25 oct. 2011

Questions / Preguntas

Mario Benedetti, (Paso de los Toros, 1920 - Montevideo, 2009) Écrivain et poète uruguayen, le plus renommé de la seconde moitié du XXº siècle. Vous avez peut-être lu La Trêve ou quelques uns de ses poèmes….

(biografía aquí)

"C'est quand on croit posséder toutes les réponses, qu'on s'aperçoit qu'on a changé les questions", plaisantait-il.

« Es cuando uno cree tener todas las respuestas que se da cuenta que han cambiado las preguntas » bromeaba.

Je connaissais bien sa poésie et avais décidé de publier aujourd’hui son « Qu’arriverait-il ? » si fort et intemporel, quand j’ai découvert qu’il avait écrit beaucoup de haïkus, en voici deux avant ce poème.

Ya conocía su poesía y había decidido publicar hoy “¿Qué pasaría?”, tan fuerte e intemporal, cuando descubrí que había escrito muchos haïkus; aquí van dos de ellos antes del poema.

Pasan las nubes
y el cielo queda limpio
de toda culpa

Passent les nuages
et le ciel devient clair
de toute faute


Drama cromático
el verde es un color
que no madura

Drame chromatique

le vert est une couleur

qui ne mûrit pas (Trad- Colo)


Qu'arriverait-il ?

Qu'arriverait-il si nous nous réveillions un jour
en réalisant que nous sommes la majorité ?
Qu'arriverait-il si tout à coup une injustice,
une seule, était rejetée par tous,
tous autant que nous sommes, pas quelques-uns,
ni certains, mais tous ?
Qu'arriverait-il si au lieu de rester divisés
nous nous multipliions, nous nous additionnions,
et affaiblissions l'ennemi qui interrompt nos pas ?

Qu'arriverait-il si nous nous organisions
et si nous affrontions nos oppresseurs sans armes,
silencieux, nombreux,
regardant par millions la face de nos oppresseurs,
sans vivats, sans applaudissements,
sans sourires, sans tapes sur l'épaule,
sans hymnes partisans,
sans cantiques ?

Qu'arriverait-il si j’implorais pour toi, qui es si loin,
et toi pour moi, qui suis si loin,
et nous deux pour les autres, qui sont très loin,
et les autres pour nous, qui sommes si loin ?
Qu'arriverait-il si les cris d'un continent
étaient les cris de tous les continents ?
Qu'arriverait-il si nous nous prenions en main
au lieu de nous lamenter ?
Qu'arriverait-il si nous brisions les frontières
et que nous avancions et avancions,
et avancions, et avancions encore ?

Qu'arriverait-il si nous brûlions tous les drapeaux
pour n'en avoir qu'un seul, le nôtre,
celui de tous, ou mieux aucun,
car nous n’en avons nul besoin ?
Qu'arriverait-il si nous cessions brusquement d'être des patriotes
pour devenir des humains ?
Je ne sais pas. Je me le demande.
Qu'arriverait-il ?

Mario Benedetti

Traduction proposée par Lieucommun .

Je m’en suis largement inspirée, mais y ai apporté quelques modifications.

¿Qué pasaría?

¿Qué pasaría si un día despertamos
dándonos cuenta de que somos mayoría?
¿Qué pasaría si de pronto una injusticia,
sólo una, es repudiada por todos,
todos que somos todos, no unos,
no algunos, sino todos?
¿Qué pasaría si en vez de seguir divididos
nos multiplicamos, nos sumamos
restamos al enemigo que interrumpe nuestro paso,

Qué pasaría si nos organizáramos
y al mismo tiempo enfrentáramos sin armas,
en silencio, en multitudes,
en millones de miradas la cara de los opresores,
sin vivas, sin aplausos,
sin sonrisas, sin palmadas en ¡os hombros,
sin cánticos partidistas,
sin cánticos?

¿Qué pasaría si yo pidiese por vos que estás tan lejos
y vos por mí que estoy tan lejos,
y ambos por los otros que están muy lejos,
y los otros por nosotros aunque estemos lejos?
¿Qué pasaría si el grito de un continente
fuese el grito de todos los continentes?
¿Qué pasaría si pusiésemos el cuerpo en vez
de lamentarnos?
¿Qué pasaría si rompemos las fronteras
y avanzamos, y avanzamos,
y avanzamos, y avanzamos?

¿Qué pasaría si quemamos todas las banderas
para tener sólo una, la nuestra,
la de todos, o mejor ninguna
porque no la necesitamos.
¿Qué pasaría si de pronto dejamos de ser patriotas
para ser humanos?
No sé. Me pregunto yo,
¿qué pasaría?

Preguntas al azar, gracias Hélder!


18 oct. 2011

Une jambe dans l'origan / Una pierna en el orégano

Tout le monde sait que la partie la plus délicate à manier dans une langue étrangère est celle des expressions. Une fois bien comprises, - il en faut du temps ! -, les placer à bon escient dans la conversation tient de la haute voltige. Combien de crises d’hilarité provoquées ?

