16 mai 2012

Un vent si cruel et délicat / Un viento tan cruel y delicado


LE LECTEUR DE JULES VERNE” de Almudena Grandes. (Épisodes d'une guerre interminable) Je crois que ce roman est traduit en français, mais je ne possède que le volume en espagnol.
Nino, 9 ans et fils de garde civil, vit dans un village de la Sierra Sur de Jaen; un garçon qui n'oubliera jamais l'été 1947, moment où il fait une rencontre qui changera sa vie... Un roman dur et délicat à la fois, passionnant aussi qui se déroule durant l'après-guerre civile. Je vous le recommande vivement.

Voici la première page du roman, elle me semble de toute beauté:

« Les gens disent qu'en Andalousie il fait toujours beau, mais dans mon village, en hiver, nous mourions de froid.
   Avant la neige, et par traîtrise, arrivait le gel. Quand les jours étaient encore longs, quand le soleil de midi chauffait toujours et que nous descendions jouer à la rivière, les après-midi, l'air soudain s'aiguisait et devenait plus propre, et puis le vent, un vent si cruel et délicat qu'on aurait dit qu'il était fait de cristal, un cristal aérien et transparent qui descendait de la sierra en sifflant, sans lever la poussière des rues. Alors, à la frontière de n'importe quelle nuit d'octobre, de novembre avec un peu de chance, le vent nous rattrapait avant de rentrer chez nous, et nous savions que le « bon temps » était fini. (...)
   Dans mon village, l'hiver commençait quand le vent le voulait, quand il lui prenait le caprice de nous poursuivre dans les rues et de nous égratigner le visage de ses ongles de cristal comme s'il avait de vieux comptes à régler avec nous, une dette qui ne se soldait pas jusqu'à l'aube, car il continuait à vrombir sans repos de l'autre côté des portes, des fenêtres fermées, pour cesser soudain, comme empiffré de sa propre furie, à cette heure où même les insomniaques dorment déjà.
   Et dans ce calme rusé et discret, malgré les livres et les calendriers, et bien que ce n'était sur aucune affiche, la première gelée tombait sur nous.
Après, tout était hiver. » (…)
(Trad : Colo)
Site en français : http://www.books.fr/best-seller/la-guerre-sans-fin/qualification_id=9/


EL LECTOR DE JULIO VERNE” de Almudena Grandes es una novela que cuenta la historia de un niño de 9 años, Nino, hijo de guardia civil, en un pueblo de la sierra de Jaen. Un niño que jamás olvidará el verano 1947 cuando hizo un encuentro que cambiará su vida... Una novela dura y delicada a la vez, apasionante, que tiene lugar durante la post- guerra civil.




La novela empieza por una página que me pareció magistral:

La gente dice que en Andalucía siempre hace buen tiempo, pero en mi pueblo, en invierno, nos moríamos de frío.
    Antes que la nieve, y a traición, llegaba el hielo. Cuando los días todavía eran largos, cuando el sol del mediodía aún calentaba y bajábamos al río a jugar por las tardes, el aire se afilaba de pronto y se volvía más limpio, y luego el viento, un viento tan cruel y delicado como si estuviera hecho de cristal, un cristal aéreo y transparente que bajaba silbando de la sierra sin levantar el polvo de las calles. Entonces, en la frontera de cualquier noche de octubre, noviembre con suerte, el viento nos alcanzaba antes de volver a casa, y sabíamos que lo bueno había acabado. (…)
   En mi pueblo, el invierno empezaba cuando quería el viento, cuando al viento se le antojaba perseguirnos por las calles y arañarnos la cara con sus uñas de cristal como si tuviera alguna vieja cuenta que ajustar con nosotros, una deuda que no se saldaba hasta la madrugada, porque seguía zumbando sin descanso al otro lado de las puertas, de las ventanas cerradas, para cesar de repente, como empachado de su propia furia, a esa hora en la que hasta los desvelados duermen ya. Y en esa calma artera y sigilosa, a despecho de los libros y calendarios, aunque no estuviera escrito en ningún cartel, la primera helada caía sobre nosotros. Después, todo era invierno.”(...)

