5 juin 2015

Qui le fera? / ¿Quién lo hará?



Les fabulistes, on le sait, étaient des "copieurs", ou du moins, pour être plus
délicate, il s'inspiraient largement de leurs prédécesseurs.
 
Ainsi Felix María de Samaniego s'est-il imprégné de Jean de La Fontaine, qui lui
a “bien lu” Esope et Abstémius,( humaniste italien du XVe siècle qui a publié
une centaine de fables latines dans un recueil appelé l’ « Hecatomythion ») 
entre autres. Voici donc une fable qui s'appelle “Conseil tenu par les rats” chez
La Fontaine et ”Congrès des souris” chez Samaniego.

Los fabulistas, bien se sabe, eran unos “copiones”, o por lo menos, para ser más
delicada, encontraban mucho inspiración en sus predecesores.
Así Felix María de Samaniego se impregnó de jean de la Fontaine quien
a su vez leyó atentamente a Esopo y Abstemius (humanista italiano del Xvº 
que publicó une centena de fábulas latinas en una recopliación llamada “
Hecatomythion”
Aquí va una fábula que en francés de La Fontaine se  llama “Concejo tenido
por las ratas”, y en español, con Samaniego “Congreso de ratones”

 


Congrès des souris / Samaniego
Depuis le grand Zapirón, le blanc et blond, 
Qui après les eaux du déluge 
Fut père universel de tout chat,
Ce fut Miauchat  
Qui de façon la plus sanglante Poursuivit la malheureuse gente souris. Ce qui est sûr c'est que, obligés par la persécution, les malheureux à Souripolis tinrent leur congrès. L'éloquent Rongefromage proposa Qu'on lui mette un grelot, et grâce au bruit de ce dernier ils échapperaient à la mort. Le projet ils approuvèrent un à un, Qui devra l'exécuter? Ça, personne. J'ai la vue courte. Moi, je suis très vieux. Moi j'ai la goutte”, disaient-ils. Le conseil Se termina comme beaucoup de par le monde. On propose un projet à brûle-pourpoint: On l'approuve: on en fait un deuxième. Quel prodige! Mais, l'exécution? Voilà le conte.
 
(Traduction: Colo)

Congrès des souris / Granville
Congreso de los ratones / Samaniego

Desde el gran Zapirón, el blanco y rubio, 
Que después de las aguas del diluvio
Fue padre universal de todo gato, 
Ha sido Miauragato
Quien más sangrientamente 
Persiguió a la infeliz ratona gente. 
Lo cierto es que, obligada
De su persecución la desdichada, 
En Ratópolis tuvo su congreso. 
Propuso el elocuente Roequeso 
Echarle un cascabel, y de esa suerte 
Al ruido escaparían de la muerte. 
El proyecto aprobaron uno a uno, 
¿Quién lo ha de ejecutar? eso ninguno. 
«Yo soy corto de vista. Yo muy viejo.
Yo gotoso», decían. El concejo
Se acabó como muchos en el mundo. 
Proponen un proyecto sin segundo: 
Lo aprueban: hacen otro. ¡Qué portento! 
Pero ¿la ejecución? Ahí está el cuento.
Voici, pour vous rafraîchir la mémoire, la fable de La Fontaine.
  
 
Conseil tenu par les rats La Fontaine
Un chat, nommé Rodilardus, Faisait de rats telle déconfiture Que l'on n'en voyait presque plus, Tant il en avait mis dedans la sépulture. Le peu qu'il en restait, n'osant quitter son trou Ne trouvait à manger que le quart de son soû, Et Rodilard passait, chez la gent misérable, Non pour un chat, mais pour un diable. Or, un jour qu'au haut et au loin Le galand alla chercher femme, Pendant tout le sabbat qu'il fit avec sa dame, Le demeurant des rats tint chapitre en un coin Sur la nécessité présente. Dès l'abord, leur doyen, personne fort prudente, Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard, Attacher un grelot au cou de Rodilard ; Qu'ainsi, quand il irait en guerre, De sa marche avertis, ils s'enfuiraient sous terre ; Qu'il n'y savait que ce moyen. Chacun fut de l'avis de Monsieur le Doyen : Chose ne leur parut à tous plus salutaire. La difficulté fut d'attacher le grelot. L'un dit : « Je n'y vas point, je ne suis pas si sot,» L'autre : « Je ne saurais. » Si bien que sans rien faire On se quitta. J'ai maints chapitres vus, Qui pour néant se sont ainsi tenus ; Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines,
Voire chapitres de chanoines. Por si no conocéis la fábula de La Fontaine...



