31 mars 2012

Jordi Savall, un concert / un concierto


La musique n'existe que quand on la chante, on la joue. S'il y a un art qui ne peut avoir de musée, c'est la musique. Elle est toujours vivante. “ Jordi Savall

La música existe sólo cuando se canta, se toca. Si hay un arte que no puede tener un museo es la música. Ésta es siempre viva “Jordi Savall


Vous vous souvenez, car vous avez bonne mémoire, du billet publié au début du mois sur Arianna Savall où il était bien sûr également question de son père, Jordi Savall.

Suite à sa publication m'arrive de la Cité de la Musique de Paris l'information suivante:

Nous avons le plaisir d'accueillir le 11 avril Jordi Savall & Lux Feminae dans le cadre du cycle "Passions, le sang du Christ". Le musicien explore les représentations animales du divin aux origines du christianisme.Vous trouverez plus d'informations sur ce concert à l'adresse suivante : http://citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=11546 »


Os acordáis, porque tenéis buena memoria, que a principios de mes publiqué una entrada sobre Arianna Savall, mencionando, claro está, a su padre Jordi Savall.

Después de su publicación me llega de la Cité de la Música de París la información siguiente:

«Tenemos el gusto de acoger el día 11 de Abril a Jordi Savall & Lux Feminae en el cuadro del ciclo “Pasiones, la sangre de Cristo”. El músico explora las representaciones animales de lo divino en los orígenes del cristianismo. Más información está disponible en la dirección siguiente: http://citedelamusique.fr/francais/evenement.aspx?id=11546 »


Que ce serait bien un petit séjour à Paris !

Si je n'habitais si loin et sur une île, je me précipiterais à ce concert de musiques des XII et XIIIº s. ; de plus je ne connais pas encore la Cité de la Musique.

Mais vous, vous serez peut-être dans les environs à cette date?

Si no viviera tan lejos y en una isla, me precipitaría a este concierto de música de los siglos XII y XIII; además no conozco todavía la Cité de la Musique, pero ¿tal vez os encontraréis por allí en esta fecha?


Si vous vous trouvez ailleurs qu'à Paris, des concerts sont programmés dans d'autres villes, voici le programme:

Si os encontráis en otro lugar de Francia, unos conciertos están programados en otras ciudades.


Dans un tout autre genre, juste pour le plaisir: Folías de España

En otro estilo y solo por el placer: Folías de España.



24 mars 2012

Un si profond malaise / Un malestar tan profundo




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Je me souviens des noirs matins du soleil
Quand j'étais fillette
Recuerdo las negras mañanas de sol
Cuando era niña

La poésie d'Alejandra Pizarnik est faite de silences, de miroirs, d'ombres inquiétantes, de jardins, de murs fissurés, de blessures mortelles...
Comme le dit Angèle Paoli (Terres de femmes – poèmes en espagnol) dans un superbe texte, tout en délicatesse et nuances, on s'attache à ses mots et essaye de trouver où se raccrocher, une lueur.
Curieux qu'elle soit si peu connue par ici, elle qui est presque vénérée en Argentine. Alejandra a pourtant passé plusieurs années de sa vie à Paris et a traduit Bonnefoy, Artaud, Michaux et Aimé Césaire.
Peut-être effraye-t-elle trop?
Vous trouverez sa biographie, des poèmes en français et une excellente analyse de ses mots sur le blog Esprits Nomades.

Alors j'ai cherché une lueur, j'en ai trouvé une dans l'érotisme.

AMANTES
Una flor
no lejos de la noche
mi cuerpo mudo
se abre
a la delicada urgencia del rocío
De "Los trabajos y las noches" 1965

Amants
Une fleur
pas loin de la nuit
mon corps muet
s'ouvre
à la délicate urgence de la rosée.
(Traduction: Colo)

Plus sombres ces mots extraits d'un de ses recueils, “L'arbre de Diane”.
Más oscuras, estas palabras de uno de sus libros “El árbol de Diana”.

7Salta con la camisa en llamas
de estrella a estrella,
de sombra en sombra.
Muere de muerte lejana
la que ama al viento.

Saute la chemise en feu
d'étoile en étoile,
d'ombre en ombre.
Meurt de mort lointaine
celle qui aime le vent.

