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20 sept. 2022

Sans réponses 3 /Sin respuestas 3

 

Le poème d'aujourd'hui requiert une mise en contexte. Si vous n'avez probablement jamais entendu parler de Luís García Moreno, poète contemporain très connu en Espagne, le nom de sa femme décédée l'an dernier, Almudena Grandes, vous dit quelque chose...ou beaucoup.


Sa disparition a laissé un grand vide dans la littérature et le premier à souffrir de son absence a été son mari bien sûr.


"Es mucho el dolor y es mucha la pérdida, pero cuando pasan los días y pasa el tiempo y uno empieza a convivir diariamente con la muerte, agradece haber podido cuidar a la persona que quería, e incluso haber podido ser cuidado por quien estaba cuidando. Después, además, uno comprende que eso es el final de una relación de treinta años que ha sido alegre y feliz, que tiene como consecuencia la necesidad de cuidar".


"La douleur est grande et grande la perte, mais quand passent les jours et passe le temps et qu'on commence à vivre au quotidien avec la mort, on remercie d'avoir pu prendre soin de la personne qu'on aimait, et même d'avoir pu être pris en soin par celle dont on s'occupait. Après, en plus, on comprend que cela c'est la fin d'une relation de trente ans qui a été joyeuse et heureuse, et qui a pour conséquence le besoin de prendre soin." Trad: Colo

 



Mais voilà le poème, dans la série des questions.


Luís García Montero


Qui va là…


Qui va là,

vers non achevé parmi mes vers,

rêve ignoré,

silence des lumières et des portes?


Qui va là,

après s’en être allé, perdurant

avec des yeux de bataille,

sous l’ombre morte des clés?


Qui va là,

venant sans venir, déshabitant

le ton de sa voix,

le compte inachevé des pas ?


Sur ces mêmes lèvres qui ont fait les valises,

je cherchais les héros du destin.

Ils sont venus un soir pour t’emmener avec eux,

et j’ai compris que rien ne se comprend.

(Trad:Colo)


¿Quién anda ahí...

¿Quién anda ahí,
verso sin terminar entre mis versos,
desatendido sueño,
silencio de las luces y las puertas?

¿Quién anda ahí,
después de haberse ido, persistiendo
con ojos de batalla,
bajo la sombra muerta de las llaves?

¿Quién anda ahí,
viniendo sin venir, deshabitando
el tono de su voz,
la cuenta inacabada de los pasos?

En esos mismos labios que han hecho las maletas,
yo buscaba los héroes del destino.
Vinieron una tarde por llevarte con ellos,
y comprendí que nada se comprende.

30 mai 2017

La mémoire de la liberté / La memoria de la libertad



"L'écrivain Almudena Grandes revendique le rôle de la mémoire et le journalisme dans la défense de la liberté et de la pluralité lors de la remise des prix Ortega y Gasset 2009"
Source: http://sociedad.elpais.com/sociedad/2009/05/18/actualidad/1242597614_850215.html


"J’ai appris de ma tante Charo qu’en Espagne il y avait une chose qui s’appelait la censure et qui rendait malheureux des gens qui ne le méritaient pas. Il est juste que ce fût d’elle que je l’apprenne, car ce fût elle aussi qui m’apprit à lire les journaux. Elle en achetait plusieurs par jour, certains le matin, d’autres l’après-midi, et elle les lisait avec un appétit minutieux, détendu, plaisir printanier de qui savoure une glace une soirée de mai, allumant une Chestefield avec le bout de la précédente, et sautant toujours, religieusement, les articles d’opinion. - Et pourquoi croient-ils ceux-là que je dépense tant d’argent en journaux? - disait-elle entre temps -. Mais pour me former ma propre opinion bien sûr, comme si j’avais besoin de connaître la leur!
Ces jours où l’odeur de fumée se confondait à l’arôme âpre et encré du papier journal m’ont appris que la mémoire de la liberté, c’est la liberté.

La liberté sans mémoire, une fleur de serre, fragile et anémique, faible, délicate, peut-être intéressante par sa pâleur mais toujours exposée à échouer au moindre contretemps, changement de température, arrosage inadéquat, un simple courant d’air. Moi je le sais parce que j’ai grandi dans un pays sans liberté, mais j’ai vu comment resplendissait sa mémoire dans les yeux de certaines femmes de ma famille qui, en l’évoquant, redevenaient jeunes, heureuses, et aussi libres qu’elle l’avaient été un jour.”

(Trad:Colo)

"La escritora Almudena Grandes reivindica el papel de la memoria y el periodismo en la defensa de la libertad y la pluralidad en su discurso en la entrega de los premios Ortega y Gasset 2009"
Fuente: http://sociedad.elpais.com/sociedad/2009/05/18/actualidad/1242597614_850215.html


