27 juil. 2014

La plage / La playa



Manuel Altolaguirre (Málaga1905 - Burgos1959)

La poésie, comme toute manifestation amoureuse, est un désir et une création, et le poète, comme tout amoureux, doit regarder d'un oeil bienveillant la vie, qui est la meilleure muse et avec qui il réalisera son oeuvre.” Fin d'un amour 1949
"La poesía puede ser, como toda manifestación amorosa, un deseo y una creación, y el poeta, como todo enamorado tiene que mirar con buenos ojos a la vida, que es la mejor musa y con la que, al fin y al cabo, realizará su obra." 
 

A Federico García Lorca

PLAGE

Deux par deux les barques
comme sandales du vent
mises à sécher au soleil.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Couché sur le sable
comme une dépouille de la mer
un enfant endormi.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Et plus loin, des pêcheurs
tirant des amarres
jaunes et saumâtres.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.
(Trad: Colo)

Sorolla 1863-1923


A Federico García Lorca

PLAYA

Las barcas de dos en dos,
como sandalias del viento
puestas a secar al sol.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.

Sobre la arena tendido
como despojo del mar
se encuentra un niño dormido.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


Y más allá, pescadores
tirando de las maromas
amarillas y salobres.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


PS: Le peintre Valencien Sorolla sera le sujet du prochain billet. 

24 juil. 2014

Ondes poétiques / Ondas poéticas


Le premier juillet, souvenez-vous, un court poème de Silvia Baron Supervielle sur ce blog...je l'avais traduit en espagnol. Une amie-blog, Adrienne, a eu l'idée de le traduire en néerlandais...tâche ardue car sans ponctuation il nous faut interpréter, mais elle le publie aujourd'hui sur son blog et m'a donné l'autorisation, muchas gracias, de le reproduire ici.
Suite à son idée, j'ai fait appel à Danielle, poète et spécialiste de la langue wallonne, puis à ma fille pour qu'elle le traduise en catalan. Toutes deux acceptèrent le défi, mille mercis.
El día 1 de julio, acordaos, un corto poema de Silvia Baron Supervielle en este blog...lo había traducido al español. Una amiga-blog, Adrienne, tuvo la idea de traducirlo al neerlandés...tarea ardua debido a la falta de puntuación que obliga a interpretar, pero lo publica hoy en su blog y me dio la autorización, muchas gracias, de ponerlo aquí.
Siguiendo su idea, contacté a Danielle, poeta y especialista de la lengua valona, luego a mi hija para que lo traduzca al catalán. Las dos aceptaron, mil gracias.

Si l'envie vous prenait de le traduire en italien, breton ou portugais ou …?, ce serait fantastique!
Si tuvierais ganas de traducirlo al italiano, portugués, gallego o...? ¡sería fantástico!
  1. Texte original en français (rappel)
Silvia Baron Supervielle

dans La distance de sable


dans les tiroirs de l’armoire
la valise vide les coins inanimés
sur l’étagère dans les miroirs
enchaînés l’escalier l’étalage
de la rue permanente pressée
au fond du jour du sac des poches
d’où viennent toutes ces clefs
le fleuve les arbres les coupoles
qui coulent avec le vent le virage
depuis longtemps contre le lit
le mur revenir sur ses pas demander
mais les gens ne sont pas d’ici
j’ai perdu quelque chose au large
de l’espace la mer le désert
au seuil d’une ombre disparue 

2) Traduction espagnole (Colo) (rappel)


 
en La distancia de arena


en los cajones del armario
la maleta vacía los rincones inanimados
en el estante en los espejos
encadenados la escalera el escaparate
de la calle permanente apresurada
en le fondo del día del bolso de los bolsillos
de dónde salen toda esas llaves
el río los árboles las cúpulas
que fluyen con el viento la curva
desde hace tiempo contra la cama
la pared volver sobre sus pasos preguntar
pero la gente no es de aquí
he perdido algo en la lejanía
del espacio el mar el desierto
en el umbral de una sombra desaparecida

(Trad: Colo)