11

ahora
en esta hora inocente
yo y la que fui nos sentamos
en el umbral de mi mirada.

maintenant
en cette heure innocente
moi et celle que je fus nous asseyons
sur le seuil de mon regard.

37
más allá de cualquier zona prohibida
hay un espejo para nuestra triste transparencia

au-delà de toute zone interdite
il y a un miroir pour notre triste transparence.

Et quelques vers d'un poème.
Exilio
Exil

A Raúl Gustavo Aguirre

(...)
¿Y quién no tiene un amor?
¿Y quién no goza entre amapolas?
¿Y quién no posee un fuego, una muerte,
un miedo, algo horrible,
aunque fuere con plumas,
aunque fuere con sonrisas?
Siniestro delirio amar a una sombra.
La sombra no muere.
Y mi amor
sólo abraza a lo que fluye
como lava del infierno:
(...)
Et qui n'a un amour?
Et qui ne jouit parmi les coquelicots?
Et qui ne possède un feu, une mort,
une peur, quelque chose d'horrible,
même s'il y a des plumes,
même s'il y a des sourires?
Sinistre délire que d' aimer une ombre.
L'ombre ne meurt.
Et mon amour
n'embrasse que ce qui coule
comme lave de l'enfer: (…)
(Trad: Colo)

Pour terminer, cet extrait d'une interview d'Alejandra qui donne un éclairage supplémentaire à cette personnalité si particulière et émouvante.
 
Para terminar, ese extracto de una entrevista a Alejandra que da un luz más a esta personalidad tan particular y conmovedora.
A.P. - Entre otras cosas, escribo para que no suceda lo que temo; para que lo que me hiere no sea; para alejar al Malo (cf. Kafka). Se ha dicho que el poeta es el gran terapeuta. En este sentido, el quehacer poético implicaría exorcizar, conjurar y, además, reparar. Escribir un poema es reparar la herida fundamental, la desgarradura. Porque todos estamos heridos.

AP- Entre autres choses j'écris pour que n'arrive pas ce que je crains; pour que ce qui me blesse ne soit pas; pour éloigner le Malin (cfr Kafka). On a dit que le poète est le grand thérapeute. En ce sens, l'affaire poétique impliquerait exorciser, conjurer et, de plus, réparer. Écrire un poème est réparer la blessure fondamentale, la déchirure. Car nous tous sommes blessés.

M.I.M. - (…) creo, casi con certeza, que el viento es uno de los principales autores de la herida, ya que a veces se aparece en tus escritos como el gran lastimador.*
M.I.M.- (…) je crois, je suis presque certaine, que le vent est l'un des principaux auteurs de la blessure, car il apparait parfois dans tes écrits comme le grand “blesseur”.

A.P. - Tengo amor por el viento aun si, precisamente, mi imaginación suele darle formas y colores feroces. Embestida por el viento, voy por el bosque, me alejo en busca del jardín.
A.P: – J'ai de l'amour pour le vent même si, précisément, mon imagination lui donne souvent des formes et couleurs féroces. Agressée par le vent, je vais dans les bois, je m'éloigne à la recherche du jardin.

M.I.M.- ¿En la noche?
A.P. - Poco sé de la noche pero a ella me uno. Lo dije en un poema: Toda la noche hago la noche. Toda la noche escribo. Palabra por palabra yo escribo la noche.*

M.I.M. - La nuit?
A.P. Je sais peu de la nuit mais je m'unis à elle. Je l'ai dit dans un poème: Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit.

M.I.M.- En un poema de adolescencia también te unís al silencio.
A.P. - El silencio: única tentación y la más alta promesa. Pero siento que el inagotable murmullo nunca cesa de manar (...). Por eso me atrevo a decir que no sé si el silencio existe.
M.I.M.- Dans un poème d'adolescence tu t'unis aussi au silence.
A.P.- Le silence: unique tentation et la plus haute promesse. Mais je sens que l'inépuisable murmure jamais ne cesse de surgir. (…) . C'est pour cela que j'ose dire que je ne sais si le silence existe.

Entrevista a Alejandra Pizarnik (extracto)
Por Marta Isabel Moia [*]

Entrevista de Martha Isabel Moia, publicada en El deseo de la palabra, Ocnos, Barcelona, 1972.

