18 juil. 2013

¡Madre mía!

Lentement la caméra se balade sur des paysages verdoyants, des cours d'eau qui serpentent joyeusement la France ; une voix masculine, agréable, détaille l'un ou l'autre château datant du XIVº siècle, on traverse de jolis villages...
Changement de plan. Cette fois c'est une vue aérienne ; une longue route où de petits points se déplacent. Comme une colonne de fourmis, parfois solitaires, souvent par paquets.

En tête quelques échappés, vont-ils le rester ?, en queue ceux qui ont décroché, vont-ils atteindre le but ? Les corps penchés se distinguent maintenant, les jambes surtout, les bras, très bronzés. Rien que des hommes, partout : dans les voitures des « spécialistes » et soignants, sur les motos qui trop souvent gênent nos gaillards à pédale, les journalistes au micro...

Si ce n'étaient leurs maillots dûment décorés du nom de leurs sponsors, comment les reconnaître du haut, de loin? Leurs mères, sûrement.

Mais les innombrables caméramen à moto nous donnent des images individuelles, et oui, bien sûr, c'est Contador à côté du maillot jaune, serré de près par Mollema et Valverde.

Vision finale, de face, juste avant l'arrivée où le peloton lancé à toute allure, tête baissée, ressemble tout à coup à une horde de taureaux au galop.
«  Vu comme ça, moi le Tour me fait peur » dis-je à M.A.

C'est un passionné du Tour , vais-je être piétinée?

« C'est en effet fort effrayant » me dit-il.


La cámara se pasea lentamente sobre los verdes paisajes, ríos y riachuelos serpentean alegremente Francia; una voz masculina, agradable, detalla este o aquel castillo del siglo XV, mientras atravesamos bonitos pueblos... Cambio de plano. Esta vez es una vista aérea ; una larga carretera en la que se desplazan pequeños puntos. Como una fila de hormigas, a veces solitarias, a veces en grupo.

A la cabeza algunos escapados, ¿llegaran así a la meta?, en la cola aquellos que han perdido pie,¿llegarán a tiempo ? Los cuerpos inclinados se distinguen ahora, sobre todo las piernas, los brazos, muy morenos. Solo hombres por doquier : en los coches de los « especialistas » y de los ayudantes, sobre las motos que, con demasiada frecuencia, estorban a los mozos que pedalean, los periodistas con micrófonos...
Si no fuera por las camisetas debidamente decoradas con el nombre de los patrocinadores, ¿cómo reconocerlos desde lo alto, desde lejos ? Sus madres, seguramente.

Pero los innumerables cámaras en moto nos dan imágenes individuales ; Contador al lado del « maillot Jaune » seguido de cerca por Mollema y Valverde.
Visión final de frente, justo antes de la meta.
Lanzado sin freno, el pelotón, la cabeza gacha, me parece de repente, una horda de toros desbocada. “Me da como miedo”, le digo a M.A. y temo su respuesta.
M.A. es un hombre y además apasionado por el Tour. Sin embargo me dice : “en efecto la cosa asusta”.

14 juil. 2013

La peine est pure et sacrée / La pena es pura y sagrada



La ridícula idea de no volver a verte” que je traduirais par “L'idée saugrenue de ne plus te revoir”, le dernier roman de Rosa Montero, est écrit suite à la mort rapide de son mari mais aussi et surtout, en parallèle, après la lecture du journal que Marie Curie écrivit après le décès soudain de son mari, Pierre. Deux jeunes femmes, veuves.

La ridícula idea de no volver a verte” , la última novela de Rosa Montero fue escrita tras la muerte rápida de su marido pero también y principalmente, en paralelo, después la lectura del diario que Marie Curie escribió después de la muerte súbita de su marido, Pierre.

Inclassifiable mélange de détails inconnus de la vie personnelle de Marie, de sa relation avec les autres et avec elle-même, de réflexions sur les hommes et les femmes, l'éternel sentiment du devoir, de la culpabilité de ces dernières, et puis d'anecdotes sur le radium, par exemple. L'auteure précise que ce n'est pas un livre sur le deuil, que son mari n'aurait pas aimé ce qu'elle écrit mais qu'elle sent qu'il l'approuverait quand même...Le deuil, les moments de bonheur, les succès et efforts.
Ce n'est pas du tout un livre lugubre, il nous emporte, fait sourire parfois, intéresse souvent par ses explications scientifiques, nous rapproche de ces intimes que nous avons perdus.

Inclasificable mezcla de detalles desconocidos de la vida de Marie, de su relación con los demás y con si misma, de reflexiones sobre los hombres y las mujeres, el eterno sentimiento del deber, de la culpabilidad de esas últimas, y también anécdotas, sobre el radio, por ejemplo. La autora precisa que no es un libro sobre el duelo, que a su marido no le hubiera gustado lo que escribe pero que siente que sin embargo la aprobaría....El duelo, los momentos de felicidad, el éxito y esfuerzos.
No es en absoluto un libro lúgubre, nos lleva, nos hace sonreír a veces, despierta a menudo nuestro interés por sus explicaciones científicas, nos acerca a los íntimos que hemos perdido.

