Affichage des articles dont le libellé est Gloria Fuentes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gloria Fuentes. Afficher tous les articles

14 sept. 2026

Tacatá, tacatá

 

Gloria Fuentes (Madrid, 1917 - 1998) semble plus connue pour ses poèmes pour enfants que pour tout le reste de son oeuvre. Dommage. Un peu comme Maurice Carême, des étiquettes.

Dans sa poésie elle défend principalement les femmes, le pacifisme et l’environnement.

Comme l’atmosphère générale est tout sauf légère dans le monde, j’ai choisi ce poème ritmé en honneur à une araignée épeire-frelon (L’Argiope fasciée), qui, comme chaque année, avait tissé sa toile au milieu des plantes de tomates.

 
Foto I Pampín. Gracias !

   

L’araignée d’Espagne

Je suis l’araignée
d’Espagne,
qui ne pique
ni ne gratte,
je danse le flamenco
sur les cils.

Je danse avec toutes mes pattes.
— Tacatá, tacatá !

Je me balance sur ma scène,
entre les fleurs et les canaris,
dans ma toile de cristal.
— Tacatá, tacatá !

Et j’oublie de chasser ;
si une petite mouche ou un moustique
tombe par ici, je l’invite
à me regarder danser.
— Tacatá, tacatá !

Je suis l’araignée
d’Espagne,
qui ne pique
ni ne gratte.

Je suis l’araignée andalouse,
et je fais claquer mes talons
quand la chouette me regarde.
— Tacatá, tacatá !

Je suis l’araignée
d’Espagne,
je danse le flamenco
sur la canne.
— Tacatá, tacatá !

Ma toile s’est cassée
à force de danser.

Soy la araña

Soy la araña

de España

que ni pica

ni araña,

bailo flamenco

en la pestaña.

 

Bailo con todas mis patas.

¡Tacatá, tacatá!

Me columpio en mi escenario,

entre flores y canarios

en mi tela de cristal.

¡Tacatá, tacatá!


Y se me olvida cazar;

si se cae mosquita o mosquito

a verme bailar invito.

¡Tacatá, tacatá!

Soy la araña

de España,

que ni pica

ni araña.


Soy la araña andaluza

y taco taconeo

si mira la lechuza.

¡Tacatá. Tacatá!

Soy la araña

de España,

bailo flamenco

en la caña.

¡Tacatá, tacatá!

Se me ha roto la tela

de tanto bailar.




26 mars 2015

Poètes, travaillons / Poetas, trabajemos



Sollicitée par Aifelle, voici ma contribution...un peu en retard mais ni les poètes ni le printemps ne m'en tiendront rigueur je pense.
Une poétesse espagnole, Gloria Fuertes García (Madrid, 28 juillet 1917 - 27 novembre 1998)

Una contribución al movimiento francés “La primavera de los poetas”. Este año el tema era “La insurrección poética”.




NO PERDAMOS EL TIEMPO

Ne perdons pas de temps

Gloria Fuertes
 
 

Si el mar es infinito y tiene redes,
si su música sale de la ola,
si el alba es roja y el ocaso verde,
si la selva es lujuria y la luna caricia,
si la rosa se abre y perfuma la casa,
si la niña se ríe y perfuma la vida,
si el amor va y me besa y me deja temblando...

Si la mer est infinie et a des filets,
si sa musique sort de la vague,
si l'aube est rouge et le crépuscule vert,
si la jungle est luxure et la lune caresse,
si la rose s'ouvre et parfume la maison,
si la fillette rit et parfume la vie,
si l'amour va et me baise et me laisse tremblante....

¿Qué importancia tiene todo eso,
mientras haya en mi barrio una mesa sin patas,
un niño sin zapatos o un contable tosiendo,
un banquete de cáscaras,
un concierto de perros,
una ópera de sarna?

Quelle importance revêt tout cela,
tant qu'il y aura dans mon quartier une table sans pattes,
un enfant sans souliers ou un comptable qui tousse,
un banquet de déchets,
un concert de chiens,
un opéra de gale?

Debemos inquietarnos por curar las simientes,
por vendar corazones y escribir el poema
que a todos nos contagie.
Y crear esa frase que abrace todo el mundo;
los poetas debiéramos arrancar las espadas,
inventar más colores y escribir padrenuestros.
Ir dejando las risas en la boca del túnel
y no decir lo íntimo, sino cantar al corro;
no cantar a la luna, no cantar a la novia,
no escribir unas décimas, no fabricar sonetos.

Il faut nous en soucier et guérir les semences,
panser les cœurs et écrire le poème
qui nous contamine tous.
Et créer cette phrase qui embrasse le monde entier;
nous les poètes nous devrions arracher les épées,
inventer plus de couleurs et écrire des Notre Père.
Laisser les rires à l'entrée du tunnel
et ne pas dire l'intime, mais chanter en chœur;
ne pas chanter la lune, ni la fiancée,
ne pas écrire des dizains, ni fabriquer des sonnets.

Debemos, pues sabemos, gritar al poderoso,
gritar eso que digo, que hay bastantes viviendo
debajo de las latas con lo puesto y aullando
y madres que a sus hijos no peinan a diario,
y padres que madrugan y no van al teatro.

Nous devons, car nous savons, huer le puissant,
crier ce que je dis, car il y en a assez qui vivent
sous des tôles et mal vêtus et hurlant
et des mères qui ne peignent pas leurs enfants tous les jours
et des pères qui se lèvent tôt et ne vont pas au théâtre.

Adornar al humilde poniéndole en el hombro nuestro verso;
cantar al que no canta y ayudarle es lo sano.
Asediar usureros y con rara paciencia convencerles sin asco.
Trillar en la labranza, bajar a alguna mina;
ser buzo una semana, visitar los asilos,
las cárceles, las ruinas; jugar con los párvulos,
danzar en las leproserías.

Poetas, no perdamos el tiempo, trabajemos,
que al corazón le llega poca sangre.

Orner l'humble d'un de nos vers sur l'épaule;
chanter pour celui qui ne chante pas et l'aider est bien.
Assiéger les usuriers et avec une patience infinie, les convaincre sans dégoût.
Battre le grain dans les champs, descendre dans une mine;
être plongeur une semaine, visiter les asiles,
les prisons, les ruines; jouer avec les enfants,
danser dans les lazarets.

Poètes, ne perdons pas de temps, travaillons,
car peu de sang arrive au cœur.
(Trad:Colo)