3) Traduction en Wallon . Danielle (http://albumvenitien.blogspot.com.es/)


dins lès ridants d' l'ârmwêre
èl valîje vûde lès cwins bôyant ô lôdje
su l’ bâr dins lès murwès
atchin.nès lès montéyes, èl mousse
dèl rûwe toufêr a dalâdje
ô pèrfond du djoû du satch dès poches
d'ayu vèn.neut-èles toutes lès clés
èl fleûve lès-ârbes lès ronds twèts
qui coul'neut avè l'vint èl toûrnant
dispûs lontins asto du lit
èl mur èrvèni su sès pas d'mandér
mins lès djins n’ sont nin dè d'ci
dj'é pièrdu 'ne saqwè ô lon
d’ l’èstindûwe èl mér´ èl désêrt
su l'soû d'ène ombe dèsfacéye


4) Traducción al catalán . Anaïs

a La distància de sorra

als calaixos de l’armari
la maleta buida els racons inanimats
al prestatge als miralls
encadenats l’escala l’aparador
del carrer permanent afanyat
al fons del dia de la bossa de les butxaques
d’allà on surten totes aquestes claus
el riu els arbres les cúpules
que flueixen amb el vent el viratge,
d’un temps ençà contra el llit
la paret tornar enrere demanar
però la gent no és d’aquí
he perdut quelcom a la llunyania
de l’espai la mar el desert
al llindar d’una ombra desapareguda







De afstand van zand



in de laden van de kast

de lege koffer de levenloze hoeken

op het rek in de spiegels

vastgeketend de trap het uitstalraam

van de straat steeds gehaast

in het diepste van de dag de tas de zakken

vanwaar al die sleutels komen

de stroom de bomen de koepels

die verglijden met de wind de bocht

al lang tegen het bed

de muur op zijn stappen terugkeren vragen

maar de mensen zijn niet van hier

ik ben iets kwijt in de verte

van de ruimte de volle zee de woestijn

op de drempel van een verdwenen schaduw



traduction de l'Adrienne



Tableaux / Cuadros


17 juil. 2014

Lignes du soir / Lineas de la tarde

Horizontales et quelques verticales. Des paysages nus, pourtant si habités; des souvenirs moins colorés que ceux de ces photos reçues.

Souvenirs des brise-lames où on jouait, pêchait...glissades et chutes.




Breskens, le sud-ouest de la Hollande, le jour s'illumine avant de s'éclipser.
Des paysages qui font penser au peintre belge Spilliaert.
Merci MF.

Horizontales y algunas verticales. Paisajes desnudos, sin embargo tan habitados; recuerdos menos colorados que en esas fotos recibidas.

Recuerdos de rompeolas donde jugábamos, pescábamos...resbalones y caídas.


Breskens, al sur-oeste de Holanda, el día se ilumina antes de eclipsarse.

Paisajes que recuerdan al pintor belga Spilliaert.
Gracias MF.




Crépuscule à Breskens, Photos: MF





12 juil. 2014

Enfiler les mots / hilar las palabras


Dans “Arbre de Diane” Alejandra Pizarnik enchaîne, enfile les idées, les images....
En “Arbol de Diana” Alejandra Pizarnik encadena, hila las ideas, las imágenes...


te alejas de los nombres
que hilan el silencio de las cosas
tu t'éloignes des noms
qui filent le silence des choses



Quels dessins-peintures de Wols, Goya et Klee regardait-elle quand elle écrivit ces lignes? Peut-être ceux que j'ai choisis, probablement d'autres...
¡Qué dibujos-cuadros de Wols, Goya y Klee miraba cuando escribió esas lineas? Tal vez los que elegí, probablemente otros...


(un dibujo de Wols) (un dessin de Wols)

Traces de gestes

 
estos hilos aprisionan a las sombras
y las obligan a rendir cuentas del silencio
estos hilos unen la mirada al sollozo


ces fils emprisonnent les ombres
et les obligent à rendre compte du silence
ces fils unissent le regard au sanglot
(trad: Colo)


(exposición Goya)


un agujero en la noche
súbitamente invadido por un ángel


un trou dans la nuit
soudain envahi par un ange
 (Trad: Colo)


(un dibujo de Klee) (un dessin de Klee)


cuando el palacio de la noche
encienda su hermosura
pulsaremos los espejos
hasta que nuestros rostros canten como ídolos
 
quand le palais de la nuit
allumera sa beauté
nous pousserons les miroirs
jusqu'à ce que nos visages chantent comme des idoles
(trad: Colo)

5 juil. 2014

Ah ces mouches! / Ah ¡esas moscas!



