27 mai 2020

Oublis et souvenirs / Olvidos y recuerdos


Oubli

CARMINA CASALA         ( España, 1949 )

Oubli


J’ai oublié ton nom,
je ne me souviens pas
si tu t’appelais lumière ou lierre,
mais que je sais que tu étais eau
car mes mains tremblent quand il pleut.


J’ai oublié ton visage et tes cils
et ta peau où glissait ma bouche
quand nous tombâmes sous les cyprès
vaincus par le vent,
mais je sais que tu étais lune
car quand la nuit approche
mes yeux se brisent
de tant désirer te voir par la fenêtre.


J’ai oublié ta voix, et tes mots,
mais je sais que tu es musique
car quand les heures se dissolvent
dans les sources du sang
mon cœur te chante.
(Trad:Colo)



CARMINA CASALA         ( España, 1949 )
Olvido


Se me olvidó tu nombre,
no recuerdo
si te llamabas luz o enredadera,
pero sé que eras agua
porque mis manos tiemblan cuando llueve.

Se me olvidó tu rostro y tu pestaña
y tu piel por mi boca transitada
cuando caímos bajo los cipreses
vencidos por el viento,
pero sé que eras luna
porque cuando la noche se aproxima
se me rompen los ojos
de tanto querer verte en la ventana.

Se me olvidó tu voz, y tu palabra,
pero sé que eres música
porque cuando las horas se disuelven
entre los manantiales de la sangre
mi corazón te canta.

20 mai 2020

Prendre l'air / Tomar el aire

Tomás Sanchez Transcendencia  http://www.tomassanchez.com/ 

Invitation à l’air
 
Rafael Alberti

Ombre Je t’invite, à l’air.
Ombre de vingt siècles,
à la vérité de l’air,
de l’air, air, air.

Ombre qui jamais ne sors
de ta grotte, et qui ne rendit pas
au monde le souffle qu’en naissant
te donna l’air
l’air, l’air, l’air.

Ombre sans lumière, minière
des profondeurs
de vingt tombes, vingt
siècles vides sans air,
de l’air, air, air.

Ombre, aux sommets! Ombre,
de la vérité de l’air,
de l’air, air, air.
(Trad: Colo)

INVITACIÓN AL AIRE

-- de Rafael Alberti --
Te invito, sombra, al aire.
Sombra de veinte siglos,
a la verdad del aire,
del aire, aire, aire.
Sombra que nunca sales
de tu cueva, y al mundo
no devolviste el silbo
que al nacer te dio el aire,
del aire, aire, aire.
Sombra sin luz, minera
por las profundidades
de veinte tumbas, veinte
siglos huecos sin aire,
del aire, aire, aire.
¡Sombra, a los picos, sombra,
de la verdad del aire,
del aire, aire, aire!
 
Tomás Sanchez
Though-Cloud, 2017

L’Air
Gabriela Mistral

Ce qui passe et qui reste,
c’est l’Air, c’est l’Air,
et, sans bouche visible,
il te prend et t’embrasse, père aimant.
Aïe, nous le brisons sans le casser;
blessé il vole sans se plaindre,
et il semble emporter tout le monde
et, bienveillant, à tous il pardonne, l’Air...
(Trad:Colo)
EL AIRE
Gabriela Mistral
Esto que pasa y que se queda,
esto es el Aire, esto es el Aire,
y sin boca que tú le veas
te toma y besa, padre amante.
¡Ay, le rompemos sin romperle;
herido vuela sin quejarse,
y parece que a todos lleva
y a todos deja, por bueno, el Aire...

