21 janv. 2024

Hiver / invierno

 

Un beau cadeau de Noël ou des Rois Mages ces deux recueils de poèmes dont  “À 

l’aube du vent”. Merci beaucoup Maïté.




Empreintes d’hiver    

Marie Laugery



La brume a remplacé l’espace

Sans repère

Le ciel s’est perdu

…


La saison habite un nuage

Le temps d’un sommeil blanc

…


Immobiles

Les branches dessinent le froid

En bouquet de cristal

…

Le soleil a mis ses yeux gris

Pour un regard de givre

…

Délicat

S’essaime en flocons le silence

Paroles d’étoiles.

Édition Le Solitaire, p. 29

 


https://www.naturephotographie.com/portfolios/noir-et-blanc/des-arbres-blancs-en-hiver/


Huellas de invierno


La niebla ocupó el espacio

Sin mojón

El cielo se perdió

…

La estación habita una nube

el tiempo de un sueño blanco

…

Inmóviles

Las ramas dibujan el frío

En ramos de cristal

…

El sol ha puesto sus ojos grises

Para una mirada de escarcha

…

Delicado

Se dispersa en copos de nieve el silencio

Palabras de estrellas.


Trad: Colo

17 janv. 2024

Chronique d'un noyau

  Il paraît que ce n’est pas aisé, mais le résultat dépasse de loin toutes mes 

espérances. Aux innocentes les mains pleines. 


Donc, il y a une quarantaine d’années, et comme des millions personnes j’imagine, après avoir mangé un avocat, j’ai mis le noyau sur un verre d’eau. Peu à peu des racines en sont sorties, le noyau s’est ouvert en deux, une tige puis deux feuilles. Puis plus.



 

Planté dans un pot, il est devenu si grand que j’ai fait un trou dans la terre juste devant la maison, histoire de le surveiller de près.



Les gens d’ici disent, enfin pensent, que le climat de l’île ne convient pas à ce type d’arbres.

Regardez-le, je me demande comment il serait si c’était le cas…. Madre mía. Il est devenu gigantesque, envahit le toit (on est obligés de le raccourcir), mais donne une ombre bienvenue à la façade, au petit étang, et produit entre 70 et 80 kilos d’avocats par an.

 


 

Bon, il ne nous rend pas toujours la vie facile, parfois ils sont haut perchés…



L’énorme avantage de ce fruit c’est qu’il ne mûrit que plusieurs jours après sa cueillette, ce qui permet de faire un roulement. Entre novembre et avril nous en mangeons, je dirais tous les jours, un par jour chacun. Et puis nous en offrons, un cadeau facile pour nous, très apprécié des amis.


Des dizaines d’oiseaux, des moineaux surtout et des tourterelles, y nichent ou dorment, ce qui , en été, nous éveille tôt.

Le vent dans l´épais feuillage, une musique apaisante. 

Histoire d'un arbre.... 


NB: Les photos ne sont pas de moi, glanées sur la Toile et très ressemblantes à ma réalité, pour une raison qui m'échappe, les miennes, prises avec mon téléphone, ne veulent plus être publiées sur mon blog, grrrrr! 

Si l'un d''entre vous est sur Blogspot et a une idée....

10 janv. 2024

Un tableau, un poème IV / Un cuadro, un poema IV

                        M. Luisa Puiggener, (1973-1921, Andalucía) Una artista


 

Être artiste

 JORGE EDUARDO EIELSON (Lima, 1924-Milán, 2006)

 

C’est convertir un objet quelconque

En un objet magique

C’est convertir le malheur

L’idiotie et les ordures

En un voile lumineux

C’est souffrir jour et nuit

D’une maladie éblouissante

C’est savourer le futur

Flairer l’immensité

Palper la solitude

 

C’est regarder regarder regarder

C’est écouter le chant de Giotto

Le sanglot de Van Gogh

Le cri de Picasso

Le silence de Duchamp

C’est défier la raison

L’époque

La mort

(...)

C’est caresser des armes de combat

Comme si elles étaient des tubes de couleurs

C’est caresser des tubes de couleurs

Comme s’ils étaient des oiseaux vivants

(...)

