15 avr. 2012

Voix féminines / Voces femeninas


Une voix poétique marocaine, une voix musicale espagnole.
Una voz poética marroquí, una voz musical española.
Trois billets pour six voix, c'est ce que je vous propose en vous avouant que je me fais réellement plaisir ; j'espère que vous le partagerez.
Des voix de femmes, jeunes, pleines de talent, émouvantes.
Tres entradas para seis voces, es lo que os propongo, confesando que es para mi mayor placer, y esperando que lo compartáis.
Voces de mujeres, jóvenes, llenas de talento, conmovedoras.

La première, Fatiha Morchid, pédiatre, romancière, poétesse, écrit en arabe et a été traduite en plusieurs langues, dont le français et l'espagnol, mais aussi le chinois, le néerlandais, l'allemand...ce qui est amusant sur son site, c'est que les poèmes traduits diffèrent selon les langues.
Allez-y faire un tour, c'est beau et intéressant, ici.
Les poèmes que j'ai choisis sont sur son site, la traduction en français a été réalisée par Touria IKBAL.

La primera, Fatiha Morchid, pediatra, novelista, poeta escribe en árabe y ha sido traducida en varios idiomas, entre otros el chino, el holandés, alemán...lo interesante, lo podéis ver en su website, es que los poemas traducidos son distintos según los idiomas .
Los poemas elegidos están en su página web y yo los he traducido al español.


Pour que je vive

De la libido
du temps
fugace
je chaparde
un frisson

pour ne pas mourir
de sérénité

Para que yo viva
De la libido
del tiempo
fugaz
robo
un estremecimiento
Para no morir
de serenidad
(trad. Colo)

Je désire violemment
L’arrogance des doigts
Qui ramasseraient mes fragments
Du bric-à-brac du temps
Coloreraient mes paupières
De la mémoire des cendres
Et planteraient des clous
Grains de beauté
Sur l’immaculé

Deseo violentamente
La arrogancia de unos dedos
Que recogerían mis fragmentos
Del aquí y allá del tiempo
Colorearían mis párpados
De la memoria des las cenizas
Y plantarían clavos
Pecas
En lo inmaculado
(Trad: Colo)

Te voici
Chahutant l’espace
Par ton absence
Bruyante

Aquí estás
Alborotando el espacio
Por tu ausencia
Ruidosa

Et la voix? Celle de la jeune soprano Nuria Rial.
Dans Teatro d'Amore de Monteverdi, en duo avec Philippe Jaroussky, elle est sublime ! J'ai choisi la partie 2 d'un total de 6, vous trouverez les autres sur Youtube si, comme moi, vous tombez sous le charme.

¿Y la voz ? La de la joven soprano Nuria Rial.

En Teatro d'Amore de Monteverdi, a dúo con Philippe Jaroussky, es sublime ! Elegí la parte 2 de un total de 6, encontrareis las otras en Youtube si, como yo, como a mi, os atrapa el encanto.

Hélder (merci à vous) m'envoie ce lien sur un site Nuria Rial: http://www.videbis-hosting.de/Nuria/

10 avr. 2012

Âges et légende du figuier / Edades y leyenda de la higuera



Comme le jeune figuier

Miguel Hernández


Comme le jeune figuier
des ravins tu étais.
Et quand je passais
tu résonnais dans la sierra.


Comme le jeune figuier,
resplendissant et aveugle.
Tu es comme le figuier.
Comme le vieux figuier.


Je passe, et me saluent
silence et feuilles sèches.
Tu es comme le figuier
que la foudre a vieilli.

(Trad: Colo)

COMO LA HIGUERA JOVEN.

MIGUEL HERNÁNDEZ

Como la higuera joven
de los barrancos eras.
Y cuando yo pasaba
sonabas en la sierra.


Como la higuera joven,
resplandeciente y ciega.
Como la higuera eres.
Como la higuera vieja.


Y paso, y me saludan
silencio y hojas secas.
Como la higuera eres
que el rayo envejeciera.