14 mai 2020

Le merle chanteur.../ El mirlo cantador


En ce printemps 2020, volent, sautillent quantité de merles. Principalement pour attraper au vol ou au sol, les petites dattes des palmiers. Ceci est préférable à l’attaque en règle des cerises ou des fraises!
Il existe tant et tant de chansons, poèmes, récits... sur les merles.
Je vous en propose quelques uns et j’aimerais bien que vous apportiez , si vous en avez envie, des souvenirs ou n’importe quoi relatif aux merles (et que j’ajouterais au billet).
En esta primavera del 2020, vuelan, dan saltitos gran cantidad de mirlos. Principalmente para atrapar al vuelo o en el suelo pequeños dátiles de las palmeras. ¡Mejor esto que un ataque en toda regla a las fresas o a las cerezas!
Existen tantas canciones, poemas, escritos, relatos...sobre los mirlos.
Os propongo algunos y me gustaría, si lo deseáis, que traigáis aquí recuerdos, poemas, lo que queráis en relación con los mirlos. Añadiré todo a la entrada.

Photo prise à Bruxelles, avril/mai 2020


D’abord quelques une des “Treize manières de regarder un merle” de Wallace Stevens.
Primero algunas de las “Trece maneras de mirar un mirlo” de Wallace Stevens.
I
Among twenty snowy mountains,
The only moving thing
Was the eye of the blackbird.
Entre veinte montañas de nieve,
La única cosa que se movía
Era el ojo del mirlo.
Dans vingt montagnes enneigées,
Une seule chose était en mouvement :
L’œil du merle noir.
IV
A man and a woman
Are one.
A man and a woman and a blackbird
Are one.



Un hombre y una mujer
Son uno.
Un hombre y una mujer y un mirlo
Son uno.



Un homme et une femme
Sont un.
Un homme et une femme et un merle noir
Sont un.



V
I do not know which to prefer,
The beauty of inflections
Or the beauty of innuendoes,
The blackbird whistling
Or just after.


No sé qué preferir,
La belleza de los acentos
O la belleza de las insinuaciones,
El mirlo silbando
O el instante después.


Je ne sais que préférer,
La beauté des inflexions
Ou la beauté des insinuations,
Le merle noir qui siffle
Ou tout de suite après.
XII

The river is moving.
The blackbird must be flying.
El río se estremece.
El mirlo estará volando.
La rivière est en mouvement.
Le merle noir ne peut qu’être en vol.


NB. Vous pouvez lire les Treize manières de regarder un merle, en anglais et français ici:
Podeís leer las Trece maneras de mirar un mirlo aquí:
https://circulodepoesia.com/2014/04/trece-maneras-de-mirar-un-mirlo-poema-de-wallace-stevens/
Photo prise à Bruxelles, avril/mai 2020





Nous avons bien sûr la belle ’”Histoire d’un merle blanc “de A. de Musset que vous pouvez lire en entier ici: https://fr.wikisource.org/wiki/Nouvelles_et_Contes_(Musset)/Histoire_d%E2%80%99un_merle_blanc
Tenemos la bonita Historia de un mirlo blanco, de A de Musset, lo podéis leer entero aquí:


Je termine en musique, bien que le merle ait beaucoup d’autres histoires...
Termino, aquí lo tenemos en música, aunque el mirlo tiene muchas otras historias,


À VOUS, (merci beaucoup)

Adrienne. "j'en avais un qui venait toujours près de moi quand je travaillais au potager, il savait que ça signifiait nombre de vers de terre avec lesquels se régaler, et je l'avais appelé Alfred, en l'honneur d'Alfred Brendel, parce qu'il était aussi bon musicien ;-)"

 Fifi


 

Dédé : "Il y avait un jeune merle qui venait se poser sur le bord de la fenêtre chez mes parents. Il apprenait à chanter. Mon Papa l'avait appelé Jérémie. Quand le merle arrivait, mon papa se mettait à siffler à l'intérieur. Le merle écoutait et ensuite sifflait à son tour. Après quelques semaines, mon Papa a décrété qu'il lui avait appris à bien siffler. En effet, Jérémie était devenu un as du chant mélodieux. ;-)

Tania:  "L'expression "merle blanc" est une jolie variante pour "oiseau rare".
Je suis heureuse, depuis le début de ce mois de mai, d'entendre à nouveau chanter un merle dans l'îlot. A Bruxelles, il se raréfie, d'après les dernières observations de Natagora, "conséquence probable de l’épidémie du virus Usutu" qui frappe certains oiseaux depuis trois ans (désolée pour cette note "en demi-teinte").
https://www.natagora.be/news/les-oiseaux-de-nos-jardins-une-annee-en-demi-teinte"