Je vous propose aujourd’hui trois expressions courantes fort savoureuses, imagées, enfin qui me plaisent.

Todo el mundo sabe que la parte más delicada de manejar en un idioma extranjero es la de las frases hechas. Una vez bien entendidas, - ¡cuánto tiempo se necesita! – colocarlas adecuadamente en una conversación tiene algo de malabarismo. ¿Cuántas crisis de hilaridad ha provocado?

Hoy os propongo tres expresiones corrientes muy sabrosas, llenas de imágenes, que me gustan.

«Dormir a pierna suelta » veut dire littéralement dormir à jambe détendue, relax, jambe au singulier, notez bien.

Il semblerait que cette expression vienne de l’univers carcéral où dormir sans les pieds attachés, enchaînés, avec parfois un boulet, était un cadeau sans prix….l’occasion de dormir « à poings fermés » (pas vraiment un signe de détente, oui ?) ou « sur ses deux oreilles » (chose impossible me signale-t-on ici) ; rien n’est parfait.

Bref, dormir a pierna suelta, c’est dormir profondément.

…quiere decir, literalmente, dormir con una pierna relajada, pierna en singular. ¡Curioso!

Parece ser que esa expresión proviene del universo de la cárcel dónde dormir sin tener los pies atados, encadenados, a veces con un lastre, era un regalo sin igual….en francés se diría por ejemplo “dormir à poings fermés” (con los puños cerrados, no precisamente un signo de relajo, ¿no?) o bien “dormir sur ses deux oreilles” (sobre las dos orejas, cosa imposible, héhé). Nada es perfecto.

« Hacer la vista gorda » : Ici une courte histoire d’antan. Jeune et fraîchement arrivée en Espagne avec une vieille Dyane, voilà qu’un douanier m’attrape, me dit que j’aurais dû changer la plaque belge depuis 2 mois, enfin, qu’il me donne une semaine et qu’entre-temps il fera « la vista gorda ».

Je comprends les mots, vista = vue et gorda=grosse…il va faire la grosse vue ? Je suis perplexe mais ris sous cape car une image s’installe dans ma tête : le même douanier avec des lunettes aux verres si épais qu’il ne voit rien. Presque.

L’expression veut dire : faire comme si on ne voyait pas, détourner la vue.

…aquí una corta historia de antaño. Joven y recién llegada a España en un viejo Dyane, un aduanero me atrapó y me leyó la cartilla: hubiera tenido que cambiar la matrícula belga desde hacía 2 meses, pero que bueno, me daba una semana y mientras haría la vista gorda.

Yo entendía las palabras “vista” y “gorda”…pero juntas, ¿qué diablos querían decir? Me quedé perpleja pero riéndome por lo bajo ya que una imagen se instaló en mi cabeza: la del mismo aduanero con unas gafas con cristales tan espesos que no podía ver nada. Casi.

“No todo el monte es orégano”.

Oh qu’elle sent bon celle-ci, un mont couvert d’origan, on fonce !

D’après Wiki « Le mot « origan » est issu du grec ρίγανον / origanon, signifiant « qui se plaît sur la montagne », composé de ρος / oros « montagne » et γάνος / ganos « éclat, aspect riant » ; pour les anciens cette plante avait une grande valeur car elle était un remède, une solution à tous les maux.

Donc voilà que si le mont n’est pas entièrement couvert, on va y trouver des difficultés, des contrariétés. Avouez que « Tout le mont n’est pas origan » est franchement plus porteur d’images que….hum, je pensais à « Tout n’est pas rose ».

Oh, ¡qué bien huele esta, un monte recubierto de orégano, allá vamos!

Según Wiki la palabra « origan » proviene del griego ρίγανον / origanon, que significa « que disfruta en la montaña », compuesta de ρος / oros « montaña » y γάνος / ganos « destello, aspecto risueño? » . Para los antiguos esta planta tenía un gran valor ya que era un remedio, una solución a nuestros males.

En francés se diría…hum, por ejemplo, “no todo es de color rosa”, que es menos evocador, ¿no?

Illustrations. 1) Nu à la fenêtre de Daniel Vazquez Diaz 1939

2) Photo Colo

9 oct. 2011

Gouttelettes de brume / Gotitas de bruma

La récolte a été bonne, mon panier est plein.
Il y avait des coings et des kakis, trop lourds ou sucrés, alors j'ai ramené des perles, des larmes de brume. Du nord au sud, la terre en était semée.

La cosecha fue buena, se llenó mi cesta.
Había membrillos y kakis, demasiado pesados o dulces, entonces traje unas perlas, lágrimas de bruma. Del norte al sur, la tierra estaba sembrada.

Chez BOL en Norvège voici, en plus d'un superbe poème, cet haïku composé par le nouveau prix Nobel, Tomas Tranströmer. Merci à vous Bernard.