C’est jouer jouer jouer

C’est se couvrir la tête de bleu outre-mer

C’est se couvrir le cœur de rouge écarlate

C’est jouer sa vie pour un coup de pinceau

C’est s’éveiller tous les jours

Devant une toile vide

Et ne rien peindre

(Trad: Colo)


SER ARTISTA

 

Es convertir un objeto cualquiera
En un objeto mágico
Es convertir la desventura
La imbecilidad y la basura
En un manto luminoso
Es padecer día y noche
De una enfermedad deslumbrante
Es saborear el futuro
Oler la inmensidad
Palpar la soledad

Es mirar mirar mirar mirar
Es escuchar el canto de Giotto
El sollozo de Van Gogh
El grito de Picasso
El silencio de Duchamp
Es desafiar a la razón
A la época
A la muerte
(…)

Es acariciar armas de combate
Como si fueran tubos de colores
Es acariciar tubos de colores
Como si fueran pájaros vivos
(…)

Es jugar jugar jugar jugar
Es cubrirse la cabeza de azul ultramar
Es cubrirse el corazón de rojo escarlata
Es jugarse la vida por una pincelada
Es despertar todos los días
Ante una tela vacía
Es no pintar nada

 

JORGE EDUARDO EIELSON (Lima, 1924-Milán, 2006)








4 janv. 2024

Un poème, un tableau III/ Un poema, un cuadro III

 

Il existe, et ce blog n’aborde jamais ce sujet, toute une poésie pour enfants.

Quel meilleur moment que Reyes, la fête des Rois, celle des enfants, tellement

importante en Espagne que le 6 janvier, est férié. 



 

                                  1927, Verbena de Pascua, Fêtes de Noël

                                  Maruja Mallo, Espagne, 1902-1995  



Rois pour Rois Mages

María Rosa Serdio

 

 

Un jeudi matin

le roi Melchior se trouvait

en train d’écrire la lettre

aux Roi de l’Amour.

Et il disait:

Oh mon aimé Roi Gaspard,

toi qui es mon préféré.

M’apporteras-tu un remède d’amour

pour un monde si blessé?

 

Puis, un vendredi soir,

après l’heure du dîner,

écrivit sa nouvelle lettre

au roi Melchior, Balthazar.

Et il lui demandait, aimant,

qu’il apporte, s’il te plaît,

un remède miracle

pour guérir la douleur. 

 

Et le roi Balthazar, pensant

à ce qu’il pouvait demander,

écrivit à son roi mage

à peu près ceci:

Oh mon aimé roi Melchior,

tu sais combien je t’aime,

pourrais-tu apporter, s’il te plaît,

des branches de romarin,

des livres de couleurs,

un ballon avec un cœur

et une boîte de semences,

semences d’une fleur nouvelle ?

 Elles doivent être de fleur de rêve.

Elles doivent être de fleur d’amour.

Elles doivent être de fleur de vie.

De fleur de rêves en fleur.

 

Et, heureux, répondirent

le jour dit les Rois Mages

et les trois Rois, les trois,

tous eurent des cadeaux.

 

La magie ne traîne pas,

tu l’appelles et elle vient.

                                               (Trad: Colo)


Reyes para Reyes Magos, de María Rosa Serdio

 

Un jueves por la mañana

se encontraba el rey Melchor

escribiéndoles la carta

a los Reyes del Amor.

Y decía:

Oh mi amado Rey Gaspar,

tú que eres mi preferido

¿Me traerás cura de amor

para un mundo tan herido?

 

Luego, un viernes por la noche,

tras la hora de cenar,

escribió su carta nueva

al rey Melchior, Baltasar.

Y le pedía, amoroso,

que trajera, por favor,

una cura milagrosa

para sanar el dolor.

 

Y el rey Baltasar, pensando

qué le podía pedir,

escribía a su rey mago

diciéndole algo así:

Oh, mi amado rey Melchor,

tú sabes cómo te quiero

¿podrías traerme, porfa,

unas ramas de romero,

unos libros de colores,

un globo con corazón

y una caja de semillas,

semillas de nueva flor?

 

Han de ser de flor de sueños.

Han de ser de flor de amor.

Han de ser de flor de vida,

De flor de sueños en flor.