Edmée: "Moi je me souviens d'un jour de Pâques, ma mère attendait avec impatience que ses petits-enfants se lèvent pour chercher les œufs que nous avions cachés dans le jardin, mais il s'agissait de la famille ronfleurs, et un merle a trouvé un bel œuf emballé dans du papier argenté, l'a retourné, retourné, et puis l'a pris et s'est envolé. Nous avons ri toute la journée en pensant aux plumes chocolatées par la suite si le merle a couvé la proie de son désir..."

Anne Le Maître:  Poème écrit par elle.

Vous pouvez disposer

Ivre d’amour
et de printemps
le merle en habit de notaire
par son chant
fait lever le soleil
repeint la ville en rose
m’extirpe du sommeil

donne avec élégance
coup de grâce
à l’hiver

et congédie la nuit
d’un battement de trilles.

Puis d’un air affairé
s’en va dans l’herbe brune
mâchonner quelques vers.

Christian Wery : "...je retrouve deux photos de merles noirs , il s'agit d'une madame, pas vocalement aussi forte que le mâle mais travailleuse comme vous voyez....

C'était en juin 2013 : la nidification des merles va de mars à août. 
Elles sont reprises sur mon site photo (rubrique "oiseaux des parcs et jardins")  qui s'est un peu diversifié depuis... 


Zoë Lucider: "Je pense à Uccellacci e uccellini, le film de Pasolini, dans lequel François d'Assise voulait évangéliser les oiseaux.Il s'agissait de faucons (les grands oiseaux et de passereaux, les petits. Il n'y avait pas de merles, mais il font partie de la confrérie qu'il s'agit de convaincre de se conduire en frères -hélas, sans succès-."
NB: Voici une scène du film:

Aifelle:  "Et tu connais cette expression "siffle toujours beau merle", utilisée pour éconduire un dragueur qui n'a aucune chance ;-) ?"

La petite verrière: "J'apporte une toute petite pierre; mon grand-père, vrai homme des bois, disait " Quand le merle chante, l'hiver est fini !" Et dans ce domaine, mon grand-père avait toujours raison !"

Plumes d'anges: "Je t'apporte en pensées le chant des merles siffleurs que j'entendais petite fille chez mes grands parents, c'était un enchantement, peut-être est-il à l'origine de mon amour des oiseaux..."

K: "Ce matin au jardin un petit merle à l'allure bien sympathique s'affairait avec dextérité à récolter des brindilles. Il y a du nid dans l'air."

7 mai 2020

Par pure fantaisie / Por ultra fantasía



Que dirait-on? Alfonsina Storni

Que diraient les gens étroits d’esprit et désœuvrés,
Si un beau jour, par pure fantaisie,
Je me teignais les cheveux en argenté et violet,
Si je mettais une toge grecque, si je remplaçais mon peigne
Par un bourdalou de fleurs: myosotis ou jasmin,
Si je chantais dans les rues accompagnée par des violons;
Ou si je disais mes vers en parcourant les places
Laissant libre cours à mon goût pour les vulgaires bandeaux?

Viendraient-ils me regarder en s’attroupant sur les trottoirs?
Mes brûleraient-ils comme on a brûlé les sorcières?
Les cloches sonneraient-elles pour appeler les paroissiens à la messe?

En l’évoquant, je l’avoue, cela me fait un peu rire.


Traduction Monique-Marie Ihry

Éditions Cap de l’Etang
Le doux mal

p 160-161


Le poème, très joliment chanté par Isabel Parra



¿QUE DIRÍA? Alfonsina Storni



¿Qué diría la gente, recortada y vacía,
Si en un día fortuito, por ultra fantasía,
Me tiñera el cabello de plateado y violeta,
Usara peplo griego, cambiara la peineta
Por cintillo de flores: miosotis o jazmines,
Cantara por las calles al compás de violines,
O dijera mis versos recorriendo las plazas,
Libertado mi gusto de vulgares mordazas?