Aujourd'hui deux fables qui n'en font qu'une; comme presque toutes les fables, elles se sont inspirées d'Esope. L'une en vers par le grand fabuliste espagnol Samaniego, l'autre en prose par Phèdre ( « Caius Iulius Phaedrus », auteur Latin né autour de 14 avant J.-C. et mort vers 50 après J.-C.)

Hoy dos fábulas que sólo son una; como casi todas la fábulas están inspiradas por Esopo. Una en versos del gran fabulista español Samaniego, la otra en prosa por Phèdre ( « Caius Iulius Phaedrus » fue una autor latino nacido alrededor de 14 AC y muerto hacia el año 50 DC).



Le chauve et la mouche Samaniego

Une Mouche insolente
Piquait impertinente
La spatieuse calvitie d'un Ancien.
Il voulut la tuer, leva la main,
Frappa un coup, mais elle s'en fut, sauve,
Blessant le coup la ronde calvitie.
Avec un rire démesuré
La Mouche cria: “Chauve maudit,
Si m'ôter la vie
Tu essayas pour un léger délit,
À quelle peine condamnes-tu ton bras,
Barbare exécuteur d'un tel coup?”
“À celui qui oeuvre avec malice,
Lui répondit l'homme prudemment,
Une justice rigoureuse
Doit appliquer le juste châtiment
Et il est bon d'exercer la clémence
Pour celui qui pèche par inadvertance.
Vous savez, Mouche scélérate,
Que la condition humaine 
mesure l'offense reçue
Selon la main d'où elle est venue”.

L'offense grandit d'autant plus
Que celui qui offense est vil
(Trad: Colo)

El calvo y la mosca Samaniego

Picaba impertinente
En la espaciosa calva de un Anciano 
Una Mosca insolente.
Quiso matarla, levantó la mano, 
Tiró un cachete, pero fuese salva, 
Hiriendo el golpe la redonda calva. 
Con risa desmedida
La Mosca prorrumpió: «Calvo maldito, 
Si quitarme la vida
Intentaste por un leve delito,
¿A qué pena condenas a tu brazo, 
Bárbaro ejecutor de tal porrazo?» 
«Al que obra con malicia,
Le respondió el varón prudentemente, 
Rigurosa justicia
Debe dar el castigo conveniente, 
Y es bien ejercitarse la clemencia 
En el que peca por inadvertencia. 
Sabe, Mosca villana,
Que coteja el agravio recibido 
La condición humana,
Según la mano de donde ha venido»; 

 
Que el grado de la ofensa tanto asciende 
Cuanto sea más vil aquel que ofende.
 
 
LE CHAUVE ET LA MOUCHE Phèdre

Liber IV, Fabula XXXICALVUS ET MUSCA

Une Mouche piqua la tête d'un Homme chauve; celui-ci, cherchant à l'écraser, se donna une forte tape. « Tu voulais te venger d'une légère piqûre par la mort d'un petit être ailé, lui dit la Mouche en se moquant; comment te puniras-tu du mal et de l'affront que tu t'es faits? » L'Homme répondit: « Je ferai promptement la paix avec moi-même, parce que je sais que je n'avais pas l'intention de m'offenser. Quant à toi, vil et méchant animal, qui te plais à sucer le sang humain, je voudrais te tuer, dût-il m'en coûter plus encore. »


Cet exemple nous apprend qu'il faut pardonner une faute involontaire; mais celui qui cherche sciemment à nuire, je le juge digne de tout châtiment.

Voici le texte en latin!

Calvi momordit musca nudatum caput ; quam opprimere captans alapam sibi duxit gravem. Tunc illa inridens : « Punctum volucris parvulae voluisti morte ulcisci ; quid facies tibi, injuriae qui addideris contumeliam ? » Respondit : « Mecum facile redeo in gratiam, quia non fuisse mentem laedendi scio. Sed te contempti generis animal improbum, quae delectaris bibere humanum sanguinem, optem necare vel majore incommodo. »

Hoc argumento veniam dari docet qui casu peccat quam qui consilio est nocens, illum esse quamvis dignum poena judico.


Una Mosca picó la cabeza de un Hombre calvo; este, intentando aplastarla, se dio un fuerte golpe en la cabeza. “Querías vengarte de una ligera picadura con la muerte de un diminuto ser alado, le dijo la Mosca burlándose; ¿cómo te castigarás del daño y de la afrenta que te hiciste?”
El Hombre contestó:”Pronto haré las paces conmigo mismo, porque sé que no tenía intención de ofenderme. En cuánto a ti, vil y malévolo animal, que te complaces en chupar la sangre humana, me gustaría matarte, aunque me cueste mucho más aún.”

