Perdre
quelque chose au large...partir, quitter; ce qu'on laisse là-bas
restera en suspens, au dessus des mers .
Ce
poème je l'ai lu il y a longtemps et depuis je crois n'avoir jamais
trouvé de plus belle et exacte expression de ce vide. Silvia Baron
Supervielle, dame que vous connaissez déjà: ici
et ici.
Ce
poème a été écrit par elle en français, je l'ai traduit en
español (elle l'a peut-être fait elle-même, je l'ignore).
Perder
algo en la lejanía...partir, marcharse; lo que se deja allá quedará
en suspenso, encima de los mares.
Hace
tiempo que leí ese poema y no creo haber encontrado después más
bonita y exacta expresión de ese vacío.
“Partir no
significa abandonar”
Silvia
Baron Supervielle
dans
La
distance de sable
dans les tiroirs de l’armoire
la valise vide les coins inanimés
sur l’étagère dans les miroirs
enchaînés l’escalier l’étalage
de la rue permanente pressée
au fond du jour du sac des poches
d’où viennent toutes ces clefs
le fleuve les arbres les coupoles
qui coulent avec le vent le virage
depuis longtemps contre le lit
le mur revenir sur ses pas demander
mais les gens ne sont pas d’ici
j’ai perdu quelque chose au large
de l’espace la mer le désert
au seuil d’une ombre disparue
en La distancia de arena
en los cajones del armario
la maleta vacía los rincones inanimados
en el estante en los espejos
encadenados la escalera el escaparate
de la calle permanente apresurada
en le fondo del día del bolso de los bolsillos
de dónde salen toda esas llaves
el río los árboles las cúpulas
que fluyen con el viento la curva
desde hace tiempo contra la cama
la pared volver sobre sus pasos preguntar
pero la gente no es de aquí
he perdido algo en la lejanía
del espacio el mar el desierto
en el umbral de una sombra desaparecida
(Trad:
Colo)