Un gato, llamado Rodilardo, causaba entre las ratas tal estrago y las diezmaba de tal manera que no osaban moverse de su cueva.  Así, con tal penuria iban viviendo que a nuestro gato, el gran Rodilardo, no por tal lo tenían, sino por diablo. Sucedió que un buen día en que Rodilardo por los tejados buscaba esposa, y mientras se entretenía con tales cosas, reuniéronse las ratas, deliberando qué remedio tendrían sus descalabros. Habló así la más vieja e inteligente: -Nuestra desgracia tiene un remedio: ¡atémosle al gato un cascabel al cuello! Podremos prevenirnos cuando se acerque, poniéndonos a salvo antes que llegue.  Cada cual aplaudió entusiasmada; esa era la solución ¡estaba clara! Mas poco a poco reaccionaron las ratas, pues ¿cuál iba a ser tan timorata? ¡Quién iba a atarle el cascabel al gato!  Así he visto suceder más de una vez -y no hablo ya de ratas, sino de humanos-: ¿a quién no lo han golpeado los desengaños? Tras deliberaciones, bellas palabras, grandes ideas... y, en limpio, nada. PS: désolée pour cette présentation chaotique, depuis hier le programme change les espaces, 
la taille des caractères, etc...et je ne sais que faire!!!

28 mai 2015

Se nourrir / Alimentarse




 




Vivre sans manger
(Trad: Colo)

Il est de plus en plus fréquent de partager sa table avec des gens qui considèrent leur devoir de vous informer des nutriments que contient chaque aliment sur votre assiette. Si tu commandes des sardines ils te rappellent leur haut contenu en Oméga-3; s'il s'agit de brocolis comment contourner ses propriétés anti cancérigènes; si on mange avec du thé (de plus en plus fréquent) on célèbre son potentiel antioxydant et diurétique; si la salade contient des noix on commente le pouvoir énergétique et les bontés cardiovasculaires; si c'est du saumon il faut rappeler à chaque bouchée qu'on est en train de donner un coup de pied au mauvais cholestérol; (…). Moi, je le confesse, tout ça me dépasse.
Je m'indigne devant cette tendance à juger les aliments en effaçant tout aspect hédoniste et social; ces derniers exercent sûrement une influence plus décisive sur le bien-être que le stricte récit de leurs propriétés.
Je lis que les super créatifs de Sylicon Valley sont enthousiasmés par de petites poudres appelées Soylent qui, mélangées à de l'eau, évitent de passer par cette terrible épreuve qu'est manger un plat comme il faut. Soylent est un composant nutritif qui fut crée en 2003 par un ingénieur software dans le but d'épargner de l'argent et de ne perdre de temps ni dans la préparation du repas ni dans cette demi-heure perdue où on le déguste. Ce régime, qui se prend à la paille et permet à l'exécutif de ne pas quitter son ordinateur des yeux, n'est pas accepté par la science comme un substitut de la nourriture mais il y a des “branchés” qui l'adoptent avec enthousiasme.
Je considère que cela constitue un manque de respect envers ceux qui n'ont rien à se mettre sous la dent.


Soylent
Soylent



Vivir sin comer


Cada vez es más frecuente compartir mesa con personas que consideran que han de informarte de los nutrientes que contiene cada alimento que hay sobre el plato. Si pides sardinas te recuerdan su alto contenido en Omega-3; si la cosa va de brócoli cómo obviar sus propiedades anticancerígenas; si se come con té (cada vez más frecuente) se celebra su potencial antioxidante y diurético; si la ensalada lleva nueces se comenta el poder energético y las bondades cardiovasculares; si se trata de salmón hay que recordar que con cada bocado estamos dándole la patada al colesterol malo; (...)
Yo, lo confieso, no puedo con tanto.
Me indigna esa tendencia a juzgar los alimentos borrando cualquier aspecto hedonista o social, que finalmente seguro que ejerce una influencia más decisiva en el bienestar que la relación estricta de sus propiedades. Leo que los creativos guays de Sylicon Valley están entusiasmados con unos polvitos llamados Soylent que mezclados con agua le evitan a uno el mal trago de comerse un plato como Dios manda. Soylent es un compuesto nutritivo que fue diseñado en 2003 por un ingeniero de
software con el fin de ahorrar dinero y no perder tiempo ni en la preparación de comida ni en esa media hora preciosa que se va en consumirla. Esta dieta, que se toma con pajita y permite al ejecutivo no apartar la mirada del ordenador, no está aceptada por la ciencia como un sustitutivo de la comida pero hay modernetes que la están abrazando con entusiasmo. Considero que no es más que una falta de respeto hacia aquellos que no tienen comida que llevarse a la boca.
 

24 mai 2015

Symbiose / Simbiosis

champ d'ail
Champ d'ail égayé / Campo de ajos alegrado





Un vrai plaisir pour la vue ce matin.


Qué placer para la vista esta mañana.

