20 sept. 2017

Comme toi / Cómo tú


Un message d’espoir” dit Paco Ibañez avant de chanter ce poème de León Felipe (poète espagnol, exilé après la guerre civile, ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968) et il ajoute: ‘”celui qui lutte n’est pas mort”. 
Un poème dédié à nous tous, les petites gens.





Comme toi León Felipe


Ainsi est ma vie,
pierre,
comme toi. Comme toi,
petite pierre;
comme toi
pierre légère;
comme toi,
galet qui roule
sur les chemins
et les trottoirs;
comme toi,
humble caillou des routes;
comme toi
qui par les jours d’orage
t’aplatis
dans la boue de la terre
et puis
scintilles
sous les sabots
et sous les roues;
comme toi, qui n’as même pas servi
à être pierre
d’une halle de marché,
ni pierre d’un tribunal,
ni pierre d’un palais,
ni pierre d’une église;
comme toi,
pierre aventureuse;
comme toi
qui, peut-être, n’es faite
que pour une fronde,
pierre petite
et
légère...

(Trad: Colo)



Cómo tú León Felipe ( Zamora 1884 - Ciudad de México, 1968)

Así es mi vida,
piedra,
como tú. Como tú,
piedra pequeña;
como tú,
piedra ligera;
como tú,
canto que ruedas
por las calzadas
y por las veredas;
como tú,
guijarro humilde de las carreteras;
como tú,
que en días de tormenta
te hundes
en el cieno de la tierra
y luego
centelleas
bajo los cascos
y bajo las ruedas;
como tú, que no has servido
para ser ni piedra
de una lonja,
ni piedra de una audiencia,
ni piedra de un palacio,
ni piedra de una iglesia;
como tú,
piedra aventurera;
como tú,
que tal vez estás hecha
sólo para una honda,
piedra pequeña
y
ligera…


Paco Ibañez
No está muerto quien pelea”

39 commentaires:

  1. c'est beau (la chanson aussi, et la petite phrase "no està muerto quien pelea" qui va si bien avec mon billet du jour) j'aimerais trouver le temps de le traduire pour le 24 septembre :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si c'est en néerlandais que tu veux le traduire, j'aurais bien du mal à t'aider même si je le comprendrai.
      Un beso

      Supprimer
  2. j'ai eu le plaisir de découvrir paco ibanez sur scène il y a bien longtemps - une belle découverte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh moi aussi, c'était à Louvain début '70(Leuven), il était exilé en France. Sa voix chaude, tout lui... (je ris parce que j'y étais avec mon aimé espagnol mais je serais tombée avec plaisir dans les bras du beau Paco!)

      Supprimer
  3. Ce sont là de belles paroles pour les simples pierres que nous sommes! J'ai vu, il y a quelques années de ça, Paco Ibanez en première partie de Georges Moustaki. Belle soirée!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Unis, les cailloux font de grandes choses Alezandro!
      Bonne journée.

      Supprimer
  4. Comment pourrais-je vous remercier un jour de me faire lire tous ces poèmes si nourrissants ?
    Bonne journée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est avec plaisir Bonheur!
      Bnne journée à vous aussi.

      Supprimer
  5. Nous sommes bien petits, bien anodins, bien éphémères et pourtant.. l'axe de notre propre monde aussi :)

    RépondreSupprimer
  6. être un galet de chemin et non de palais voici une métaphore que j'aime bien

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, et c'est pourquoi peut-être nous sentons-nous écrasés par ces constructions en excès de grandeur et de luxe...genre Versailles.

      Supprimer
  7. Une belle voix grave pour chanter notre condition de petite pierre du chemin solidaire de toutes les autres ♥
    Bises ensoleillées, Colo pour une belle journée !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Fifi, pas de vachettes à l'horizon ici, mais du soleil, oui!
      Besos!

      Supprimer
  8. Ce texte est d'une grande profondeur... la voix de Paco Ibanez le porte à merveille, merci Colo pour cette belle traduction, cela nous enrichit une fois encore. Bises. brigitte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Brigitte, oui, le poème n'est pas dénué de portée humaine et politique.
      Merci pour tes gentils mots, besos.

