11 nov. 2014
Soirée / Tarde
Si parfois, à la tombée du jour, la nature a quelque chose d'inquiétant , d'autres fois c'est la bienveillance qui l'emporte.
Si a veces, al ocaso, la naturaleza es algo inquietante, otras veces es la benevolencia que prima.
Souvenir de ce livre de Yourcenar... / Recuerdos de un libro de Yourcenar...
"Puisque la haine, la sottise, le délire ont des effets durables, je ne voyais pas pourquoi la lucidité, la justice, la bienveillance n'auraient pas les leurs."
Ya que el odio, la tontería, el delirio tienen efectos duraderos, no veía por qué la lucidez, la justicia, la benevolencia no tendrían los suyos.
Dans: Mémoires d'Hadrien
5 nov. 2014
La Terre promise / La Tierra Prometida
Souvent,
très souvent je pense à tous les Africains qui jour après jour
tentent de franchir les trois dangereuses clôtures (dont une
“garnie” de lames soi-disant dissuasives mais qui entaillent
profondément leurs chairs) qui séparent Melilla (enclave espagnole)
du Maroc.
Muchas,
muchas veces pienso en todos los Africanos que día tras día,
intentan franquear las tres peligrosas vallas (una de ellas
“decorada” con cuchillas que se dicen disuasivas pero que cortan
sus carnes) que separan Melilla de Marruecos.
Leopoldo
Díaz , fragmento Inmigración
El viejo mundo se desploma y cruje...
El odio, entre la sombra acecha y ruge...
Una angustia mortal tiene la vida...
Y como leve arena que alza el viento,
a ti vendrán el paria y el hambriento
soñando con la Tierra Prometida.
El viejo mundo se desploma y cruje...
El odio, entre la sombra acecha y ruge...
Una angustia mortal tiene la vida...
Y como leve arena que alza el viento,
a ti vendrán el paria y el hambriento
soñando con la Tierra Prometida.
Leopoldo
Díaz, fragment
Le
vieux monde s'écroule et craque...
La
haine, dans l'ombre tend des pièges et rugit...
Une
angoisse mortelle tient la vie...
Et
comme un sable léger que le vent soulève,
vers
toi viendront le paria et l'affamé
rêvant
de la Terre Promise.
(Trad: Colo)
(Trad: Colo)
Fragmento
de "El Sur y después" de Roberto Cossa
..."Allá
murió la infancia,
una caricia, una canción,
una plaza, una fragancia.
Los brazos viajaron, el corazón quedó.
Pero una estrella nos llama del sur.
Y un barco de esperanzas cruza el mar.
Allí, a la tierra del sueño azul.
Es un vaso de vino, es un trozo de pan."...
Roberto Cossa, fragment
una caricia, una canción,
una plaza, una fragancia.
Los brazos viajaron, el corazón quedó.
Pero una estrella nos llama del sur.
Y un barco de esperanzas cruza el mar.
Allí, a la tierra del sueño azul.
Es un vaso de vino, es un trozo de pan."...
Roberto Cossa, fragment
...”Là
mourut l'enfance,
une
caresse, une chanson,
une
place, une odeur.
Les
bras voyagent, le cœur resta.
Mais
une étoile nous appelle du sud.
Et
un bateau d'espoirs traverse la mer.
Là,
sur la terre du rêve bleu.
C'est
un verre de vin, c'est un morceau de pain.”
(Trad: Colo)
Merci K
Pour creuser un fossé suffit la force,
lancer un pont est un travail d’amour,
de patience, de volonté.
Il faut de nouveaux ponts de mots
pour traverser les couleurs de la peau,
les intérêts, les désirs divergents.
Des ponts soldes pour franchir
les fleurs de la méfiance séculaire,
les vallées de la peur, de l’égoïsme,
les abîmes des préjugés. Des ponts
pour rendre visite aux voisins,
se promener ensemble à la belle saison.
Pour l’amitié, pour le dialogue.
Des ponts. Partout des ponts.
(Armand Monjo)
(Trad: Colo)
Merci K
Pour creuser un fossé suffit la force,
lancer un pont est un travail d’amour,
de patience, de volonté.