Gnolar i dimman..............Fredonne dans la brume.
En fiskebåt långt ute...... Au loin un bateau de pêche -
trofé på vattnet...............trophée sur l´eau

Tomas Tranströmer La grande énigme 45 haïkus. Adaptés du suédois par Jacques Outin. Préface de Petr Krâl (Le castor Astral, 2004)

Canturrea en la bruma
A lo lejos un barco de pesca -
trofeo en el agua (trad Colo)



Passons par la Belgique, murmures de craquellements, mais où JEA colore joliment la brume, merci à vous.


La brume est comme une prune.
La peau résiste.
Si elle se fissure, le paysage s'éparpille en gouttelettes...


La boira és com una pruna.
La pell resisteix.
Si es fissura, el paisatge s'espargeix en gotetes...
(trad. catalan Anaïs, gracias hija)





De forêts en toiles d'araignées, nous voici au Portugal avec VITOR CINTRA et ses mélancoliques silences. Grâce à Armando la traduction en français est... magique.

Nas brumas dos meus silêncios
Nascem visões encantadas,
Com ninfas, bruxas e fadas,
Sonhos de amor, sempre densos.

Nas brumas dos meus silêncios,
Onde os mistérios são nadas,
Surgem paixões exaltadas,
Feitas desejos, imensos.(...)

do livro " Pedaços do Meu Sentir "

Dans les brumes de mes silences
Naissent des visions enchantées,
Il y a des nymphes, sorcières et fées,
Rêves d'amours, toujours denses.

Dans les brumes de mes silences
Où les mystères ne sont rien,
Surgissent des passions exaltées,
Faites de désirs immenses.



Partir puis revenir chez soi, non sans passer par l'Andalousie et Federico.

Otra canción de Otoño F, García Lorca.

¡El sueño se deshizo para siempre!
En la tarde lluviosa mi corazón
aprende la tragedia otoñal
que los árboles llueven.
-----------
¡Cómo me dice el agua
que el sueño se deshizo para siempre!
¿El sueño es infinito?
La niebla lo sostiene
y la niebla es tan sólo
cansansio de la nieve. (...)



Une autre chanson d'automne F. García Lorca

Le rêve s'est pour toujours défait!
Dans la soirée pluvieuse
mon cœur apprend
la tragédie de l’automne
qui fait les arbres pleuvoir.

------------------

Comme l'eau me dit
que le rêve s'est pour toujours défait!
Le rêve est-il infini?
La brume le prétend
et la brume n'est que
fatigue de la neige. (...)
(Trad.: Colo)
Foto 1: captainjpslog.blogspot.com
Fotos 2-3: Colo

5 oct. 2011

Dans la brume / En la bruma

Note: il semble y avoir des problèmes avec Explorer qui vous empêchent (et m'empêchent) de laisser des commentaire. Essayez avec Firefox, ça marche parfaitement.




Brumes matinales sur la route qui mène chez moi; Platero s'y plairait bien, non?
Car c'est de lui, enfin plutôt des cruelles facéties et désirs de notoriété de Dalí et Buñuel que nous allons parler aujourd'hui. Je vous l'avais annoncé.

"L'affaire Platero" / "El asunto" Platero

« Platero y yo » de Juan Ramón Jiménez. Une première édition partielle, comprenant 63 chapitres, est publiée à Madrid en 1914, dans une édition pour la jeunesse. L’édition intégrale sortit en 1917, connut un immense succès et devint livre de lectures scolaires dès 1920.

« Platero y yo » de Juan Ramón Jiménez: una primera edición parcial, conteniendo 63 capítulos, se publicó en Madrid en 1914, en una edición juvenil. La edición integral salió en 1917, tuvo un inmenso éxito y fue una lectura escolar desde 1020.

« L’affaire » se passe en 1928. Juan Ramón Jiménez est déjà un auteur et poète reconnu.

« El asunto » tuvo lugar en 1928. J.R.Jiménez ya es un autor y poeta reconocido.

Dalí et Buñuel, âgés de 24 et 28 ans se connaissent depuis longtemps ; ils ont pour objectif, entre autres, de moderniser la poésie et avaient, c’est bien curieux, développé depuis l’enfance une obsession pour les ânes pourris, (sujet que l’on retrouve sous la forme de têtes d’ânes morts sur un piano dans le grand classique du cinéma surréaliste « Un chien andalou »).

Dalí y Buñuel de 24 y 28 años se conocen desde hace tiempo; tienen por objetivo, entre otros, modernizar la poesía y ambos tenían, hecho curioso, una obsesión por los burros podridos (tema que de encuentra bajo la forma de cabezas de burros muertos en un piano en el gran clásico del cine surrealista “Un perro andaluz”).

Un jour, Mr Jiménez reçoit la terrible lettre suivante :

Un día, el Señor Jiménez recibe la terrible carta siguiente:

Lettre de Luis Buñuel y Salvador Dalí à Juan Ramón Jiménez (1928)

Mr Juan Ramón Jiménez

Madrid

Notre cher ami. Nous pensons qu’il est de notre devoir de vous dire –oui, de façon désintéressée- que votre œuvre nous répugne profondément car immorale, car hystérique, car cadavérique, car arbitraire.

Spécialement :

MERDE !!

pour votre Platero et moi, pour votre facile et malintentionné Platero et moi, l’âne le moins âne, l’âne le plus odieux que nous ayons rencontré.

