Eduardo Galeano (Uruguay), décédé la semaine dernière, était non seulement un grand poète et narrateur, mais aussi un analyste, plutôt lucide, qui nous a expliqué dans “Les veines ouvertes de l'Amérique Latine” comment s'imbriquent le pouvoir et l'Histoire. Il y raconte le passé d'un continent, c'était en 1971, une époque où Cuba n'était pas encore suspecte, ou du moins on pouvait encore croire et penser que de l'île allait venir un monde meilleur. Pas mal d'artistes, dont le poète Benedetti, l’auteur-compositeur-interpète Viglietti et Galeano reprirent le message du Che et d'autres, mais en lui ajoutant une touche plus, - comment dire?, humaine, hédoniste, romantique. Ni uniformes ni louanges à l'Union Soviétique. On aimait le vin, l'amour et...le football.
Galeano était un grand fan de foot, et quand on le lui reprochait, il répondait “Pour les intellectuels de gauche, le football empêche le peuple de penser. Pour ceux de droite, il prouve qu'il pense avec les pieds. C'est un business? Le sexe n'en est-il pas un? Et ceux qui savent m'ont dit que le sexe n'est pas mal”.
Il transforma le foot en une affaire politique.
Le général Videla le condamna à mort (il vécut en exil) et les “caudillos” de gauche se laissèrent aduler par lui. Toujours il offrit son renom pour appuyer toutes les causes justes, présentes et futures.
Peut-être lit-on certains de ses écrits avec un brin de raillerie de nos jours, peut-être s'est il parfois trompé, mais qui pas?

Eduardo Galeano, fallecido la semana pasada, era no solo un gran poeta y narrador, sino también un analista, mas bien lúcido, que nos explicó en “Las venas abiertas de América Latina” cómo se imbrican el poder y la Historia. Nos cuenta el pasado de un continente, era en 1971, una época en la que Cuba todavía no era sospechosa, o por lo menos se podía creer y pensar que de la isla iba a salir un mundo mejor. Muchos artistas, entre los cuales el poeta Benedetti, el autor y interprete Viglietti y Galeano recogieron el mensaje del Che y de otros, pero añadiéndole un toque, - ¿cómo decirlo?, más humano, hedonista, romántico. Ni uniformes ni alabanzas a la Unión Soviética. Gustaba el vino, l'amour, y...el fútbol.
Galeano era un gran fan de fútbol, y cuando se le reprochaba, respondía: «Para los intelectuales de izquierdas, el fútbol impide que el pueblo piense. Para los de derechas, prueba que piensa con los pies. ¿Que es un negocio? ¿El sexo no lo es? Y los que saben me han dicho que el sexo no está mal».
Trasformó el deporte en un asunto político.
El General Videla le condenó a muerte (vivió en el exilio) y los caudillos de izquierda se dejaron adular por él. Siempre ofreció son renombre para apoyar todas las causas justas, presentes y futuras.
Tal vez leamos algunos de sus escritos con algo de mofa hoy en día, tal vez se haya equivocado a veces, pero ¿quién no?
Sources /Fuentes:
El País :http://cultura.elpais.com/cultura/2015/04/13/actualidad/1428951264_473655.html
La voz de Galicia : http://www.lavozdegalicia.es/noticia/opinion/2015/04/15/galeano-hombre-palabra/0003_201504G15P15994.htm
El Mundo: http://www.elmundo.es/cultura/2015/04/13/552bbabbe2704e5f158b457a.html
![]() |
| Signos y constelaciones enamorados / Miró /Signes et constellations amoureux. |
Voici trois courts textes extraits du “Livre des étreintes” (déjà publié ici l'histoire du petit garçon et de la montre)
Aquí tres textos cortos extraídos de “El libro de los abrazos” (ya publiqué aquí la historia del niño y des reloj)
El
arte y el tiempo
¿Quiénes
son mis contemporáneos? -se pregunta Juan Gelman.
Juan
dice que a veces se cruza con hombres que huelen a miedo, en Buenos
Aires, París o donde sea, y siente que esos hombres no son sus
contemporáneos.
Pero
hay un chino que hace miles de años escribió un poema,
acerca
de un pastor de cabras que está lejísimos de la mujer
amada y sin embargo puede escuchar, en medio de
la noche, en medio de la nieve, el rumor del peine en su
pelo: y leyendo ese remoto poema, Juan comprueba
que
sí, que ellos sí, que ese poeta, ese pastor y esa mujer son
sus contemporáneos.
L'art
et le temps
Qui
sont mes contemporains? -se demandait Juan Gelman.
Juan
dit que parfois il croise des hommes qui ont une odeur de peur, à
Buenos Aires, à Paris ou n'importe où, et qu'il sent que ces hommes
ne sont pas ses contemporains.
Mais
il y a un chinois qui, il y a des milliers d'années, écrivit un
poème sur un berger de chèvres qui se trouve très loin de la femme
aimée et qui pourtant peut entendre, au milieu de la nuit, au milieu
de la neige, le bruit du peigne dans ses cheveux: et en lisant ce
lointain poème, Juan constate que oui, que eux oui, que ce poète,
ce berger et cette femme sont ses contemporains.
La
función del arte /1
Diego
no conocía la mar. El padre, Santiago Kovadloff, lo llevó a
descubrirla.
Viajaron
al sur.
Ella,
la mar, estaba mas allá de los altos médanos, esperando.
Cuando
el niño y su padre alcanzaron por fin aquellas dunas de arena,
después de mucho caminar, la mar estalló ante sus ojos. Y fue tanta
la inmensidad de la mar, y tanto su fulgor que el niño quedó mudo
de hermosura.
Y
cuando por fin consiguió hablar, temblando, tartamudeando, pidió a
su padre;
-
¡Ayúdame a mirar!
La
fonction de l'art / 1
Diego
ne connaissait pas la mer. Le père, Santiago Kovadloff l'emmena la
découvrir.
Ils
voyagèrent cap vers le sud.
Elle,
la mer, se trouvait au-delà de hautes dunes; elle attendait.
Quand
enfin l'enfant et son père atteignirent ces dunes de sable, après
une longue marche, la mer explosa devant leurs yeux. Et l'immensité
de la mer fut telle, tel son éclat que l'enfant resta muet de
beauté.
Et
quand, enfin, il réussit à parler, tremblant, bégayant, il demanda
à son père:
-
Aide-moi à regarder!
La
desmemoria /2
El
miedo seca la boca, moja las manos y mutila. El miedo de saber nos
condena a la ignorancia; el miedo de hacer, nos reduce a la
impotencia. La dictadura militar, miedo de escuchar, miedo de decir,
nos convirtió en sordomudos.
Ahora
la democracia, que tiene miedo de recordar, nos enferma de amnesia:
pero no se necesita ser Sigmund Freud para saber que no hay alfombra
que no
pueda
ocultar la basura de la memoria.
Le
manque de mémoire / 2
La
peur sèche la bouche, mouille les mains et mutile. La peur de savoir
nous condamne à l'ignorance; la peur de faire nous réduit à
l'impuissance. La dictature militaire, peur
d'écouter, peur de dire, nous transforma en sourds-muets.
Maintenant
la démocratie, qui a peur de se souvenir, nous rend malades
d'amnésie: mais il n'est pas besoin d'être Sigmund Freud pour
savoir qu'il n'existe aucun tapis qui ne peut cacher la poubelle de
la mémoire.
Traductions: Colo