21 mars 2012

Repos de l'esprit / Descanso de la mente

Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

Guillaume Apollinaire, recueil Alcools (extrait)







Alguien bosteza

ruidosamente. Fuera,
una amapola.

Haïku de Eduardo Moga


Quelqu'un baille
bruyamment. Dehors,
un coquelicot

Haïku de Eduardo Moga
(Trad. Colo)


Mais en tête, au cours de la semaine, des enfants; ceux qui rient et courent dans les trains, ceux qui disparaissent tragiquement.
Pero en mente, en el curso de la semana, niños; los que se ríen y corren el los trenes, los que desaparecen trágicamente.

Une femme et sa fillette chantent dans un train, merci Hélder


11 mars 2012

Conserver la joie / Conservar la alegría


Isadora Duncan


«Es en mi corazón el goce tanto
que si yo intento convertirlo en llanto
la risa saltará sobre mi boca.»

Alegría Stella Sierra (extrait-extracto)

«Dans mon cœur le plaisir est tel
que si je tente de le transformer en pleurs
le rire sautera sur ma bouche. »
(trad:Colo)

Jean Housen © Musée en Plein Air du Sart-Tilman

La joie de vivre, Rick Wouters

Premières fleurs, rayons de soleil, musiques énergiques et joyeuses, mots d'amour, lectures réjouissantes... voilà de quoi sourire en lisant vos blogs.

Me réjouir aussi de réaliser un petit tour hors de mon île.

Repos à l'odeur amicale.

Odeur de trains.


Primeras flores, rayos de sol, músicas enérgicas y alegres, palabras de amor, lecturas alentadoras, mucho para sonreír al leer vuestros blogs.

Alegrarme también por dar una vueltita fuera de mi isla.

Descanso con olor amistoso.

Olor a trenes.

À très bientôt, chantonnez tout bas ou à tue-tête, mais surtout dorlotez-vous ; les temps sont durs.

Hasta muy pronto, canturread por bajo o a voz en grito, pero sobre todo cuidaros mucho por esos tiempos duros.

Photo 1; Isadora Duncan:http://cliketclak.skynetblogs.be/archive/2010/01/04/la-joie-de-vivre.html

Photo 3: peinture étrusque

Photo 4: http://escueladepercusionesdeleon.blogspot.com/2011/12/lo-mas.html


5 mars 2012

La voix et les mains/ Arianna Savall / La voz y las manos

C'est l'amour des voix, la recherche de voix féminines espagnoles actuelles, qui m'ont incitée à demander des conseils musicaux à Hélder, un tout grand merci à vous, et à vous parler aujourd’hui d'Arianna Savall. Je vous recommande de visiter son site.

L'écouter jouer de la harpe et chanter est un rêve qui emporte âme et esprit dans un monde, souvent baroque, toujours au-delà du présent. On parle d'elle comme d'une fée à la voix d'ange. Je vous laisse juges…

Fille du célèbre Jordi Savall et de la magnifique soprano Montserrat Figueras, son frère, Ferran Savall, est également musicien et chanteur.

Chez Hélder un très bel hommage à Montserrat, ici.

Dans les nuages d'Armando également: clic!

Ensemble ils ont enregistré un album intitulé «Du temps et de l'instant» dont vous pouvez écouter un (fort long mais superbe) extrait ici:(à la minute 17.50 une chanson mère-fille-fils-père à ne pas rater!)

Es el amor por la voz, la búsqueda de voces femeninas españolas actuales lo que me ha incitado a pedir consejos musicales a Hélder, se lo agradezco enormemente, y a hablaros hoy de Arianna Savall. Os recomiendo visitar su website.

Escucharle tocar el harpa y cantar es un sueño que lleva alma y espíritu a un mundo, a menudo barroco, siempre más allá del presente. Se habla de ella como de un hada con voz de ángel. Os dejo juzgar...

Hija del celebre Jordi Savall y de la magnífica soprano Montserrat Figueras, su hermano, Ferran Savall, es también músico y cantante.

En el blog de Hélder, un precioso homenaje a Montserrat, aquí.

Juntos han grabado un álbum titulado “Du temps et de l'instant”, aquí podéis escuchar un (muy largo pero precioso) extracto; (en el minuto 17.50 una canción madre-hija-hermano y padre, no os lo perdáis)


Pour compléter le tableau vous dire que son compagnon est le ténor et musicien Petter Udland Johansen avec lequel elle créa en 2009 la formation Hirundo Maris, spécialisée dans la musique ancienne et la création.