Os recomiendo esta lectura, dura a la par que delicada.

Explicación de la novela por la autora: http://www.almudenagrandes.com/
Foto: Fuensanta de Martos, pueblo de la novela / Village du roman
  


10 mai 2012

De fables et de Poules / De fábulas y de Gallinas

 
Où il s'avère que les poules sont loin d'être sottes...
Donde se prueba que las gallinas están lejos de ser tontitas...

Deux fables; l'une du grand maître Ésope, et l'autre du fabuliste espagnol Tomás de Iriarte (XVIII) . Ce dernier est moins connu que son contemporain et ennemi juré Samaniego, (je vous en reparlerai), et tous deux suivent la ligne d'Ésope et de La Fontaine.
Dos fábulas; una del gran maestro Esopo, la otra del fabulista español Tomás de Iriarte (XVIII). Este último es menos conocido que su contemporáneo y enemigo del alma Samaniego (volveré a hablar de ello), y ambos siguen la linea de Esopo y La Fontaine.



Du faucon et d'une Poule, Ésope

Un Faucon disait à une Poule :
- Vous êtes une ingrate.
- Quelle ingratitude avez-vous remarquée en moi ?
répondit la Poule.
- En est-il une plus grande, reprit le Faucon, que celle que vous faites voir à l'égard des Hommes ?
Ils ont un extrême soin de vous.
Le jour, ils cherchent de tous côtés de quoi vous nourrir et vous engraisser, et la nuit, ils vous préparent un lieu pour dormir.
Ils ont bien soin de tout fermer, de peur que votre repos ne soit interrompu par quelque autre animal, et cependant, lorsqu'ils veulent vous prendre, vous fuyez, ce que je ne fais pas, moi qui suis un Oiseau sauvage.
À la moindre caresse qu'ils me font, je m'apprivoise, je me laisse prendre et je ne mange que dans leurs mains.
- Cela est vrai, répliqua la Poule, mais vous ne savez pas la cause de ma fuite :
c'est que vous n'avez jamais vu de Faucon à la broche et j'ai vu des poules à toutes sortes de sauces.

J'ai rapporté cette fable pour montrer que ceux qui veulent s'attacher à la cour n'en connaissent pas les désagréments.

-Del Halcón y de una Gallina,  Esopo

Un Halcón le decía a una Gallina
- Es usted una ingrata.
- ¿Qué ingratitud notó usted en mí? Contestó la Gallina.
 - ¿Existe acaso una más grande que la que muestra hacia los Hombres? Dijo el Halcón.
 La cuidan con suma atención.
 De día buscan por todas partes alimentos para engordarla y, de noche, le preparan un cobijo para dormir.
Cierran todo a cal y canto por miedo que vuestro descanso esté interrumpido por cualquier otro animal y, sin embargo, cuando quieren cogerla, usted huye, lo que no hago yo que soy un Pájaro salvaje.
A la mínima caricia que me hacen, me domestico, me dejo coger y sólo como en sus manos.
- Es cierto, replicó la gallina, pero usted desconoce el motivo de mi huida: es que jamás ha visto un Halcón ensartado y yo he visto gallinas cocinadas a cualquier salsa.  
Relaté esta fábula para mostrar que aquellos que quieren hacerse cortesanos no conocen los inconvenientes (Trad: Colo)

 
La poule et la grenouille, Tomás de Iriarte

De la mare où elle vivait, une grenouille babillarde entendit caqueter une poule.
Je n'aurais pas cru ma chère, lui dit-elle, que vous fussiez une voisine si incommode. À quoi bon tant de bruit? Qu'y a-t-il de nouveau?

Rien, dit la poule, j'annonçais seulement que je ponds un oeuf.
Quoi! Pour un oeuf vous dérangez autant?

Oui madame la grenouille, pour un oeuf je fais tant de bruit. Cela vous surprend tandis que moi je ne m'étonne point de vous entrendre croasser jour et nuit.
 Moi, comme je suis utile, je le célèbre; toi qui ne sers à rien, tais-toi.