Et pour vous, pour votre funeste agissement, aussi :

MERDE !!!

Sincèrement.

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

Carta de Luis Buñuel y Salvador Dalí a Juan Ramón Jiménez (1928)

Sr. Dn. Juan Ramón Jiménez

Madrid

Nuestro distinguido amigo: Nos creemos en el deber de decirle -sí, desinteresadamente- que su obra nos repugna profundamente por inmoral, por histérica, por cadavérica, por arbitraria.

Especialmente:

¡¡MERDE!!

para su Platero y yo, para su fácil y malintencionado Platero y yo, el burro menos burro, el burro más odioso con que nos hemos tropezado.

Y para Vd., para su funesta actuación, también:

¡¡¡¡MIERDA!!!!

Sinceramente

LUIS BUÑUEL SALVADOR DALÍ

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, p. 189.]

Vous imaginez l’étonnement, la peine aussi de cet homme si sensible.

Dalí nous donne, dans son style caractéristique, une explication de la lettre, la voici.

Os podéis imaginar la sorpresa, la pena también de ese hombre tan sensible.

Dalí nos da una explicación de la carta, aquí está:

"A ce moment nous voulions envoyer, pour créer une sorte de subversion morale, une lettre à la personne la plus prestigieuse d’Espagne, uniquement pour provoquer une réaction et que les gens disent : « Pourquoi l’ont-ils fait ? » et tout ça. Nous en avions alors choisi deux ou trois, nous avions pensé à Falla * qui jouissait déjà d’un grand prestige, pour lui dire qu’il était un fils de pute, etc…le pire qu’on puisse dire ; nous les avons mis dans un chapeau (les noms) , et Juan Ramón Jiménez est sorti.

Nous venions justement de rendre visite la veille à J.R. Jiménez qui nous avait reçus sentimentalement : « Voyons cette merveilleuse jeunesse… », et il dit avoir rencontré des jeunes gens magnifiques dans notre groupe.

Alors, il sort du chapeau et nous écrivons la lettre, qui était une lettre terrible contre Platero, que l’âne de Platero était un âne pourri, que cette histoire d’étoiles était du sentimentalisme… ; en plus, c’est vrai, je n’ai jamais aimé Juan Ramón Jiménez, je trouve que c’est un très mauvais poète. Au moment de poster la lettre, Buñuel a eu un doute, mais il l'a postée, nous l'avons postée, et le jour suivant Juan Ramón a été malade, il disait : » Je ne comprends pas, la veille je reçois ces jeunes gens ; ils me semblent…et le jour d’après ils m’insultent de la façon la plus grossière… » Et il n’a jamais compris. C’était une chose incompréhensible."

(Traductions Colo)

"En aquel momento queríamos mandar, para crear una especie de subversión moral, una carta a la persona más prestigiosa de España, únicamente para provocar una reacción y que la gente dijera: "¿Por qué lo han hecho?", y tal y cual. Entonces habíamos escogido dos o tres, y habíamos pensado en Falla, que tenía un gran prestigio, para decirle que era un hijo de puta, etc.: lo más que se puede decir; los pusimos en un sombrero (los nombres), y salió Juan Ramón Jiménez.

Justamente acabábamos de visitar a Juan Ramón el día anterior, que nos había recibido sentimentalmente: "A ver, esa juventud maravillosa...", y dijo haber encontrado unos chicos magníficos en nuestro grupo.

Entonces, sale en el sombrero y escribimos la carta, que era una carta terrible contra Platero, que el asno de Platero era un asno podrido, aquello de las estrellas era un sentimentalismo...; además, es verdad, a mí nunca me ha gustado Juan Ramón Jiménez, encuentro que es un poeta pésimo. En el momento de echar la carta, Buñuel tuvo una duda, pero la echó, la echamos, y al día siguiente Juan Ramón estuvo enfermo, diciendo: "No comprendo, un día antes recibo a estos chicos; me parecen... Y al día siguiente me insultan de la manera más grosera..." Y no lo comprendió nunca. Fue una cosa incomprensible."

[Agustín Sánchez Vidal, Buñuel, Lorca, Dalí: el enigma sin fin, Barcelona: Planeta, 1988, pp. 191-192.]

*Falla : il fait référence à Manuel de Falla : http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_de_Falla

Source / Fuente : http://www.udc.es/tempo/cuestions20/docs_surr08.html#jrj

29 sept. 2011

La musique de Platero / La música de Platero



Il est bien possible que le nom de Juan Ramón Jiménez ne vous dise pas grand-chose, mais il serait étonnant que vous n’ayez jamais entendu parler de Platero, son âne. Enfin son complice d’un livre, son ami, son confident.

Es posible que el nombre de Juan Ramón Jiménez no le suene mucho, pero sería extraño que nunca hubiera oido hablar de Platero, su burro. Más bien su cómplice el tiempo de un libro, su amigo, su confidente.