Para completar el cuadro, deciros que su compañero es el tenor y músico Petter Udland Johansen con el cual creó en 2009 la formación Hirundo Maris, especializada en música antigua y la creación.



Para terminar (muy a pesar mío) os dejo con Ánima Nostra

Pour terminer (à grand regret) je vous laisse avec Ánima Nostra:



29 févr. 2012

"Oubliés" sur l'île de Cabrera / "Olvidados" en la isla de Cabrera

À 15km du sud de l'île de Majorque, l'archipel de Cabrera dont l'île la plus grande du même nom est un havre de paix et de beauté.

Grâce à l'occupation militaire depuis 1916, il n'y a là âme qui vive, pas de touristes non plus. De plus cette mini île de 15,69km2 a été déclarée en 1991 Parque Nacional Maritimo Terrestre.

Flore et faune endémiques, magnifiques, il faut demander la permission pour s'y rendre, – au maximum une journée – et bien sûr la chasse et la pêche y sont interdites. Un paradis.

A unos 15km al sur de la isla de Mallorca, el archipiélago de Cabrera y la isla mayor del mismo nombre es un remanso de paz y belleza.Gracias a la ocupación militar a partir de 1916, no hay allí alma viva ni turistas. Además esa mini isla de 15,69km2 fue declarada en 1991 Parque Nacional Marítimo y Terrestre. Flora y fauna endémicas, magníficas, hay que pedir permiso para pasar un día allí y, claro está, la pesca y la caza están prohibidos. Un paraíso.

Et rien, ou presque, ne laisse deviner la «tragédie inhumaine» qui s'y déroula pendant les cinq ans où l'île fut transformée en prison, «le premier camp de concentration de l'Histoire». Les prisonniers, sans prison ni barreaux, étaient des grognards, soldats français de l'armée de Napoléon. Voici le récit, en grandes lignes de cinq ans en enfer.

Y nada, o casi, deja adivinar la “tragedia inhumana” que tuvo lugar allí durante los cinco años donde la isla fue trasformada en cárcel “el primer campo de concentración de la Historia”. Los presos, sin cárcel ni barrotes, eran "grognards", soldados franceses del ejército de Napoleón. Aquí el relato, en grandes lineas, de cinco años en el infierno.


Après la défaite de l'armée française lors de la bataille de Bailén (guerre d'Indépendance Espagnole 1808), plus ou moins 18.000 soldats français furent faits prisonniers. Les plus haut gradés furent renvoyés (et fort mal reçus par Napoléon!) en France; 4.000 furent embarqués pour les îles Canaries où ils s'intégrèrent peu à peu aux habitants et le reste, 9.000...ah, les malheureux!

En principe ils allaient être envoyés en France, échangés contre des prisonniers espagnols, mais ceci ne se fit pas (en partie à cause des Anglais) et ils restèrent d'abord confinés dans des bateaux au large de Cadix (maladies à bord, ...), puis ils partirent enfin: espoir de revoir leur pays.

Mais hélas leur voyage se terminera aux Baléares. Mallorca ne voulut pas d'eux, prétextant un manque d'infrastructures pour les accueillir; les Anglais qui occupaient Menorca non plus, alors on les abandonna sur l'île de Cabrera, l'île aux chèvres.

Después de la derrota del ejército francés en la batalla de Bailén (guerra de Independencia española 1808), unos 18.000 soldados franceses fueron hechos presos. Los de mayor rango fueron devueltos (¡y muy mal acogidos por Napoleón!) a Francia; 4.000 fueron embarcados para las islas Canarias donde se integraron poco a poco a la población y el resto, 9.000...¡pobres desgraciados!

Se suponía que se les iba a llevar a Francia e intercambiar por presos españoles, pero eso no se hizo (en parte por culpa de los Ingleses) y se quedaron primero hacinados en unos buques a lo largo de Cádiz (enfermedades a bordo...), y por fin zarparon: esperanza de volver a su país.

Pero por desgracia acabaron en Baleares. Mallorca no les quiso, alegando falta de infraestructuras para acogerlos; los Ingleses que ocupaban Menorca tampoco los quiso, entonces se decidió abandonarlos en la isla de Cabrera, la isla de las cabras.