Ese ejemplo nos enseña que hay que perdonar una ofensa involuntaria; pero el que busca perjudicar a sabiendas, le juzgo digno de todo castigo.
(Trad. Colo)


1 juil. 2014

Quitter, pas abandonner / Marcharse, no abandonar


Perdre quelque chose au large...partir, quitter; ce qu'on laisse là-bas restera en suspens, au dessus des mers .

Ce poème je l'ai lu il y a longtemps et depuis je crois n'avoir jamais trouvé de plus belle et exacte expression de ce vide. Silvia Baron Supervielle, dame que vous connaissez déjà: ici et ici.

Ce poème a été écrit par elle en français, je l'ai traduit en español (elle l'a peut-être fait elle-même, je l'ignore).


Perder algo en la lejanía...partir, marcharse; lo que se deja allá quedará en suspenso, encima de los mares.

Hace tiempo que leí ese poema y no creo haber encontrado después más bonita y exacta expresión de ese vacío. 
Silvia Baron Supervielle que ya conocéis: aquí y aquí.




Partir no significa abandonar” 
 



Silvia Baron Supervielle

dans La distance de sable


dans les tiroirs de l’armoire
la valise vide les coins inanimés
sur l’étagère dans les miroirs
enchaînés l’escalier l’étalage
de la rue permanente pressée
au fond du jour du sac des poches
d’où viennent toutes ces clefs
le fleuve les arbres les coupoles
qui coulent avec le vent le virage
depuis longtemps contre le lit
le mur revenir sur ses pas demander
mais les gens ne sont pas d’ici
j’ai perdu quelque chose au large
de l’espace la mer le désert
au seuil d’une ombre disparue 



 

en La distancia de arena


en los cajones del armario
la maleta vacía los rincones inanimados
en el estante en los espejos
encadenados la escalera el escaparate
de la calle permanente apresurada
en le fondo del día del bolso de los bolsillos
de dónde salen toda esas llaves
el río los árboles las cúpulas
que fluyen con el viento la curva
desde hace tiempo contra la cama
la pared volver sobre sus pasos preguntar
pero la gente no es de aquí
he perdido algo en la lejanía
del espacio el mar el desierto
en el umbral de una sombra desaparecida

(Trad: Colo)

28 juin 2014

Pataude! / ¡Patosa!


Une calita au coucher du soleil, à Banyalbufar; pas de sable mais des rochers où l'on titube, glisse, s'accroche et tombe. Derrière moi j'entends "quelle pataude!" jusqu'à ce qu'il lui arrive la même chose...Ah,tout semble si facile vu du rivage, là...dans la vie aussi.

Una calita a la puesta del sol, en Banyalbufar; no hay arena sino rocas donde uno se tambalea, resbala, se  agarra y cae. Detrás oigo "¡Qué patosa!" hasta que le pasó lo mismo...Ha,todo parece tan fácil desde la orilla, allí...en la vida también.


Chute qui a valu la peine car j'ai pu admirer à l'aise ces anémones de mer qui, quand la marée est basse, se recroquevillent et forment ces jolies tomates.





Esa caída valió la pena ya que pude admirar cómodamente esas anémonas marinas que se encojen a marea baja y forman esos bonitos tomates.



22 juin 2014

Un flou très désirable / Una muy deseable vaguedad


Après la poésie et le conte, terminons par la prose de J.R. Willock. Plusieurs romans, datant de son époque italienne dont “La synagogue des iconoclastes” que je viens de lire online, en espagnol.
Después de la poesía y del cuento, terminamos con la prosa de J.R. Wilcock. Varias novelas, escritas en su época italiana, entre otras “La sinagoga de los iconoclastas” que acabo de leer online, aquí.