19 mai 2015

D'amour et de pluie / De amor y lluvia










Pluie  Juan Gelman
 
aujourd'hui il pleut beaucoup, beaucoup,
on pourrait croire qu'on veut laver le monde.
mon voisin d'à côté regarde la pluie
et pense écrire une lettre d'amour/
une lettre à la femme qui partage sa vie
qui prépare ses repas lave son linge fait l'amour avec lui
et ressemble à son ombre/
mon voisin jamais ne dit de mots d'amour à sa femme/
il entre à la maison par la fenêtre et non par la porte/
par une porte on entre en beaucoup d'endroits/
au travail, à la caserne, à la prison, en tous les bâtiments du monde/
mais non au monde/
ni dans une femme/ni dans l'âme/
c'est-à-dire/en ce tiroir ou ce navire ou cette pluie que nous appelons ainsi/
comme aujourd'hui/qu'il pleut beaucoup/
et que cela pèse d'écrire le mot amour/
parce que l'amour est une chose et le mot amour autre chose/
et que seule l'âme sait où les deux se rencontrent/
et quand/et comment/  mais que sait-on de l'âme/
c'est pourquoi mon voisin ressent des perturbations dans sa bouche  des mots qui font naufrage/
des mots qui ne savent pas qu'il pourrait faire soleil
parce qu'ils naissent et meurent la nuit même de l'amour/
et qui laissent dans la pensée des lettres qui ne seront jamais écrites/
comme le silence qu'il y a entre deux roses/
ou comme moi/qui écris des mots
dédiés à mon voisin qui regarde la pluie/
à la pluie/
à mon coeur exilé/ 
Ce poème figure dans le livre "Isso" publié par l'Université de Brasilia en 2004
http://jean.dif.free.fr/Textes/Nl20051.html



Lluvia Juan Gelman
hoy llueve mucho, mucho,
y pareciera que están lavando el mundo
mi vecino de al lado mira la lluvia
y piensa escribir una carta de amor/
una carta a la mujer que vive con él
y le cocina y le lava la ropa y hace el amor con él
y se parece a su sombra/
mi vecino nunca le dice palabras de amor a la
mujer/
entra a la casa por la ventana y no por la puerta/
por una puerta se entra a muchos sitios/
al trabajo, al cuartel, a la cárcel,
a todos los edificios del mundo/ pero no al mundo/
ni a una mujer/ni al alma/
es decir/a ese cajón o nave o lluvia que llamamos así/
como hoy/que llueve mucho/
y me cuesta escribir la palabra amor/
porque el amor es una cosa y la palabra amor es otra cosa/
y sólo el alma sabe dónde las dos se encuentran/
y cuándo/y cómo/
pero el alma qué puede explicar/
por eso mi vecino tiene tormentas en la boca/
palabras que naufragan/
palabras que no saben que hay sol porque nacen y
mueren la misma noche en que amó/
y dejan cartas en el pensamiento que él nunca
escribirá/
como el silencio que hay entre dos rosas/
o como yo/que escribo palabras para volver
a mi vecino que mira la lluvia/
a la lluvia/
a mi corazón desterrado/

14 mai 2015

Juan Gelman, l'exil et le souvenir / Juan Gelman, el exilio y la memoria



Pour que ce grand poète qu'est Juan Gelman nous soit un peu mieux révélé dans toute sa nature : celle d'un homme qui, face aux atrocités et aux désespoirs de la vie a su résister non par la haine, la rancœur ou la soif de vengeance, mais par l'amour, la beauté, l'enfance. Et par la poésie qui les réunit tous. Une poésie qui, dans le bouleversement et l'intensité qui sont les siens, est un acte de vie interminablement jeté à la face de la mort”. Jacques Ancet, son traducteur.

Para que ese gran poeta Juan Gelman nos sea mejor revelado en su naturaleza: la de un hombre que, frente a las atrocidades y a las desesperanzas de la vida consiguió resistir, no por el odio, el rencor o la sed de venganza, sino por el amor, la belleza, la infancia. Y por la poesía que todos los reúne. Una poesía que, en la conmoción y la intensidad que le son propios, es un acto de vida interminablemente arrojado frente a la muerte.” J. Ancet. (trad: Colo)


Juan Gelman, Buenos Aires 1930 – Mexico 2014

Juan Gelman y su caricatura

Il se trouvait à Rome pour dénoncer les violations des droits de l'homme en Argentine sous Eva Perrón quand, le 24 mai 1976 il y eut un coup d'État qui imposa un “terrorisme d'État”, et on lui interdit de revenir dans son pays. Il passa sa vie dans diverses parties du monde. Exil.
Se encontraba en Roma para denunciar las violaciones de los derechos del hombre en Argentina bajo Eva Perrón cuando, el 24 de mayo 1976 hubo un golpe de Estado que impuso un “terrorismo de Estado”, y se le prohibió volver a su país. Pasó su vida en varias partes del mundo. Exilio.