¿Irían a mirarme cubriendo las aceras?
¿Me quemarían como quemaron hechiceras?
¿Campanas tocarían para llamar a misa?

En verdad que pensarlo me da un poco de risa.






30 avr. 2020

Si doux et si tendres / Tan dulces y tan bellas


Le dernier recueil de poèmes d’Alfonsina Storni, traduits en français par Monique-Marie IHRY, et qui vient de paraître, est superbe d’émotions.
Le titre est “Le doux mal”; qu’il est doux l’amour à ses débuts, qu’il peut devenir amer par la suite…

Une variété de poèmes où, comme dans presque toute la poésie (la littérature aussi) sud-américaine, la nature est très présente.
Un enchantement.

Voici deux poèmes.

Deux mots

Cette nuit tu m’as dit à l’oreille deux mots
Ordinaires. Deux mots fatigués
D’être dits. Des mots
Qui, à force d’être anciens, deviennent nouveaux.
Deux mots si doux, que la lune 
Se dessinant entre les branches
S’est arrêtée dans ma bouche. Deux mots si doux
Que je n’essaye même pas de bouger pour enlever
La fourmi qui passe dans mon cou.
Des mots si doux
Que je dis sans le vouloir - oh, que la vie est belle! -
Si doux et si tendres
Qu’ils répandent des olives parfumées sur mon corps.

Si doux et si beaux
Que les doigts les plus longs de ma main droite
Bougent vers le ciel imitant des ciseaux.

Mes deux doigts aimeraient
Couper des étoiles.

Traduction: M-M Ihry

Le Paysage bleu, 1949 (gouache sur papier), Marc Chagall

Dos palabras

Esta noche al oído me has dicho dos palabras
Comunes. Dos palabras cansadas
De ser dichas. Palabras
Que de viejas son nuevas.

Dos palabras tan dulces que la luna que andaba
Filtrando entre las ramas
Se detuvo en mi boca. Tan dulces dos palabras
Que una hormiga pasea por mi cuello y no intento
Moverme para echarla.

Tan dulces dos palabras
?Que digo sin quererlo? ¡oh, qué bella, la vida!?
Tan dulces y tan mansas
Que aceites olorosos sobre el cuerpo derraman.

Tan dulces y tan bellas
Que nerviosos, mis dedos,
Se mueven hacia el cielo imitando tijeras.
Oh, mis dedos quisieran
Cortar estrellas.




L’or de la vie

De la corolle noire de la vie
Je fais souvent jaillir une petite étamine d’or.
Je féconde des fruits, je ferme le calice d’or,
Rit ma vie.

Je redeviens noire. Mais dans la nouvelle vie
Jaillit de nouveau la petite étamine d’or.
Rit ma vie
Lorsque viennent la toucher les papillons d’or.

Noirceur, ensuite l’or.
Précieux de la vie.

Traduction M-M Ihry

Alfonsina Storni

El oro de la vida

De la corola negra de mi vida
Suelo brotar, estambrecillo en oro.
Fecundo frutos, cierro el cáliz de oro,
Ríe mi vida.

Vuelvo a ser negra. Pero en nueva vida
Brota de nuevo estambrecillo en oro.
Ríe mi vida
Cuando la tocan mariposas de oro.

Negrura, luego el oro
Precioso de la vida.

 
LE DOUX MAL, Alfonsina Storni
Traduction de Monique-Marie Ihry
Éditions Cap de l’Etang

Merci.

25 avr. 2020

Vite! / ¡Rápido!


Serge Pey, né à Toulouse en 1950 de parents espagnols ayant fui le régime de Franco.
Nacido en Toulouse en 1950 de padres españoles, refugiados del régimen franquista.

Le trésor de la Guerre d’Espagne


Extraits de : Le linge et l’étendoir.

(Pour bien comprendre ces extraits il vous faut savoir que le linge était un signal pour les anti-franquistes cachés dans la montagne.)