“Platero es pequeño, peludo, suave; tan blando por fuera, que se diría todo de algodón, que no lleva huesos. Sólo los espejos de azabache de sus ojos son duros cual dos escarabajos de cristal negro.

Es tierno y mimoso igual que un niño, que una niña ... pero fuerte y seco como de piedra. Cuando paso sobre él los domingos, por las últimas callejas del pueblo, los hombres del campo, vestidos de limpio y despaciosos, se quedan mirándolo:

--Tiene acero...

-Tiene acero. Acero y plata de luna, al mismo tiempo.”

« Platero est petit, doux, velu, si moelleux d'aspect qu'on le dirait tout en coton, sans ossature. Seuls les miroirs de jais de ses yeux sont durs comme deux escarboucles de cristal noir.

Il est tendre et caressant comme un enfant, comme une petite fille... ; mais il est dur et sec, intérieurement, comme une pierre. Lorsque nous traversons, le dimanche, les dernières ruelles du village, les campagnards, lents et coquets, s'arrêtent pour le regarder :
- On dirait de l'acier...
De l'acier, mais oui. De l'acier mêlé d'un argent de lune. » Platero y yo (Juan Ramon Jiménez) Traduction de Claude Couffon

Dessin réalisé par Ronce à qui sa grand-mère avait lu Platero.

Grand merci à vous deux, ¡muchas gracias!


Juan R. Jiménez n’a pas eu d’enfant mais il les estimait grandement. Il disait qu’il n’avait jamais rien écrit spécialement pour eux car il pensait que l’enfant peut découvrir la beauté littéraire dans les mêmes livres que les adultes. Et il est vrai que les enfants lisent « Platero et moi » avec autant de plaisir que les adultes. Il traitait les enfants comme des adultes, il ne descendait pas à leur niveau, il les élevait au sien.

Juan R. Jiménez no tuvo hijos pero sentía un aprecio grande por los niños. Decía que nunca había escrito nada especialmente para ellos porque pensaba que el niño puede descubrir la belleza literaria en los mismos libros que los adultos. Y es verdad que los niños leen “Platero y yo” con el mismo placer que los adultos. Trataba a los niños como adultos, “no descendía él a su nivel, sino que los elevaba a ellos al suyo” (http://w.w.w.aureoherrero.org/cincuentenariojanramon.)

De ce récit poétique composé de 138 courts chapitres, certains ont été mis en musique par Mario Castelnuovo-Tedesco.

De este relato poético compuesto de 138 capítulos cortos, algunos han sido puestos en música por Mario Castelnuevo-Tedesco.

Je vous propose le morceau correspondant au chapitre C X X X V - MELANCOLÍA



Voici les paroles récitées par la jeune femme.

Esta tarde he ido con los niños a visitar la sepultura de Platero, que está en el huerto de la Piña, al pie del pino redondo y paternal. En torno, abril había adornado la tierra húmeda de grandes lirios amarillos. Cantaban los chamarices allá arriba, en la cúpula verde, toda pintada de cenit azul, y su trino menudo, florido y reidor, se iba en el aire de oro de la tarde tibia, como un claro sueño de amor nuevo. Los niños, así que iban llegando, dejaban de gritar. Quietos y serios, sus ojos brillantes en mis ojos me llenaban de preguntas ansiosas. —¡Platero, amigo!—le dije yo a la tierra—; si, como pienso, estás ahora en un prado del cielo y llevas sobre tu lomo peludo a los ángeles adolescentes, ¿me habrás, quizá, olvidado? Platero, dime: ¿te acuerdas aún de mí? , Y, cual contestando a mi pregunta, una leve mariposa blanca, que antes no había visto, revolaba insistentemente, igual que un alma, de lirio en lirio...

Vous pouvez trouver le texte complet Platero y yo en espagnol, joliment présenté ici :

Aquí el texto completo, agradablemente ilustrado.

Un joli cadeau à faire (et à vous faire !!) avec la version audio, ici par exemple :


Je termine ici la première partie. La seconde sera dédiée à « L’affaire Platero » qui eut lieu entre, d’un côté Luís Buñuel et Salvador Dali et de l’autre J.R. Jiménez qui ne comprit jamais le pourquoi de l’affaire…

Termino aquí la primera parte. La segunda será dedicada al “asunto Platero” que tuvo lugar entre, por una parte Luís Buñuel y Salvador Dali, y por otra J.R. Jiménez que no entendió nunca el por qué del asunto…

21 sept. 2011

Animaux en balade / Animales de paseo

Mon village est mince : quasi une seule rue, très longue et en pente, comme un trait d’union isolé entre la montagne et la plaine. Pas de place centrale car il n’existe pas de centre ; l’église se trouve tout en bas, le couvent abandonné tout en haut.
Serait-ce parce que l’église n’est pas au milieu du village que nous nous y sentons si bien ?
A part le bar ou le centre sportif, il offre peu de distractions, alors tout le monde se balade, surtout en fin d’après-midi, vers 19-20h.
Enfants, vélos, adultes, vieux, chiens, poussettes se croisent, se saluent tous. « Adeu ! Adeu ! ».*

