17 juil. 2023

De la nécessité de savoir voler..../ De la necesidad de saber volar...

 

Merci à Sergio qui m’a signalé cet autre poème d’Oliverio Girondo, encore plus surréaliste, fort amusant ai-je trouvé, malgré, c’était l’époque, une image de la femme qui ferait hurler je suppose si publié en 2023. 

 

Épouvantail par Oliverio Girondo. (Buenos Aires 1881-1967)

 

Je me fiche éperdument que les femmes
aient des seins comme des magnolias ou comme des figues sèches,
une peau de pêche ou de papier de verre.
Je n’attache aucune importance
au fait qu’elles se réveillent avec une haleine aphrodisiaque
ou avec une haleine insecticide.


Je suis parfaitement capable de supporter
qu’elles aient un nez digne de remporter le premier prix
d’une exposition de carottes;
-mais il y a une chose- et sur ce point je suis intraitable- que je ne leur pardonne
sous aucun prétexte, c’est de ne pas savoir voler.
Si elles ne savent pas voler, celles qui prétendent me séduire perdent leur temps!


C’est la raison et la seule pour laquelle je suis tombé si follement
amoureux de Maria Luisa.


Que m’importaient ses lèvres à épisodes et ses chaleurs sulfureuses?
Que m’importaient ses extrémités de palmipède
et ses regards de pronostic réservé?
Maria Luisa était une véritable plume!
Dès l’aube elle volait de la chambre à la cuisine,
elle volait de la salle à manger au cellier.
En volant elle préparait mon bain, ma chemise.
En volant elle faisait ses courses, vaquait à ses occupations…
Avec quelle impatience j’attendais qu’elle rentre, en volant,
de quelque promenade dans les environs!


Là-bas au loin, perdu dans les nuages, un point rose.
« Maria-Luisa! Maria-Luisa! » …et en quelques secondes,
elle m’étreignait de ses jambes de plumes,
pour m’emmener, en volant, quelque part.


Durant des kilomètres de silence  nous planions en une caresse
qui nous rapprochait du paradis;
durant des heures entières nous faisions notre nid dans un nuage,
comme deux anges, et soudain,
en vrille, en feuille morte,
l’atterrissage forcé d’un spasme.
Quel délice d’avoir une femme aussi légère…,
même si elle nous fait voir trente-six chandelles, de temps en temps!
Quelle volupté de passer ses journées dans les nuages
et ses nuits dans un vol sans escale!


Après avoir connu une femme éthérée,
Quel sorte d’attrait une femme terrestre peut-elle offrir?
Il n’y a pas de différence substantielle, n’est-ce pas?
entre vivre avec une vache ou  avec une femme
qui a les fesses à soixante-dix huit centimètres au-dessus du sol.


Moi, du moins, je suis incapable de comprendre
la séduction d’une femme pédestre,
et pour autant que je m’efforce de le concevoir,
je ne peux même pas imaginer
qu’on puisse faire l’amour autrement qu’en volant.

Traduit par Juliette Gheerbrant et Olivier Favier.

 


 Igor Shulman

Pauline Bailly https://www.artmajeur.com/pauline-bailly-1/fr?view=grid

 

ESPANTAPÁJAROS Oliverio Girondo, (Buenos Aires 1881-1967)



No se me importa un pito que las mujeres
tengan los senos como magnolias o como pasas de higo;
un cutis de durazno o de papel de lija.
Le doy una importancia igual a cero,
al hecho de que amanezcan con un aliento afrodisíaco
o con un aliento insecticida. 


Soy perfectamente capaz de sorportarles
una nariz que sacaría el primer premio
en una exposición de zanahorias;
¡pero eso sí! -y en esto soy irreductible- no les perdono,
bajo ningún pretexto, que no sepan volar.
Si no saben volar ¡pierden el tiempo las que pretendan seducirme! 


