Parfois une réaction sur un blog-ami a une suite inattendue, celle-ci m’a remplie
de gourmandise poétique: le facteur vient de m’apporter un recueil, “Les
planches courbes” de Yves Bonnefoy. Merci beaucoup.
Le poème entier se trouve ici, il est superbe; j’en ai gardé et traduit la dernière partie.
“Nous
regardâmes les arbres toute une heure.
Le soleil attendait,
parmi les pierres,
Puis il eut compassion, il
étendit
Vers eux, en contrebas dans le ravin,
Nos ombres
qui parurent les atteindre
Comme, avançant le bras, on peut
toucher
Parfois, dans la distance entre deux êtres,
Un
instant du rêve de l’autre, qui va sans fin.”
https://www.hotellesbrases.com/la-route-des-fers-a-cheval-de-sort-a-peramea-gerri-et-sort
“Miramos los árboles una hora entera,
El sol nos esperaba, entre las piedras,
Luego sintió compasión, extendió
Hacia ellos, más abajo en el barranco,
Nuestras sombras que parecieron alcanzarlos
Como, sacando el brazo, se puede tocar
A veces, en la distancia entre dos seres,
Un instante del sueño del otro, que va sin fin.”
(Trad: Colo)