Les voisins pensaient que ma mère était folle. Comment comprendre qu’elle étendait parfois le linge sur l’étendoir ou dans le champ, à même l’herbe, ou encore sur les branches des arbres ? Comment concevoir qu’elle le posait souvent à l’ombre ou en plein vent, maintenu par de gros cailloux, comme les points de ponctuation d’une phrase secrète?” 

_____________________________

“—Vite, enlève ta chemise et va l’étendre sur l’étendoir, ramène le linge qui reste. Vite… Dépêche-toi…
Je compris sa précipitation quand je vis, depuis notre jardin qui surplombait la route, une longue file de camions bleus de la gendarmerie.
Ainsi ma chemise faisait partie, elle aussi, d’une longue phrase. Elle était une lettre, peut-être un mot. J’étais fier. J’étais devenu une conjugaison, presque un verbe. J’existais dans le langage secret de ma mère, comme un mot important qu’elle n’avait encore jamais employé, puisque c’était la première fois qu’elle voulait laisser ma chemise seule sur l’étendoir. “

NB: Pour lire le magnifique chapitre entier “Le linge et l’étendoir”, c’est ici.
- Ce billet est réalisé "à quatre mains" avec Adrienne et sa traduction en néerlandais, passez chez elle!  
https://adrienne414873722.wordpress.com/2020/04/26/v-comme-vite-vlug

 




Dos extractos de La ropa y el tendedero

(Para entender estas lineas, hay que saber que la ropa era una señal de la madre para los anti-franquistas escondidos en la montaña)


Los vecinos pensaban que mi madre estaba loca. ¿Cómo entender que extendía la ropa a veces en el tendedero o en el campo, sobre la hierba, o en las ramas de los árboles? ¿Cómo concebir que a menudo la ponía en la sombra o al viento abierto, sostenido por unas piedras gordas, como los signos de puntuación de una frase secreta?”

_____________________________

-Rápido, quitate la camisa y ve a tenderla en el tendedero, trae la ropa que queda. Rápido...Date prisa.
Entendí su precipitación cuando vi, desde nuestro jardín que sobresalía de la carretera, un fila larga de camiones azules de la guardia civil.
Así mi camisa formaba parte, ella también, de una frase larga. Era una letra, tal vez una palabra. Estaba orgulloso. Me había convertido en una conjugación, casi un verbo. Yo existía en el lenguaje secreto de mi madre, como una palabra que, todavía, nunca había usado, ya que era la primera vez que quería dejar mi camisa sola en el tendedero.”
(Trad: Colo)

23 avr. 2020

Dans les rues de Barcelone / En las calles de Barcelona

C’est la seconde fois que Laurine Rousselet, poète, m’envoie un recueil de ses poèmes. Merci beaucoup!
Et un petit mot me disant que si je veux publier quelques vers sur mon blog, je peux y faire mon choix.

Ce choix est difficile. Elle se trouvait visiblement à Barcelona pendant les semaines d’insurrection indépendantistes,
En spectatrice elle déambule, est entraînée par la foule, entend les chants et les cris, visite la ville, et dans un style bien à elle, met tout cela en poème.
Peu à peu on est emporté par le rythme, très réussi, de ses mots et poèmes..

Es la segunda vez que la poetisa Laurine Rousselet me envía un libro de sus poemas. Muchas gracias!
Con una nota diciendo que si quiero puedo publicar unos versos en este blog, eligiendo lo que me gusta.

La elección es difícil. Ella se encontraba en Barcelona durante las insurrecciones independentistas.
Como espectadora deambula, se deja llevar por la muchedumbre, escucha las canciones y los gritos, visita la ciudad, y en un estilo muy propio, lo pone en versos y estrofas.
Poco a poco nos dejamos llevar por el ritmo, muy conseguido, de sus palabras, poemas.



