Affichage des articles dont le libellé est algérie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est algérie. Afficher tous les articles

26 févr. 2016

Au bord de la paupière / Al borde del párpado


                            Photo : http://www.bombfu.com/art/des-pierres-et-de-lequilibre/


Chaque fois que tu me traverses
tu abandonnes sur les os une fleur sèche
je suis un pays jonché de tes signes
pourtant je joue à brouiller ton nom
jetant à l'écho de tes falaises
mes phrases tremblantes

peut-être es-tu assise juste au bord de la paupière
adossée à ma seule larme

Poème de Rabah Belamri extrait de “Pierres d'équilibre” p. 26

Cada vez que me traspasas
abandonas en los huesos una flor seca
soy un país cubierto de tus signos
pero juego a confundir tu nombre
tirando en el eco de tus barrancos
mis frases temblorosas

tal vez estés sentada justo al borde del párpado
reclinada en mi única lágrima
(Trad: Colo)
 



21 avr. 2012

Voix féminines II et fin / Voces femeninas II y fin


Les voix féminines d'aujourd’hui sont rouges ; cris, chants, sang.
Trois courts poèmes, deux tableaux, un duo étonnant…en rouge.
Las voces femeninas de hoy son rojas ; gritos, cantos, sangre.
Tres poemas cortos, dos cuadros, un dúo sorprendente...en rojo.

Le premier poème est de l'Algérienne Zineb Laouedj.
Comment vivre au milieu du harem ?
« Fillette ils m’ont répudiée
Comment vais-je devenir femme ? »
El primer poema es de la Argelina Zineb Laouedj.
¿Cómo vivir en medio del harem ?
« Niña me han repudiado
¿Cómo voy a hacerme mujer ? »

"Combien faut-il de temps, pour l'homme de ce siècle,
Avant de traverser l'aveuglement de la pierre,
Et voyager sur les ailes d'un papillon,
Vers la voie des lumières et du parfum des aurores ? "
Zineb Laouedj (Merci Lyli)

                                                Tableau de Chaibia

Nouara la folle 
 
Elle lance son cri affolé
Elle défait ses cheveux
Elle les répartit entre les filles de la tribu
Elle s’assoit sur le seuil
Son giron offert au vent
et attend qu’y tombent
les étoiles
et la blancheur de la lune
Elle attend de devenir
tronc d’olivier
ou branche de palmier
On lui a dit
que la lune
est une femme
accrochée
par traîtrise
par les yeux (…)
Zineb Laouedj traduit en français par elle-même
Pour lire la suite, ici.
Nouara la loca

Ella lanza su grito enloquecido
Desata su pelo
Lo reparte entre las chicas de la tribu
Se sienta en el umbral
Su pecho ofrecido al viento
y espera que caigan allí
las estrellas
y la blancura de la luna
Ella espera hacerse
tronco de olivo
o rama de palmera
Se le ha dicho
que la luna
es una mujer
colgada
a traición
por los ojos (…)
Trad: Colo



Une autre poétesse algérienne qui, par ses mots imagés, a apporté dans les années '70 un souffle neuf, libérateur, à la poésie féminine,Rachida Khawazem.
Otra poetisa Argelina que, por sus palabras llenas de imágenes, aportó en los años '70 un soplo nuevo, liberador, a la poesía femenina, Rachida Khawazem.



Entre les cités qui se sauvent
et mes lèvres
la mort est là avec ses yeux ronds
et vides
comme le temps et le tabac
elle égorge mon sang
Je déteste que s’échappent de moi
les rêves que je souffle en fumant
mon tabac couleur de miel
J’enferme en mon cœur
l’odeur des mots hésitants
Je dicte les versets pour le rêve
lorsqu’ils se dévoilent

Entre las ciudades que se esfuman
y mis labios
allí está la muerte con sus ojos redondos
y vacíos
como el tiempo y el tabaco
ella degolla mi sangre
Odio que de mi se escapen
los sueños que soplo fumando
mi tabaco color de miel
Encierro en mi corazón
el olor de las palabras indecisas
Dicto versículos para soñar
cuando la revelación llega.
(Trad : Colo)

                                                 Chaibia





Ce matin
De rouge cramoisi
Je me suis vêtue
Pour séduire le destin. 

Esta mañana
De rojo carmín
Me vestí
Para seducir el destino.
FatihaMorchid 


Version Haïku 
par Danièle
Ce matin
vêtue de rouge cramoisi
pour le séduire
 


 
 
Orchestre-Studio de Cergy-Pontoise
Sevan Manoukian, Soprano
Andrée-Claude Brayer, Direction
Textes: "Les filles du vent" de Andrée Chedid et "Noura la folle" de Zineb Laouedj
Composition de Sarah Wéry
Muchas gracias Hélder

De rouge s'est vêtue BUIKA, (de son vrai nom Maria da Concepcion Balboa Buika, majorquine) une chanteuse afro-espagnole au destin plus qu'improbable, élevée dans la rue, au milieu de gitans et devenue « la voix de la liberté » et qui enregistre avec les plus grands.. Découvrez-la ici (en anglais)
De rojo se vistió Buika, (de nombre Maria da Concepcion Balboa Buika, mallorquina) una cantante afro española cuyo destino era de lo más improbable : educada en la calle en medio de gitanos, representa ahora « la voz de la libertad » y grava discos con los más grandes.