Ésta fue -y no otra- la razón de que me enamorase,
tan locamente, de María Luisa.
¿Qué me importaban sus labios por entregas y sus encelos sulfurosos?
¿Qué me importaban sus extremidades de palmípedo
y sus miradas de pronóstico reservado?
¡María Luisa era una verdadera pluma!
Desde el amanecer volaba del dormitorio a la cocina,
volaba del comedor a la despensa.
Volando me preparaba el baño, la camisa.
Volando realizaba sus compras, sus quehaceres...
¡Con qué impaciencia yo esperaba que volviese, volando,
de algún paseo por los alrededores!
Allí lejos, perdido entre las nubes, un puntito rosado.
"¡María Luisa! ¡María Luisa!"... y a los pocos segundos,
ya me abrazaba con sus piernas de pluma,
para llevarme, volando, a cualquier parte. 


Durante kilómetros de silencio planeábamos una caricia
que nos aproximaba al paraíso;
durante horas enteras nos anidábamos en una nube,
como dos ángeles, y de repente,
en tirabuzón, en hoja muerta,
el aterrizaje forzoso de un espasmo.
¡Qué delicia la de tener una mujer tan ligera...,
aunque nos haga ver, de vez en cuando, las estrellas!
¡Que voluptuosidad la de pasarse los días entre las nubes...
la de pasarse las noches de un solo vuelo! 


Después de conocer una mujer etérea,
¿puede brindarnos alguna clase de atractivos una mujer terrestre?
¿Verdad que no hay diferencia sustancial
entre vivir con una vaca o con una mujer
que tenga las nalgas a setenta y ocho centímetros del suelo?
Yo, por lo menos, soy incapaz de comprender
la seducción de una mujer pedestre,
y por más empeño que ponga en concebirlo,
no me es posible ni tan siquiera imaginar
que pueda hacerse el amor más que volando.

 

11 juil. 2023

En Bretagne / En Bretaña

 Si Oliveiro Girondo est Argentin, il a passé énormément de temps en Europe. 

Audacieux dans ses images, ironique, une poésie d’avant-garde de son pays. 

Ici nous sommes dans une commune française, dans le Finistère, Douarnenez, vous connaissez peut-être, moi pas.




Paysage Breton

Oliveiro Girondo ( Buenos Aires 1891-1967)

Douarnenez,

d’un coup de gobelet

s’embourbe

entre ses maisons-dés

un bout de mer,

avec une odeur de sexe à s’en pâmer.



Barques blessées, au sec, les ailes pliées !

Des tavernes qui chantent avec une voix d’orang-outan !

Sur les quais,

mercurisés par la pêche,

des marins qui se tiennent les bras

pour apprendre à marcher,

et vont s’éclater

avec un élan de vague

sur les murs;

des femmes saumâtres,

iodées

aux yeux aquatiques, aux cheveux d’algue,

qui révisent les filets pendus du toit

tels des voiles nuptiaux.



Le clocher de l’église

est un escamotage de prestidigitation,

il sort de sa cloche

une nuée de pigeons.

Tandis que les petites vieilles

avec leurs bonnets de nuit,

entrent dans la nef

pour se saouler de prières,

et pour que le silence

arrête de ronger un instant

les nez de pierre de saints. 

(Trad: Colo)

 


Paisaje bretón

Oliverio Girondo

Douarnenez,
en un golpe de cubilete,
empantana
entre sus casas como dados,
un pedazo de mar,
con un olor a sexo que desmaya.


¡Barcas heridas, en seco, con las alas plegadas!
¡tabernas que cantan con una voz de orangután!
sobre los muelles,
mercurizados por la pesca,
marineros que se agarran de los brazos
para aprender a caminar,
y van a estrellarse
con un envión de ola
en las paredes;
mujeres salobres,
enyodadas,
de ojos acuáticos, de cabelleras de alga,
que repasan las redes colgadas de los techos
como velos nupciales.


El campanario de la iglesia,
es un escamoteo de prestidigitación,
saca de su campana
una bandada de palomas.
Mientras las viejecitas,
con sus gorritos de
dormir,
entran a la nave
para emborracharse de oraciones,
y para que el silencio

 

5 juil. 2023

Un tour du terrain / Una vuelta al terreno

 

Ah là, là. Rien n’est jamais simple en agriculture ; il a pas mal plu, c’est inhabituel, fin mai et début juin. Les grincheuses, je veux parler des tomates bien sûr, n’ont pas aimé ça du tout. Elles essaient de se rattraper...jusqu’au prochain caprice.




 

 

 

 

 

 

 

 

Par contre certaines fleurs, les concombres et haricots ont adoré ces pluies. 