 des devoirs de l'exil :
ne pas oublier l'exil /
combattre la langue qui combat l'exil !
pas oublier l'exil / autrement dit la terre /
ou la patrie ou bon lait ou mouchoir
où nous vibrions / nous vivions enfants /
pas oublier les raisons de l'exil /
dictature militaire / ou erreurs
commises par nous pour toi / contre toi /
terre dont nous sommes et qui nous étais
là à nos pieds / comme une aube étendue /
et toi / toi tout petit cœur qui regarde
n'importe quel matin comme un oubli /
non n'oublie pas d'oublier l'oubli

Sous la pluie étrangère, p.85 Tra: J. Ancet

de los deberes del exilio:
no olvidar el exilio/
combatir a la lengua que combate al exilio
no olvidar el exilio/o sea la tierra/
o sea la patria o lechita o pañuelo
donde vibrábamos/donde niñábamos/
no olvidar las razones del exilio/
la dictadura militar/los errores
que cometimos por vos/contra vos/
tierra de la que somos y nos eras
a nuestros pies/como alba tendida/
y vos/corazoncito que mirás
cualquier mañana como olvido/
no te olvides de olvidar el olvido

Son fils et sa belle-fille, enceinte, furent faits prisonniers. Lui fut tué et elle aussi après avoir accouché en prison de sa petite fille, Macarena, que J. Gelman retrouvera bien plus tard, en l'an 2000; ce fut une fête dans toute l'Argentine. Elle avait été donnée à un couple stérile...Juan Gelman n'avait jamais abandonné ses recherches.
Su hijo y su nuera, embarazada, fueron apresados. A él le mataron y a ella también pero después de haber dado a luz de una niña, Macarena, que encontró finalmente en el año 2000. Fue una fiesta en toda la Argentina. Había sido dada a una pareja estéril...Gelman nunca había dejado de buscarla.


Rincón de la memoria Margarita Garcéshttp://www.portaldearte.cl/agenda/pintura/2004/rincon_memoria.htm

Une femme et un homme emportés par la vie…
Une femme et un homme emportés par la vie,
une femme et un homme face à face
habitent dans la nuit, débordés par leurs mains,
ils s’entendent monter libres dans l’ombre,
leurs têtes reposent sur une belle enfance
qu’ils ont créée ensemble, pleine de soleil, de lumière,
une femme et un homme attachés par leurs lèvres
remplissent la nuit lente avec toute leur mémoire,
une femme et un homme plus beaux en l’autre
occupent leur place sur la terre.

(Trad: J. Ancet)



UNA MUJER Y UN HOMBRE

Una mujer y un hombre llevados por la vida,
una mujer y un hombre cara a cara
habitan en la noche, desbordan por sus manos,
se oyen subir libres en la sombra,
sus cabezas descansan en una bella infancia
que ellos crearon juntos, plena de sol, de luz,
una mujer y un hombre atados por sus labios
llenan la noche lenta con toda su memoria,
una mujer y un hombre más bellos en el otro
ocupan su lugar en la tierra.



Ce dernier poème pour aujourd'hui s'adresse, j'imagine, à sa petite-fille.
Este último poema para hoy se dirige, me imagino, a su nieta.


J, Gelman y Macarena, su nieta
J’écris dans l’oubli…
J’écris dans l’oubli
dans chaque feu de la nuit
chaque visage de toi.
Il y a une pierre alors
je t’y couche en moi,
personne ne la connaît,
j’ai fondé des villages dans ta douceur,
j’ai souffert de tout cela,
tu es hors de moi

 étrangère tu m’appartiens.



Escribo en el olvido...
Escribo en el olvido
en cada fuego de la noche
cada rostro de ti.
Hay una piedra entonces
donde te acuesto mía,
ninguno la conoce,
he fundado pueblos en tu dulzura,
he sufrido esas cosas,
eres fuera de mí,
me perteneces extranjera.


Liens en français où vous trouverez des détails de sa vie, de sa poésie, d'excellents articles:
http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article2204
http://pierresel.typepad.fr/la-pierre-et-le-sel/2014/01/juan-gelman-une-parole-pour-lindicible.html
http://america-latina.blog.lemonde.fr/2014/01/20/largentin-juan-gelman-poete-des-disparus/

(suite la semaine prochaine)

1 mai 2015

Un autre mai / Otro mayo




Un autre mai                        Juan Gelman

quand tu passais par ma fenêtre
mai
ton automne sur le dos
et que tu faisais signe avec la lumière
des dernières feuilles
que voulais-tu me dire, mai ?
pourquoi étais-tu triste ou doux dans ta tristesse ?
je ne l’ai jamais su mais toujours
il y avait un homme seul au milieu de l’or de la rue


mais j’étais cet enfant
derrière la fenêtre
quand tu passais, mai
comme si tu me couvrais les yeux


et l’homme ce serait moi
maintenant que je me souviens


(* voir note)


Si vous ne connaissez pas Juan Gelman, pas grave, vous saurez tout sur lui, il en vaut vraiment la peine, après ma pause-blog.