Mi pueblo es delgado: casi una única calle, muy larga y empinada, como un guión aislado entre la montaña y la llanura. No hay plaza central ya que no existe ningún centro; la iglesia está abajo del todo, el convento abandonado arriba del todo.
¿Será porque la iglesia no está en medio del pueblo que estamos aquí tan a gusto?
Excepto el bar y el polideportivo, ofrece pocas distracciones y por lo tanto todo el mundo se pasea, sobre todo por la tarde.
Niños, bicicletas, adultos, viejos, perros, cochecitos de bebés se cruzan, se saludan todos: “Adeu! Adeu!”
Rencontre fortuite hier avec un jeune vétérinaire, allergique aux poils de chiens et de chats, qui promène en laisse son petit cochon vietnamien.
« Faut voir la tête des gens âgés » me dit-il hilare, « éberlués, il rajustent leurs lunettes en s’exclamant : Mem, això no és un ca, és un porc ! » *
Encuentro fortuito ayer con un joven veterinario, alérgico a los pelos de perros y gatos y que pasea con una correa su pequeño cerdo vietnamita.
“Hay que ver la cara que pone la gente mayor” me dice riéndose, “alucinados, ajustan sus gafas y exclaman: Mem, això no és un ca, es un porc!”
**Majorquin : - Adios, cette façon de se saluer est curieuse et intéressante, non ?
- Voyons, ce n’est pas un chien, c’est un cochon !
Les alentours se prêtent aux promenades de tous genres, la mer exceptée : si elle n’est pas loin à vol d’oiseau, rien n’est loin ici, elle est derrière la montagne.
La lumière est si belle en ce moment…
Vous connaissez peut-être ce délicieux roman poétique « Platero et moi » de Juan Ramón Jimenez, je lui dédierai mon prochain billet, mais aujourd’hui voici un poème de cet ex prix Nobel, si sensible aux charmes de la nature.
Los alrededores se prestan a paseos de todo tipo, exceptuando el mar: aunque está cerca a vuelo de pájaro, nada queda lejos aquí, está detrás de la montaña.
La luz es tan bella en este momento...
Conocéis sin duda la novela deliciosamente poética “Platero y yo” de J. R. Jiménez, le dedicaré mi próxima nota, pero hoy un poema de ese ex premio Nóbel, tan sensible a los encantos de la naturaleza.

Jardín J. Ramón Jimenez

Yo no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.

El río se lleva, mientras,
la realidad de esta tarde,
a mares sin esperanza.

Miro al oriente, al poniente,
miro al sur y miro al norte.

Toda la verdad dorada
que cercaba al alma mía,
cual con un cielo completo,
se cae, partida y falsa.

Y no sé cómo saltar
desde la orilla de hoy
a la orilla de mañana.
Je ne sais comment sauter
de la rive d’aujourd’hui
à la rive de demain.

Tandis que la rivière emporte
la réalité de ce soir,
à des mers sans espoir.

Je regarde à l’orient, au couchant,
je regarde au sud, je regarde au nord.
Toute la vérité dorée
qui cernait mon âme,
qui, avec un ciel entier,
tombe, brisée et fausse.

Je ne sais comment sauter
de la rive d’aujourd’hui
à la rive de demain.


Photos et traductions Colo

15 sept. 2011

Contes de Supervielle / Cuentos de Supervielle


J’ignore ce qui m’a poussée à glisser, au dernier moment, « L’enfant de la haute mer » de Supervielle dans mon sac rouge. Oui, je devais l’avoir lu il y a longtemps, mais aucun souvenir précis ; alors la mer peut-être, mais aussi son poids plume.

Des huit contes, ce sont le premier (qui a donné son titre au recueil publié en 1931) et le dernier, « La piste et la mare » qui m’ont enchantée, pas seulement par leurs histoires, mais plutôt par l’imagination et l’immense originalité dans l’agencement des mots.

Ignoro lo que me empujó a introducir, en el último momento, “La niña de alta mar” de Supervielle en mi bolsa roja. Debía haberlo leído hace mucho tiempo, pero no tenía ningún recuerdo preciso; tal vez el mar, o su peso ligero.

De los ocho cuentos, son el primero (que le dio su título a la recopilación publicado en 1931) y el último, “La pista y la charca” los que me han encantado, no sólo por sus historias, sino más bien por la imaginación y la inmensa originalidad en la disposición de las palabras.

Extrait de « L’enfant de la haute mer ». La fillette a 12 ans.

- Elle n’était pas très jolie à cause de ses dents un peu écartées, de son nez un peu trop retroussé, mais elle avait quelques taches de douceur, je veux dire de rousseur. Et sa petite personne commandée par des yeux gris, modestes mais très lumineux, vous faisait passer dans le corps, jusqu’à l’âme, une grande surprise qui arrivait du fond des temps.

« …vous faisait passer, jusqu’à l’âme, une grande surprise qui arrivait du fond des temps. » Que ne donnerais-je, moi, pour avoir écrit cette phrase ?

Extracto de «La niña de alta mar ». La chica tiene 12 años.