 

Des kilos de concombres, qu’en faire ? En offrir, mais il faut choisir à qui car les Majorquins n’en mangent pas, ce n'est pas dans leur culture alimentaire. 

J’en fais, ce qui est vraiment bienvenu en été, des soupes froides comme celle-ci, très simple.

Peler 2 concombres, les couper en morceaux. Y ajouter du sel, du poivre, 2-3- gousse d’ail écrasé, une petite boite de soja cuisine, un jus de citron, 4 feuilles de menthe et de l’eau à volonté.

Passer le tout au mixer pour en faire une soupe fine. Mettre au réfrigérateur plusieurs heures, ou la veille c’est encore mieux.

Voilà les pommes de terre rangées, dans l’obscurité. L’ail est tressé. Bonnes choses de faites.

Les oignons blancs ont une grosse bedaine, un embonpoint bienvenu !



Absolument indisciplinées, les tiges des courgettes s’en vont en balade là où ça leur chante, au contraire des sages raisins que nous ensachons pour leur éviter bestioles et maladies.




Au pied des lavandes, les plantes d'aubergines, en retard cette année.



Mangerons-nous des fruits du grenadier ? Chaque année des promesses, puis la plupart s’ouvrent, éclatent, sèchent, bouuuh.



Pour finir, voilà quelques fleurs des pays chauds et secs qui donnent de la couleur au jaune paille. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet arbuste est un Abelia. Perenne, il ne demande aucun soin, fleurit puis devient rouge-ocre

Cet arbuste est un Abelia. Perenne, il ne demande aucun soin, fleurit puis devient rouge-ocre

                   Les fleurs de fenouil sauvage m'enchantent et nos lapins adorent croquer les tiges...Derrière c'est un laurier aux feuilles comestibles.






27 juin 2023

C'est aussi ça l'amour / También eso es el amor

 

Un an et trois mois est le titre d’un recueil de poésie de Luis García Montero. Un an et trois mois est le temps qu’il a passé près de sa femme, Almudena Grandes, entre le diagnostic (cancer) et sa mort.


Lecteurs

Luis García Montero


L’amour est aussi une lumière négociée,

nous sommes des bateaux nocturnes qui mouillent

à côté d’un lit qui ressemble à un port.


Peu m’importe que tu tardes à éteindre la lumière

si je m’endors pendant ta lecture.

 

Un phare clignote, collé de près à ton corps

pour qu’Ulysse puise rendre justice

tandis que Fortunata* fait naufrage dans les rues de Madrid

et que l’espoir se défend avec ongles et joies

dans la science-fiction de n’importe quel monde.


Toi non plus tu ne protestes pas si j’allume avant l’heure.

Je dors peu.

Disons qu’à cinq heures,

ma table de nuit est un quai

où chargements et déchargements de mots passent à ton sommeil.

 

À New York marche Baudelaire

Federico à Paris

tandis que Machado croise la frontière

et Cernuda nous parle de Galdós sous le ciel de México.


L’amour est aussi une lumière négociée.

Tu me donnes tes rêves en vivant les miens,

je te donne mes rêves en gardant les tiens.

Des histoires qui se relient comme des ports.

 (Trad: Colo)

 

 * Fortunata y Jacinta est un roman de Pérez Galdós

 

     https://www.courrierinternational.com/article/histoires-les-adultes-feraient-bien-de-redecouvrir-le-plaisir-de-la-lecture-a-haute-voix

Lectores Luis García Montero

También es el amor una luz negociada,
somos barcos nocturnos que fondean en esta habitación
junto a una cama que parece un puerto.


No me importa que tardes en apagar la luz
si me quedo dormido en tu lectura.


Un faro parpadea muy pegado a tu cuerpo
para que Ulises pueda hacer justicia
mientras que Fortunata naufraga por las calles de Madrid
y la esperanza se defiende con uñas y alegrías
en la ciencia ficción de cualquier mundo.


Tampoco tú protestas si enciendo la luz antes de hora.
Duermo poco.
Digamos que a las cinco,
mi mesita de noche es una dársena
donde hay carga y descarga de palabras que pasan a tu sueño.


Por Nueva York camina Baudelaire,
Federico en París,
mientras Machado cruza la frontera
y Cernuda nos habla de Galdós bajo el cielo de México.