Plus de trente vies d'hommes géniaux, à travers le temps, y sont racontées: des utopistes, théoriciens, sages, inventeurs de tout genres dont les idées, si elles s'étaient développées, auraient changé du tout au tout la face du monde. Par exemple le génois Felicien Raegge qui pressentit la nature réversible du temps, le nord-américain Bobson qui est sur le point de découvrir l'élément atomique capable d'annuler la gravité ou Absalon Amet, horloger à la Rochelle, inventeur d'un appareil producteur de phrases, certaines fort connues, comme “L'enfer c'est les autres”, formulée en 1774...
Más de treinta vidas de hombres geniales, a través del tiempo, se encuentran relatadas: utopistas, teóricos, sabios, inventores de todos tipos cuyas ideas, de ser desarrolladas, habrían cambiado completamente la faz del mundo.
Por ejemplo el genovés Felicien Raegge que presintió la naturaleza reversible del tiempo, el norte americano Bobson que está a punto de descubrir el elemento atómico capaz de anular la gravedad o Absalon Amet, relojero en La Rochelle, inventor de un aparato productor de frases, algunas muy conocidas, como “El infierno son los otros” formulada en 1774...

Les récits, à la fois comiques et paisiblement cruels, qui composent ces deux livres (note: l'autre est Le steréoscope des solitaires) – à mon avis les plus représentatifs de la prose de Wilcock- montrèrent une des facettes essentielles d'une oeuvre multiple, dont l'esprit pourrait se résumer à cette confession de l'auteur, paradoxalement et elliptiquement féroce:
 “Décrire les hommes c'est exercer la compassion. Traiter tout le monde de la même façon: la littérature de tolère pas l'injustice” 
(Por Héctor Bianciotti - Para La Nacion - París, 1998)

Ces récits peuvent se lire indépendamment l'un de l'autre mais de l'ensemble ce qui m'a enchantée c'est son imagination vraiment sans borne!


Los relatos, a la vez cómicos y apaciblemente crueles, que componen estos dos libros -a mi juicio, los más representativos de la prosa de Wilcock- muestran una de las facetas esenciales de una obra múltiple, cuyo espíritu podría resumirse en esta confesión del autor, paradójica y elípticamente feroz: "Describir a los hombres es ejercer la compasión. Tratar a todos por igual: la literatura no tolera la injusticia". 
 (Por Héctor Bianciotti - Para La Nacion - París, 1998)

Esos relatos pueden leerse independientemente el uno del otro pero del conjunto me encantó su imaginación realmente sin limites!


              Pour vous donner envie de le lire....     

Voici quelques lignes (je me suis tant amusée que je le traduirais bien en entier, mais....) d'un des “portraits”.
Aquí el principio de unos de sus relatos...me divierte tanto que lo hubiera copiado entero pero...

LUIS FUENTECILLA HERRERA

En 1702 el microscopista Anton von Leeuwenhock comunicó a la Royal Society de Londres su curioso descubrimiento. En el agua de lluvia estancada en los tejados había encontrado algunos animalitos, los cuales se desecaban según se iba evaporando el agua, pero después, introducidos de nuevo en el agua, retornaban a la vida: «Descubrí que, una vez agotado el líquido, el animalito se contraía en forma de minúsculo huevecillo y así permanecía inmóvil y sin vida hasta que no lo recubría de agua como antes. Media hora después las bestezuelas habían recuperado su aspecto primitivo y se las veía nadar bajo el cristal como si nada hubiese ocurrido.»

En 1702 le microscopiste Anton von Leeuwenhock communiqua à la Royal Society de Londres sa curieuse découverte. Dans l'eau de pluie stagnant sur les toits il avait trouvé de petits animaux qui se desséchaient à mesure que l'eau s'évaporait, mais qui après être introduits à nouveau dans l'eau retrouvaient la vie: “J'ai découvert que, une fois le liquide épuisé, le petit animal se contractait en forme d’œuf minuscule et demeurait ainsi immobile et sans vie jusqu'à ce que l'eau le recouvre comme avant. Une demi-heure après les petites bêtes avaient retrouvé leur aspect primitif et on les voyait nager sous le verre comme si rien ne s'était passé”.

Este fenómeno de vida latente, obvio en las semillas y en las esporas, pero más visible en los rotíferos, nematodos y tardígrados, fascinó a los pensadores ochocentistas que vieron en él una confirmación de la extrema vaguedad, de la extremadamente deseable vaguedad, de la frontera entre la vida y la muerte. Lenard H. Chisholm sostuvo, en Are these Animals Alive? (¿Estos animales están vivos?,1853), que en cierto modo todos nosotros hemos nacido de una espora y que incumbe a la ciencia encontrar el sistema para reducirnos de nuevo a la espora original, en cuyo estado se nos podría conservar cómodamente durante uno o dos milenios y finalmente devolver a la vida dentro de una bañera.


