Antonio Cisneros, un poète péruvien que je ne connaissais pas et que je viens de découvrir grâce à Kwarkito. Merci.
Dans une étude sur lui j’ai lu ceci:
"La ironía y la desmitificación son procedimientos esenciales en la poesía de Antonio Cisneros, quien critica los íconos impuestos por las culturas hegemónicas. El poeta peruano se burla de los aportes de la cultura occidental y asume así una posición periférica para incentivar la actitud crítica de sus lectores". (https://www.um.es/tonosdigital/znum17/secciones/estudios-5-cisneros.htm)
L’ironie et la démythification sont des procédés essentiels dans la poésie d’Antonio Cisneros, qui critique les icônes imposées par les cultures hégémoniques. Le poète péruvien se moque des apports de la culture occidentale et assume ainsi une position périphérique pour stimuler l’attitude critique de ses lecteurs.
Un poème, ne perdez pas de vue l’ironie, la démythification en le lisant….
Une jeune fille catholique joue de la flûte
Troisième mouvement (Affetuosso)
Pour faire l’amour
il faut éviter un soleil très fort sur les yeux de la jeune fille,
l’ombre n’est pas bonne non plus si le dos de l’amante brûle
pour faire l’amour.
Les prés humides sont meilleurs que les prés jaunis
mais le gros sable est encore mieux..
Ni les collines car le sol y est rocheux, ni près des eaux.
Les corps propres doivent être comme une grande prairie:
qu’aucun mont ni vallée ne reste occulte et les amants
pourront s’amuser sur tous les chemins.
L’obscurité ne garde pas le bon amour.
Le ciel doit être bleu et aimable, propre et rond comme un toit
et alors
la jeune fille ne verra pas le doigt de Dieu.
Les corps discrets mais jamais en repos,
les poumons ouverts,
les phrases courtes.
Il est difficile de faire l’amour mais ça s’apprend.
(trad: Colo)
Una
muchacha católica toca la flauta:
Tercer
movimiento (Affettuosso)
Para hacer el amor
debe
evitarse un sol muy fuerte sobre los ojos de la muchacha,
tampoco
es buena la sombra si el lomo del amante se achicharra
para
hacer el amor.
Los pastos húmedos son mejores que los pastos
amarillos
pero la arena gruesa es mejor todavía.
Ni junto
a las colinas porque el suelo es rocoso ni cerca de las aguas.
Poco
reino es la cama para este buen amor.
Limpios los cuerpos han de
ser como una gran pradera:
que ningún valle o monte quede
oculto y los amantes
podrán holgarse en todos sus caminos.
La
oscuridad no guarda el buen amor.
El cielo debe ser azul y
amable, limpio y redondo como un techo
y entonces
la
muchacha no verá el dedo de Dios.
Los cuerpos discretos pero
nunca en reposo,
los pulmones abiertos,
las frases
cortas.
Es difícil hacer el amor pero se aprende.
De
"Agua que no has de beber" 1966
De "Propios como
ajenos" Antología personal
Editorial Inca, Lima, Perú
1989