El amor es también una luz negociada.

Me das tus sueños al vivir los míos,
te doy mis sueños al guardar los tuyos.

Historias que se enlazan como puertos.


20 juin 2023

Inoubliables /Inolvidables

 

D’un côté nous avons Paco el cigala, de son vrai nom Diego Ramón Jiménez Salazar​ (Madrid 1968) qui est un cantaor de flamenco español d’ethnie gitane et de nationalité dominicaine depuis 2014.


De l’autre Dionisio Ramón Emilio Valdés Amaro, plus connu comme Bebo Valdés ( Cuba; 1918 Suède 2013), qui fut un musicien de musique cubaine et de jazz afro-cubain. Il est considéré comme une des images centrales de la musique cubaine et fut le père du très connu pianiste de jazz cubain Chucho Valdés.


Cette chanson, un boléro,  fait partir du magnifique Album “Lágrimas negras” 

(larmes noires), Je vous mets les paroles, mais ce n'est pas pour elles que j'aime

 cette chanson, mais pour le piano, rythme et voix.

 


Les parole, correctes, sont plus bas.
 


Inoubliable (paroles de Julio Gutierrez)


Dans la vie, il y a des amours qui ne peuvent jamais être oubliés,

Des moments ineffaçables que le cœur garde pour toujours.

Parce que c'est ce qui , un jour, nous a fait trembler de joie.

C’est mensonge qu'un nouvel amour nous le fasse oublier.

J'ai désiré d'autres lèvres en cherchant de nouvelles anxiétés

Et d'autres bras étrangers me serrent avec émotion

Mais ils ne font que me rappeler les tiens

Inoubliables, ils vivront en moi

[Pont instrumental]

Olé


(2x)

Inolvidable


En la vida hay amores que nunca pueden olvidarse

Imborrables momentos que siempre guarda el corazón

Porque aquello que un día nos hizo temblar de alegría

Es mentira que hoy pueda olvidarse con un nuevo amor

He deseado otros labios buscando nuevas ansiedades

Y otros brazos extraños me estrechan llenos de emoción

Pero solo consiguen hacerme recordar los tuyos

Inolvidablemente vivirán en mí

 

[Puente Instrumental]

Olé

 

15 juin 2023

L'amour au Pérou / El amor en Perú

 

Antonio Cisneros, un poète péruvien que je ne connaissais pas et que je viens de découvrir grâce à Kwarkito. Merci.

Dans une étude sur lui j’ai lu ceci:

"La ironía y la desmitificación son procedimientos esenciales en la poesía de Antonio Cisneros, quien critica los íconos impuestos por las culturas hegemónicas. El poeta peruano se burla de los aportes de la cultura occidental y asume así una posición periférica para incentivar la actitud crítica de sus lectores". (https://www.um.es/tonosdigital/znum17/secciones/estudios-5-cisneros.htm)


L’ironie et la démythification sont des procédés essentiels dans la poésie d’Antonio Cisneros, qui critique les icônes imposées par les cultures hégémoniques. Le poète péruvien se moque des apports de la culture occidentale et assume ainsi une position périphérique pour stimuler l’attitude critique de ses lecteurs.


Un poème, ne perdez pas de vue l’ironie, la démythification en le lisant….



Une jeune fille catholique joue de la flûte


Troisième mouvement (Affetuosso)


Pour faire l’amour

il faut éviter un soleil très fort sur les yeux de la jeune fille,

l’ombre n’est pas bonne non plus si le dos de l’amante brûle

pour faire l’amour.

Les prés humides sont meilleurs que les prés jaunis

mais le gros sable est encore mieux..

Ni les collines car le sol y est rocheux, ni près des eaux.

Les corps propres doivent être comme une grande prairie:

qu’aucun mont ni vallée ne reste occulte et les amants

pourront s’amuser sur tous les chemins.

L’obscurité ne garde pas le bon amour.

Le ciel doit être bleu et aimable, propre et rond comme un toit

et alors

la jeune fille ne verra pas le doigt de Dieu.

Les corps discrets mais jamais en repos,

les poumons ouverts,

les phrases courtes.

Il est difficile de faire l’amour mais ça s’apprend.

