10 févr. 2015

En fil de crépuscule... / Con hebras de crepúsculo...




Longues ou pas, lisses ou rayées, propres ou odorantes, souvent dépareillées (click sur ce billet, inspiré, de Kwarkito), ce sont les chaussettes.
À l'école, à quatre aiguilles, nous devions apprendre à en tricoter. Quel calvaire! Je me souviens que c'était bien souvent grand-mère, dite Bobonne, qui nous aidait à sauver les maudites mailles qui s'étaient échappées. Un mauvais souvenir ces chaussettes que personne ne portait jamais car elles "grattaient"
Tricoteuse, Albert Anke

Douces par contre, somptueuses, celles que reçut Pablo Neruda.
Une ode fort amusante, voyez plutôt.

Largos o no, lisos o a rayas, limpios u olorosos, a menudo desparejados, esos son los calcetines.
En la escuela, con cuatro agujas, teníamos que aprender a tejerlos. ¡Un calvario! me acuerdo que era muchas veces la abuela, llamada Bobonne, la que nos ayudaba a rescatar los malditos puntos escapados.
Un mal recuerdo esos calcetines que nadie llevaba nunca porque "picaban".


Magritte, pieds






Suaves sin embargo, suntuosos los que recibió Pablo Neruda. Una oda muy divertida la que sigue.

Oda a los calcetines
Ode aux chaussettes 

Pablo Neruda

Me trajo Mara Mori
un par de calcetines,
que tejió con sus manos de pastora,
dos calcetines suaves como liebres.
En ellos metí los pies
como en dos estuches
tejidos con hebras del
crepúsculo y pellejos de ovejas.

Mara Mori m'a apporté
une paire de chaussettes,
tricotées de ses mains de bergère,
deux chaussettes douces comme des lièvres.
J'y ai glissé mes pieds
comme dans deux étuis
tricotés de fils du
crépuscule et peau de mouton.


Violentos calcetines,
mis pies fueron dos pescados de lana,
dos largos tiburones
de azul ultramarino
atravesados por una trenza de oro,
dos gigantescos mirlos,
dos cañones;
mis pies fueron honrados de este modo
por estos celestiales calcetines.

Violentes chaussettes,
mes pieds furent deux poissons de laine,
deux longs requins
bleu outremer
traversés d'une tresse en or,
deux gigantesques merles,
deux canons;
ainsi furent honorés mes pieds
par ces chaussettes célestes.

Eran tan hermosos que por primera vez
mis pies me parecieron inaceptables,
como dos decrépitos bomberos,
bomberos indignos de aquel fuego bordado,
de aquellos luminosos calcetines.

Elles étaient si belles que pour la première fois
mes pieds m'ont paru inacceptables,
comme deux pompiers décrépis,
pompiers indignes de ce feu brodé,
de ces lumineuses chaussettes.

Sin embargo, resistí la tentación
aguda de guardarlos como los colegiales
preservan las luciérnagas,
como los eruditos coleccionan
documentos sagrados,
resistí el impulso furioso de ponerlos
en una jaula de oro y darles cada
día alpiste y pulpa de melón rosado.

Je résistai pourtant à la tentation
aigüe de les garder comme les écoliers
conservent les vers luisants,
comme les érudits collectionnent
des documents sacrés,
je résistai à l'élan furieux de les enfermer
dans une cage dorée et de leur donner chaque
jour du millet et de la pulpe de melon rose.


Como descubridores que en la selva
entregan el rarísimo venado verde
al asador y se lo comen con remordimiento,
estiré los pies y me enfundé
los bellos calcetines, y luego los zapatos.
Y es esta la moral de mi Oda:
Dos veces es belleza la belleza,
y lo que es bueno es doblemente bueno,
cuando se trata de dos calcetines
de lana en el invierno.

Comme les explorateurs qui dans la jungle
livrent le très rare gibier vert
à la broche et le mangent avec remords,
j'étirai les pieds et j'enfilai
les belles chaussettes, puis les souliers.
Voici la morale de mon Ode:
Par deux fois la beauté est beauté,
et ce qui est bon est doublement bon,
quand il s'agit de deux chaussettes
de laine en hiver.

Trad: Colo

3 févr. 2015

De pain, de feu et d'amour / De pan, fuego y amor


Para Jordi y Elvira


Le poème qui suit est extrait du tout dernier recueil de poèmes (2015) de Pablo Neruda intitulé “ Tes pieds je touche dans l'ombre et autres poèmes inédits”.
Inédits sont tous les poèmes de ce beau recueil, des brouillons du poète souvent écrits sur des bouts de papiers épars.
Ce poème nº5 a été gribouillé sur le papier du menu, dans un avion, (vous pouvez le voir sur l'image), le 29 décembre 1952, à 11h du matin, volant à 3.500m d'altitude entre Recife et Río de Janeiro où il allait rejoindre sa troisième femme, Matilde Urrutia dont il était très amoureux.


