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10 juin 2015

Des plantes si étranges / Plantas tan extrañas



D'abord il y a cette plante, Tillandsia, qui vit de l'air, rien de plus. Difficile à

croire, mais quand je suis arrivée ici je voyais partout des boules vertes 

comme celles-ci. 

Primero hay esta planta, Tillandsia, que vive nada mas que del aire. Resulta

difícil creerlo pero cuando llegué aquí, veía por doquier bolas verdes como

esta.


(clic sur les photos) 


Tillandsia

Une voisine m'en donna un "morceau" il y a longtemps; depuis j'en ai offert

beaucoup. J'ai une chance: la mienne fleurit presque chaque année. Il parait

qu'il n'y a que les femelles qui, au printemps, s'ornent de ces superbes fleurs.
 
En général elles sont suspendues dans les patios, chez moi elle se trouve collée

au tronc de la vigne qui recouvre la terrasse.


Tillandsia en fleur 


Una vecina me dio un "trozo" hace tiempo; desde entonces regalé muchos.

Tengo suerte, la mía florece casi cada año. Parece ser que sólo las hembras se

adornan de esas preciosas flores en primavera.

A menudo cuelgan en los patios, en mi casa está pegada a la parra que cubre

la terraza.

 


Ensuite il y a "mon" Cycas Revoluta. Celui-là je ne le comprendrai jamais;

quand et pourquoi il décide de faire des nouvelles pousses est un mystère.

Toujours est-il que cette année, quelques jours avant nos élections locales et

régionales, il y a eu une poussée en force. Loin de m'indigner de son long

silence, j'ai observé attentivement le développement de ces nouvelles "palmes"

qui ont maintenant atteint la hauteur de leurs congénères.


Cycas Revoluta

Luego está "mi" Cycas Revoluta. A ese nunca le comprenderé; cuándo y por

qué se decide en hacer nuevos brotes, es un misterio. Pero este año, unos días 

antes de las elecciones locales y regionales, hubo un fuerte empujón. Lejos de

indignarme por su largo silencio, observé atentamente el desarrollo de esas

nuevas "palmas" que han alcanzado ahora la altura de sus congéneres.

10 avr. 2012

Âges et légende du figuier / Edades y leyenda de la higuera



Comme le jeune figuier

Miguel Hernández


Comme le jeune figuier
des ravins tu étais.
Et quand je passais
tu résonnais dans la sierra.


Comme le jeune figuier,
resplendissant et aveugle.
Tu es comme le figuier.
Comme le vieux figuier.


Je passe, et me saluent
silence et feuilles sèches.
Tu es comme le figuier
que la foudre a vieilli.

(Trad: Colo)

COMO LA HIGUERA JOVEN.

MIGUEL HERNÁNDEZ

Como la higuera joven
de los barrancos eras.
Y cuando yo pasaba
sonabas en la sierra.


Como la higuera joven,
resplandeciente y ciega.
Como la higuera eres.
Como la higuera vieja.


Y paso, y me saludan
silencio y hojas secas.
Como la higuera eres
que el rayo envejeciera.


Si le figuier de Barbarie porte de magnifiques fleurs, le figuier tout court, lui, ne montre que des fruits; d'abord minuscules, ils s'arrondissent au fil du temps. J'ignorais que la fleur se développe dans une sorte de capsule qui devient de plus en plus charnue: la figue. La fleur est le fruit si vous me suivez.

Mientras que las higueras chumberas tienen unas flores magníficas, las higueras "a secas" solo enseñan frutos; primero minúsculos, se redondean con el tiempo. Ignoraba que la flor se desarrolla en una especie de cápsula que se hace cada vez más carnosa: el higo. O sea que el fruto es la flor, ¿me seguís?

Est-ce à cause de la couleur foncée de ses feuilles, de ses branches qui touchent presque le sol et donnent une ombre très sombre, de son odeur grave, presque asphyxiante, ou d'une origine religieuse qu' il paraît qu'il ne fait pas toujours bon séjourner sous cet arbre.

"Le diable emportera ceux qui dorment sous le figuier" dit-on.

¿Será por el color oscuro de sus hojas, por sus ramas que casi tocan el suelo y dan una sombra opaca, por su olor grave, casi asfixiante, o por un origen religioso?, parece que no es siempre bueno quedarse bajo ese árbol.

"A la sombra de la higuera, ni te sientes, ni duermas"


Le désir de voir cet arbre fleurir est tel que voici une légende qui circule au Chili et en Argentine, peut-être aussi ailleurs.

Tal es el deseo de ver florecer ese árbol que he aquí una leyenda que circula por Chile, Argentina y por otras partes del mundo tal vez.