On accepte le bruit de celui qui travaille; celui qui ne fait rien, qu'il se taise. (Trad: Colo)


 
    La rana y la gallina Tomas de Iriarte

    Desde su charco una parlera rana oyó cacarear a una gallina.

    La rana entonces dijo:

    ¡Vaya! No creyera, hermana, que fueras tan incómoda vecina. Y con toda esa bulla, ¿Qué hay de nuevo?

    La gallina le respondió:
    Nada, sino anunciar que pongo un huevo.

    La rana le dijo:
    ¿Un huevo solo y alborotas tanto?

    Nuevamente respondió la gallina:
    Un huevo solo; si, señora mía. ¿Te espantas de eso cuando no me espanto de oírte como graznas noche y día? Yo, porque sirvo de algo, lo público; tú que de nada sirves, calla el pico.

    Al que trabaja algo, puede disimulársele sin que pregone; el que nada hace debe callar.



5 mai 2012

Rues en fleur / Costitx / Calles floridas


La poesía huye, a veces, de los libros para anidar extramuros, en la calle, en el silencio, en los sueños, en la piel, en los escombros, incluso en la basura. Donde no suele cobijarse nunca es en el verbo de los subsecretarios, de los comerciantes o de los lechuginos de televisión.”
(Joaquín Sabina)

« Parfois la poésie fuit les livres pour se nicher extramuros, dans la rue, dans le silence, dans les rêves, dans la peau, dans les décombres, même dans les poubelles.
L'endroit où elle ne s'abrite jamais est dans le verbe des sous-secrétaires, des commerçants ou blancs-becs de la télévision.”
Joaquín Sabina.
 
Journée champêtre.
Hors des grands chemins, Costitx, ce mini village d'un peu plus de mille habitants, je l'ai découvert, oh pas par hasard; on m'avait dit que c'était la fête des fleurs. Quatre jours durant. Le jour clé était le premier Mai, mais ce jour-là des travailleurs-à-la-recherche-d'emploi m'attendaient.

Chaque année les habitants se réunissent et se mettent d'accord, semble-t-il, pour décorer qui les trottoirs et les murs, qui les fenêtres de chaque rue d'une façon différente ; l'ensemble est inédit, fort joli. Des fleurs des champs, partout.
(Comme toujours, clic pour agrandir les photos)
 











                                  

 Au centre village, des invités professionnels : bonsaïs, fleurs coupées, plantes, orchidées.
Et puis cet arbre, le clou artistique.





Lejos de los caminos frecuentados, Costitx, ese pueblo diminuto de poco más de mil habitantes, lo descubrí, oh no por casualidad; me habían dicho que era la fiesta de las flores. Durante cuatro días- EL día clave era el primero de Mayo, pero ese día trabajadores-en-busca-de-empleo me esperaban.

Cada año los habitantes se reúnen y al parecer se ponen de acuerdo para decorar, sean las aceras, sean las paredes o las las ventanas de cada calle de manera distinta; el conjunto es inédito, muy bonito. Por todos los sitios, flores del campo.

En el centro del pueblo, unos invitados profesionales: bonsáis, macetas, orquídeas.
Y este árbol, obra artística faro.


J'y retournerai, les habitants sont accueillants, les alentours agricoles tout autant. Et puis on y a trouvé un trésor (clic) !

Volveré allí, los habitantes son acogedores, los alrededores agrícolas no lo son menos. ¡ Y allí se encontró un tesoro (clic)

Le village / el pueblo


Mallorca

Los periodistas han visto otras cosas que yo... Gracias Hélder.
Les journalistes n'ont pas vu les mêmes choses que moi...Merci Hélder.





1 mai 2012

Premier Mai / Revolución / Primero de Mayo



Hoy, día 1 de Mayo, ese corto poema de Gonzalo Arango Arias(1931 – 1976) que fue un escritor y poeta colombiano. En 1958 fundó el nadaísmo, movimiento de vanguardia que manifestaba su inconformidad con el orden social reinante del bipartidismo político, el conservadurismo social, la burguesía y las revoluciones de masas con fines totalitarios. Era un movimiento bohemio dedicado a la poesía.


