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24 nov. 2020

Éternellement en fuite, comme la vague / Eternamente en fuga, como la ola

 Aujourd'hui un poème très connu par ici, de  Pablo Neruda. 

Il a été chanté par plus d'un mais principalement par le Cubain Pablo Milanés et par l'Espagnol Paco Ibañez.

 


 

    À mon cœur suffit ta poitrine,
    à ta liberté mes ailes
    De ma bouche atteindra au ciel
    tout ce qui dormait sur ton âme.

    En toi
    est l'illusion quotidienne.
    Tu arrives comme la rosée sur les corolles.
    Tu creuses l’horizon par ton absence.
    Éternellement en fuite, telle la vague.


    J'ai dit que tu chantais au vent
    comme les pins
    et comme les mâts
    Comme eux tu es haute, taciturne.
    Et t’attristes soudain, telle un voyage.


    Accueillante, pareille à un
    vieux chemin.
    Tu es peuplée d’échos et de voix nostalgiques.
    À mon réveil parfois émigrent et s'en vont
    des oiseaux qui
    dormaient dans ton âme.

    Trad. Colo inspirée par celle trouvée ici:http://www.pierdhelune.com/neruda5.htm

NB: Cette oeuvre a été écrite par Pablo Neruda, publiée à l’origine à Santiago de Chile en 1924

 


 

 

Para mi corazón basta tu pecho,

para tu libertad bastan mis alas.

Desde mi boca llegará hasta el cielo

lo que estaba dormido sobre tu alma.



Es en ti la ilusión de cada día.

Llegas como el rocío a las corolas.

Socavas el horizonte con tu ausencia.

Eternamente en fuga como la ola.



He dicho que cantabas en el viento

como los pinos y como los mástiles.

Como ellos eres alta y taciturna.

Y entristeces de pronto, como un viaje.



Acogedora como un viejo camino.

Te pueblan ecos y voces nostálgicas.

Yo desperté y a veces emigran

y huyen pájaros que dormían en tu alma.


Esta obra fue escrita por Pablo Neruda Publicada originalmente en Santiago de Chile por Editorial Nascimento © 1924

20 sept. 2017

Comme toi / Cómo tú


Un message d’espoir” dit Paco Ibañez avant de chanter ce poème de León Felipe (poète espagnol, exilé après la guerre civile, ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968) et il ajoute: ‘”celui qui lutte n’est pas mort”. 
Un poème dédié à nous tous, les petites gens.





Comme toi León Felipe


Ainsi est ma vie,
pierre,
comme toi. Comme toi,
petite pierre;
comme toi
pierre légère;
comme toi,
galet qui roule
sur les chemins
et les trottoirs;
comme toi,
humble caillou des routes;
comme toi
qui par les jours d’orage
t’aplatis
dans la boue de la terre
et puis
scintilles
sous les sabots
et sous les roues;
comme toi, qui n’as même pas servi
à être pierre
d’une halle de marché,
ni pierre d’un tribunal,
ni pierre d’un palais,
ni pierre d’une église;
comme toi,
pierre aventureuse;
comme toi
qui, peut-être, n’es faite
que pour une fronde,
pierre petite
et
légère...

(Trad: Colo)



Cómo tú León Felipe ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968)

Así es mi vida,
piedra,
como tú. Como tú,
piedra pequeña;
como tú,
piedra ligera;
como tú,
canto que ruedas
por las calzadas
y por las veredas;
como tú,
guijarro humilde de las carreteras;
como tú,
que en días de tormenta
te hundes
en el cieno de la tierra
y luego
centelleas
bajo los cascos
y bajo las ruedas;
como tú, que no has servido
para ser ni piedra
de una lonja,
ni piedra de una audiencia,
ni piedra de un palacio,
ni piedra de una iglesia;
como tú,
piedra aventurera;
como tú,
que tal vez estás hecha
sólo para una honda,
piedra pequeña
y
ligera…


Paco Ibañez
No está muerto quien pelea”

13 sept. 2013

Toujours souviens-toi / Siempre acuérdate


Le calendrier ne blague pas avec les dates et le billet suivant se doit d'être publié aujourd'hui: transition difficile après le celui d'hier. Mais le poète écrit:
"La vie nous pousse
comme un cri interminable"

Un beau diplôme ça se fête, un 22º anniversaire aussi, Julie.
Bien loin d'ici, tu écouteras, liras le poème, (j'espère) et tu viendras peut-être, un jour, me présenter ton amoureux....



 
















Ce poème a été écrit par José Agustín Goytisolo pour sa fille et adapté par Paco Ibañez. Il est génereux, encourage et sonne mieux en espagnol, c'est clair, mais …

Un diploma se festeja, un 22º cumpleaños también, Julie.
Muy lejos de aquí, escucharás, leerás, espero, el poema, y tal vez vendrás, un día, para presentarme tu enamorado.

Todos tenemos cerca, claro está, unos jóvenes para animar, para intentar de aconsejar, guiar. El texto escrito por José Agustín Goytisolo para su hija y adaptado por Paco Ibañez no tiene pérdida, es generoso, da ánimos.



Palabras para Julia
Paroles pour Julia

Tú no puedes volver atrás
porque la vida ya te empuja
como un aullido interminable.
Tu ne peux revenir sur tes pas
car déjà la vie te pousse
comme un cri interminable

Te sentirás acorralada
te sentirás perdida o sola
tal vez querrás no haber nacido.
Tu te sentiras traquée
Tu te sentiras perdue ou seule
ou voudras-tu ne pas être née

Entonces siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en ti como ahora pienso.
Alors toujours souviens-toi
de ce qu'un jour j'écrivis
pensant à toi, comme maintenant.