Il faut de nouveaux ponts de mots
pour traverser les couleurs de la peau,
les intérêts, les désirs divergents.
Des ponts soldes pour franchir
les fleurs de la méfiance séculaire,
les vallées de la peur, de l’égoïsme,
les abîmes des préjugés. Des ponts
pour rendre visite aux voisins,
se promener ensemble à la belle saison.
Pour l’amitié, pour le dialogue.
Des ponts. Partout des ponts.
(Armand Monjo)
Francis Cabrel...envoyé par Obni, merci!
Des mots si justes, si terribles envoyés par Sable du Temps, merci
Hier ...
le bleu du large à perte de vue
au loin, tout là-bas
l'espérance d'une vie meilleure.
Malgré la faim la soif
et la fatigue
ils ont dérivé
sous le soleil de plomb.
Au soir tombant
la tempête s 'est levée
la barque trop lourde a chaviré
noyant sa cargaison de misère
les corps ont sombré
dans les pleurs et les cris
les vagues ont tout emporté.
Ce matin …
le bleu du large à perte de vue
au loin, tout là-bas
plus d'espoir de vie meilleure
hier n'est que l'image
d'un mauvais rêve
la mer est calme la brise est fraîche
le jour se lève
sur Lampedusa.
Leopoldo Díaz (Argentina, 1862 - Buenos Aires, 1947) fue un poeta, abogado y diplomático argentino.Uno de los impulsores del movimiento modernista en la poesía
Roberto
Cossa, Tito, (1934,
Buenos Aires)
es uno de los dramaturgos
más importantes de la historia del teatro argentino.
Souce poèmes. http://haciadondeiremos.blogspot.com.es/2008/03/fragmentos-de-poemas-sobre-inmigracin.html
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clotures,
immigration,
Leopoldo Díaz,
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Roberto Cossa
30 oct. 2014
Stéréotype / Estereotipo
La
Française
Mini
conte d'Adolfo Bioy Casares (Buenos Aires 1914-1999)
Elle
me dit que les gens l'ennuient. Les conversations se répètent. Les
hommes commencent toujours par l'interroger en espagnol: “Vous êtes
française?” et ils poursuivent en français: “J'aime la
France”*. Quand, à l'inévitable question sur son lieu de
naissance elle répond ”Paris”, tous s'exclament: “Parisienne!”*,
avec une admiration souriante, non exempte de grivoiserie* comme
s'ils disaient “vous devez être une cochonne!”*. Tandis que je
l'écoute je me souviens de ma première conversation avec elle: elle
fut minutieusement identique à celle qui précède. Et pourtant elle
ne se moque pas de moi. Elle me dit la vérité. Tous les
interlocuteurs lui disent la même chose. La preuve c'est que moi
aussi je le lui ai dit. Et moi aussi, à certain moment, je lui ai
communiqué mon soupçon, à savoir que je ressens plus d'amour pour la France qu'elle.
Il semble que tous, tôt ou tard, lui communiquent cette trouvaille.
Je ne comprends pas – nous ne comprenons pas – que la France pour
elle c'est le souvenir de sa mère, de sa maison, de tout ce qu'elle
a aimé et que peut-être elle ne reverra plus.
*en
français dans le texte.
- Trad: Colo
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| Jean Béraud 1849-1935 |
La
francesa
[Minicuento. Texto completo.] Adolfo Bioy Casares
Me dice que está aburrida de la gente. Las conversaciones se repiten. Siempre los hombres empiezan interrogándola en español: «¿Usted es francesa?» y continúan con la afirmación en francés: « J’aime la France». Cuando, a la inevitable pregunta sobre el lugar de su nacimiento ella contesta «París», todos exclaman: «Parisienne!», con sonriente admiración, no exenta de grivoiserie como si dijeran «comme vous devez être cochonne!». Mientras la oigo recuerdo mi primera conversación con ella: fue minuciosamente idéntica a la que me refiero. Sin embargo, no está burlándose de mí. Me cuenta la verdad. Todos los interlocutores le dicen lo mismo. La prueba de esto es que yo también se lo dije. Y yo también en algún momento le comuniqué mi sospecha de que a mí me gusta Francia más que a ella. Parece que todos, tarde o temprano, le comunican ese hallazgo. No comprendo -no comprendemos- que Francia para ella es el recuerdo de su madre, de su casa, de todo lo que ha querido y que tal vez no volverá a ver.