Aujourd'hui, 1 Mai, ce court poème de Gonzalo Arango (1931 - 1976), écrivain et poète colombien qui fonda en 1958 le “nadaïsme”, mouvement d'avant- garde qui manifestait sa non-conformité avec l'ordre social du bipartisme politique, avec le conservatisme social, la bourgeoisie et les révolutions de masse à des fins totalitaires, C'était un mouvement bohème dédié à la poésie.




Révolution

Une main
plus une main
ne sont pas deux mains
Ce sont des mains unies
Unis ta main
à nos mains
pour que le monde
ne soit pas dans peu de mains
mais 
dans toutes les mains

 Gonzalo Arango (trad. Colo)

27 avr. 2012

Ici on peut apporter sa lune... / Aquí se admite su luna...



L'an dernier, rappelez-vous, nous avions composé ensemble un buffet garni et varié sur La Rose (clic)...ce fut délicieux.

La Lune vous inspirera-t-elle cette année?

El año pasado, acordaos, habíamos compuesto juntos un banquete sobre La Rosa(clic)...fue delicioso.

¿Os inspirará La Luna este año?

                            Joueuse de lune Anne Marie Zilberman
                                        http://art-monie.blogspot.com.es/

Pour Jaime Sabines (mexicain) elle est la panacée universelle; son texte-poème ressemble étrangement à un prospectus glissé dans une boîte de médicaments.

Para Jaime Sabinas, es la panacea universal: su texto-poema se parece mucho a un folleto encontrado en una caja de medicinas.


La Lune   Jaime Sabines

La lune peut se boire à la cuiller
ou comme une gélule toutes les deux heures.
Elle est bonne hypnotique et sédative
elle soulage aussi
les intoxiqués de philosophie.
Un morceau de lune en poche
est meilleur amulette que la patte de lapin :
elle sert à trouver la personne aimée,
à être riche à l'insu de tous
et à éloigner médecins et cliniques.
On peut en donner pour dessert aux enfants
quand ils ne se sont pas endormis,
et quelques gouttes de lune dans les yeux des vieux
aident à bien mourir.
Mets une tendre feuille de la lune
sous ton oreiller
et tu regarderas ce que tu voudras voir.
Emporte toujours un flacon d'air de lune
pour quand tu t'étouffes,
et donne la clé de la lune
aux prisonniers et aux enchaînés.
Pour les condamnés à mort
et pour les condamnés à vie
il n'existe meilleur stimulant que la lune
à dose précise et contrôlée.
(Trad: Colo) 
                                              (Photo Sable du temps, merci!)
 

La Luna  Jaime Sabines

La luna se puede tomar a cucharadas
o como una cápsula cada dos horas.
Es buena como hipnótico y sedante
y también alivia
a los que se han intoxicado de filosofía.
Un pedazo de luna en el bolsillo
es mejor amuleto que la pata de conejo:
sirve para encontrar a quien se ama,
para ser rico sin que lo sepa nadie
y para alejar a los médicos y las clínicas.
Se puede dar de postre a los niños
cuando no se han dormido,
y unas gotas de luna en los ojos de los ancianos
ayudan a bien morir.
Pon una hoja tierna de la luna
debajo de tu almohada
y mirarás lo que quieras ver.
Lleva siempre un frasquito del aire de la luna
para cuando te ahogues,
y dale la llave de la luna
a los presos y a los desencantados.
Para los condenados a muerte
y para los condenados a vida
no hay mejor estimulante que la luna
en dosis precisas y controladas.


Restons en Amérique du sud avec Atahualpa Yupanqui (Argentine). 
LUNA TUCUMANA
Les peintures qui accompagnent la vidéo sont du peintre Urugayen Pedro Figari.

(désolée pour la courte publicité)




Envoyé par Gérard-dans-la-lune, ce poème de Victor Hugo, grand merci!

Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? -
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... -
La lune était sereine et jouait sur les flots.


JEA nous envoie ceci, merci!

