Jeunes ou mi-jeunes il nous arrive d’être tête en l’air, d’oublier ceci ou cela, ce que mère appelait avoir “des distractions de savants”. Rien de grave.
Mais voilà, avec l’âge ces failles de nos mémoires augmentent inexorablement.
Carmen Naranjo, (Costa Rica 1928-2012) en a fait, non sans humour, un poème
qu’elle a intitulé:
SIGNE IMPERTINENT
Carmen Naranjo
Impertinent signe
de l’oubli
les clés où sont-elles
le rendez-vous était avant
non après
et ce nom
sur le bout de la langue.
Impertinent
tu te souviens
bien sûr
et moi avec des volets
de où et quand.
Impertinent symbole
mieux vaut noter
et je note l’adresse
sans savoir par où
que l’oubli est immense !
(Trad: Colo)
Les couleurs de l'oubli / Los colores del olvido Rene Villanueva
https://www.eluniversal.com.mx/cultura/artes-visuales/salvan-del-olvido-pinturas-del-musico-rene-villanueva
Impertinente signo de Carmen Naranjo
Impertinente signo
del olvido
las llaves dónde están
la cita era antes
no después
y ese nombre
en la punta de la lengua.
Impertinente
te acordás
claro que sí
y yo con persianas
de dónde y cuándo.
Impertinente símbolo
de mejor apuntar
y apunto destino
sin saber por dónde
que inmenso es el olvido.