Si le figuier de Barbarie porte de magnifiques fleurs, le figuier tout court, lui, ne montre que des fruits; d'abord minuscules, ils s'arrondissent au fil du temps. J'ignorais que la fleur se développe dans une sorte de capsule qui devient de plus en plus charnue: la figue. La fleur est le fruit si vous me suivez.

Mientras que las higueras chumberas tienen unas flores magníficas, las higueras "a secas" solo enseñan frutos; primero minúsculos, se redondean con el tiempo. Ignoraba que la flor se desarrolla en una especie de cápsula que se hace cada vez más carnosa: el higo. O sea que el fruto es la flor, ¿me seguís?

Est-ce à cause de la couleur foncée de ses feuilles, de ses branches qui touchent presque le sol et donnent une ombre très sombre, de son odeur grave, presque asphyxiante, ou d'une origine religieuse qu' il paraît qu'il ne fait pas toujours bon séjourner sous cet arbre.

"Le diable emportera ceux qui dorment sous le figuier" dit-on.

¿Será por el color oscuro de sus hojas, por sus ramas que casi tocan el suelo y dan una sombra opaca, por su olor grave, casi asfixiante, o por un origen religioso?, parece que no es siempre bueno quedarse bajo ese árbol.

"A la sombra de la higuera, ni te sientes, ni duermas"


Le désir de voir cet arbre fleurir est tel que voici une légende qui circule au Chili et en Argentine, peut-être aussi ailleurs.

Tal es el deseo de ver florecer ese árbol que he aquí una leyenda que circula por Chile, Argentina y por otras partes del mundo tal vez.

La veille de la Saint Jean, exactement à minuit, apparaît sur le figuier une unique fleur blanche qui ne dure qu'instant. Cette apparition peut être précédée de grognements, de bruits effroyables, du diable même. Si vous ne craignez rien de tout cela et voulez bonheur et chance pour la vie entière, il vous faut monter au sommet de l'arbre, cueillir la belle et vous la mettre sur la poitrine.

Une autre version, très populaire en Argentine semble-t-il, raconte qu'il faut s'enrouler nu dans un drap blanc sous un figuier la nuit du 24 décembre à minuit. La fleur apparaîtra en même temps que Lucifer en personne.

Rien que ça.

La víspera de San Juan, a las doce exactamente, aparece sobre la higuera una única flor blanca que sólo dura un instante. Esa aparición puede ser precedida de gruñidos, de ruidos espantosos, incluso del diablo. Si no teméis nada de eso y queréis felicidad y suerte para la vida entera, hay que subirse a la cumbre del árbol, coger la flor y ponérsela en el pecho.

Otra versión, al parecer muy popular en Argentina, cuenta que hay que envolverse desnudo en una sábana blanca debajo de una higuera la noche del 24 de Diciembre a medianoche. Aparecerá la flor a la vez que Lucifer en persona.

Simplemente.

Couleur, odeur, fleur du figuier....merci Gérard pour cette ombre bleue.


4 avr. 2012

Perplexité / Perplejidad

Pour le chat ou pour le rat?
¿Para el gato o para la rata?

(Photo d'un pailler, au bord d'une petite route, prise ce 4 avril près de mon village - Foto de un pajar, al borde de una carreterita, sacada cerca de mi pueblo)

La belette



31 mars 2012

Jordi Savall, un concert / un concierto


La musique n'existe que quand on la chante, on la joue. S'il y a un art qui ne peut avoir de musée, c'est la musique. Elle est toujours vivante. “ Jordi Savall

La música existe sólo cuando se canta, se toca. Si hay un arte que no puede tener un museo es la música. Ésta es siempre viva “Jordi Savall


Vous vous souvenez, car vous avez bonne mémoire, du billet publié au début du mois sur Arianna Savall où il était bien sûr également question de son père, Jordi Savall.

Suite à sa publication m'arrive de la Cité de la Musique de Paris l'information suivante:

Nous avons le plaisir d'accueillir le 11 avril Jordi Savall & Lux Feminae dans le cadre du cycle "Passions, le sang du Christ". Le musicien explore les représentations animales du divin aux origines du christianisme.Vous trouverez plus d'informations sur ce concert à l'adresse suivante : http://citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=11546 »


Os acordáis, porque tenéis buena memoria, que a principios de mes publiqué una entrada sobre Arianna Savall, mencionando, claro está, a su padre Jordi Savall.