Les Enfoirés :

- "J’ai demandé à la lune,
la France veut elle encore de moi ?
Elle m’a dit j’ai pas l’habitude
de m’occuper des cas comme ça ..." 

Une photo et un très beau texte envoyés par SAVARATI , muchas gracias
http://saravati.skynetblogs.be/archive/2010/06/27/de-la-lune-au-vent.html 

DE LA LUNE AU VENT

L'est belle, la lune, que dis-je, Dame la Lune.

L’est belle avec sa robe de velours bleue au col blanc de dentelles décalées, éclairée par son reflet de poisson d’argent.

Elle penche la tête vers l’autre boule, l’autre bleue, celle qui découpe sur son gros ventre en ballon, des sillons tourmentés.
Change de position bien souvent pour déjouer les pièges. Les pièges du sieur le Vent, celui qui ne se couche jamais, celui qui voudrait diriger les marées à sa place, les faire hautes ou basses suivant ses sautes moutonesques d’humeur.

Car sieur le Vent a ses humeurs et nul plus que lui n’est pro-fête en sa demeure.

Il rit sur les champs dorés et l’instant d’après les a dévastés et de vastes, c’est comme s’ils étaient devenus étroits, séparés par ce coiffeur colérique en grandes raies échevelantes, avec des épis fantaisistes et branlants.

Il veut en paraître à Dame la Lune, elle, constante, tranquille. Sauf les nuits où elle se remplit des vapeurs du ciel et fait chanter les loups. Gare aux loups, alors, à l’orée aussi, car de chasseurs, ils deviennent enchâssants.

Dame la Lune aime le chant des loups, le hurlement des chiens quand sa douce rondeur blanche exhale ses bouffées de chaleur mystérieuses.

Alors le monde tourne à l’envers, les enfants disputent, les jeunes filles s’apeurent, les hommes se retournent en vain sur leurs couches à la recherche d’un sommeil aléatoire.
Les fœtus se contorsionnent dans le placenta étriqué, cherchent la porte de sortie qui signifiera la fin de la paix fusionnelle.
Les familles aux abois se déchirent, les chiens aboient à émouvoir les cigales en hibernation.
Le cœur de la terre palpite prêt à s’ouvrir sur le magma bouillonnant.

Mais rien ou si peu ne se passe au seuil de la réalité du monde revu et corrigé par la lumière lunesque. Ce ne sont que soubresauts d’imagination torturée dans son rythme habituellement falot.

Dame la Lune, si pleine, si belle, si blanche et jaune, fait clignoter ses yeux fripons et peu à peu dilue ses contours pour rendre à la planète bleue sa pseudo-sérénité.

Dans les villes, pourtant, où grouillent les foules insomniaques, dans les masures où le moindre écart de paroles provoque des éboulis de confiance, rien n’a changé ou si peu. Le potentiomètre de l’intensité des émotions a simplement secoué davantage sa petite aiguille désordonnée.
Les souris, au son cadencé des proverbes, continuent à danser entre les doubles parois des murs opaques.

Sieur le Vent se demande encore quelle sera la tournure que prendra sa prochaine âme-humeur : calme plat, modérée, assez forte, impétueuse, tempétesque, ouragane, typhonnesque, moussonneuse …l’éventail du gris blanc au gris moire peut se décliner en mille plissures.

Tout est bon à envisager, à prendre quand on croit avoir la maîtrise de ses propres éléments.

Du Portugal Hélder nous envoie de la musique de ses lunes, Obrigada amigo.
Indochine: J'ai demandé à la lune (paroles dans les commentaires plus bas)



Et puis la bande Originale du film d'Eric Rohmer, sorti en Août 1984.



Tania, merci pour ce poème surprenant! La lune poursuivant les chattes...et voici Musha aussi.
LA LUNE

"Dans la nuit qu'elle argente avec son regard blanc,
Faisant hurler les chiens et chanter les poètes,
La Lune pend, légère, ainsi qu'un cerf-volant.