(trad: Colo)



Una muchacha católica toca la flauta:

Tercer movimiento (Affettuosso)

Para hacer el amor
debe evitarse un sol muy fuerte sobre los ojos de la muchacha,
tampoco es buena la sombra si el lomo del amante se achicharra
para hacer el amor.
Los pastos húmedos son mejores que los pastos amarillos
pero la arena gruesa es mejor todavía.
Ni junto a las colinas porque el suelo es rocoso ni cerca de las aguas.
Poco reino es la cama para este buen amor.
Limpios los cuerpos han de ser como una gran pradera:
que ningún valle o monte quede oculto y los amantes
podrán holgarse en todos sus caminos.
La oscuridad no guarda el buen amor.
El cielo debe ser azul y amable, limpio y redondo como un techo
y entonces
la muchacha no verá el dedo de Dios.
Los cuerpos discretos pero nunca en reposo,
los pulmones abiertos,
las frases cortas.
Es difícil hacer el amor pero se aprende.

De "Agua que no has de beber" 1966
De "Propios como ajenos" Antología personal
Editorial Inca, Lima, Perú 1989

6 juin 2023

Et naît le mot / Y nace la palabra

 

Paula Ensenyat, Palma de Mallorca, 1973.

(Cuestión de piel, Ruleta Rusa Ediciones 2016)



En el local vacío

compartimos cerveza

el sombrero y yo.


Dans le local vide

nous partageons une bière

le chapeau et moi.


Ola, salitre y mantra:

estalla la espuma

y nace la palabra.


Vague, salpêtre et mantra:

explose l’écume

et naît le mot.

 

                            http://www.peinetapintxos.com/restos-de-salitre/


Una nube

atravesada por un rayo de sol;

parto de luz.


Un nuage

traversé par un rayon de soleil;

accouchement de lumière.


Trad: Colo

30 mai 2023

Nommer /Nombrar

Ce dimanche chez Aifelle, il y avait cette belle vidéo et une chanson dont elle ne comprend pas les paroles…voici ce que j’ai pu faire.(quelques mots sont inaudibles)

Silvia Pérez Cruz, une chanteuse originale, naturelle, talentueuse, qui aborde volontiers des genres musicaux. très différents

L’introduction de cette chanson, sous forme de poème, est due au dramaturge Pablo Messiez.

J’ai voulu faire une chanson qui parle des avantages et des limites des mots” dit-elle.

Une belle composition, embellie par la participation de musiciens cubains, ses amis, de flûte et chœurs, et d’une joyeuse vidéo tournée à La Havane. 

 


 NOMMER EST IMPOSSIBLE

Nommer est impossible.

Et il peut être beau

de tenter l’impossible.

Mais chaque fois que nous parlons

quelque chose reste en dehors des noms.

Chaque mot omet

l’unique partie unique

de ce qu’il veut dire.

Nommer est oublier.

Et aujourd’hui je veux me rappeler.

Je veux me rappeler

Qu’il n’y a ni bien ni mal

Qu’il n’y a ni blanc ni noir

Ni haut ni bas

Ni côtés ni flancs

Ni vide ni profond

Ni limites ni centre

Ni genre possible

Qui touche un peu du monde.


Pas besoin de la parole pour te dire “non”

Mais bien pour te mentir

Je veux le mot pour mettre mes idées en place, pour m’accrocher,

pour partager, pour soigner, pour ne pas m’oublier.


Je voudrais chanter pour me retrouver.

Je voudrais chanter pour me guérir.

Je voudrais chanter pour nous sentir vivants

et ainsi, après, on meurt.

Lalalalala…

 

N’use pas le mot pour m’enfoncer, pour me gronder,

mais bien pour aider, pour dénoncer, pour pardonner, pour me définir.

Je veux revendiquer une si belle imperfection

la fin de l’illusion qui définissent mon évolution

Pas lent laisse des traces, poétique révolution

me crie mon intuition.


Lalala, ça fait mal, tellement mal. Comme des mots, ça fait mal...(??) un jour ça fait mal.

 

Je recherche l’équilibre entre humilité et dignité,

je balance ma personne, ma chanson, ma volonté.

Ça n’arrête pas.


Elle respire et se palpe tout le visage

elle se trouve et s’inspire.