Gloria Gattas Massuh (Argentina)


Otro mayo                    Juan Gelman

cuando pasabas con tu otoño a cuestas
mayo por mi ventana
y hacías señales con la luz
de las hojas finales
¿qué me querías decir mayo?
¿porqué eras triste o dulce en tu tristeza?
nunca lo supe pero siempre
había un hombre solo entre los oros de la calle

pero yo era ese niño
detrás de la ventana
cuando pasabas mayo
como abrigándome los ojos

y el hombre sería yo
ahora que recuerdo


* Trad. trouvée sur la toile sans nom du traducteur, mais presque tous les poèmes de J. Gelman ont été traduits par Jacques Ancet.

24 avr. 2015

L'enfance d'Edmée



Extraits de “Une enfance vierviétoise” (clic) Edmée de Xhavée
Extractos de una novela de Edmée de Xhavée (no traducida al español), escritora belga, donde habla de su infancia en la ciudad belga de Verviers.




C'est le chapitre “La magie du cinéma” que j'ai choisi, peut-être parce que chez moi cet art visuel était exclu (ni cinéma, ni TV), mais surtout pour les nombreux sourires que cette écriture si vivante a provoqués.
 

  "Le mercredi après-midi, ma mère nous emmenait au cinéma. 
C'était le summum dans l'échelle des plaisirs du côté de sa famille.
(…) ..elle avait sa collection d'autographes et parfois nous pouvions la regarder ensemble, religieusement. J'aimais particulièrement les photos de Jean Marais, oh combien enjolivées d'une longue et élégante dédicace personnelle où il l'appelait par son prénom et lui demandait des nouvelles de son chien! De là à le considérer comme un oncle lointain, il n'y avait qu'un pas!

(…)

  El miércoles por la tarde, mi madre nos llevaba al cine.
Era el súmmum en la escala de los placeres en su familia.
(…) ...ella tenía una serie de autógrafos y a veces podíamos mirarla juntos, religiosamente. Me gustaban en particular las fotos de Jean Marais, tan embellecidas por una larga y elegante dedicatoria personal donde le llamaba por su nombre y le preguntaba por su perro! De ahí a considerarle como un tío lejano, sólo había un paso!

  Ma mère était disciplinée et implacable pour certaines choses, comme l'heure des repas, le fait qu'on n'ouvrait pas la porte ni ne répondait au téléphone pendant cette heure inviolable, etc...Mais elle s'abandonnait volontiers à une tranquille anarchie pour d'autres aspects de la vie. C'est ainsi que le départ pour le cinéma était un moment flottant dans le temps. L'horaire exact de ce départ était...quand elle était prête. (…)

  Mi madre era disciplinada e implacable para ciertas cosas, como la hora de las comidas, la interdicción de abrir la puerta o contestar al teléfono durante esa hora inviolable, etc...Pero se abandonaba fácilmente a una anarquía tranquila en otros aspectos de su vida. Así la hora de salida para ir al cine era un momento flotante en el tiempo. El horario exacto de esa salida era...cuando ella estaba lista. (…)


Verviers, rue du Collège



(Note de Colo / Nota: “L' anarchie horaire” de sa mère faisait qu'ils arrivaient souvent au milieu, ou aux trois quarts du film. Ils regardaient donc les annonces, les nouvelles, bref y restaient jusqu'à ce qu'ils aient vu le film en entier, avec des pauses, des entractes / La “anarquía horaria” de su madre tenía como consecuencia que a menudo llegaban en medio, o a tres cuartos de la película: Miraban pues los anuncios, las noticias, y se quedaban hasta haber visto las peli entera, con pausas, entreactos)





  Enfin le grand film commençait. Jamais nous n'avons été déçus. Ma mère, qui avait aimé le cinéma bien avant nous, nous avait exercé l’œil aux trucages. Nous étions fiers de reconnaître les découpages, décors, mannequins, faux indiens (“Des Américains avec des fausses dents”, expliquait-elle). Nous savions que Tarzan ne se battait pas avec un vrai lion, mais plutôt avec “une peau de lion descente de lit”. Que Samson retenait un mur de carton-pâte. Que Doris Day faisait semblant de conduire – et c'était tant mieux car elle n'arrêtait pas de parler et ne regardait pas la route bien qu'elle tourne son volant de gauche à droite avec un rythme de métronome. (…)



  Al fin la gran película empezaba. Nunca estuvimos decepcionados. Mi madre, a la que le había gustado el cine mucho antes que a nosotros, nos había acostumbrado a ver los trucajes. Estábamos orgullosos de reconocer el guión técnico, el decorado, los maniquíes, los falsos indios (“Unos Americanos con dientes postizos” explicaba ella). Sabíamos que Tarzán no luchaba en duelo con un león de verdad, sino con “una piel de león alfombra”. Que Sansón aguantaba una pared de cartón piedra. Que Doris Day mimaba conducir – y era mejor así ya que no paraba de hablar y no miraba la carretera aunque daba volantazos a diestra y siniestra con el ritmo de un metrónomo. (...)