Ce phénomème de vie latente, évident pour les semences et les spores, mais plus visible chez les rotifères, nématodes et tardigrades, fascina les penseurs du dix-huitième qui virent là la confirmation du flou extrème, du flou extrêmement désirable, de la frontière entre la vie et la mort. Lenard H. Chisholm soutint, dans Are these Animals Alive? ( Ces animaux sont-ils vivants?, 1853) que d'une certaine façon nous sommes tous nés d'une spore et qu'il incombe à la science de trouver le système pour nous réduire à nouveau à la spore originelle, et dans cet état on pourrait aisément nous conserver pendant un ou deux millénaires et finalement nous rendre à la vie dans une baignoire.

En 1862, Edmond About publicó su novela El hombre de la oreja rota, cuyo protagonista es un soldado de Napoleón desecado, embalado y finalmente hecho revivir, gracias a una inmersión acuática, cincuenta años después, exactamente como era en el momento de la desecación, a excepción de una oreja que se había roto durante el letargo. Esta novela precientífica tuvo mucho éxito en Europa y ocasionó, además de sensación, interesantes y prolongadas reflexiones. Pocos años después, en 1871, el profesor de ciencias naturales Abélard Cousin tuvo una momia egipcia, desenterrada poco antes en Menfis, atada y lastrada durante cerca de dos meses en el fondo del estanque central del claustro de Saint-Auban en Nantes, con la esperanza de descubrir en ella algún leve indicio de vida residual; en realidad, al cabo de dos meses de sumersión la momia apareció visiblemente llena de gusanos, de una especie desconocida hasta aquel día; lo que a falta de otra cosa demostraba, observó Cousin, que los egipcios sabían cómo conservar los propios gusanos. (…)

En 1862, Edmund About publia son roman L'homme à l'oreille cassée, dont le protagoniste est un soldat de Napoléon désséché, emballé et finalement rendu à la vie, grâce à une immersion aquatique, cinquante ans plus tard, exactement dans le même état qu'il avait au moment du dessèchement, à l'exception d'une oreille qui s'était cassée durant sa longue léthargie. Ce roman préscientifique eut beaucoup de succès en Europe et donna lieu, en plus de la sensation, à des réflexions intéressantes et prolongées.
Quelques années plus tard, en 1871, le professeur de sciences naturelles Abéjard Cousin tint une momie égyptienne, déterrée peu auparavant à Memphis, attachée et lestée, pendant près de deux mois dans le fond du bassin central du cloître de Saint-Auban à Nantes, avec l'espoir de découvrir en elle un quelconque léger indice de vie résiduelle; en réalité, au bout de deux mois de submersion, la momie apparut visiblement pleine de vers, d'une espèce inconnue jusqu'à ce jour; ce qui, faute d'autre chose, démontrait, fit observer Cousin, que les égyptiens savaient comment conserver leurs vers.(...)



19 juin 2014

Des souris dans l'armoire / Ratones en el armario



Poursuivons avec Juan Rodolfo Wilcock et ce conte ironique à souhait où le petit monde littéraire est mis à mal.

Seguimos con Juan Rodolfo Wilcock y este cuento en tono irónico que parodia el mundillo literario.

Les poupées - conte - J.R. Wilcock

C'est une grande armoire en bois de noyer, simple, verticale, à la fois lourde et élégante, presqu'un symbole de la digne stabilité; d'autre part elle est toujours fermée. À l'intérieur, l'armoire est divisée en petites étagères, et sur chacune vit une écrivaine; en réalité ce sont les vieilles poupées qui se transformèrent en écrivaines par l'action seule de l'inaction, de l'obscurité et de l'ennui. Pour cette raison elles portent toutes des robes colorées, souvent les costumes d'une région ou d'une province, et la tête légèrement disproportionnée par rapport au corps, trop plate, trop en pointe ou simplement trop volumineuse; sauf une poétesse qui l'a très petite, ce qui fait beaucoup rire les autres, comme si avoir la tête petite était plus drôle que de l'avoir grande.