Después de su publicación me llega de la Cité de la Música de París la información siguiente:

«Tenemos el gusto de acoger el día 11 de Abril a Jordi Savall & Lux Feminae en el cuadro del ciclo “Pasiones, la sangre de Cristo”. El músico explora las representaciones animales de lo divino en los orígenes del cristianismo. Más información está disponible en la dirección siguiente: http://citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=11546 »


Que ce serait bien un petit séjour à Paris !

Si je n'habitais si loin et sur une île, je me précipiterais à ce concert de musiques des XII et XIIIº s. ; de plus je ne connais pas encore la Cité de la Musique.

Mais vous, vous serez peut-être dans les environs à cette date?

Si no viviera tan lejos y en una isla, me precipitaría a este concierto de música de los siglos XII y XIII; además no conozco todavía la Cité de la Musique, pero ¿tal vez os encontraréis por allí en esta fecha?


Si vous vous trouvez ailleurs qu'à Paris, des concerts sont programmés dans d'autres villes, voici le programme:

Si os encontráis en otro lugar de Francia, unos conciertos están programados en otras ciudades.


Dans un tout autre genre, juste pour le plaisir: Folías de España

En otro estilo y solo por el placer: Folías de España.



24 mars 2012

Un si profond malaise / Un malestar tan profundo




-->
Je me souviens des noirs matins du soleil
Quand j'étais fillette
Recuerdo las negras mañanas de sol
Cuando era niña

La poésie d'Alejandra Pizarnik est faite de silences, de miroirs, d'ombres inquiétantes, de jardins, de murs fissurés, de blessures mortelles...
Comme le dit Angèle Paoli (Terres de femmes – poèmes en espagnol) dans un superbe texte, tout en délicatesse et nuances, on s'attache à ses mots et essaye de trouver où se raccrocher, une lueur.
Curieux qu'elle soit si peu connue par ici, elle qui est presque vénérée en Argentine. Alejandra a pourtant passé plusieurs années de sa vie à Paris et a traduit Bonnefoy, Artaud, Michaux et Aimé Césaire.
Peut-être effraye-t-elle trop?
Vous trouverez sa biographie, des poèmes en français et une excellente analyse de ses mots sur le blog Esprits Nomades.

Alors j'ai cherché une lueur, j'en ai trouvé une dans l'érotisme.

AMANTES
Una flor
no lejos de la noche
mi cuerpo mudo
se abre
a la delicada urgencia del rocío
De "Los trabajos y las noches" 1965

Amants
Une fleur
pas loin de la nuit
mon corps muet
s'ouvre
à la délicate urgence de la rosée.
(Traduction: Colo)

Plus sombres ces mots extraits d'un de ses recueils, “L'arbre de Diane”.
Más oscuras, estas palabras de uno de sus libros “El árbol de Diana”.

7Salta con la camisa en llamas
de estrella a estrella,
de sombra en sombra.
Muere de muerte lejana
la que ama al viento.

Saute la chemise en feu
d'étoile en étoile,
d'ombre en ombre.
Meurt de mort lointaine
celle qui aime le vent.

11

ahora
en esta hora inocente
yo y la que fui nos sentamos
en el umbral de mi mirada.

maintenant
en cette heure innocente
moi et celle que je fus nous asseyons
sur le seuil de mon regard.

37
más allá de cualquier zona prohibida
hay un espejo para nuestra triste transparencia

au-delà de toute zone interdite
il y a un miroir pour notre triste transparence.