Au milieu des tuyaux longs et des girouettes
Qui dentellent les toits blancs de leur profil noir,
Chagrine, elle poursuit les chattes inquiètes,

Et guettant les matous lascifs qui vont s'asseoir
Au bord de la gouttière, elle monte la garde
Devant ces diamants, les étoiles du soir.

Voici l'astre aux blancheurs métalliques qui farde
De craie, au fond du ciel, son masque glacial,
La lune pâle et ronde, attirante et blafarde,

Comme un suave écu de cent sous idéal."

Louis DENISE (1863-1914)
                                           Alphonse Musha La lune

Para el desayuno, un croissant dorado....Miam, ¡gracias F!

Maïté a perdu sa lune!!...Grand merci!
"La lune s'est cachée
on a perdu la lune
Depuis ce soir
il fait tout noir
mais les enfants savent déjà
pourquoi la lune n'est pas là..."

Jo Akepsimas et Mannick l'ont chantée pour nous:
(je vous mets le lien car, pas trop habile, je ne suis pas arrivée à le faire apparaître, faudra m'excercer...snif!)
http://www.musicme.com/#/Mannick/titres/La-Lune-S%27est-Cachee-t2481201.html 
                                  Le château maure de Hélder....merci!

Et quand le soleil a rendez-vous avec la lune c'est le nirvana dit Gérard.
  Planons l'ami...


                          
Pour Kenza, pour l’anniversaire de son blog; Manet, Clair de lune sur le port de Boulogne
http://theaujasmin.blogspot.com.es/
                       
Gérard, pas d'accord avec Edith qui veut "décrocher la lune"...





La  lune berçait  l'olivier Chez LOU le 21 mars 20012, merci à toi!
http://lamaisondesmarguerites.wordpress.com/
 
 


nuit des rois
la lune un instant accrochée
à un arbre mort 

Voici un autre haïku datant de l'Antiquité, du moine Ryôkan
 Le voleur
M’a tout emporté sauf
La Lune qui était à ma fenêtre
  
Ciel de lune ou lune de ciel, selon. Superbe JEA, soyez remercié. 
http://motsaiques2.blogspot.com.es/

Sable de temps nous envoie une merveille, merci Madame.
http://sabledutemps.canalblog.com/
Interpretación de Paco Ibáñez del
 Romance de la luna, luna
 de Federico García Lorca


La luna vino a la fragua
con su polisón de nardos.
El niño la mira mira.
El niño la está mirando.

En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y enseña, lúbrica y pura,
sus senos de duro estaño.

Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.

Niño déjame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontrarán sobre el yunque
con los ojillos cerrados.

Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.
Niño déjame, no pises,
mi blancor almidonado.

El jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño,
tiene los ojos cerrados.

Por el olivar venían,
bronce y sueño, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.

¡Cómo canta la zumaya,
ay como canta en el árbol!
Por el cielo va la luna
con el niño de la mano.

Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
el aire la está velando.

Euterpe apporte sa lune-sonnet, merci, elle est superbe.
Pour honorer le retour du Soleil,
le Zéphir lui prépare l'air serein :
et il éveille l'eau et la terre du sommeil,
qui les gardait l'une de murmurer,

en coulant doux, I'autre de se parer
de mainte fleur de couleur sans-pareille.
Déjà les oiseaux dans les arbres font merveille,
et apaisent la souffrance des passants :

Les Nymphes s'ébattent déjà en mille jeux
au clair de Lune, et écrasent l'herbe en dansant :
veux-tu, Zéphir, me donner de ton bonheur,

pour que je sois par toi toute renouvelée ?
Fais revenir mon Soleil vers moi,
et tu verras s'il ne me rend pas plus belle


Louise Labé Sonnet XV 


La lune de Marie, ¡gracias!
 http://t-photographe.over-blog.com/article-luna-104478894.html

21 avr. 2012

Voix féminines II et fin / Voces femeninas II y fin


Les voix féminines d'aujourd’hui sont rouges ; cris, chants, sang.
Trois courts poèmes, deux tableaux, un duo étonnant…en rouge.
Las voces femeninas de hoy son rojas ; gritos, cantos, sangre.
Tres poemas cortos, dos cuadros, un dúo sorprendente...en rojo.

