Photos / Fotos
J'aime énormément cette photo de mon arrière grand-mère, que je n'ai pas connue, de ma grand-mère, à gauche, de ses trois filles et de sa soeur. Ma mère, la cadette, semble avoir 5-6 ans donc la photo date du début des années '30.
Les photos de famille anciennes où on a souvent du mal à reconnaître qui est qui, qui le bébé, - ce pourrait être l'oncle Jules ou la tante Marguerite-, sont des marqueurs du temps, aussi.
Voici deux poèmes, fort différents. L'un très court, puis un extrait d'un autre.
De
Juan Gelman (Argentina 1930-2014)
Sur la photo que tes yeux rendent douce
il y a ton visage de profil, ta bouche, tes cheveux,
mais quand nous vibrons d’amour
sous la houle de la nuit et la clameur de la ville
ton visage est une terre toujours inconnue
et cette photo l’oubli, autre chose.
Trad: Colo
En
la fotografía que tus ojos vuelven dulce
hay tu rostro
de perfil, tu boca, tus cabellos,
pero cuando vibrábamos de
amor
bajo el oleaje de la noche y el clamor de la ciudad
tu
rostro es una tierra siempre desconocida
y esta
fotografía el olvido, otra cosa.
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Ne la contemple pas avec mépris ni rire
Si la figure te semble vulgaire
Et le front effacé et indécis
Image vraie de l’âge mûr,
Elle te dit clairement que passent vite
La jeunesse, les cheveux et la beauté.
Extrait de “Envoyant un portrait” De Manuel del Palacio (España 1831-1906)
Trad: Colo
No
la contemples con desdén ni risa
Si vulgar se te antoja la
figura
Y la frente borrada é indecisa.
Imagen cierta
de la edad madura,
Claro te dice que se van aprisa
La
juventud, el pelo y la hermosura.
Extracto de “Enviando un retrato” de Manuel del Palacio