Yo aprendí de mi tía Charo que en España había una cosa que se llamaba censura y que hacía infeliz a gente que no se lo merecía. Justo fue que lo aprendiera de ella, porque ella fue también quien me enseñó a leer periódicos. Todos los días compraba varios, unos por la mañana, otros por la tarde, y los leía con un apetito minucioso, relajado, el placer primaveral de quien paladea un helado en una tarde de mayo, encendiendo un Chesterfield con la colilla del anterior, y saltándose siempre, religiosamente, los artículos de opinión. - ¿Y para qué se creerán estos que me gasto yo tanto dinero en periódicos? -decía mientras tanto-.
¡Pues para formarme mi propia opinión, naturalmente, ni que me hiciera falta conocer la suya!
Aquellos días en los que el olor del humo se confundía con el aroma áspero y entintado del papel de periódico, me enseñaron que la memoria de la libertad, es libertad.
La libertad sin memoria, una flor de invernadero, frágil y anémica, débil, delicada, interesante quizás en su palidez, pero expuesta siempre a fracasar por cualquier contratiempo, un cambio de temperatura, un riego inadecuado, una simple corriente de aire. Yo lo sé porque crecí en un país sin libertad, pero vi cómo resplandecía su memoria en los ojos de algunas mujeres de mi familia, que al evocarla, volvían a ser jóvenes, felices, y tan libres como fueron una vez.”

16 mai 2012

Un vent si cruel et délicat / Un viento tan cruel y delicado


LE LECTEUR DE JULES VERNE” de Almudena Grandes. (Épisodes d'une guerre interminable) Je crois que ce roman est traduit en français, mais je ne possède que le volume en espagnol.
Nino, 9 ans et fils de garde civil, vit dans un village de la Sierra Sur de Jaen; un garçon qui n'oubliera jamais l'été 1947, moment où il fait une rencontre qui changera sa vie... Un roman dur et délicat à la fois, passionnant aussi qui se déroule durant l'après-guerre civile. Je vous le recommande vivement.

Voici la première page du roman, elle me semble de toute beauté:

« Les gens disent qu'en Andalousie il fait toujours beau, mais dans mon village, en hiver, nous mourions de froid.
   Avant la neige, et par traîtrise, arrivait le gel. Quand les jours étaient encore longs, quand le soleil de midi chauffait toujours et que nous descendions jouer à la rivière, les après-midi, l'air soudain s'aiguisait et devenait plus propre, et puis le vent, un vent si cruel et délicat qu'on aurait dit qu'il était fait de cristal, un cristal aérien et transparent qui descendait de la sierra en sifflant, sans lever la poussière des rues. Alors, à la frontière de n'importe quelle nuit d'octobre, de novembre avec un peu de chance, le vent nous rattrapait avant de rentrer chez nous, et nous savions que le « bon temps » était fini. (...)
   Dans mon village, l'hiver commençait quand le vent le voulait, quand il lui prenait le caprice de nous poursuivre dans les rues et de nous égratigner le visage de ses ongles de cristal comme s'il avait de vieux comptes à régler avec nous, une dette qui ne se soldait pas jusqu'à l'aube, car il continuait à vrombir sans repos de l'autre côté des portes, des fenêtres fermées, pour cesser soudain, comme empiffré de sa propre furie, à cette heure où même les insomniaques dorment déjà.
   Et dans ce calme rusé et discret, malgré les livres et les calendriers, et bien que ce n'était sur aucune affiche, la première gelée tombait sur nous.
Après, tout était hiver. » (…)
(Trad : Colo)
Site en français : http://www.books.fr/best-seller/la-guerre-sans-fin/qualification_id=9/


EL LECTOR DE JULIO VERNE” de Almudena Grandes es una novela que cuenta la historia de un niño de 9 años, Nino, hijo de guardia civil, en un pueblo de la sierra de Jaen. Un niño que jamás olvidará el verano 1947 cuando hizo un encuentro que cambiará su vida... Una novela dura y delicada a la vez, apasionante, que tiene lugar durante la post- guerra civil.




La novela empieza por una página que me pareció magistral:

La gente dice que en Andalucía siempre hace buen tiempo, pero en mi pueblo, en invierno, nos moríamos de frío.
    Antes que la nieve, y a traición, llegaba el hielo. Cuando los días todavía eran largos, cuando el sol del mediodía aún calentaba y bajábamos al río a jugar por las tardes, el aire se afilaba de pronto y se volvía más limpio, y luego el viento, un viento tan cruel y delicado como si estuviera hecho de cristal, un cristal aéreo y transparente que bajaba silbando de la sierra sin levantar el polvo de las calles. Entonces, en la frontera de cualquier noche de octubre, noviembre con suerte, el viento nos alcanzaba antes de volver a casa, y sabíamos que lo bueno había acabado. (…)
   En mi pueblo, el invierno empezaba cuando quería el viento, cuando al viento se le antojaba perseguirnos por las calles y arañarnos la cara con sus uñas de cristal como si tuviera alguna vieja cuenta que ajustar con nosotros, una deuda que no se saldaba hasta la madrugada, porque seguía zumbando sin descanso al otro lado de las puertas, de las ventanas cerradas, para cesar de repente, como empachado de su propia furia, a esa hora en la que hasta los desvelados duermen ya. Y en esa calma artera y sigilosa, a despecho de los libros y calendarios, aunque no estuviera escrito en ningún cartel, la primera helada caía sobre nosotros. Después, todo era invierno.”(...)

Os recomiendo esta lectura, dura a la par que delicada.

Explicación de la novela por la autora: http://www.almudenagrandes.com/
Foto: Fuensanta de Martos, pueblo de la novela / Village du roman