Bribes de Barcelona.



l’itinérance au cœur tout change
la vitesse opère dans le corps
étrangère la rencontre triomphe
beauté perchée imaginaire lancé
le brouillard chante dans le dos

se promener dans Gràcia
Plaça de la Revolució Plaça de la Virreina
Carrer de Verdi jusqu’au Park Güell
toujours ce flottement perpétuel
parole réalité jouissance

demander à la peau d’attendre
blancheur secousses ferveur
jetée de cris
qui racontera l’histoire?

le petit matin remonte
dans les rues il y a brassage exposition
sourires signes de mains
courbes courses tressauts

la direction demeure de remonter vers le nord
Passeig de la Mare de Déu del Coll
vers la naissance
par deux fois le fleurissement

dans la circulation du Raval
regard étonnement proximité
la dissemblance des rues
Laurine Rousselet



Parc Güell*



la itinerancia en el corazón todo cambia
la velocidad opera en el cuerpo
extranjera el encuentro triunfa
belleza encaramada imaginario lanzado
la niebla canta en la espalda

pasearse por Gràcia
Plaça de ls Revolució de la Virreina
Carrer de Verdi hasta el parque Güell
y siempre esa vacilación perpetua
palabra realidad gozo

pedir a la piel que espere
blancura sacudidas fervor
gritos lanzados
quién contará la historia?

la madrugada sube
por las calles hay mezcla exposición
sonrisas signos de la mano
curvas carreras temblores

la dirección permanece subir hasta el norte
Passeig de la Mare de Déu del Coll
hacia el nacimiento
por dos veces la floración

en la circulación del Raval
miradas asombro proximidad
la disimilitud de las calles


(Trad: Colo)


Aujourd'hui c'est la San Jordi en Catalogne et ici, jour traditionnel où l'on offre une rose et un livre. Cette année hélas Les Ramblas seront vides...lisez ici  pour en savoir plus sur ce jour https://www.barcelona-tourist-guide.com/fr/evenements/sant-jordi/festival-de-la-sant-jordi-barcelone.html
*
*Foto: https://www.etsy.com/mx/listing/715342222/barcelona-parc-guell-art-print-parque?ref=review


19 avr. 2020

Lignes et couleurs / Lineas y colores

Derrière la maison / Detrás de casa.

Apaisant / Apaciguador



De gauche à droite: lavande, limonium, fenouil sauvage, aloe vera en fleur. et le reste...
De izquierda a derecha: lavanda, limonium, hinojo salvaje, aloe vera en flor, y el resto...



13 avr. 2020

La Talon de Fer", Jack London



Me voilà embarquée dans un exercice auquel je ne suis pas habituée: faire un billet sur un livre de mon choix mais d’un auteur précis, Jack London. Et ceci pour répondre à un challenge, celui de ClaudiaLucia.
Alors j’ai choisi “Le talon de fer”, roman fort éloigné de tout ce que j’avais lu de London.
Écrit en 1908, c’est l’histoire biographique du fictif Ernest Everhard, leader révolutionnaire aux États-Unis, capturé et assassiné en 1932 après une révolution ouvrière frustrée.


Le récit est écrit à la première personne, par Avis Cunningham, une jeune femme d’origine bourgeoise qui fait la connaissance d’Ernest, en tombe amoureuse (c’est réciproque) et découvre à travers lui la réalité misérable de la classe travailleuse, ouvrière aux États-Unis.

Je veux essayer de raconter simplement comment Ernest Everhard est entré dans ma vie, comment son influence sur moi a grandi jusqu’à ce que je sois devenue une partie de lui-même, et quels changements prodigieux il a opérés dans ma destinée ; de cette façon vous pourrez le voir par mes yeux et le connaître comme je l’ai connu moi-même, à part certains secrets trop doux pour être révélés.”

Les premiers chapitres analysent la réalité sociale aux États-Unis début XXºs., la pénétration des idées socialistes chez les ouvriers, la position complice du clergé avec l’oppression, l’immoralité de la bourgeoisie...L’objectif est la dénonciation du système d’exploitation capitaliste.
La position intellectuelle de J. London en faveur de la classe ouvrière est évidente ici.

C’est une femme amoureuse, admirative qui met son homme sur un piédestal, sans doute mérité.