Beaucoup étaient déjà atteints de dysenterie et l'euphorie de se retrouver en terre ferme disparut rapidement en découvrant le manque quasi total de ressources en eau douce et nourriture.

En principe un bateau venant de Majorque devait les ravitailler tous les quatre jours, mais suite à de nombreuses péripéties, ils ont été très souvent «oubliés», une fois même pendant deux mois, sur leur île-prison.

Folie, famine, tous les maux imaginables et inimaginables comme, semble-t-il le cannibalisme et la coprophagie, s'emparèrent des prisonniers au cours des cinq ans que dura cet enfer.

Car ce n'est qu'en 1814 et grâce à la signature d'un traité de paix que les quelque 3.000 survivants furent rapatriés.

Et certains ont raconté.

Muchos de ellos padecían disentería y la euforia de encontrarse en tierra firme desapareció rápidamente al descubrir la carencia casi total de recursos en agua dulce y comida.

En principio un barco procedente de Mallorca debía abastecerles cada cuatro días, pero debido a diversas peripecias, eran “olvidados”, una vez incluso durante dos meses, en su isla-cárcel.

Locura, hambruna, todos los males imaginables e inimaginables como, parece ser, el canibalismo y la coprofagia, se apoderaron de los presos en el curso de los cinco años que duró aquel infierno.

Sólo fue en 1814 gracias a la firma de un tratado de paz que los 3.000 sobrevivientes fueron repatriados.

Y algunos han contado.











NB: Les chiffres de prisonniers cités varient d'une source à l'autre et je me suis limitée à vous raconter ce mortel cauchemar de façon très succincte, mais vous pourrez lire l'histoire en détails à diverses adresses, par exemple :

http://lesapn.forumactif.fr/t7352-les-grognards-de-cabrera

http://desaix.unblog.fr/2007/11/10/page-sombre-au-coeur-de-lepopee-napoleonienne/

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-31853181.html


NB: Las cifras de presos varían según las fuentes y me he limitado a contar esa mortal pesadilla de manera muy sucinta, pero podéis leer la historia con todo detalles en varios sitios, por ejemplo:

http://historiasdelahistoria.com/2011/01/21/memorias-de-un-prisionero-frances-en-la-isla-de-cabrera/

http://abelgalois.blogspot.com/2007/03/lost-en-cabrera-el-cementerio-de-los.html


23 févr. 2012

Le fleuve de la musique/ O.Paz III / El río de la música

Deux semaines qu'on ne se quitte plus ; jours et nuits ses vers, ses mots occupent mon esprit, mes yeux s'attachent au rythme de ses poèmes. Je l'ai laissé m'envahir pour mieux le traduire.

Puis il faut choisir, ne pas vous submerger sous trop de couches, souvent transparentes il est vrai, mais tout lasse...

Voici donc le troisième et dernier billet (pour le moment!) : des mots d'Octavio Paz (1914-1998), Prix Nobel en 1990

Hace dos semanas que convivimos ; días y noches sus versos, sus palabras ocupan mi mente, mis ojos se fijan en el ritmo de sus poemas. Le dejé invadirme para traducirle mejor.

Ahora se trata de elegir, no sumergiros bajo demasiadas capas, a menudo transparentes es cierto, pero todo cansa....

Aquí va el tercer y último post (¡por el momento!): palabras de Octavio Paz (1914-1998). Premio Nobel 1990.


Concert dans le jardin

Il a plu.
L'heure est un œil immense.
En elle nous marchons comme des reflets.
Le fleuve de la musique
entre dans mon sang.
Si je dis: corps, il répond: vent.
Si je dis: terre, il répond: où?

Fleur double, le monde s'ouvre:
tristesse d'être venu,
joie d'être ici.

Je suis perdu en mon propre centre.

(Trad:Colo)

Fatima el Hajj "Les jardins de l'âme"

CONCIERTO EN EL JARDIN

Octavio Paz

Llovió.

La hora es un ojo inmenso.

En ella andamos como reflejos.

El río de la música

entra en mi sangre.

Si digo: cuerpo, contesta: viento.

Si digo: tierra, contesta: ¿dónde?


Se abre, flor doble, el mundo:

tristeza de haber venido,

alegría de estar aquí


Ando perdido en mi propio centro.