Y respondieron felices

en su día los Reyes Magos

y los tres Reyes, los tres,

todos tuvieron regalos.

 

La magia no se entretiene.

Tú la llamas y ella viene.



Bonne fête des Rois / Felices Reyes


 

 


 

1 janv. 2024

Souhaits / Deseos


Rêves et souhaits de création, de guérison, de travail, de rencontres, quels qu'ils

 soient...


Que l'année vous soit souriante !

23 déc. 2023

Bonne Fin d'Année / Feliz fin de Año

                      Nature morte ressuscitant / Natura muerta resucitando

                                     REMEDIOS VARO (Gerona, España 1908-1963 Mexico)

 

 Pour une fois pas de poème, il se formera certainement dans vos têtes en 

observant ce tableau surréaliste "en mouvement".

Un "à bientôt" souriant.



17 déc. 2023

Un tableau, un poème II / Un cuadro, un poema II

 

                           

                              La cuna (1969), de Carmen Laffón* (Le berceau)

 

Le berceau Juana de Ibarbourou 1892 - 1979, Uruguay

 

Si je savais de quelle forêt vint

L’arbre vigoureux qui donna le cèdre

Pour façonner le berceau de mon fils…

Je voudrais bénir son nom exotique.

Je voudrais deviner sous quel ciel,

Sous quelle brise il grandit lentement

L’arbre qui naquit avec pour destin

D’être un lit si minuscule et pur.

(...)

 

Parfois pendant que dort le tout petit

Je me mets à forger de belles histoires:

Qui sait si sous sa cime cuivrée

Mère venait allaiter son enfant

Tous les soirs, à l’heure

Où ce cèdre, buffet de nids,

S’emplissait d’oiseaux ensommeillés,

De musique de gazouillements et de berceuses.

 
(...)

Arbre immense, tu t’es fait humble

Pour bercer un enfant entre tes planches.

Tu abriteras les enfants de mes enfants

Toute ma race dormira dans tes bras.

                                                  Trad: Colo


* Carmen Laffón,  1934 -,  Espagne, Séville, peintre et sculptrice, elle a vécu de la vente de portraits mais peignait de superbes paysages, surtout dans le parc naturel de Doñana. Elle a, entre autres, peint une série de tableaux, Las Salinas...allez voir!



LA CUNA Juana de Ibarbourou 1892, 1979, Uruguay

Si yo supiera de qué selva vino
El árbol vigoroso que dio el cedro
Para tornear la cuna de mi hijo…
Quisiera bendecir su nombre exótico.
Quisiera adivinar bajo qué cielo,
Bajo qué brisa fue creciendo lento
El árbol que nació con el destino
De ser tan puro y diminuto lecho.

(...)



A veces mientras duerme el pequeñuelo
Yo me doy a forjar bellas historias:
Tal vez bajo su copa cobriza
Madre venía a amamantar su niño
Todas las tardecitas, a la hora
En que este cedro aparador de nidos
Se llenaba de pájaros con sueño,
De música de arrullos y de píos.

 (...)


Árbol inmenso, que te hiciste humilde
Para acunar a un niño entre tus gajos:
¡Has de mecer los hijos de mis hijos!
¡Toda mi raza dormirá en tus brazos.


 


11 déc. 2023

Un tableau, un poème / Un cuadro, un poema - 1

 

 Une exposition à Madrid, au musée national Thyssen-Bornemisza propose un

 "voyage de la fin du XVIe siècle aux premières décennies du XXe siècle, à 

travers  huit scènes importantes du parcours des femmes vers leur

émancipation".

Et je réfléchis, et me rends compte qu'à l'exception d'une ou deux, comme Maria Blanchard, je ne connais pas de peintres-femmes espagnoles.

Je vous propose pour ce mois, qui sait pour le suivant, de vous présenter quelques tableaux que j'aime particulièrement, suivis d'un poème. 


         «Idilio en La Caleta» (1914) de Flora López Castrillo ("Idylle dans La Caleta - la crique", sans doute à Tenerife)


Nuits...Josefina de la Torre*


Nuits sur la plage: rumeur de rive fraîche.

Blanc battement des rames que l’obscurité surprend.