Il se prodigua comme peu d’hommes l’ont fait, et toute sa vie ce fut pour les autres. Telle fut la mesure de sa virilité. C’était un humanitaire, un être d’amour. Avec son esprit de bataille, son corps de gladiateur, et son génie d’aigle, il était doux et tendre pour moi comme un poète. C’en était un, qui mettait ses chants en action.

Au-delà de l’histoire d’amour et de l’histoire politique, un futur dystopique y est décrit, à de nombreuses pages on se dit “mais oui, c’est ce qui est arrivé et arrive”!
London prédit dans ce roman l’imminente éclosion d’une guerre impérialiste (dans le roman entre les États-Unis et l’Allemagne) et comment de cette guerre surgit la première révolution socialiste triomphante (ici en Allemagne, non en Russie) et l’échec de l'insurrection prolétaire aux États-Unis. 

 

Cette lecture, à part peut-être un passage terrible et sanglant, m’a beaucoup intéressée, et m’a pas semblé ennuyeux du tout comme pourrait l’être un roman politique, car l’humain est au centre de tout le récit. Il fait réfléchir sur le présent (sans coronavirus!), le passé et le futur. Il nous laisse sur l’idée que la libération pour l’humanité du joug de l’exploitation est inévitable.
Quand?

9 avr. 2020

Eduardo Galeano, deux textes courts / Galeano, dos textos cortos

Eduardo Galeano, nous connaissons déjà cet écrivain Uruguayen, surtout pour son recueil de textes, souvent très courts, du "Livre des étreintes". 
Mais voici deux autres petits textes, lourds de sens, vous verrez.

Bajo el título “El miedo manda” , el uruguayo Eduardo Galeano denuncia en varios textos el uso del miedo como arma de poder.
 Aquí van dos, cortos. 



Sécurité   Eduardo Galeano

Elle nous vit, dormant. Dans le rêve d’Elena nous étions tous les deux à faire la queue, avec beaucoup d’autres passagers, dans un quelconque aéroport, car tous les aéroports sont plus ou moins les mêmes. Et chaque passager portait un oreiller sous le bras. En route vers une machine, qui nous attendait; les oreillers passaient sous la machine et la machine lisait les rêves de la nuit antérieure.

C’était une machine détectrice de rêves dangereux pour l’ordre public. 
(Trad:Colo)

Seguridad          Eduardo Galeano

Durmiendo nos vio. En el sueño de Elena estábamos los dos haciendo fila con muchos otros pasajeros en algún aeropuerto, quién sabe cual, porque todos los aeropuertos son más o menos todos iguales. Y cada pasajero llevaba una almohada bajo el brazo. Rumbo a una máquina, que nos esperaba, pasaban las almohadas bajo la máquina y la máquina leía los sueños de la noche anterior.
Era una máquina detectora de sueños peligrosos para el orden público.
 


Indices

On ne sait si cela s’est passé il y a un moment ou un siècle ou jamais.
À l’heure de se rendre à son travail un bûcheron découvrit qu’il lui manquait la hache.
Il observa son voisin. Le voisin avait tout à fait l’aspect d’un voleur de haches.
C’était clair: le regard, les gestes, la façon de parler.

Quelques jours plus tard le bûcheron trouva la hache qu’il avait perdue. Et quand il observa à nouveau son voisin, il constata qu’il n’avait rien d’un voleur de hache, ni dans le regard ni dans les gestes ni dans la façon de parler.
(Trad:Colo)


Indicios
No se sabe si ocurrió hace un rato o hace siglos o nunca.
A la hora de ir a trabajar un leñador descubrió que le faltaba el hacha.
Observó a su vecino. El vecino tenía todo el aspecto de un ladrón de hachas. Estaba claro: la mirada, los gestos, la manera de hablar.
Unos días después el leñador encontró el hacha que había perdido. Y cuando volvió a observar a su vecino, comprobó que no se parecía para nada a un ladrón de hachas, ni en la mirada ni en los gestos ni en la manera de hablar.

Note: 
Sous le titre “La peur commande” L’Uruguayen Eduardo Galeano dénonce dans plusieurs textes l’usage de la peur comme arme de pouvoir.
 Sur ce blog d'autres textes de E. Galeano.