  La fin du grand film nous amenait ainsi à un nouvel entracte, plus court – occasion d'analyser le film et de comparer nos subtilités quant à la meilleure interprétation – et le début de complément de choix, avec le mourant de la fin en pleine santé. Le coupable encore nimbé d'innocence, la future jeune épousée en train de jouer à la marelle. Qu'importait. Nous étions contents de savoir, déjà, à quoi nous en tenir à leur sujet! Et nous espérions que ma mère ne se souviendrait plus exactement du moment auquel nous étions entrés. Mais c'était peine perdue et sa rigueur incorruptible nous rappelait à la réalité: elle remettait ses lunettes dans leur étui qui faisait un petit clac oh combien fatal, chuchotait: “C'est ici qu'on était”, et nous nous en allions.

  El final de la gran película nos llevaba a un nuevo entreacto, más corto – ocasión de analizar la película y de comparar nuestras sutilezas en cuanto a la mejor interpretación – y el principio del complemento de excepción, con el moribundo del final en plena salud. El culpable todavía aureolado de inocencia, la futura joven novia jugando a rayuela. No importaba. Estábamos contentos de saber, ya, lo qué había que pensar de ellos! Y esperábamos que mi madre no se acordara exactamente del momento en el cual habíamos entrado. Pero era en vano y su rigor incorruptible nos devolvía a la realidad: colocaba sus gafas en el estuche, lo cerraba con un pequeño clac fatal, y susurraba: “Es aquí donde empezamos”, y nos marchábamos."


Son blog: https://edmeedexhavee.wordpress.com/

Merci Edmée!

17 avr. 2015

Loin de la peur / Lejos del miedo


Eduardo Galeano (Uruguay), décédé la semaine dernière, était non seulement un grand poète et narrateur, mais aussi un analyste, plutôt lucide, qui nous a expliqué dans “Les veines ouvertes de l'Amérique Latine” comment s'imbriquent le pouvoir et l'Histoire. Il y raconte le passé d'un continent, c'était en 1971, une époque où Cuba n'était pas encore suspecte, ou du moins on pouvait encore croire et penser que de l'île allait venir un monde meilleur. Pas mal d'artistes, dont le poète Benedetti, l’auteur-compositeur-interpète Viglietti et Galeano reprirent le message du Che et d'autres, mais en lui ajoutant une touche plus, - comment dire?, humaine, hédoniste, romantique. Ni uniformes ni louanges à l'Union Soviétique. On aimait le vin, l'amour et...le football.
Galeano était un grand fan de foot, et quand on le lui reprochait, il répondait “Pour les intellectuels de gauche, le football empêche le peuple de penser. Pour ceux de droite, il prouve qu'il pense avec les pieds. C'est un business? Le sexe n'en est-il pas un? Et ceux qui savent m'ont dit que le sexe n'est pas mal”.
Il transforma le foot en une affaire politique.
Le général Videla le condamna à mort (il vécut en exil) et les “caudillos” de gauche se laissèrent aduler par lui. Toujours il offrit son renom pour appuyer toutes les causes justes, présentes et futures.
Peut-être lit-on certains de ses écrits avec un brin de raillerie de nos jours, peut-être s'est il parfois trompé, mais qui pas?



Eduardo Galeano, fallecido la semana pasada, era no solo un gran poeta y narrador, sino también un analista, mas bien lúcido, que nos explicó en “Las venas abiertas de América Latina” cómo se imbrican el poder y la Historia. Nos cuenta el pasado de un continente, era en 1971, una época en la que Cuba todavía no era sospechosa, o por lo menos se podía creer y pensar que de la isla iba a salir un mundo mejor. Muchos artistas, entre los cuales el poeta Benedetti, el autor y interprete Viglietti y Galeano recogieron el mensaje del Che y de otros, pero añadiéndole un toque, - ¿cómo decirlo?, más humano, hedonista, romántico. Ni uniformes ni alabanzas a la Unión Soviética. Gustaba el vino, l'amour, y...el fútbol.
Galeano era un gran fan de fútbol, y cuando se le reprochaba, respondía: «Para los intelectuales de izquierdas, el fútbol impide que el pueblo piense. Para los de derechas, prueba que piensa con los pies. ¿Que es un negocio? ¿El sexo no lo es? Y los que saben me han dicho que el sexo no está mal».
Trasformó el deporte en un asunto político.
El General Videla le condenó a muerte (vivió en el exilio) y los caudillos de izquierda se dejaron adular por él. Siempre ofreció son renombre para apoyar todas las causas justas, presentes y futuras.
Tal vez leamos algunos de sus escritos con algo de mofa hoy en día, tal vez se haya equivocado a veces, pero ¿quién no?