Et quelques vers d'un poème.
Exilio
Exil

A Raúl Gustavo Aguirre

(...)
¿Y quién no tiene un amor?
¿Y quién no goza entre amapolas?
¿Y quién no posee un fuego, una muerte,
un miedo, algo horrible,
aunque fuere con plumas,
aunque fuere con sonrisas?
Siniestro delirio amar a una sombra.
La sombra no muere.
Y mi amor
sólo abraza a lo que fluye
como lava del infierno:
(...)
Et qui n'a un amour?
Et qui ne jouit parmi les coquelicots?
Et qui ne possède un feu, une mort,
une peur, quelque chose d'horrible,
même s'il y a des plumes,
même s'il y a des sourires?
Sinistre délire que d' aimer une ombre.
L'ombre ne meurt.
Et mon amour
n'embrasse que ce qui coule
comme lave de l'enfer: (…)
(Trad: Colo)

Pour terminer, cet extrait d'une interview d'Alejandra qui donne un éclairage supplémentaire à cette personnalité si particulière et émouvante.
 
Para terminar, ese extracto de una entrevista a Alejandra que da un luz más a esta personalidad tan particular y conmovedora.
A.P. - Entre otras cosas, escribo para que no suceda lo que temo; para que lo que me hiere no sea; para alejar al Malo (cf. Kafka). Se ha dicho que el poeta es el gran terapeuta. En este sentido, el quehacer poético implicaría exorcizar, conjurar y, además, reparar. Escribir un poema es reparar la herida fundamental, la desgarradura. Porque todos estamos heridos.

AP- Entre autres choses j'écris pour que n'arrive pas ce que je crains; pour que ce qui me blesse ne soit pas; pour éloigner le Malin (cfr Kafka). On a dit que le poète est le grand thérapeute. En ce sens, l'affaire poétique impliquerait exorciser, conjurer et, de plus, réparer. Écrire un poème est réparer la blessure fondamentale, la déchirure. Car nous tous sommes blessés.

M.I.M. - (…) creo, casi con certeza, que el viento es uno de los principales autores de la herida, ya que a veces se aparece en tus escritos como el gran lastimador.*
M.I.M.- (…) je crois, je suis presque certaine, que le vent est l'un des principaux auteurs de la blessure, car il apparait parfois dans tes écrits comme le grand “blesseur”.

A.P. - Tengo amor por el viento aun si, precisamente, mi imaginación suele darle formas y colores feroces. Embestida por el viento, voy por el bosque, me alejo en busca del jardín.
A.P: – J'ai de l'amour pour le vent même si, précisément, mon imagination lui donne souvent des formes et couleurs féroces. Agressée par le vent, je vais dans les bois, je m'éloigne à la recherche du jardin.

M.I.M.- ¿En la noche?
A.P. - Poco sé de la noche pero a ella me uno. Lo dije en un poema: Toda la noche hago la noche. Toda la noche escribo. Palabra por palabra yo escribo la noche.*

M.I.M. - La nuit?
A.P. Je sais peu de la nuit mais je m'unis à elle. Je l'ai dit dans un poème: Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit.

M.I.M.- En un poema de adolescencia también te unís al silencio.
A.P. - El silencio: única tentación y la más alta promesa. Pero siento que el inagotable murmullo nunca cesa de manar (...). Por eso me atrevo a decir que no sé si el silencio existe.
M.I.M.- Dans un poème d'adolescence tu t'unis aussi au silence.
A.P.- Le silence: unique tentation et la plus haute promesse. Mais je sens que l'inépuisable murmure jamais ne cesse de surgir. (…) . C'est pour cela que j'ose dire que je ne sais si le silence existe.

Entrevista a Alejandra Pizarnik (extracto)
Por Marta Isabel Moia [*]

Entrevista de Martha Isabel Moia, publicada en El deseo de la palabra, Ocnos, Barcelona, 1972.

21 mars 2012

Repos de l'esprit / Descanso de la mente

Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

Guillaume Apollinaire, recueil Alcools (extrait)







Alguien bosteza

ruidosamente. Fuera,
una amapola.

Haïku de Eduardo Moga


Quelqu'un baille
bruyamment. Dehors,
un coquelicot

Haïku de Eduardo Moga
(Trad. Colo)


Mais en tête, au cours de la semaine, des enfants; ceux qui rient et courent dans les trains, ceux qui disparaissent tragiquement.
Pero en mente, en el curso de la semana, niños; los que se ríen y corren el los trenes, los que desaparecen trágicamente.