Merci à Autourdupuits qui m'a envoyé le lien suivant, écoutez c'est fort beau: d'Octavio Paz.

21 févr. 2012

Heure sensuelle, Octavio Paz II / Hora sensual

Dans un style fort différent, ce poème court et peu connu d'Octavio Paz.

En un estilo muy diferente, ese poema corto y poco conocido de Octavio Paz.


L'heure est transparente

L’heure est transparente :

voyons, si est invisible l'oiseau,

la couleur de son chant.


Mes yeux te découvrent

nue

et te couvrent

d'une chaude pluie

de regards.


Descend

nue


la lune

par le puits


la femme

par mes yeux.

(Trad. Colo)

La hora es transparente


La hora es transparente:
vemos, si es invisible el pájaro,

el color de su canto.

Mis ojos te descubren
desnuda
y te cubren
con una lluvia cálida
de miradas

Baja

desnuda

la luna
por el pozo

la mujer
por mis ojos


Illutration: William Degouve de Nuncques, The Angels of the Night, 1894

17 févr. 2012

Quand les mots s'ouvrent / Cuando las palabras se abren

Quel lien existait-il entre le poète mexicain Octavio Paz et le linguiste Roman Jakobson? J'ignore s'ils se connaissaient personnellement, mais ce qui est sûr c'est qu'à la mort du russe, le poète écrivit ce poème-hommage.

Un poème sur la poésie qui « sème des yeux sur les pages ».

¿Qué lazo existía entre el poeta mejicano Octavio Paz y el linguista Roman Jakobson ? Ignoro si se conocían personalmente, pero lo seguro es que, a la muerte del ruso, el poeta escribió ese poema-homenaje.

Un poema sobre la poesía que « siembra ojos en las páginas ».

Dire Faire Octavio Paz


Entre ce que je vois et dis,

Entre ce que je dis et tais,

Entre ce que je tais et rêve,

Entre ce que je rêve et oublie

La poésie.

Se glisse entre le oui et le non :

elle dit

ce que je tais,

elle rêve

ce que j'oublie.

Ce n'est pas un dire :

c'est un faire.

C'est un faire

qui est un dire.

La poésie se dit et s'entend :

elle est réelle.

Et à peine je dis

elle est réelle

qu'elle se dissipe.

Plus réelle ainsi ?

Idée palpable,

mot

impalpable :

la poésie

va et vient

entre ce qui est

et ce qui n'est pas.

Elle tisse des reflets

et les détisse.

La poésie

sème des yeux sur les pages.

Les yeux parlent

les mots regardent

les regards pensent.

Entendre

les pensées

voir ce que nous disons

toucher

le corps

de l'idée.

Les yeux

se ferment

Les mots s'ouvrent.

(Trad: Colo)

Decir, Hacer de Octavio Paz


A Roman Jakobson

Entre lo que veo y digo,
Entre lo que digo y callo,
Entre lo que callo y sueño,
Entre lo que sueño y olvido
La poesía.
Se desliza entre el sí y el no:
dice
lo que callo,
calla
lo que digo,
sueña
lo que olvido.

No es un decir:
es un hacer.
Es un hacer
que es un decir.
La poesía
se dice y se oye:
es real.

Y apenas digo
es real,
se disipa.
¿Así es más real?
Idea palpable,
palabra
impalpable:
la poesía
va y viene
entre lo que es
y lo que no es.

Teje reflejos
y los desteje.
La poesía
siembra ojos en las páginas
siembra palabras en los ojos.
Los ojos hablan
las palabras miran,
las miradas piensan.

Oír
los pensamientos,
ver
lo que decimos
tocar
el cuerpo
de la idea.
Los ojos
se cierran
Las palabras se abren.

Pour en savoir plus sur Octavio Paz et ses publications en français : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/02/almanach_potiqu_6.html

Image batik : http://tierradegenistas.blog.com.es/






11 févr. 2012

Un fruit frais de Mallorca? / ¿Una fruta fresca?

À nouveau ce matin, une aube bleutée.
Otra vez esta mañana, un alba azulada.



Oreilles rougies, bouche fumante...
Orejas enrojecidas, boca husmeante...





Dessert, postres on the tree. Pour vous ce sera... des dattes croquantes?
Para usted será...¿unos dátiles crujientes?