De toute façon, et comme l'armoire ne s'ouvre jamais, et les étagères ne permettent d'autre communication que l'habituelle entre prisonniers, à l'aide de petits coups frappés suivant un système conventionnel, peu à peu toutes les poupées se sont consacrées à la littérature, et devinrent ainsi romancières, poétesses, critiques littéraires, critiques théâtrales et consultantes d'édition. Là dedans tout est tambouribage continu: chacune veut faire entendre aux autres ses propres oeuvres. Mais celles-ci sont, inutile de le dire, des oeuvres de poupées. Il y a la romancière à lunettes qui après dix ans de travail parvint à écrire ce roman, intitulé Grève:”Il faisait froid. Les ouvriers faisaient la grève. Sur le plus froid le plus jeune mourut de grève”. Il y a la dramaturgiste d'avant garde qui chaque année présente la même comédie en un acte, intitulée L'autre:”ANA: Donne-moi un baiser, Edgardo. EDGARDO: Je ne peux j'en aime un autre”.
Il y a la fille théâtrale qui chaque semaine rédige son verdict: “ Brave la breva dans le rôle de Briva”. Et il y a la poétesse à petite tête, la plus prolifique de toutes, qui une fois par mois refait, changeant la rime, la même lyrique:

Pauvres
les
Pauvres.

Dans l'obscurité, convaincues de leur importance, les poupées à la tête disproporcionnée bougent, prennent des postures, menacent les gouvernements étrangers si ceux-ci voulaient continuer à persister dans l'erreur, et passent le jour entier à transmettre leurs propres compositions. En vain, car aucune ne veut écouter ce qu'écrivent les autres, et d'autre part elles n'emploient pas toutes le même système conventionnel de petits coups, ainsi leurs efforts tombent inexorablement dans le vide. Parfois quelqu'un s'approche de l'armoire fermée, approche l'oreille des portes en noyer, et commente: “Mais cette armoire est pleine de souris!” C'est pour cela que personne ne veut l'ouvrir.

                           FIN

 (Trad: Colo)
 
"L'immortalité s'est réduite à deux semaines sur la table des nouveautés" El Roto / El País


 

Las muñecas - Cuento - Juan Rodolfo Wilcock 

 

Es un gran armario de madera de nogal, simple, vertical, al mismo tiempo pesado y elegante, casi un símbolo de la digna estabilidad; por otra parte está siempre cerrado. Por dentro, el armario está dividido con estantecitos, y en cada uno de estos estantes vive una escritora; en realidad son las viejas muñecas que se volvieron escritoras solamente por obra de la inacción, la oscuridad y el aburrimiento. Por esa razón todas llevan trajes coloridos, a menudo los trajes de alguna región o provincia, y la cabeza ligeramente desproporcionada respecto al cuerpo, demasiado aplanada, demasiado en punta o simplemente demasiado voluminosa; salvo una poetisa que la tiene pequeñísima, y esto hace reír mucho a las demás, como si tener la cabeza pequeña fuese más gracioso que tenerla grande.

De todas formas, y como el armario no se abre nunca, y los estantes no permiten otra comunicación que la habitual entre los presos, por medio de golpecitos dados en un sistema convencional, poco a poco casi todas las muñecas se han dedicado a la literatura, y así se volvieron novelistas, poetisas, críticas literarias, críticas teatrales y consultoras de editoriales. Allí dentro todo es un continuo repiqueteo: cada una quiere hacer oír a las otras sus propias obras. Pero éstas son, de más está decirlo, obras de muñecas. Está la novelista con gafas que después de diez años de trabajo consiguió escribir esta novela, titulada Huelga: "Hacía frío. Los obreros hacían huelga. Sobre el más frío el más joven murió de huelga". Está la dramaturga de vanguardia que cada año presenta la misma comedia en un acto, tituladaEl otro: "ANA: Dame un beso, Edgardo. EDGARDO: No puedo, amo a otro". Está la chica teatral que cada semana redacta su veredicto: "Brava la Breva en el papel de Briva". Y está la poetisa de la cabeza pequeña, la más prolífica de todas, que una vez al mes rehace, cambiando la rima, la misma lírica:
Pobres
los
Pobres.
En la oscuridad, convencidas de su importancia, las muñecas de la cabeza desproporcionada se mueven, toman posturas, amenazan a los gobiernos extranjeros si éstos quisieran seguir persistiendo en el error, y pasan todo el día transmitiéndose sus propias composiciones. En vano, porque ninguna de ellas quiere escuchar lo que escriben las otras, y por otra parte no todas manejan el mismo sistema convencional de golpecitos, así que sus esfuerzos caen inexorablemente en el vacío. A veces alguien se acerca al armario cerrado, acerca la oreja a las puertas de nogal, y comenta: "¡Pero este armario está lleno de ratones!" Por eso nadie quiere abrirlo.
FIN



16 juin 2014

Les jours heureux / Los hermosos días


Il y a un temps, sur le blog de Kwarkito, un texte de J.Rodolfo Wilcock, "Les extra-terrestres", m'a incitée à en parler ici.