Sources /Fuentes:
El País :http://cultura.elpais.com/cultura/2015/04/13/actualidad/1428951264_473655.html
La voz de Galicia : http://www.lavozdegalicia.es/noticia/opinion/2015/04/15/galeano-hombre-palabra/0003_201504G15P15994.htm
El Mundo: http://www.elmundo.es/cultura/2015/04/13/552bbabbe2704e5f158b457a.html

Signos y constelaciones enamorados / Miró /Signes et constellations amoureux.


Voici trois courts textes extraits du “Livre des étreintes” (déjà publié ici l'histoire du petit garçon et de la montre)
Aquí tres textos cortos extraídos de “El libro de los abrazos” (ya publiqué aquí la historia del niño y des reloj)




El arte y el tiempo

¿Quiénes son mis contemporáneos? -se pregunta Juan Gelman.
Juan dice que a veces se cruza con hombres que huelen a miedo, en Buenos Aires, París o donde sea, y siente que esos hombres no son sus contemporáneos.
Pero hay un chino que hace miles de años escribió un poema,
acerca de un pastor de cabras que está lejísimos de la mujer amada y sin embargo puede escuchar, en medio de la noche, en medio de la nieve, el rumor del peine en su pelo: y leyendo ese remoto poema, Juan comprueba
que sí, que ellos sí, que ese poeta, ese pastor y esa mujer son sus contemporáneos.
 
L'art et le temps
Qui sont mes contemporains? -se demandait Juan Gelman.
Juan dit que parfois il croise des hommes qui ont une odeur de peur, à Buenos Aires, à Paris ou n'importe où, et qu'il sent que ces hommes ne sont pas ses contemporains.
Mais il y a un chinois qui, il y a des milliers d'années, écrivit un poème sur un berger de chèvres qui se trouve très loin de la femme aimée et qui pourtant peut entendre, au milieu de la nuit, au milieu de la neige, le bruit du peigne dans ses cheveux: et en lisant ce lointain poème, Juan constate que oui, que eux oui, que ce poète, ce berger et cette femme sont ses contemporains.






La función del arte /1

Diego no conocía la mar. El padre, Santiago Kovadloff, lo llevó a descubrirla.
Viajaron al sur.
Ella, la mar, estaba mas allá de los altos médanos, esperando.
Cuando el niño y su padre alcanzaron por fin aquellas dunas de arena, después de mucho caminar, la mar estalló ante sus ojos. Y fue tanta la inmensidad de la mar, y tanto su fulgor que el niño quedó mudo de hermosura.
Y cuando por fin consiguió hablar, temblando, tartamudeando, pidió a su padre;
- ¡Ayúdame a mirar!


La fonction de l'art / 1

Diego ne connaissait pas la mer. Le père, Santiago Kovadloff l'emmena la découvrir.
Ils voyagèrent cap vers le sud.
Elle, la mer, se trouvait au-delà de hautes dunes; elle attendait.
Quand enfin l'enfant et son père atteignirent ces dunes de sable, après une longue marche, la mer explosa devant leurs yeux. Et l'immensité de la mer fut telle, tel son éclat que l'enfant resta muet de beauté.
Et quand, enfin, il réussit à parler, tremblant, bégayant, il demanda à son père:
- Aide-moi à regarder!





La desmemoria /2

El miedo seca la boca, moja las manos y mutila. El miedo de saber nos condena a la ignorancia; el miedo de hacer, nos reduce a la impotencia. La dictadura militar, miedo de escuchar, miedo de decir, nos convirtió en sordomudos.
Ahora la democracia, que tiene miedo de recordar, nos enferma de amnesia: pero no se necesita ser Sigmund Freud para saber que no hay alfombra que no
pueda ocultar la basura de la memoria.

Le manque de mémoire / 2

La peur sèche la bouche, mouille les mains et mutile. La peur de savoir nous condamne à l'ignorance; la peur de faire nous réduit à l'impuissance. La dictature militaire, peur d'écouter, peur de dire, nous transforma en sourds-muets.
Maintenant la démocratie, qui a peur de se souvenir, nous rend malades d'amnésie: mais il n'est pas besoin d'être Sigmund Freud pour savoir qu'il n'existe aucun tapis qui ne peut cacher la poubelle de la mémoire.



Traductions: Colo



10 avr. 2015

Les mains au vert / Las manos en lo verde

Occupée à explorer les espaces, souvent lointains,  j'en perds parfois  de vue les instants sur ce blog.
Ocupada en la exploración de los espacios, a menudo lejanos, a veces pierdo de vista los instantes en este blog.

Mes instants sont verts en ce moment.

Mis instantes en este momento son verdes.

Un panier et un sécateur à la main, je décide une après-midi de faire la récolte du sauvage et cultivé sur notre terrain.
Una cesta y unas tijeras de podar en las manos, decido, una tarde, cosechar lo salvaje y lo cultivado en nuestro terreno.