- No era muy guapa por culpa de sus dientes algo separados, de su nariz demasiado respingona, pero tenía algunas pecas muy dulces. Y su personita guiada por unos ojos grises, modestos pero muy luminosos, os hacía pasar por el cuerpo, hasta el alma, una gran sorpresa que llegaba desde tiempos remotos.

“…os hacía pasar por el cuerpo, hasta el alma, una gran sorpresa que llegaba desde tiempos remotos.” ¿Qué no daría yo por haber escrito esa frase?

Trois extraits de « La piste et la mare »

- Florisbela approuva. Le marchand eût voulu faire de même tout de suite, mais n’entendant pas bien l’espagnol, il ne comprit le sens de cette phrase qu’au bout de quelques secondes après avoir confronté secrètement les mots dans le fond de son oreille.

- La viande cuite, le fermier et les siens s’assirent à table, et dans un coin, le Turc aux pieds propres, osseux et tristes. (Quand le visage est obligé de sourire pour des besoins professionnels, il faut bien que notre humaine tristesse se réfugie quelque part.)

- Le Turc commençait à sentir sa fatigue. Une pensée, flèche perdue, par qui lancée ?, lui traversa l’esprit.

Tres extractos de « La pista y el charco »

- Florisbela asintió. Al mercante le hubiera gustado hacer lo mismo enseguida, pero al no entender bien el español, sólo comprendió el sentido de esa frase unos segundos después de haber secretamente confrontado las palabras en el fondo de su oído.

- Una vez la carne hecha, el granjero y los suyos se sentaron en la mesa, y en un rincón, el Turco de los pies limpios, huesudos y tristes. (Cuando la cara está obligada a sonreír por motivos profesionales, nuestra humana tristeza necesita refugiarse en alguna parte.)

- El Turco empezó a sentir su fatiga. Un pensamiento, una flecha perdida, ¿por quién lanzada?, le cruzó la mente.

Traducciones: Colo

Fotos de Mallorca, clic para agrandar

1) Israel Pampín, gracias amigo
2) Colo

4 sept. 2011

Près de la mer / Cerca del mar

Vert sur vert,
sauterelle sur plumbago.
Verde sobre verde,
saltamontes sobre plumbago.


L’enfant curieux écoute aux portes de la terre…


L’enfant dort La sauterelle saute

L’eau chuchote très loin


Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?

Claude Roy

Extrait de : Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ? Poésie/Gallimard


El niño curioso escucha a las puertas de la tierra…


El niño duerme El saltamontes salta

El agua murmura a lo lejos


¿Sabes si estamos aún lejos del mar?

Claude Roy (trad: Colo)


Je m’en vais pour quelques jours, oh non pas en haute mer sur ce fier voilier, mais pour une simple opération de « reconnexion » après l’ablation d’une tumeur en décembre dernier.

Le point final d’une année de traitements, une fin joyeuse.…et durable, espérons.

J’avais choisi de ne pas en parler ici, mais aujourd’hui Merci, Merci à vous tous qui m’avez accompagnée par vos billets, vos mots gentils, intéressants, musicaux, poétiques, affectueux, drôles …

Un très amical "à bientôt".

Photos Colo, clic pour agrandir.

30 août 2011

Luisa, une femme du XVIº / Luisa, una mujer del XVIº

Lali me propose un jeu qui vient de chez Euterpe.C’est plutôt un casse-tête fort intéressant dont le sujet est :

Quelle femme de la Renaissance auriez-vous aimé être ?

Lali me propone un juego que viene del blog de Euterpe. Es mas bien un rompecabezas muy interesante ya que el tema es:
¿Qué mujer del Renacimiento le hubiera gustado ser?

Casse-tête car peu nombreuses, peu connues et assez mystiques les femmes de langue espagnole sur lesquelles je travaille depuis une semaine. Mais je me suis décidée, voici une femme - que je n’aurais pas du tout aimé être -, la poétesse Luisa Carvajal y Mendoza, mais qui me semble intéressante à bien des points de vue.

Rompecabezas ya que hay pocas, poco conocidas y bastante místicas las mujeres de habla española que encontré. Pero me decidí; he aquí una mujer – que no me hubiera gustado nada ser -, la poetisa Luisa Carvajal y Mendoza, pero que me parece interesante bajo varios puntos de vista.

Née en 1568 en Extremadura, Cáceres, elle est morte à Londres en 1614. Que faisait-elle donc en Grande Bretagne ? Voilà ce que je vais vous raconter.

Seule fille après 5 fils, de parents nobles et riches, elle a été orpheline de père et mère à l’âge de six ans. Séparée de ses frères elle termine chez un oncle, Francisco Hurtado de Mendoza où elle reçoit l’éducation domestique et intellectuelle traditionnelle des jeunes filles : latin, lecture des classiques, connaissance chrétiennes et pratique de la charité. A la suite de péripéties, elle se retrouve seule à 13 ans avec son oncle qui la soumet à des pénitences violentes et douloureuses.

Voilà notre Luisa embarquée sur la route du désir de martyre : plus son oncle est cruel avec elle, plus son amour pour Jésus augmente.