Sur la grande barre les torches de pêche,

et un corps paresseux qui sur le sable s'allonge. 


Sur le haut de l’Île le phare tourne et tourne.

Une dense odeur d’algues...Vénus, la Grande Ourse….

Résonne une guitare. Une femme soupire.

La brise apporte des arômes de chèvrefeuille en fleur.

(...) Trad: Colo

*Josefina de la Torre Millares, née le 25 septembre 1907 à Las Palmas de Grande Canarie et décédée à Madrid le 12 juillet 2002, est une poétesse, romancière, chanteuse lyrique et actrice espagnole.

 

 

Noches… Josefina de la Torre

Noches sobre la playa: rumor de orilla fresca.  

Blanco batir de remos que la sombra sorprende.  

Sobre la barra grande los hachones de pesca,  

y un cuerpo perezoso que en la arena se tiende.  

 

En lo alto de la Isleta el faro gira y gira.  

Un denso olor a algas... Venus, la Osa Mayor...  

Rasguea una guitarra. Una mujer suspira.  

La brisa trae aromas de madreselva en flor.  

 

(…)

8 déc. 2023

Réponses

 

Reprenons donc joyeusement les expressions du billet précédent, La brouette.

- La première, vous l’aviez trouvé, “l’heure collée au cul” c’est être à la bourre, expression qui semble être familière à Dédé:-))


 - Le matasellos, ce vaillant “tue-timbre”, c’est ça, oui.

 

                                    Ce cachet est belge paraît-il



- Cantar las cuarenta, chanter les quarante, c’est “sonner les cloches”comme tu dis Fifi, ou remonter les bretelles à quelqu’un oui Manou. Mais d’où vient cette expressions ?

Et bien d’un jeu de cartes, el tute, où, chaque fois qu’un joueur arrive à avoir le cavalier et le roi de la même série il obtient 40 et il dit “je vais annoncer 40” pour reprocher à un autre d’avoir mal joué.





- Mais venons-en à l’expression de ce cher saint qui est monté au ciel. L’origine de cette expression serait la suivante, c’est fort amusant.

Durant une messe, exactement durant un prêche, un curé faisait allusion à l’histoire d’un saint dont, juste à ce moment, il ne se souvenait pas du nom….aurait dit “ Le saint s’en est allé au ciel”.

Bon, bon, cela veut dire, vous l’avez sans doute compris, c’est ne pas se rappeler, sur le moment, de faire, de dire, le nom de….

 



- Tania tu demandais ce que la guenon faisait là, dans l’expression “dormir la guenon”.

Et bien elle a son origine dans une coutume du passé: pour connaître les effets de l’alcool on donnait du vin aux singes…qui s’endormaient, ivres.

Donc ça veut dire cuver son vin, après une bonne cuite.





- Demander des poires à l’orme, c’est, oui, demander l’impossible.


Passez un bon week-end !


4 déc. 2023

La brouette / La carretilla

 

Voici quelques expressions espagnoles que j'ai traduites littéralement, 

voyons si vous arrivez à deviner leur sens...





Dans la campagne elle marchait ce matin–là, l'heure collée au cul ( andar con la hora pegada al culo). Il lui fallait passer par le bureau de poste, et une fois le tue–timbre ( matasellos) apposé, elle irait chanter les quarante ( cantar las cuarenta) à ce vieux ronchon de Julián qui serait sûrement encore en train de dormir la guenon* ( dormir la mona). Oh, parfois il était de bonne humeur mais si distrait!

  • Ma brouette est réparée, Julián?

  • Ah, ma bonne dame, j'ai eu une journée terrible hier et mon saint est monté au ciel ( se me ha ido el santo al cielo).

  • Mais Julián, vous m'aviez déjà dit cela la semaine dernière!

  • Quand j'ai trop à faire, j'ai trop à faire. Il ne faut pas demander des poires à l'orme ( pedir peras la olmo).

Elle n'insista pas et pensa que le four n'était pas prêt pour les petits pains ( el horno no está para bollos) et que la prochaine fois tout irait comme miel sur pâte feuilletée ( como miel sobre hojuelas).


Bon, je vous aide un peu:

* dormir la mona : cuver son vin.