Libellés :
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La Francesa
26 oct. 2014
Tissus colorés / Telas coloridas
Pour égayer ce dimanche matin et donner de la couleur locale, voici les tissus typiquement majorquins appelés "lenguas" ou "llengües malloquines". (langues)
La technique, celle des ikats, est antique et seule en Europe Mallorca a conservé cette tradition de teinture et tissage. Faits de coton , de lin, et pour les tissus les plus fins on ajoute de la soie, ces tissus multicolores sont une merveille.
La couleur initiale était le bleu indigo mais s'est diversifiée et toutes les maisons "comme il faut" avaient (ont) rideaux, couvre-lits, coussins...dans ce tissu.
Les photos ont été prises à La Granja, une demeure antique qui était à l'époque autosuffisante, et qui a recréé les divers ateliers.
Las fotos han sido tomadas en La Granja, una "posesión" antiguamente autosuficiente, que a restaurado los diversos talleres.
Para animar este domingo y dar bonitos colores locales, aquí la típica tela mallorquina llamada "tela de lenguas" o "llengües mallorquines".
La técnica, la de los ikats, es antigua y el único lugar de Europa donde se ha conservado esa tradición de tinte y tejido es Mallorca. Las telas hechas de algodón, de lino, y para las telas más finas se añade seda, son una pura maravilla.
El color inicial era el azul índigo y todas las casas bien tenían (tienen) cortinas, cojines, colchas...hechos de esa tela.
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| http://www.cuadernobrillante.es/teixits-vicens |
La technique, celle des ikats, est antique et seule en Europe Mallorca a conservé cette tradition de teinture et tissage. Faits de coton , de lin, et pour les tissus les plus fins on ajoute de la soie, ces tissus multicolores sont une merveille.
La couleur initiale était le bleu indigo mais s'est diversifiée et toutes les maisons "comme il faut" avaient (ont) rideaux, couvre-lits, coussins...dans ce tissu.
Les photos ont été prises à La Granja, une demeure antique qui était à l'époque autosuffisante, et qui a recréé les divers ateliers.
Las fotos han sido tomadas en La Granja, una "posesión" antiguamente autosuficiente, que a restaurado los diversos talleres.
Para animar este domingo y dar bonitos colores locales, aquí la típica tela mallorquina llamada "tela de lenguas" o "llengües mallorquines".
La técnica, la de los ikats, es antigua y el único lugar de Europa donde se ha conservado esa tradición de tinte y tejido es Mallorca. Las telas hechas de algodón, de lino, y para las telas más finas se añade seda, son una pura maravilla.
El color inicial era el azul índigo y todas las casas bien tenían (tienen) cortinas, cojines, colchas...hechos de esa tela.
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| http://www.bondianliving.com/shopping-ideas/ |
18 oct. 2014
Souci écologique. / Preocupación ecológica.
N'ayant jamais beaucoup voyagé j'ignore si cette particularité
existe ailleurs que dans mon village: des trottoirs pour arbres.
Nunca
viajé mucho e ignoro si esa particularidad existe en otro lugar que
en mi pueblo: aceras para árboles.

Bonne semaine à vous, la prochaine fois nous parlerons de "dragons"!
¡Que tengaís una buena semana, la próxima vez hablaremos de "dragones"!
12 oct. 2014
D'air et de lumière / De luz y de aire
Destin du poète
Octavio Paz
Mots?
Oui, d'air,
et
dans l'air perdus.
Laisse-moi
me perdre parmi les mots,
laisse-moi
être l'air sur des lèvres,
un
souffle vagabond sans contours
que
l'air dissipe.
Même
la lumière se perd en elle-même.
(trad: Colo)
(clic pour plus de lumière, d'air...)
