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22 août 2016

Les mots de la mer / Las palabras del mar




Après tous ces billets estivaux, revenons un peu à la poésie.
Después de todas esas entradas estivales, volvamos un poco a la poesía.
María Elena Walsh, de père anglais et mère argentine, était écrivain, poète, dramaturge, musicienne, compositeur...et spécialisée dans les écrits et chants pour enfants.
María Elena Walsh, de padre inglés y madre argentina, era escritora, poetisa, dramaturgo, músico, compositora...y especializada en los escritos y canciones para niños.
Mais aujourd'hui, et parce que les levers de soleil sont si beaux en ce moments, voici ce poème.
Pero hoy, y porque los amaneceres son tan bonitos en este momento, aquí este poema.

 Pour accompagner votre lecture, cette courte vidéo intitulée:
Le son de l'aube. Mallorca



María Elena Walsh (Buenos Aires 1930-2011) - Chico Novarro (Santa Fe-Argentina 1934-)
Aube de l'oubli

Aube,
heure zéro.
Je ressuscite parmi les ténèbres et j'attends;
j'entends tomber la rosée
là-bas au loin à l'aurore.

Aube
de cendre.
Dehors la nuit agonise
et résonne un obscur tambour
dans le fond de mon cœur.

Aube de l'oubli,
je reviens peut-être
d'un pays perdu parmi les rêves
où toujours tu veux me parler
avec les mêmes mots de la mer.

Aube,
heure zéro.
J'espérais t'oublier et je t'aime.
Sentinelle de l'éternité
ma douleur jamais ne se repose.
(Trad: Colo)


 
Alba de olvido

Madrugada,
hora cero.
Resucito en tinieblas y espero
mientras oigo el rocío caer
allá lejos al amanecer.

Madrugada
de ceniza.
Por afuera la noche agoniza
y retumba un oscuro tambor
en el fondo de mi corazón.

Alba de olvido,
vuelvo quizás
de un país entre sueños perdido
donde siempre me quieres hablar
con las mismas palabras del mar.


Madrugada,
hora cero.
Esperaba olvidarte y te quiero.
Centinela de la eternidad
mi dolor no descansa jamás.
 






7 juil. 2013

Comme la cigale / Como la cigarra



Elle chante malgré tout la cigale de de María Elena Walsh, poétesse, compositrice, musicienne argentine (Buenos Aires 1930 – 2011).
Il est des pays où chanter est plus difficile que d'autres...
Une chanson, un hymne à la vie, à l'art lyrique. Ici interprétée par Mercedes Sosa.

Canta, a pesar de todo la cigarra de  María Elena Walsh, poetisa, compositora, música argentina (Buenos Aires 1930 – 2011).
Hay países dónde cantar es más difícil que otros...
Una canción, un himno a la vida, al arte lírico.

Pour Obni.


Comme la cigale

Tant de fois on me tua
tant de fois je mourus
je suis pourtant ici,
ressuscitant.

Je remercie le malheur
et la main armée d'un poignard,
de m'avoir si mal tué,
et j'ai continué à chanter.

Chanter au soleil,
comme la cigale,
après un an sous terre
comme un survivant
qui revient de la guerre.

Tant de fois on m'effaça
tant de fois je disparus
je fus à mon propre enterrement,
seul(e) et pleurant.

Je fis un noeud dans mon mouchoir,
mais après j'oubliai
que ce n'était pas la seule fois
et j'ai continué à chanter.

Chanter au soleil
comme la cigale,
après un an sous terre
comme un survivant
qui revient de la guerre.

Toutes les fois qu'on te tuera
tu ressusciteras
combien de nuits tu passeras,
désespérant.
Et à l'heure du naufrage
et de l'obscurité
quelqu'un te sauvera
pour aller chantant.

Chanter au soleil,
comme la cigale,
après un an sous terre
comme un survivant
qui revient de la guerre.
(trad: Colo)
 Par/ por María Elena Walsh



Como la cigarra.
Tantas veces me mataron, 
tantas veces me morí,
sin embargo estoy aquí
resucitando.

Gracias doy a la desgracia
y a la mano con puñal,
porque me mató tan mal,
y seguí cantando.

Cantando al sol,
como la cigarra,
después de un año
bajo la tierra,
igual que sobreviviente
que vuelve de la guerra.

Tantas veces me borraron,
tantas desaparecí,
a mi propio entierro fui,
solo y llorando.

Hice un nudo del pañuelo,
pero me olvidé después
que no era la única vez
y seguí cantando.

Cantando al sol,
como la cigarra,
después de un año
bajo la tierra,
igual que sobreviviente
que vuelve de la guerra.

Tantas veces te mataron,
tantas resucitarás
cuántas noches pasarás
desesperando.
Y a la hora del naufragio
y a la de la oscuridad
alguien te rescatará,
para ir cantando.

Cantando al sol,
como la cigarra,
después de un año
bajo la tierra,
igual que sobreviviente
que vuelve de la guerra.