Une femme et sa fillette chantent dans un train, merci Hélder


11 mars 2012

Conserver la joie / Conservar la alegría


Isadora Duncan


«Es en mi corazón el goce tanto
que si yo intento convertirlo en llanto
la risa saltará sobre mi boca.»

Alegría Stella Sierra (extrait-extracto)

«Dans mon cœur le plaisir est tel
que si je tente de le transformer en pleurs
le rire sautera sur ma bouche. »
(trad:Colo)

Jean Housen © Musée en Plein Air du Sart-Tilman

La joie de vivre, Rick Wouters

Premières fleurs, rayons de soleil, musiques énergiques et joyeuses, mots d'amour, lectures réjouissantes... voilà de quoi sourire en lisant vos blogs.

Me réjouir aussi de réaliser un petit tour hors de mon île.

Repos à l'odeur amicale.

Odeur de trains.


Primeras flores, rayos de sol, músicas enérgicas y alegres, palabras de amor, lecturas alentadoras, mucho para sonreír al leer vuestros blogs.

Alegrarme también por dar una vueltita fuera de mi isla.

Descanso con olor amistoso.

Olor a trenes.

À très bientôt, chantonnez tout bas ou à tue-tête, mais surtout dorlotez-vous ; les temps sont durs.

Hasta muy pronto, canturread por bajo o a voz en grito, pero sobre todo cuidaros mucho por esos tiempos duros.

Photo 1; Isadora Duncan:http://cliketclak.skynetblogs.be/archive/2010/01/04/la-joie-de-vivre.html

Photo 3: peinture étrusque

Photo 4: http://escueladepercusionesdeleon.blogspot.com/2011/12/lo-mas.html


5 mars 2012

La voix et les mains/ Arianna Savall / La voz y las manos

C'est l'amour des voix, la recherche de voix féminines espagnoles actuelles, qui m'ont incitée à demander des conseils musicaux à Hélder, un tout grand merci à vous, et à vous parler aujourd’hui d'Arianna Savall. Je vous recommande de visiter son site.

L'écouter jouer de la harpe et chanter est un rêve qui emporte âme et esprit dans un monde, souvent baroque, toujours au-delà du présent. On parle d'elle comme d'une fée à la voix d'ange. Je vous laisse juges…

Fille du célèbre Jordi Savall et de la magnifique soprano Montserrat Figueras, son frère, Ferran Savall, est également musicien et chanteur.

Chez Hélder un très bel hommage à Montserrat, ici.

Dans les nuages d'Armando également: clic!

Ensemble ils ont enregistré un album intitulé «Du temps et de l'instant» dont vous pouvez écouter un (fort long mais superbe) extrait ici:(à la minute 17.50 une chanson mère-fille-fils-père à ne pas rater!)

Es el amor por la voz, la búsqueda de voces femeninas españolas actuales lo que me ha incitado a pedir consejos musicales a Hélder, se lo agradezco enormemente, y a hablaros hoy de Arianna Savall. Os recomiendo visitar su website.

Escucharle tocar el harpa y cantar es un sueño que lleva alma y espíritu a un mundo, a menudo barroco, siempre más allá del presente. Se habla de ella como de un hada con voz de ángel. Os dejo juzgar...

Hija del celebre Jordi Savall y de la magnífica soprano Montserrat Figueras, su hermano, Ferran Savall, es también músico y cantante.

En el blog de Hélder, un precioso homenaje a Montserrat, aquí.

Juntos han grabado un álbum titulado “Du temps et de l'instant”, aquí podéis escuchar un (muy largo pero precioso) extracto; (en el minuto 17.50 una canción madre-hija-hermano y padre, no os lo perdáis)


Pour compléter le tableau vous dire que son compagnon est le ténor et musicien Petter Udland Johansen avec lequel elle créa en 2009 la formation Hirundo Maris, spécialisée dans la musique ancienne et la création.

Para completar el cuadro, deciros que su compañero es el tenor y músico Petter Udland Johansen con el cual creó en 2009 la formación Hirundo Maris, especializada en música antigua y la creación.



