d'une ou deux, comme Maria Blanchard, je ne connais pas de peintres-femmes espagnoles.
Je vous propose pour ce mois, qui sait pour le suivant, de vous présenter quelques tableaux que j'aime particulièrement, suivis d'un poème.
«Idilio en La Caleta» (1914) de Flora López Castrillo ("Idylle dans La Caleta - la crique", sans doute à Tenerife)
Nuits...Josefina de la Torre*
Nuits sur la plage: rumeur de rive fraîche.
Blanc battement des rames que l’obscurité surprend.
Sur la grande barre les torches de pêche,
et un corps paresseux qui sur le sable s'allonge.
Sur le haut de l’Île le phare tourne et tourne.
Une dense odeur d’algues...Vénus, la Grande Ourse….
Résonne une guitare. Une femme soupire.
La brise apporte des arômes de chèvrefeuille en fleur.
(...) Trad: Colo
*Josefina de la Torre Millares, née le 25 septembre 1907 à Las Palmas de Grande Canarie et décédée à Madrid le 12 juillet 2002, est une poétesse, romancière, chanteuse lyrique et actrice espagnole.
Noches… Josefina de la Torre
Noches sobre la playa: rumor de orilla fresca.
Blanco batir de remos que la sombra sorprende.
Sobre la barra grande los hachones de pesca,
y un cuerpo perezoso que en la arena se tiende.
En lo alto de la Isleta el faro gira y gira.
Un denso olor a algas... Venus, la Osa Mayor...
Rasguea una guitarra. Una mujer suspira.
La brisa trae aromas de madreselva en flor.
(…)
