Gloria Fuentes (Madrid, 1917 - 1998) semble plus connue pour ses poèmes pour enfants que pour tout le reste de son oeuvre. Dommage. Un peu comme Maurice Carême, des étiquettes.
Dans sa poésie elle défend principalement les femmes, le pacifisme et l’environnement.
Comme l’atmosphère générale est tout sauf légère dans le monde, j’ai choisi ce poème ritmé en honneur à une araignée épeire-frelon (L’Argiope fasciée), qui, comme chaque année, avait tissé sa toile au milieu des plantes de tomates.
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| Foto I Pampín. Gracias ! |
L’araignée d’Espagne
Je
suis l’araignée
d’Espagne,
qui ne pique
ni ne
gratte,
je danse le flamenco
sur les cils.
Je
danse avec toutes mes pattes.
— Tacatá, tacatá !
Je
me balance sur ma scène,
entre les fleurs et les canaris,
dans
ma toile de cristal.
— Tacatá, tacatá !
Et
j’oublie de chasser ;
si une petite mouche ou un
moustique
tombe par ici, je l’invite
à me regarder
danser.
— Tacatá, tacatá !
Je
suis l’araignée
d’Espagne,
qui ne pique
ni ne
gratte.
Je
suis l’araignée andalouse,
et je fais claquer mes
talons
quand la chouette me regarde.
— Tacatá, tacatá !
Je
suis l’araignée
d’Espagne,
je danse le flamenco
sur
la canne.
— Tacatá, tacatá !
Ma
toile s’est cassée
à force de danser.
Soy la araña
Soy la araña
de España
que ni pica
ni araña,
bailo flamenco
en la pestaña.
Bailo con todas mis patas.
—¡Tacatá, tacatá!
Me columpio en mi escenario,
entre flores y canarios
en mi tela de cristal.
—¡Tacatá, tacatá!
Y se me olvida cazar;
si se cae mosquita o mosquito
a verme bailar invito.
—¡Tacatá, tacatá!
Soy la araña
de España,
que ni pica
ni araña.
Soy la araña andaluza
y taco taconeo
si mira la lechuza.
—¡Tacatá. Tacatá!
Soy la araña
de España,
bailo flamenco
en la caña.
—¡Tacatá, tacatá!
Se me ha roto la tela
de tanto bailar.

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