Si señor Colo s'occupe du potager, je suis en charge de la cuisine, des conserves.

Si el señor Colo se ocupa de la huerta, yo me encargo de la cocina, de las conservas.

esparragos verdes mallorca

L'hiver est pépère, voyons ce qu'il y a en ce début de printemps: d'abord, je le sais car tous les majorquins en cueillent le long des routes, les minces asperges vertes sauvages dont le feuillage pique fort, puis les jeunes artichauts remplis de fourmis...que font-elles là?
Je me dirige ensuite vers le champ de fèves des marais: en ce moment elles sont fines et la cosse parsemée de petits grains pas encore très développés est délicieuse. On mange le tout.
Ne pas oublier au passage quelques oignons frais, l'ail est encore vert, celui de l'an dernier fera l'affaire...des brins de romarin, du laurier frais, de la sauge et puis un sac de bettes.
Quelques fleurs et retour en cuisine.

verduras primavera mallorca 

El invierno es tranquilo; veamos que nos aporta este principio de primavera: para empezar – lo sé ya que los mallorquines los colectan a lo largo de las carreteras y de los caminos – los delgados espárragos trigueros salvajes verdes con su follaje picante, luego las alcachofas llenas de hormigas...¿qué hacen ahí?
Me dirijo ahora hacia el campo de habas: en este momento son finas y las vainas salpicadas de granos poco desarrollados son deliciosas. Se come todo.
Sin olvidarse al pasar de las cebollas tiernas, algunas briznas de romero, laurel fresco, un poco de salvia y una bolsa de acelgas.
Algunas flores y de vuelta en la cocina.


Ambiance: mettre de la musique. France inter, toujours en grève, fera l'affaire le temps de nettoyer tous ces légumes " Mon pire ennemi, celui que je vois dans la glace.." chante Alain Chamfort. Le mien en ce moment sont les limaçons logés dans les feuilles de bettes!
Suivi de "Ton baiser mousse...Plus je t'embrasse, plus j'aime t'embrasser..." Mmmm

potaje verduras Colo


Dans une grande casserole en terre cuite, je fais revenir dans de l' huile d’olive oignons, ail, fèves et artichauts, des herbes, un petit poivrons piquant, du sel. Puis ce sera le tour des mini asperges.
Je recouvre le tout d'eau et ajoute un pot de haricots blancs précuits.
Mijotons.

En una cazuela grande de barro, hago un sofrito con aceite de oliva, cebollas, ajo, habas y alcachofas, hierbas, una guindilla, sal. Luego habrá que añadir los espárragos trigueros. Recubro con agua y añado un bote de habas precocinadas.
Cocer a fuego lento.
 croquettes feuilles de bettes
Avec le vert des bettes, j'ai fait des croquettes en écoutant un CD de Joan Manuel Serrat.."Sombras de la China"; chanter en les roulant dans la chapelure....
Con el verde de las acelgas hice unas croquetas mientras escuchaba un CD de Joan Manuel Serrat “Sombras de la China”; cantar al rebozarlas con pan rallado...

Avec le reste des asperges, une omelette.

Con el resto de los espárragos una tortilla.

Enfin les fleurs. A table!

Por fin las flores. ¡A comer!


6 avr. 2015

La poésie du vent, le colibri / La poesía del viento, el colibrí


Pour nous remettre des lourdes et épouvantables, (amplement relayées par les média espagnols),  processions de la Semaine Sainte, que peut-on imaginar de plus léger qu'un colibri?
C'est bien sûr dans la littérature et la poésie sud-américaines que j'en ai trouvé...
Para reponernos de las pesadas y espantosas (ampliamente retransmitidas por los media españoles) procesiones de Semana Santa, ¿Se puede imaginar algo más ligero que un colibrí?
Es evidentemente en la literatura y la poesía suramericanas donde encontré...

 Le colibri est la poésie du vent
El colibrí es la poesía del viento
                                                                                   
Octavio Paz
México

 
Immobile
Non pas sur la branche
dans l'air
Non pas dans l'air
dans l'instant
le colibri
(Trad: Colo)
Quieto
No en la rama
en el aire
No en el aire
en el instante
el colibrí.


Colibri Nan Rae
Nan Rae, peintre chinois

Noces  

          Blanca Varela
                        poeta, Perú


Perdus dans le brouillard
le colibri et son amant.
Deux pierres lancées par le désir
se retrouvent en l'air.
Le genêt est vivant,
il brûle dans le brouillard,
habité.

(dédicace)

(Trad: Colo)
Mallorca, Galilea, foto Colo


Bodas

Perdidos en la niebla
el colibrí y su amante.
Dos piedras lanzadas por el deseo
se encuentran en el aire.
La retama está viva,
arde en la niebla,
habitada.
( dedicatoria)