La vida es bella, ya verás
como a pesar de los pesares
tendrás amigos, tendrás amor. 
La vie est belle, tu verras
comment, malgré les chagrins
tu auras des amis, de l'amour


Un hombre solo, una mujer
así tomados, de uno en uno
son como polvo, no son nada. 
 
Un homme seul, une femme
pris comme ça, un à un
c'est de la poussière, ils ne sont rien.


Otros esperan que resistas
que les ayude tu alegría
tu canción entre sus canciones.
D'autres attendent que tu résistes
que ta joie les aide
que ta chanson soit parmi leurs chants.


Nunca te entregues ni te apartes
junto al camino, nunca digas
no puedo más y aquí me quedo.
Ne te rends pas, ne t'écarte pas
sur le chemin ne dis jamais
je n'en peux plus, je reste là.

Entonces siempre acuérdate
de lo que un día yo escribí
pensando en ti
como ahora pienso.
Alors toujours souviens-toi
de ce qu'un jour j'écrivis
pensant à toi, comme maintenant.


(...)
                                 (Trad: Colo)


 Pour écouter Goytisolo réciter son poème entier: ici
Para escuchar al poeta recitar su poema entero: aquí

7 sept. 2013

Au galop / Rafael Alberti / A galopar


Sur une suggestion venant du blog de K, voici la traduction d'un poème de Rafael Alberti, poème mis en musique par Paco Ibañez et qui est un peu devenu l'hymne des Républicains. 
Rafael Alberti, membre du Parti Communiste, s'exila en France après la guerre civile; mauvaise idée car un peu plus tard le Général Pétain lui retira le permis de travail le considérant comme “dangereux”... Il partit alors pour un long exil en Amérique du sud et ne revint en Espagne qu'en 1977, après la mort de Franco.



A galopar,              Rafael Alberti

Las tierras, las tierras, las tierras de España,
las grandes, las solas, desiertas llanuras.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
al sol y a la luna.

¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

A corazón suenan, resuenan, resuenan
las tierras de España, en las herraduras.
Galopa, jinete del pueblo,
caballo cuatralbo,
caballo de espuma.

¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!

Nadie, nadie, nadie, que enfrente no hay nadie;
que es nadie la muerte si va en tu montura.
Galopa, caballo cuatralbo,
jinete del pueblo,
que la tierra es tuya.

¡A galopar,
a galopar,
hasta enterrarlos en el mar!





Au galop              Rafael Alberti

Les terres, les terres, les terres d’Espagne,
les grandes, solitaires, désertes étendues.
Galope, cheval balzan
cavalier du peuple
sous le soleil et la lune

Au galop, au grand galop,
jusqu’à les ensevelir dans la mer!

Son du cœur qui sonne et résonne
résonnent sous les quatre fers les terres d’Espagne.
Galope, cavalier du peuple,
cheval balzan
cheval d’écume

Au galop, au grand galop,
Jusqu’à les ensevelir dans la mer!

Personne, personne, en face personne;
car la mort n’est rien si elle chevauche ta monture.
Galope, cheval balzan
cavalier du peuple
car la terre est à toi.

Au galop, au grand galop,
jusqu’à les ensevelir dans la mer!

(Trad: Colo)

Paco Ibañez et R. Alberti étaient d'excellents  amis / eran buenos amigos




17 mars 2011

Larmes de lézards / Lágrimas de lagartos

C’est une chanson, un poème pour enfants écrit par F. García Lorca qui m'a toujours émue.

Pour ceux d’entre vous qui apprenez ou consolidez votre espagnol, pas de problème, niveau facile, ne regardez pas plus bas.

Et pour l’histoire, interprétez-la comme bon vous semblera….

A Mademoiselle Teresita Guillén...tocando su piano de seis notas.

El lagarto está llorando
(Federico García Lorca)


El lagarto está llorando.
La lagarta está llorando.

El lagarto y la lagarta
con delantaritos blancos.

Han perdido sin querer
su anillo de desposados.

¡Ay, su anillito de plomo,
ay, su anillito plomado!

Un cielo grande y sin gente
monta en su globo a los pájaros.

El sol, capitán redondo,
lleva un chaleco de raso.

¡Miradlos qué viejos son!
¡Qué viejos son los lagartos!

¡Ay cómo lloran y lloran.
¡ay! ¡ay!, cómo están llorando!

Le lézard est tout en larmes…

À Mademoiselle Teresita Guillèn
qui joue sur son piano à six notes


Le lézard est tout en larmes
La lézarde est tout en larmes.

Le lézard et la lézarde
en petits tabliers blancs.

Ils ont perdu par mégarde
leur anneau de mariage.

Aïe, leur anneau de plomb
aïe leur joli anneau plombé!

Un grand ciel solitaire
embarque à son bord les oiseaux.

Le soleil, gros capitaine,
porte un gilet de satin.

Regardez comme ils sont vieux!
Comme ils sont vieux, les lézards!

Aïe comme ils pleurent, et pleurent!
aïe, aïe, comme ils pleurent!

Federico GARCIA LORCA Chansons pour enfants Trad:Colo


Voici la superbe adaptation musicale et vocale de Paco Ibañez.