Destino
del Poeta
Octavio
Paz
¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.
Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.
También la luz en sí misma se pierde.
¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.
Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.
También la luz en sí misma se pierde.
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Poésie,
se perdre
5 oct. 2014
Des bracelets de feuilles / Pulseras de hojas
Tout comme la semaine dernière, cette semaine sera placée sous le signe “visite”. La campagne qui attend nos amis m'a fait traduire ce poème, si imagé, d'Octavio Paz.
Al igual que la semana pasada, esta semana será una de ·visitas. El campo que espera a nuestros amigos me hizo pensar en este poema tan lleno de bonitas imágenes de Octavio Paz.
Visites
Octavio Paz
A
travers la nuit urbaine de pierre et sécheresse
la
campagne entre dans ma chambre.
Elle
allonge des bras verts couverts de bracelets d'oiseaux,
de
bracelets de feuilles.
A
la main une rivière.
Le
ciel de la campagne entre aussi,
avec
son panier de joyaux fraîchement coupés.
Et
la mer s'assied à mes côtés,
elle
étend sa traîne si blanche sur le sol.
Du
silence jaillit un arbre à musique.
De
l'arbre pendent tous les mots superbes
qui
brillent, mûrissent, tombent.
Sur
mon front, grotte qu'habite un éclair...
Mais
tout s'est peuplé d'ailes.
(Trad:
Colo)
Photo Colo
Visitas Octavio Paz
A través de la noche urbana de piedra y sequía
entra el campo a mi cuarto.
Alarga brazos verdes con pulseras de pájaros,
con pulseras de hojas.
Lleva un río de la mano.
El cielo del campo también entra,
con su cesta de joyas acabadas de cortar.
Y el mar se sienta junto a mí,
extendiendo su cola blanquísima en el suelo.
Del silencio brota un árbol de música.
Del árbol cuelgan todas las palabras hermosas
que brillan, maduran, caen.
En mi frente, cueva que habita un relámpago...
Pero todo se ha poblado de alas.
Libellés :
campagne,
images,
Octavio Paz,
poème,
visites
1 oct. 2014
Nuages musicaux / Nubes musicales
Merci Gérard
"Les nuages montrent le silence de l’aujourd’hui. Les nuages mangent le silence de l’aujourd’hui. Les nuages calligraphient le silence de l’aujourd’hui." Boris Wolowiec
http://poezibao.typepad.com/poezibao/2014/09/anthologie-permanente-boris-wolowiec.html
Merci Lily.
28 sept. 2014
Nuages 2 / Nubes 2
Dans
Nuages 1 vous m'avez offert de la musique, des poèmes et titres de
livres ou blogs tous en relation avec ce sujet de rêve.
De
mon côté j'ai découvert cette semaine des
extraits
de ZOCALO
d'Adonis...et
ces écrits m'ont enchantée, dans le sens premier du mot: envoûté donc.
Je
vous propose une semaine de nuages, 2 ou 3 billets où certains de vos "cadeaux" seront présents.
En
Nubes 1 algunos lectores me han regalado música, unos poemas o
títulos de libros o blog todos relacionados con este tema de sueños.
Por
mi parte descubrí (en francés ya que creo que esta obra no está
todavía traducida al español) unos extractos de ZOCALO de
Adonis
y
esos textos me han realmente encantado.
Os
propongo una semana de nubes, 2 o 3 notas.
Une mouette dort sur le bras d'une mouette
Une vague pend au cou d'une vague - berceau pour ceux affublés du saroual de la mer.
Calmez-vous, calmez-vous, papillons du sens.
Les images improvisent les ailes et l'espace improvise l'encre.
C'est ainsi que je mets les choses entre parenthèses, et que je fends mon chemin entre ses signes.
J'ai sellé des chevaux que je n'ai pas touchés et touché des autres que je n'ai pas vus.
Les montagnes marchaient autour de moi, nuages serrés dans leurs mains.
Adonis (Ali Ahmed Said Esther), Zocalo, extrait
Una gaviota duerme en el brazo de una gaviota
Una ola cuelga del cuello de una ola – cuna para los adornados con los bombachos del mar.