      Supprimer
  9. Formidable Paco Ibanez, combien de petits cailloux a t il semés en portant les textes des poètes à notre connaissance! Je l'ai vu aussi en concert en toute simplicité avec sa guitare et sa chaise sur laquelle prendre appui. Ici, à Bordeaux. J'en garde un souvenir ému. Merci Colombie pour ce souvenir et cette belle mise en lumière. Je t'embrasse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il chante encore, des amis l'ont vu-entendu il y a peu et en sont sortis le coeur chaud.
      Grâce à lui et à JM Serrat la poésie espagnole a été mise en avant, mise en musique, une belle façon de la faire mieux circuler.
      Bonne fin de semaine Maïté, un beso.

      Supprimer
  10. Celui qui lutte n'est pas mort sort de la bouche de ce chanteur engage, ma devise le rejoint un peu "ne jamais baisser les bras".

    RépondreSupprimer
  11. Un grand merci chère Colo pour ce magnifique poème chanté par Paco Ibanez, j'aime la profondeur de sa voix, c'est très prenant. Les mots sont magnifiques.
    Je te souhaite une douce fin de journée en ce premier jour d'automne avec mes pensées chaleureuses.
    Gros bisous ♥

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sa voix fait vibrer les mots, et c'est beau, oui Densie.
      Bon week-end, mi soleil ici, je t'embrasse

      Supprimer
  12. Beau partage, merci.

    Pierres qui moussent
    Vie d'écume

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Légèretés malgré tout, merci à toi.

      Supprimer
  13. Comme il me parle, ce texte : merci !

    RépondreSupprimer
  14. Paco... ce cher et tendre Paco... émotion pure à revivre sa voix et se souvenir... de mes 20 ans, et de son humour, sa gentillesse, il y a quelques années à accueillir mes bredouillements... oui Maïté, sa chaise et sa guitare seulement et, déjà c'est le voyage en pays de poésie... aussi,dame Colo, mille mercis !!.......

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous avez donc bredouillé devant Paco Ibañez, comme je vous comprends!:-)
      La poésie, grâce à lui, a circulé bien mieux que par les recueils. ET vive la poésie.
      Merci à vous dame Soulilouve.

      Supprimer
  15. Très belle traduction ! J'ai l'impression que les poètes dans toutes les langues du monde ont chanté la pierre. Quelqu'un peut t il rassembler tous les poèmes et les chants du monde sur le thème de la pierre ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci!
      Tu m'intrigues car je ne connais pas beaucoup de poèmes sur les pierres, ou du moins je n'y avais pas pensé. Si je faisais un de ces jours un appel ici sur ce blog.

      Supprimer
  16. Merci, merci merci !!! Tu sais comme j'aime cette chanson et celui qui l'a chantée à Paris il y a beaucoup d'année déjà ! Un souvenir impérissable !
    Bonne semaine à toi !

    RépondreSupprimer
  17. J'aime beaucoup ta nouvelle bannière !!
    Besos

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La bonne nouvelle c'est qu'il chante toujours, des amis viennent de l'écouter en concert ici à Palma.
      Merci pour tout Enitram, un beso

      Supprimer
  18. Ces mots si forts si graves portés par la voix basse et douce de Paco Ibáñez.
    Hier après-midi, j'ai vu le film en VO "Que Dios nos perdone". Sombre, noir, mais si fort : film policier se déroulant à Madrid. Film formidable malgré la noirceur du sujet. Mais belle étude de caractères.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai déjà beaucoup entendu parler de ce film mais pas encore vu, merci!

      Supprimer
  19. Un piste à suivre, dans la recherche texte en haut à gauche, dans le lien suivant :
    http://www.paradis-des-albatros.fr/?recherche-google

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, merci! Un site que je garderai précieusement, merci!

      Supprimer
  20. Pierre qui humble, s'aplatit, mais légère, elle scintille. Dans la fronde, ou guide sur le bord du chemin.

    RépondreSupprimer