Nacida en 1568 en Extremadura, Cáceres, murió en Londres en 1614. ¿Qué hacía en Gran Bretaña? Os lo voy a contar.

Única hija después de 5 hijos de padres nobles y ricos, se quedó huérfana a los seis años. Separada de sus hermanos acabó en casa de un tío, Francisco Hurtado de Mendoza donde recibió la educación doméstica e intelectual tradicional de las chicas: latín, lecturas clásicas, conocimientos cristianos y práctica de la caridad. Después de unas peripecias se encuentra sola con su tío que la somete a unas penitencias violentas y dolorosas.

He aquí nuestra Luisa llevada al camino del deseo del martirio: más cruel es su tío con ella, más su amor hacia Jesús aumenta.

A la mort de son oncle elle vit seule, refusant le mariage et le couvent, raison pour laquelle elle a du mal à toucher son héritage car c’était bien entendu la condition pour…

Une fois riche, elle abandonne les atours de noble et s’habille en pauvre, voyage beaucoup, toujours pour des motifs religieux, -elle avait des liens étroits avec les Jésuites, - fonde entre autres un collège pour eux à Louvain, Belgique.

Plus tard, toujours en relation étroite avec les Jésuites, elle créa à Valladolid une sorte de « béaterie », une communauté de femmes célibataires et dévotes, fort actives.

A la muerte de su tío vive sola, rechazando el matrimonio y el convento, razón por la cual le resulta difícil obtener su herencia ya que esa, claro, era la condición para…

Una vez rica, abandona los atuendos de noble y viste de pobre, viaja mucho, siempre por motivos religiosos, - tiene lazos estrechos con los jesuitas, - funda entre otros un colegio para ellos en Lovaina, Bélgica. Más tarde, y siempre en relación con los Jesuitas, crea en Valladolid un tipo de “beatería”, una comunidad de mujeres solteras y devotas, muy activas.

Elle part en Angleterre en 1605, sous la protection de l’ambassadeur espagnol (dont elle aura bien besoin car par deux fois elle est incarcérée), et se livre là-bas, en missionnaire, à de nombreuses actions de conversion et luttes (par exemple recueillir les membres amputés des catholiques écartelés). Le Supérieur des Jésuites essaye de lui faire abandonner toute idée de martyre, rien n’y fait. La seconde fois qu’elle sort de prison, elle est affaiblie et malade et meurt à Londres à 48 ans, sans avoir le temps de rentrer en Espagne.

Une vie courte d’une femme indépendante et volontaire.

Son œuvre consiste en de nombreuses lettres, aux thèmes éminemment religieux, et surtout en une collection de poèmes. Luisa a exploré toutes les formes poétiques du Baroque et son mysticisme suit le courant établi par Juan de la Cruz, Sainte Thérèse…

Se marcha a Inglaterra en 1605, bajo la protección del embajador español (cuya ayuda necesitará mucho ya que fue encarcelada por dos veces) y lleva allí, como misionera, numerosas acciones de conversiones y luchas (por ejemplo recoger los miembros amputados de católicos descuartizados).

El Superior de los Jesuitas intenta en varias ocasiones hacerle abandonar toda idea de martirio…. en vano. La segunda vez que sale de prisión, está muy débil y enferma y muere en Londres, sin tener tiempo de volver a España.

Una vida corta de una mujer independiente y voluntariosa.

Su obra consiste en numerosas cartas con temas eminentemente religiosos y sobre todo una colección de poemas. Luisa ha explorado todas las formas poéticas del barroco y su misticismo sigue la corriente establecida por Juan de la Cruz, santa Teresa…

Voici un sonnet que j’ai traduit du mieux que j’ai pu… bon, vous en aurez au moins une idée.

De sentimientos de amor y ausencia profundísimos.

¿Cómo vives, sin quien vivir no puedes?
Ausente, Silva, el alma, ¿tienes vida,
y el corazón aquesa misma herida
gravemente atraviesa, y no te mueres?

Dime, si eres mortal o inmortal eres:
¿Hate cortado Amor a su medida,
o forjado, en sus llamas derretida,
que tanto el natural límite excedes?

Vuelto ha tu corazón cifra divina
de extremos mil Amor, en que su mano
mostrar quiso destreza peregrina;

y la fragilidad del pecho humano
en firmísima piedra diamantina,
con que quedó hecho alcázar soberano
.

Des sentiments d’amour et d’absence très profonds.

Comment vis-tu, sans qui vivre tu ne peux?
Absente l'âme, Silva, tu as la vie,
et cette même blessure gravement
traverse le coeur et tu ne meurs?

Dis-moi, si tu es mortelle ou immortelle:
L’Amour t’a faite à sa mesure,
ou forgée, dans ses flammes, fondue,
tant la limite naturelle tu excèdes?

Il a transformé ton cœur en chiffre divin
aux mille extrémités Amour, tant il a voulu
montrer de sa main la dextérité pèlerine ;

et la fragilité de la poitrine humaine
en très ferme pierre de diamant
fut transformée château fort souverain.