Je voudrais chanter pour ….?(inaudible)

Je voudrais chanter comme tu sais le faire

Je voudrais chanter pour nous sentir vivants

et ainsi, après, on meurt.



Nommer est impossible

Et il peut être beau

de tenter l’impossible.

Mais chaque fois que nous parlons

quelque chose reste en dehors des noms.

Chaque mot omet

l’unique partie unique

de ce qu’il veut dire.


Nommer est oublier.

Et aujourd’hui je veux me rappeler

me rappeler

que nommer est impossible,


Nommer est impossible.


Nombrar es imposible (algunas partes son difíciles de oír, hice lo mejor que pude)

Y puede ser bello

intentar lo imposible.

Pero cada vez que hablamos

Algo queda fuera de los nombres.

Cada palabra omite

la única parte única

de aquello que quiere decir.

Nombrar es olvidar.

Y hoy quiero recordar.

Quiero recordar

Que no hay ni bien ni mal

Ni blanco ni negro

Ni arriba ni abajo

Ni lados ni costados

Ni hueco ni profundo

Ni límites ni centro

Ni género posible

Que toque algo del mundo.


No se necesita la palabra para decirte “no”

Se necesita la palabra para mentirte

Yo quiero la palabra pa’ ordenarme, pa’ agarrarme,

Pa’ compartir, para sanar, para no olvidarme.


Yo quisiera cantar para reencontrarme.

Yo quisiera cantar para curarme.

Yo quisiera cantar para sentirnos vivos

y así luego nos morimos.


Lalalala…

 

No uses la palabra para hundirme, pa’reñirme,

sí para ayudar, pa’ denunciar, pa perdonar, pa definirme.

Quiero revindicar tal imperfección tan bella

definen mi evolución

Paso lento deja huella, poética revolución

está gritando mi intuición


Lalala, duele, tanto duele. Como palabras, duele… (…??) un día duele.

 

Buscando el equilibrio entre humildad y seguridad

columpio mi persona, mi canción, mi voluntad.

Y no se para.

Respira y se palpa toda la cara,

se ubica y se inspira.

Yo quisiera cantar pa’ mi ….(inaudible)

Yo quisiera cantar así como tú sabes

Yo quisiera cantar pa’ sentirnos vivos

y así luego nos morimos-


Lalala ….

Nombrar es imposible

y puede ser bello intentar lo imposible

pero cada vez que hablamos

algo queda fuera de los nombres

cada palabra omite

la única parte única única

de aquello que quiere decir


Nombrar es olvidar….

Y hoy quiero recordar,

quiero recordar

que nombrar es imposible.


Nombrar es imposible.





 



22 mai 2023

Tout pousse / Todo crece

 

Il me faudrait un drone pour vous montrer l’étendue du potager, enfin complètement planté, 2000m2 !

Pour l’instant tout va bien, on sourit en observant les plantes grandir; vous savez que parfois il y a des désastres, des découragements aussi...l’agriculture est ainsi, et sans aucun pesticide ni produits assimilés, encore plus.


Partout nous plantons, semons des fleurs pour attirer le plus d’insectes possible. Ils ne s’y trompent pas, abeilles, bourdons butinent et pollinisent, se précipitent.


Alors voici, comme vous l’aviez demandé, quelques photos.(clic pour agrandir)

 

 Sur la terrasse du haut, oignons, ail et tomates cette année, la rotation est indispensable.

Lua la chienne, infatigable, attend au milieu des plantes de tomates qu'on lui jette la balle...

Le néflier est généreux cette année



Celui-ci est mon coin préféré: au fond, au dessus du muret, les pois chiches, et devant les haricots....et des fleurs
 

Les pois chiche, capucines





Des oignons en pleine forme et les pommes de terre que nous sortirons de terre fin juin....tout sera prêt pour les tortillas de patatas cet été.





Voici la première terrasse, là vous ne voyez pas grand chose encore, du maïs, des concombres etc...ça va pousser, tout comme les courgettes qui ne tarderont pas.



Il y a encore pas mal d'autres légumes, mais je ne veux pas vous submerger.

Pour terminer, connaissez-vous cette variété de sauge, salvia microphylla? Les

 bourdons, vous en voyez deux ou trois, les adorent