Para terminar (muy a pesar mío) os dejo con Ánima Nostra

Pour terminer (à grand regret) je vous laisse avec Ánima Nostra:



29 févr. 2012

"Oubliés" sur l'île de Cabrera / "Olvidados" en la isla de Cabrera

À 15km du sud de l'île de Majorque, l'archipel de Cabrera dont l'île la plus grande du même nom est un havre de paix et de beauté.

Grâce à l'occupation militaire depuis 1916, il n'y a là âme qui vive, pas de touristes non plus. De plus cette mini île de 15,69km2 a été déclarée en 1991 Parque Nacional Maritimo Terrestre.

Flore et faune endémiques, magnifiques, il faut demander la permission pour s'y rendre, – au maximum une journée – et bien sûr la chasse et la pêche y sont interdites. Un paradis.

A unos 15km al sur de la isla de Mallorca, el archipiélago de Cabrera y la isla mayor del mismo nombre es un remanso de paz y belleza.Gracias a la ocupación militar a partir de 1916, no hay allí alma viva ni turistas. Además esa mini isla de 15,69km2 fue declarada en 1991 Parque Nacional Marítimo y Terrestre. Flora y fauna endémicas, magníficas, hay que pedir permiso para pasar un día allí y, claro está, la pesca y la caza están prohibidos. Un paraíso.

Et rien, ou presque, ne laisse deviner la «tragédie inhumaine» qui s'y déroula pendant les cinq ans où l'île fut transformée en prison, «le premier camp de concentration de l'Histoire». Les prisonniers, sans prison ni barreaux, étaient des grognards, soldats français de l'armée de Napoléon. Voici le récit, en grandes lignes de cinq ans en enfer.

Y nada, o casi, deja adivinar la “tragedia inhumana” que tuvo lugar allí durante los cinco años donde la isla fue trasformada en cárcel “el primer campo de concentración de la Historia”. Los presos, sin cárcel ni barrotes, eran "grognards", soldados franceses del ejército de Napoleón. Aquí el relato, en grandes lineas, de cinco años en el infierno.


Après la défaite de l'armée française lors de la bataille de Bailén (guerre d'Indépendance Espagnole 1808), plus ou moins 18.000 soldats français furent faits prisonniers. Les plus haut gradés furent renvoyés (et fort mal reçus par Napoléon!) en France; 4.000 furent embarqués pour les îles Canaries où ils s'intégrèrent peu à peu aux habitants et le reste, 9.000...ah, les malheureux!

En principe ils allaient être envoyés en France, échangés contre des prisonniers espagnols, mais ceci ne se fit pas (en partie à cause des Anglais) et ils restèrent d'abord confinés dans des bateaux au large de Cadix (maladies à bord, ...), puis ils partirent enfin: espoir de revoir leur pays.

Mais hélas leur voyage se terminera aux Baléares. Mallorca ne voulut pas d'eux, prétextant un manque d'infrastructures pour les accueillir; les Anglais qui occupaient Menorca non plus, alors on les abandonna sur l'île de Cabrera, l'île aux chèvres.

Después de la derrota del ejército francés en la batalla de Bailén (guerra de Independencia española 1808), unos 18.000 soldados franceses fueron hechos presos. Los de mayor rango fueron devueltos (¡y muy mal acogidos por Napoleón!) a Francia; 4.000 fueron embarcados para las islas Canarias donde se integraron poco a poco a la población y el resto, 9.000...¡pobres desgraciados!

Se suponía que se les iba a llevar a Francia e intercambiar por presos españoles, pero eso no se hizo (en parte por culpa de los Ingleses) y se quedaron primero hacinados en unos buques a lo largo de Cádiz (enfermedades a bordo...), y por fin zarparon: esperanza de volver a su país.

Pero por desgracia acabaron en Baleares. Mallorca no les quiso, alegando falta de infraestructuras para acogerlos; los Ingleses que ocupaban Menorca tampoco los quiso, entonces se decidió abandonarlos en la isla de Cabrera, la isla de las cabras.

Beaucoup étaient déjà atteints de dysenterie et l'euphorie de se retrouver en terre ferme disparut rapidement en découvrant le manque quasi total de ressources en eau douce et nourriture.