Buika y Luz Casal Sombras

 

27 janv. 2011

Jeux poétiques algériens /juegos poéticos argelinos



Les amandiers fleurissent en ce moment en Méditerranée et chaque pays a ses recettes de gâteaux, d’huiles douces, de lait d’amande...Voilà, mon billet était presque terminé quand, en cherchant un poème sur les amandiers, des jeux poétiques algériens m’ont incitée à prolonger l’escale.

Los almendros florecen en este momento en el Mediterráneo y cada país tiene sus recetas de pasteles, aceites, leche de almendra….He aquí que mi post estaba casi terminado cuando, al buscar un poema sobre los almendros, unos juegos poéticos argelinos me han incitado a prorrogar la escala.

C’est donc un article daté du 31-08-2009 du journal Magharebia intitulé Les algériennes préfèrent la poésie aux sitcoms dans les traditions du Ramadan qui m’a fait découvrir un rituel passionnant, un jeu poétique où les femmes tentent de prédire l’avenir : la Bouqala (l’histoire de son origine ici)

Es un artículo que data del 31.08.2009 en el diario Magharebia titulado Las argelinas prefieren la poesía a las comedias de situación en las tradiciones del Ramadán, que me hace descubrir un ritual apasionante, un juego poético donde las mujeres intentan predecir el futuro; los bouqala.

Au cours du Ramadan -mais aussi durant l’année ai-je lu- des femmes de tous âges se réunissent chez l’une d’elles, de préférence sur les terrasses des maisons, pour faire la bouqala.

« Le jeu consiste à se réunir autour d’un bocal (d’où le nom Bouqala) rempli de l’eau de sept sources ou de sept robinets : toutes les femmes y mettent un bijou, bague, boucle d’oreille ou une broche.

La plus âgée des femmes (…) récite une bouqala, des poèmes tirés de la tradition orale qui parlent d’amour, de chagrin, de mariage et de longs voyages. A tour de rôle, les femmes pensent à une personne en particulier et lui dédient la bouqala.

En fonction du poème, les femmes tentent d’expliquer ce que prévoit l’avenir : une rencontre, une séparation, un long voyage »

Durante el Ramadán – pero leí que también en el curso del año-, mujeres de todas las edades se reúnen en casa de una de ellas, preferentemente en las terrazas de las casas, para hacer la Bouqala.

“El juego consiste en reunirse alrededor de un bocal (de allí el nombre Bouqala) lleno de agua de siete fuentes o de siete grifos: todas las mujeres ponen dentro una joya, un anillo, un pendiente o un broche.

La mujer de más edad (…) recita una bouqala, poemas sacados de la tradición oral y que hablan de amor, de penas, de matrimonios y de largos viajes. Por turnos las mujeres piensan en una persona en particular y le dedican la bouqala.

En función del poema las mujeres intentan explicar lo que prevé le futuro: un encuentro, una separación, un largo viaje.”

Ce qui m’a séduite c’est que ce jeu apporte des moments de rire, poésie et rêve dans la vie des femmes. Plutôt que de regarder la télévision, elles maintiennent les traditions en s’amusant. L’une d’elle, El Hadja Fatma dit : « Même si on savait qu’elle n’avait aucun pouvoir de prédiction, on croyait aux messages que la bouqala délivrait (…) et lorsqu’elle nous parlait d’une rencontre avec un beau jeune homme, on voulait y croire »

Lo que me sedujo es que este juego aporta momentos de risa, de poesía y de sueños en la vida de las mujeres. En vez de mirar la televisión, mantienen las tradiciones divirtiéndose. Una de ellas, El Hadja Fatma dice:”Incluso sabiendo que no tenían ningún poder de predicción, creíamos en los mensajes que sugería (…) y cuando nos hablaba de un encuentro con un chico, joven y guapo, queríamos creerlo.”

Voici deux bouqala qui parlent d’amandes et la troisième du futur.

Aquí tienen dos bouqala que hablan de almendras y la tercera del futuro.

L’amandier fleurit au printemps

La lune découvre sa lumière,

Les joues rougissent de pudeur

Devant l’amant qui se trahit.

El almendro florece en primavera

La luna descubre su luz,

Las mejillas se sonrojan de pudor

Delante del amante que se traiciona


السفينة اللّي جات باش نكافيها
بللّوز والسكر نطعم غاشيها
وبالزبد والعطر نطلي صواريها
ونطلب ربي العزيز للحج يدّيها

Asfina li jaat bach nkafiha
Ballouz wa assokar nat3am ghachiha
Wa bel zebad wa la3tar nattli swariha
Wa natlab rabi la3ziz lel haj yadiha.

Le navire qui est arrivé, comment lui témoignerai-je ma gratitude?
D’amandes et de sucre je nourrirai ses gens.
De civette et d’essence parfumée j’oindrai ses mâts
Et je prierai Dieu Tout-puissant de le conduire au pélérinage de la Mekke

La nave que ha llegado, ¿cómo probarle mi gratitud?
De almendras y de azúcar alimentaré su gente.
De almizcle y de esencias perfumadas untaré sus mástiles
Y rezaré al Dios Todo Potente de llevarle al peregrinaje de la Meca.


Voisine! Ma voisine, mon coeur est pour toi et mes yeux ne voient que toi,
que ferai-je si ton père me refuse?

¡Vecina! Mi vecina, mi corazón es para ti y mis ojos no ven más que tú, ¿Qué haré si tu padre me rechaza?