Le premier poème est de l'Algérienne Zineb Laouedj.
Comment vivre au milieu du harem ?
« Fillette ils m’ont répudiée
Comment vais-je devenir femme ? »
El primer poema es de la Argelina Zineb Laouedj.
¿Cómo vivir en medio del harem ?
« Niña me han repudiado
¿Cómo voy a hacerme mujer ? »

"Combien faut-il de temps, pour l'homme de ce siècle,
Avant de traverser l'aveuglement de la pierre,
Et voyager sur les ailes d'un papillon,
Vers la voie des lumières et du parfum des aurores ? "
Zineb Laouedj (Merci Lyli)

                                                Tableau de Chaibia

Nouara la folle 
 
Elle lance son cri affolé
Elle défait ses cheveux
Elle les répartit entre les filles de la tribu
Elle s’assoit sur le seuil
Son giron offert au vent
et attend qu’y tombent
les étoiles
et la blancheur de la lune
Elle attend de devenir
tronc d’olivier
ou branche de palmier
On lui a dit
que la lune
est une femme
accrochée
par traîtrise
par les yeux (…)
Zineb Laouedj traduit en français par elle-même
Pour lire la suite, ici.
Nouara la loca

Ella lanza su grito enloquecido
Desata su pelo
Lo reparte entre las chicas de la tribu
Se sienta en el umbral
Su pecho ofrecido al viento
y espera que caigan allí
las estrellas
y la blancura de la luna
Ella espera hacerse
tronco de olivo
o rama de palmera
Se le ha dicho
que la luna
es una mujer
colgada
a traición
por los ojos (…)
Trad: Colo



Une autre poétesse algérienne qui, par ses mots imagés, a apporté dans les années '70 un souffle neuf, libérateur, à la poésie féminine,Rachida Khawazem.
Otra poetisa Argelina que, por sus palabras llenas de imágenes, aportó en los años '70 un soplo nuevo, liberador, a la poesía femenina, Rachida Khawazem.



Entre les cités qui se sauvent
et mes lèvres
la mort est là avec ses yeux ronds
et vides
comme le temps et le tabac
elle égorge mon sang
Je déteste que s’échappent de moi
les rêves que je souffle en fumant
mon tabac couleur de miel
J’enferme en mon cœur
l’odeur des mots hésitants
Je dicte les versets pour le rêve
lorsqu’ils se dévoilent

Entre las ciudades que se esfuman
y mis labios
allí está la muerte con sus ojos redondos
y vacíos
como el tiempo y el tabaco
ella degolla mi sangre
Odio que de mi se escapen
los sueños que soplo fumando
mi tabaco color de miel
Encierro en mi corazón
el olor de las palabras indecisas
Dicto versículos para soñar
cuando la revelación llega.
(Trad : Colo)

                                                 Chaibia





Ce matin
De rouge cramoisi
Je me suis vêtue
Pour séduire le destin. 

Esta mañana
De rojo carmín
Me vestí
Para seducir el destino.
FatihaMorchid 


Version Haïku 
par Danièle
Ce matin
vêtue de rouge cramoisi
pour le séduire
 


 
 
Orchestre-Studio de Cergy-Pontoise
Sevan Manoukian, Soprano
Andrée-Claude Brayer, Direction
Textes: "Les filles du vent" de Andrée Chedid et "Noura la folle" de Zineb Laouedj
Composition de Sarah Wéry
Muchas gracias Hélder

De rouge s'est vêtue BUIKA, (de son vrai nom Maria da Concepcion Balboa Buika, majorquine) une chanteuse afro-espagnole au destin plus qu'improbable, élevée dans la rue, au milieu de gitans et devenue « la voix de la liberté » et qui enregistre avec les plus grands.. Découvrez-la ici (en anglais)
De rojo se vistió Buika, (de nombre Maria da Concepcion Balboa Buika, mallorquina) una cantante afro española cuyo destino era de lo más improbable : educada en la calle en medio de gitanos, representa ahora « la voz de la libertad » y grava discos con los más grandes.

Buika y Luz Casal Sombras