En principe un bateau venant de Majorque devait les ravitailler tous les quatre jours, mais suite à de nombreuses péripéties, ils ont été très souvent «oubliés», une fois même pendant deux mois, sur leur île-prison.

Folie, famine, tous les maux imaginables et inimaginables comme, semble-t-il le cannibalisme et la coprophagie, s'emparèrent des prisonniers au cours des cinq ans que dura cet enfer.

Car ce n'est qu'en 1814 et grâce à la signature d'un traité de paix que les quelque 3.000 survivants furent rapatriés.

Et certains ont raconté.

Muchos de ellos padecían disentería y la euforia de encontrarse en tierra firme desapareció rápidamente al descubrir la carencia casi total de recursos en agua dulce y comida.

En principio un barco procedente de Mallorca debía abastecerles cada cuatro días, pero debido a diversas peripecias, eran “olvidados”, una vez incluso durante dos meses, en su isla-cárcel.

Locura, hambruna, todos los males imaginables e inimaginables como, parece ser, el canibalismo y la coprofagia, se apoderaron de los presos en el curso de los cinco años que duró aquel infierno.

Sólo fue en 1814 gracias a la firma de un tratado de paz que los 3.000 sobrevivientes fueron repatriados.

Y algunos han contado.











NB: Les chiffres de prisonniers cités varient d'une source à l'autre et je me suis limitée à vous raconter ce mortel cauchemar de façon très succincte, mais vous pourrez lire l'histoire en détails à diverses adresses, par exemple :

http://lesapn.forumactif.fr/t7352-les-grognards-de-cabrera

http://desaix.unblog.fr/2007/11/10/page-sombre-au-coeur-de-lepopee-napoleonienne/

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-31853181.html


NB: Las cifras de presos varían según las fuentes y me he limitado a contar esa mortal pesadilla de manera muy sucinta, pero podéis leer la historia con todo detalles en varios sitios, por ejemplo:

http://historiasdelahistoria.com/2011/01/21/memorias-de-un-prisionero-frances-en-la-isla-de-cabrera/

http://abelgalois.blogspot.com/2007/03/lost-en-cabrera-el-cementerio-de-los.html


23 févr. 2012

Le fleuve de la musique/ O.Paz III / El río de la música

Deux semaines qu'on ne se quitte plus ; jours et nuits ses vers, ses mots occupent mon esprit, mes yeux s'attachent au rythme de ses poèmes. Je l'ai laissé m'envahir pour mieux le traduire.

Puis il faut choisir, ne pas vous submerger sous trop de couches, souvent transparentes il est vrai, mais tout lasse...

Voici donc le troisième et dernier billet (pour le moment!) : des mots d'Octavio Paz (1914-1998), Prix Nobel en 1990

Hace dos semanas que convivimos ; días y noches sus versos, sus palabras ocupan mi mente, mis ojos se fijan en el ritmo de sus poemas. Le dejé invadirme para traducirle mejor.

Ahora se trata de elegir, no sumergiros bajo demasiadas capas, a menudo transparentes es cierto, pero todo cansa....

Aquí va el tercer y último post (¡por el momento!): palabras de Octavio Paz (1914-1998). Premio Nobel 1990.


Concert dans le jardin

Il a plu.
L'heure est un œil immense.
En elle nous marchons comme des reflets.
Le fleuve de la musique
entre dans mon sang.
Si je dis: corps, il répond: vent.
Si je dis: terre, il répond: où?

Fleur double, le monde s'ouvre:
tristesse d'être venu,
joie d'être ici.

Je suis perdu en mon propre centre.

(Trad:Colo)

Fatima el Hajj "Les jardins de l'âme"

CONCIERTO EN EL JARDIN

Octavio Paz

Llovió.

La hora es un ojo inmenso.

En ella andamos como reflejos.

El río de la música

entra en mi sangre.

Si digo: cuerpo, contesta: viento.

Si digo: tierra, contesta: ¿dónde?


Se abre, flor doble, el mundo:

tristeza de haber venido,

alegría de estar aquí


Ando perdido en mi propio centro.

Merci à Autourdupuits qui m'a envoyé le lien suivant, écoutez c'est fort beau: d'Octavio Paz.