El poema que sigue proviene del último libro de poemas (enero 2015) de Pablo Neruda titulado “Tus pies toco en la sombra y otros poemas inéditos” (Ed Seix Barral, biblioteca breve)
Inéditos son todos los poemas de este bonito libro, borradores del poeta a menudo escritos en trozos de papel dispersos.
Este poema nº5 (p29) fue garabateado en el menú de un avión como lo podeís ver en la imagen, el 29 de diciembre 1952. Iba a reunirse con su tercera mujer Matilde Urrutia de la cual estaba muy enamorado.

ilustracion escaneada del final del libro


Par les airs je m'approche
du rayon rouge de ta chevelure.
De terre et de blé je suis fait et en m'approchant
ton feu se prépare
en moi et allume
les pierres et la farine.
C'est pour cela que mon cœur
grandit, gonfle et devient
pain pour que ta bouche le dévore,
et mon sang est le vin qui t'attend.
Nous sommes toi et moi la terre et ses fruits.
Pain, feu, sang et vin
c'est le terrestre amour qui nous embrase.

Trad: Colo

29 janv. 2015

Mots et caresses / Palabras y caricias



Vos mots si chaleureux qui me sont arrivés durant mon séjour prolongé à l'hôpital ont été de douces caresses.
Merci, grand merci.

Peu à peu reprendre la route, la mienne, celle qui me mène à vous aussi.

La première fleur d'amandier défie le froid, réconforte: fin janvier, tout est normal.

 

"La caresse est un langage
si tes caresses me parlent
je ne voudrais pas qu'elles se taisent"
Mario Benedetti "informe sobre caricias"
Vuestras palabras afectuosas me llegaron durante mi estancia prolongada en el hospital y me parecieron suaves caricias.
Gracias, muchas gracias.
Poco a poco volver a caminar, mi camino, el que me lleva a vosotros también.

La primera flor de almendro desafía el frío, conforta: final de enero, todo está normal.

"La caricia es un lenguaje
si tus caricias me hablan
no quisiera que se callen"
Mario Benedetti (Informe sobre caricias)

9 janv. 2015

Pause



Voici quelques mots d'Antoni Xumet extraits du beau volume "Majorque, l'île aux poètes" Édition Illador, trilingue, majorquin, espagnol et français.

 "Dans le livre de nos destinées, on devine des fautes d'orthographe"(p.11)*

Ce blog restera entre parenthèses pour un temps, le temps pour des "blouses vertes et blanches" comme les appelait le très cher JEA, de repartir à la pêche d'un truc de nature inconnue.

Portez-vous bien et à bientôt.

 
Rafel Joan, pintor mallorquín


 "En el libro de nuestro destino, se intuyen faltas de ortografía" (p11)*


Unas palabras de Antoni Xumet sacadas del precioso libro “Majorque, l'île aux poètes”, Edición Illador, trilingüe, mallorquín, castellano, francés.

Este blog permanecerá entre paréntesis durante algún tiempo, el tiempo para que unas batas verdes y blancas realicen la pesca de un chisme de origen desconocido.

Pasadlo bien y hasta pronto.


*trad. française Margarida Llabrés et Bernard Pons
 Trad. español Antoni Xumet




8 janv. 2015

Ensemble / Juntos


 Forges

El País, 8-1-2015

3 janv. 2015

Ruches / Colmenas


Étonnant ce poème de García Lorca; sans doute parlait-il d'un autre genre de prison...

Pour l'accompagner, des photos du photographe Valencien Sergio Belinchón (1971). Frappé par ces cités fantôme construites, quelle folie, pendant le désastreux boum, il a été s'y promener, photographier ces lieux déserts.

Sorprendente este poema de García Lorca; tal vez hablaba de otro tipo de cárcel...

Para acompañarlo, unas fotos del fotógrafo Valenciano Sergio Belinchón (1971). Impactado por esas ciudades fantasmas edificadas, qué locura, durante el desastroso boom, fue a pasear y fotografiar esos lugares desiertos.
 
                 



Sergio Belinchón / Ciudades efímeras (http://arqtipo.com/?p=319)

                                      

 Ruches

F. García Lorca

Nous vivons dans des cellules
de verre,
dans des ruches d'air!
Nous nous embrassons à travers
du verre.
Merveilleuse prison,
dont la porte
est la lune! 
 
(Trad: Colo)


 
Sergio Belinchón cités éphémères (http://arqtipo.com/?p=319)




 
 
Colmena
 
 
F. García Lorca

¡Vivimos en celdas
de cristal,

en colmena de aire!

Nos besamos a través

de cristal.

¡Maravillosa cárcel,

cuya puerta

es la luna!
 

1 janv. 2015

Voeux / Deseos

Bonne Année à toutes, et tous bien sûr.

                                 Feliz Año a todas y todos, claro.