La veille de la Saint Jean, exactement à minuit, apparaît sur le figuier une unique fleur blanche qui ne dure qu'instant. Cette apparition peut être précédée de grognements, de bruits effroyables, du diable même. Si vous ne craignez rien de tout cela et voulez bonheur et chance pour la vie entière, il vous faut monter au sommet de l'arbre, cueillir la belle et vous la mettre sur la poitrine.

Une autre version, très populaire en Argentine semble-t-il, raconte qu'il faut s'enrouler nu dans un drap blanc sous un figuier la nuit du 24 décembre à minuit. La fleur apparaîtra en même temps que Lucifer en personne.

Rien que ça.

La víspera de San Juan, a las doce exactamente, aparece sobre la higuera una única flor blanca que sólo dura un instante. Esa aparición puede ser precedida de gruñidos, de ruidos espantosos, incluso del diablo. Si no teméis nada de eso y queréis felicidad y suerte para la vida entera, hay que subirse a la cumbre del árbol, coger la flor y ponérsela en el pecho.

Otra versión, al parecer muy popular en Argentina, cuenta que hay que envolverse desnudo en una sábana blanca debajo de una higuera la noche del 24 de Diciembre a medianoche. Aparecerá la flor a la vez que Lucifer en persona.

Simplemente.

Couleur, odeur, fleur du figuier....merci Gérard pour cette ombre bleue.


4 août 2010

Fleurs de nuit / Flores de noche


Lundi, vingt deux heures trente, le téléphone sonne. « Colo, descends avec ton appareil, elles sont toutes ouvertes ». C’est la voix de María Teresa, et le ton ne me laisse aucun choix. J’obtempère donc, à tâtons, une nuit sans lune, ouvre la barrière, descends quelques marches, salue son chien qui me saute dessus et la voilà qui surgit de derrière l’énorme figuier qui masque l’entrée. « Je les ai surveillés toute la journée mais les fleurs viennent seulement de s’ouvrir, alors j’ai pensé à toi ».
« Les » ce sont ses cactus géants appelés San Pedro (echinopsis pachanoi) qui,
cette année, sont couverts de fleurs.


Maria Teresa a 82 ans, un corps douloureux et une allégresse d’esprit qui, me confie-t-elle, l’a fait monter à l’arrière de la moto de son petit-fils il y a peu pour faire une balade mais « ne le dis à personne, on me gronderait ». Promis.
Nous voilà devant ses San Pedro, on les devine car elle n’a rien allumé, ils doivent mesurer entre 3 et 4 mètres de haut, et je vise, un peu au hasard, les fleurs que je ne vois pas. Plus tard elle apporte une lampe de poche ; fantastiques !
Lunes a las diez y media de la noche suena el teléfono. “Colo, baja con tu cámara, se han abierto”. Es la voz de María Teresa y su tono no me deja ninguna opción. Obtempero pues. Es una noche sin luna, a tientas abro la barrera, bajo algunos peldaños, saludo a su perro que me salta encima y, emergiendo de la enorme higuera que tapa la entrada, aparece ella. “Los he vigilado todo el día pero las flores no se han abierto hasta ahora, así que pensé en ti”.
“Los” son sus gigantescos cactus llamados San Pedro (echinopsis pachanoi) que, este año, se han cubierto de flores.
María Teresa tiene 82 años, un cuerpo doloroso y una alegría espiritual que le hizo subirse, hace poco, en la parte trasera de la moto de su nieto para dar una vuelta, “no se lo digas a nadie, me reñirían”. Prometido.
Estamos delante de los San Pedro, más bien se les adivina ya que todo está a oscuras, deben medir entre 3 y 4 metros, y apunto mi cámara, un poco al azar, hacia flores que no veo. Más tarde trae una linterna: ¡fantástico!

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)
La journée, explique-t-elle, il y a tellement d’abeilles qu’on ne peut pas s’en approcher et je pense à cette phrase de Philippe Geluk « Le miel des cactus c’est délicieux, même que ce sont des abeilles-fakirs qui le récoltent ».
Durante el día, me explica, hay tantas abejas que uno no puede acercarse y pienso en esa frase de Philippe Geluk:” La miel del cactus es deliciosa, son las abejas-fakir que la cosechan”





Rentrée chez moi je découvre que ces géants, originaires des Andes, sont aussi de puissants hallucinogènes (il y a même sur Youtube la manière de procéder).
On ne le dira pas à Maria Teresa…

De vuelta a casa descubro que esos gigantes, originarios de los Andes, son también potentes alucinógenos (en Youtube se encuentra incluso la manera de proceder).
No se lo diremos a María Teresa…