Delmira
Agustini
Uruguay,
Montevideo 1886-1914
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| https://www.perfil.com/noticias/cultura/8m-dia-mujer-delmira-agustini-poeta-uruguaya-victima-femicidio.phtml |
Au
dos du recueil de poèmes “Les calices vides” ceci:
“À
la fois “fleur d’innocence”, sculptrice de l’amant
imaginaire, femme fatale, Delmira Agustini, poète uruguayenne
lyrique, féministe et moderniste appartenant à la Génération
de 1900
, décrit l’Amour et sa passion démesurée dans son troisième
recueil Les calices vides (1913) dédié à Éros et traduit en
français par la poète Monique-Marie Ihry.”
Je
vous l’ai écrit la semaine dernière, je ne connaissais pas
Delmira. Une vie très courte dont je vous reparlerai la semaine
prochaine car je suis tombée quasiment amoureuse de cette jeune femme.
Voici
la première partie d’un long poème.
Pour
tes mains
Mains
faites Vie,
Mains
faites rêve;
Qui
avez donné toute la beauté,
Que
toute la beauté vous ont donné;
Aussi
vivantes que deux âmes,
Aussi
blanches que la mort,
Aussi
douces que l’on croirait
Caresser
un souvenir;
Calices
des élixirs,
Filtres
et venins;
Mains
qui me comblèrent,
Mains
qui me firent peur!
De
vos doigts vous avez pris
La
fleur ardente de mon corps…
Mains
parées
Du
rubis de mon désir,
De
la perle de ma tristesse,
Et
du diamant de mon baiser:
Emportez
dans la fosse-même
Un
pétale de mon corps!
Mains
faites Vie,
Mains
faites Rêves.
(…)
Traduction:
Monique-Marie Ihry
Avec l’aimable autorisation de
Cap de l’Étang Éditions, http://www.capdeletang.com.
Manos
que sois de la Vida,
Manos
que sois del Ensueño;
Que
disteis toda belleza
Que
toda belleza os dieron;
Tan
vivas como dos almas,
Tan
blancas como de muerto,
Tan
suaves que se diría
Acariciar
un recuerdo;
Vasos
de los elixires
Los
filtros y los venenos;
¡Manos
que me disteis gloria
Manos
que me disteis miedo!
Con
finos dedos tomasteis
La
ardiente flor de mi cuerpo...
Manos
que vais enjoyadas
Del
rubí de mi deseo,
La
perla de mi tristeza,
Y el diamante de mi beso:
¡Llevad
a la fosa misma
Un
pétalo de mi cuerpo!
Manos
que sois de la Vida,
Manos
que sois del Ensueño.
(...)


