Pour vous remercier de tout cœur de vos passages si chaleureux sur mon blog, voici quelques cadeaux, typiquement majorquins vus au marché de Sineu, hier. Faites vos choix...


                            Des cèpes et herbes variées

                                     Des lampes à huile, bienvenues par temps durs



                       Des pâtisseries, appelées cocas, ensaimadas, cocarrois...






                               Mandarines à gogo




                              Des pantoufles super chaudes en peau et laine de mouton

PS: je sais que certains d'entre vous n'arrivent pas à mettre des commentaires  dernièrement. J'en suis désolée et, à part contacter mon serveur, je ne sais vraiment pas que faire de plus...2015 y remédiera peut-être.

31 déc. 2014

Les raisins du rire / Las uvas de la risa

Tout est prêt: une longue et fort agréable visite au marché de Sineu ce matin, les raisins pour cette nuit, achetés.

Todo está listo: una larga y muy agradable visita al mercado de Sineu esta mañana, las uvas para esta noche compradas.

Sineu 31-12-2014


Vous le savez sans doute, c'est une tradition en Espagne: au rythme des douze coups de minuit il s'agit d'avaler un raisin...au début tout va bien et pourrait continuer ainsi ...mais les rires et fou rires...on s'étrangle un peu, on tousse...on se moque des autres, de soi-même. Très rigolo.

Seguramente lo sabéis, es una tradición lo de tragar una uva al ritmo de las doce campanadas...al principio todo marcha y podría seguir así si no fuera por las risas...poco a poco te ahogas, toses, te ríes de los demás , de ti mismo.
Súper divertido.


Joyeuse nuit et à demain pour des cadeaux majorquins; vous ferez votre choix.

Feliz noche y hasta mañana para unos regalos mallorquines, elegiréis.

26 déc. 2014

Contre-jour de mon ombre / Contraluz de mi propia sombra.



Poema Cosas Absurdas / Poème Choses Absurdes

de 

 Rosa Amelia Alvarado Roca (poetisa ecuatoriana 1944 -  )

 

Seethrough, Ken Orton


Le soleil me connaît bien

qui sort chaque matin

mais se couche quand je veux,

parfois il dort à midi,

parfois il souffre d'insomnie,



il entre par la fenêtre

avec la familiarité du maître de maison,

se mire longuement dans le miroir,

me sourit,

me fait un clin d’œil,

pendant un moment

il reste accroché à ma pupille,



ensuite il s'en va en dansant,

batifole avec une hâte joyeuse

et se perd dans les fentes

du contre-jour de mon ombre.

                                             (Trad: Colo)


Westlight Ken Orton

El sol me conoce bien
sale cada mañana,
pero se acuesta cuando yo quiero,
a veces duerme al mediodía,
a veces padece de insomnio,


entra por la ventana
con la familiaridad del dueño de casa,
se mira largamente en el espejo,
me sonríe,
me hace un guiño,
por un momento
se queda atrapado en mi pupila,


luego se va danzando,
jugueteando con alegre premura
para perderse por las hendijas
del contraluz de mi propia sombra.








23 déc. 2014

Ensemble / Juntos



Peut-être le temps est-il gris et maussade chez vous.
Sans doute des loupiotes, des bougies blanches et/ou colorées animent-elles les rues et les maisons.
Et ça sent bon du côté de la cuisine.

Pour "ce temps des fêtes", de disputes, séparations et drames, de réconciliations, baisers et retrouvailles, voici une vidéo de la Cathédrale-Mosquée de Cordoue.
La musique qui accompagne les 10 minutes de visite est superbe. 

Et il y a du soleil.
Et il y a deux cultures imbriquées.
Et c'est magnifique.

Comprendre, partager.
Ensemble, tous.


À la demande de dame Sable, voici les coordonnées ( trouvées sous la vidéo de Amazing Places on our Planet) des morceaux de musique:

Music:
Juan Martin - Musica Alhambra - 09 - El Bint Al Shalabiya

Lisa Gerrard - The Mirror Pool - 04 - Sanvean (i am your shadow)

Jocelyn Montgomery - Lux Vivens - 08 - Lux Vivens



                                 En plein écran, c'est mieux!!!


Tal vez el tiempo este gris y soso por su tierra.
Probables lucecitas, velas blancas o/y coloradas animan las calles y las casas.
Y huele bien por las cocinas.

Para "este tiempo de fiestas", de disputas y dramas, de reconciliaciones y besos, este vídeo de la Catedral-Mezquita de Córdoba. 
La música que acompaña los 10 minutos es magnífica.

Y hace sol.
Y hay dos culturas imbricadas.
Y es espléndido.

Comprender, compartir.
Juntos, todos.

Video de Amazing Places on our Planet

Music:
Juan Martin - Musica Alhambra - 09 - El Bint Al Shalabiya

Lisa Gerrard - The Mirror Pool - 04 - Sanvean (i am your shadow)

Jocelyn Montgomery - Lux Vivens - 08 - Lux Vivens