La vie et l’œuvre (abondante) de Juan Rodolfo Wilcock sont un exemple de transculturation et de marginalité... impossible à en rendre compte en un seul billet; pas grave, nous en ferons plusieurs.
Les difficultés sont nombreuses qui ne tiennent pas toutes à son caractère fort particulier; Argentin de père Anglais, il est mal-aimé, et donc peu/mal connu dans son pays natal, qu'il quitta et ne regretta jamais, et où il écrivit en espagnol. Silvia Baron Supervielle a traduit certains poèmes.
Par la suite il décida de vivre en Italie et d'écrire dans cette langue....mais peu de ces poèmes sont traduits en espagnol, et en français, je l'ignore. Vous voyez le micmac!

Alors, pour aujourd'hui, j'ai traduit deux poèmes de sa première période, celle où sa créativité constitue comme un processus d'introspection, un intimisme néo-romantique dont les thèmes principaux sont l'enfance, la mort et l'amour le tout dans un style classique. (ref ici). Rien d'original bien sûr, mais...vous verrez.

J.R: Wilcock


La vida y la obra (abundante) de Juan Rodolfo Wilcock son un modelo de transculturación y de marginalidad, imposible pues hablar de ello en una sola nota; no importa, haremos varias.
Las dificultades son numerosas: Argentino de padre Inglés, es mal querido, y poco conocido, en ese país, del cual se marchó y no echó nunca de menos, y donde escribió en español...Algunos poemas son traducidos al francés por Silvia Baron Supervielle.
Decidió luego vivir en Italia y escribir en ese idioma...no todos sus poemas (pero cada vez más) están traducidos al español (a veces por él), otros en francés, tampoco todos. ¡Un follón!

Entonces, y por hoy, traduje al francés dos poemas de su primera etapa, donde su creatividad constituye un proceso de introspección, un intimismo neo-romántico; sus temas principales son la infancia, la muerte y el amor, eso en un estilo clásico. Nada original pero...veréis.
(fuente información aquí)

Les deux poèmes sont extraits du recueil "Les jours heureux"
Los dos poemas pertenecen a "Los hermosos días"


Monet peupliers / álamos 1894


Personne ne saura pourquoi je vais si triste
cet été, entre deux rivières de peupliers;
personne ne comprend l'angoisse des racines
crispées, de l'âge, des cordes
abandonnées au vent. Pas même
l'amour. Oh celui qui t'a vu
sur l'horizon inondé, effeuillant
une rose; celui qui ne trouva
que les feuilles sur le sol, le parfum sur les pierres!
(Trad: Colo)

Nadie sabrá por qué voy tan triste
este verano, entre dos riberas de álamos;
nadie comprende la angustia de las raíces
crispadas, de la edad, de las cuerdas
abandonadas al viento. Ni siquiera
el amor. ¡Oh aquel que te ha visto
sobre el horizonte inundado, deshaciendo
una rosa; aquel que sólo encontró
las hojas en el suelo, el perfume en las piedras!




 
Van Gogh



Je porte sur le cœur un numéro, un sceau
d'amour, comme si le silence s'inscrivait
profondément dans la chair; et j'ai déambulé
dans des couloirs de feuilles passionnées, sur des chemins
qui menaient au soleil, en criant, t'arrachant,
te raclant l'âme. Oh s'il m'était donné
de ne pas te voir apparaître, pour que tu restes immuable,
là où naît l'amour, comme une image
au fond de l'eau!
 (trad: Colo)

Llevo un número sobre el corazón, un sello
de quererte, como si el silencio se inscribiera
profundamente en la carne; y he discurrido
por galerías de hojas apasionadas, por caminos
que iban a dar al sol, gritando, arrancándote,
raspándote del alma. Oh si me fuera dado
no verte aparecer, inmutable,
allí donde nace el amor, como una imagen
en el fondo del agua!