Calmaos, calmaos, mariposas del sentido.
Las imágenes improvisan las alas y el espacio improvisa la tinta.
Así es como pongo las cosas entre paréntesis, y que surco mi camino entre los signos.
Ensillé caballos que no toqué y toqué otros que no vi.
Las montañas andaban alrededor mío, apretando nubes en sus manos.
Adonis (Ali Ahmed Said Esther)- Extracto de Zocalo
(Trad: Colo)
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| Foto Colo |
Une mouette dort sur le bras d'une mouette
Une vague pend au cou d'une vague - berceau pour ceux affublés du saroual de la mer.
Calmez-vous, calmez-vous, papillons du sens.
Les images improvisent les ailes et l'espace improvise l'encre.
C'est ainsi que je mets les choses entre parenthèses, et que je fends mon chemin entre ses signes.
J'ai sellé des chevaux que je n'ai pas touchés et touché des autres que je n'ai pas vus.
Les montagnes marchaient autour de moi, nuages serrés dans leurs mains.
Adonis (Ali Ahmed Said Esther), Zocalo, extrait
Una gaviota duerme en el brazo de una gaviota
Una ola cuelga del cuello de una ola – cuna para los adornados con los bombachos del mar.
Calmaos, calmaos, mariposas del sentido.
Las imágenes improvisan las alas y el espacio improvisa la tinta.
Así es como pongo las cosas entre paréntesis, y que surco mi camino entre los signos.
Ensillé caballos que no toqué y toqué otros que no vi.
Las montañas andaban alrededor mío, apretando nubes en sus manos.
Adonis (Ali Ahmed Said Esther)- Extracto de Zocalo
(Trad: Colo)
21 sept. 2014
Nuages / Nubes
Photo Colo, aube à Puigpunyent, Mallorca 2014
Nuages
( Jorge Luis Borges)
- No habrá una sóla cosa que no sea
una nube. Lo son las catedrales
de vasta piedra y bíblicos cristales
que el tiempo allanará. Lo es la Odisea,
que cambia como el mar. Algo hay distinto
cada vez que la abrimos. El reflejo
de tu cara ya es otro en el espejo
y el día es un dudoso laberinto.
Somos los que se van. La numerosa
nube que se deshace en el poniente
es nuestra imagen. Incesantemente
la rosa se convierte en otra rosa.
Eres nube, eres mar, eres olvido.
Eres también aquello que has perdido.
I. Pas une chose au monde qui ne soit
nuage. Nuages, les cathédrales,
pierre imposante et bibliques verrières,
qu’aplanira le temps. Nuage l’Odyssée,
mouvante, comme la mer, neuve
toujours quand nous l’ouvrons. Le reflet
de ta face est un autre, déjà, dans le miroir
et le jour, un labyrinthe impalpable.
Nous sommes ceux qui partent. Le nuage
nombreux qui s’efface au couchant
est notre nuage. Telle rose
en devient une autre, indéfiniment.
Tu es nuage, tu es mer, tu es oubli.
Tu es aussi ce que tu as perdu.
Nuages (I), Jorge Luis Borges, Les Conjurés,
traduction par Claude Esteban,
Photo Colo, aube à Puigpunyent, Mallorca 2014
NUBES (de Jorge Luis Borges)
Photo Colo, Mallorca
Nubes II (extracto) JL Borges(...)
¿Qué son las nubes? ¿Una arquitectura
del azar? Quizá Dios las necesita
para la ejecución de Su infinita
obra y son hilos de la trama oscura.
Quizá la nube sea no menos vana
que el hombre que la mira en la mañana.
Nuages ll
(extrait) JL Borges
(...)
Que
sont les nuages? Une architecture
du
hasard? Dieu, peut-être, en a-t-il besoin
pour
l'exécution de son oeuvre infinie.
Ils
sont le fil d'une trame obscure.
Le
nuage, peut-être, est aussi vain
que
l'homme qui le regarde dans le matin.
(Trad:
Colo)
Clic pour agrandir les photos, comme toujours! ;-)
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