Diego Rivera, dos mujeres
 
Et enfin la force salvatrice de l'écriture qui comble un peu les failles des non-dits, crée des ponts entre les fissures, aide à surmonter en créant du beau.
Y por fin la fuerza salvadora de la escritura que llena un poco las fallas de los silencios, crea puentes entre las fisuras, ayuda a superar creando belleza.
Il n'est pas encore traduit en français, mais en voilà un extrait, sur la littérature:

“... La créativité est justement ça : une tentative alchimique de transmuer la souffrance en beauté. L'art en général, la littérature en particulier, sont de puissantes armes contre le Mal et la Douleur.
 Les romans ne les vainquent pas (ils sont invincibles) mais ils nous consolent de l'épouvante. En premier lieu parce qu'ils nous unissent au reste des humains : la littérature nous entraîne à faire partie du tout et, dans le tout, la douleur individuelle semble faire un peu moins mal. Mais en plus le sortilège fonctionne parce que quand la souffrance nous brise l'échine, l'art consiste à transformer ce laid et sale en quelque chose de beau. Je raconte et partage une nuit de cauchemars et ce faisant j'arrache des étincelles de lumière à la noirceur (du moins cela m'est utile, à moi). C'est ainsi que Conrad écrivit Le coeur des ténèbres : pour exorciser, neutraliser son expérience au Congo, si épouvantable qu'elle le rendit presque fou. C'est pourquoi Dickens créa Oliver Twist et David Copperfield : pour pouvoir supporter la souffrance de sa propre enfance.
Il faut faire quelque chose de tout cela avec le fracas du désespoir, (...), avec la furieuse peine de vivre quand la vie est cruelle, afin de ne pas être détruits . Les humains nous nous défendons de la douleur insensée en la décorant de la sagesse de la beauté. Nous écrasons du charbon avec les mains et parfois nous parvenons à le faire ressembler à des diamants. » 
 Trad : Colo

«  ...La creatividad es justamente esto : un intento alquímico de trasmutar el sufrimiento en belleza. El arte en general, y la literatura en particular, son armas poderosas contra el Mal y el Dolor. Las novelas no los vencen (son invencibles), pero nos consuelan del espanto. En primer lugar, porque nos unen al resto de los humanos : la literatura nos hace formar parte del todo y, en el todo, el dolor individual parece que duele un poco menos. Pero además el sortilegio funciona porque, cuando el sufrimiento nos quiebra el espinazo, el arte consigue convertir ese feo y sucio en algo bello. Narro y comparto una noche lacerante y al hacerlo arranco chispazos de luz a la negrura (al menos, a mi me sirve). Por eso Conrad escribió El corazón de las tinieblas: para exorcizar, para neutralizar su experiencia en el Congo, tan espantoso que casi le volvió loco. Por eso Dickens creó a Oliver Twist y a David Copperfield: para poder suportar el sufrimiento de su propia infancia. Hay que hacer algo con toso eso para que no nos destruya, con ese fragor de la desesperación, (…), con la furiosa pena de visir cuando la vida es cruel. Los humanos nos defendemos del dolor sin sentido adornándolo con la sensatez de la belleza. Aplastamos carbones con las manos y a veces conseguimos que parezcan diamantes.”

La ridícula idea de no volver a verte, de Seis Barral, p. 119.

7 juil. 2013

Comme la cigale / Como la cigarra



Elle chante malgré tout la cigale de de María Elena Walsh, poétesse, compositrice, musicienne argentine (Buenos Aires 1930 – 2011).
Il est des pays où chanter est plus difficile que d'autres...
Une chanson, un hymne à la vie, à l'art lyrique. Ici interprétée par Mercedes Sosa.

Canta, a pesar de todo la cigarra de  María Elena Walsh, poetisa, compositora, música argentina (Buenos Aires 1930 – 2011).
Hay países dónde cantar es más difícil que otros...
Una canción, un himno a la vida, al arte lírico.

Pour Obni.


Comme la cigale

Tant de fois on me tua
tant de fois je mourus
je suis pourtant ici,
ressuscitant.

Je remercie le malheur
et la main armée d'un poignard,
de m'avoir si mal tué,
et j'ai continué à chanter.

Chanter au soleil,
comme la cigale,
après un an sous terre
comme un survivant
qui revient de la guerre.

Tant de fois on m'effaça
tant de fois je disparus
je fus à mon propre enterrement,
seul(e) et pleurant.

Je fis un noeud dans mon mouchoir,
mais après j'oubliai
que ce n'était pas la seule fois
et j'ai continué à chanter.

Chanter au soleil
comme la cigale,
après un an sous terre
comme un survivant
qui revient de la guerre.

Toutes les fois qu'on te tuera
tu ressusciteras
combien de nuits tu passeras,
désespérant.
Et à l'heure du naufrage
et de l'obscurité
quelqu'un te sauvera
pour aller chantant.

Chanter au soleil,
comme la cigale,
après un an sous terre
comme un survivant
qui revient de la guerre.
(trad: Colo)
 Par/ por María Elena Walsh



Como la cigarra.
Tantas veces me mataron, 
tantas veces me morí,
sin embargo estoy aquí
resucitando.

Gracias doy a la desgracia
y a la mano con puñal,
porque me mató tan mal,
y seguí cantando.

Cantando al sol,
como la cigarra,
después de un año
bajo la tierra,
igual que sobreviviente
que vuelve de la guerra.

Tantas veces me borraron,
tantas desaparecí,
a mi propio entierro fui,
solo y llorando.

Hice un nudo del pañuelo,
pero me olvidé después
que no era la única vez
y seguí cantando.

Cantando al sol,
como la cigarra,
después de un año
bajo la tierra,
igual que sobreviviente
que vuelve de la guerra.

Tantas veces te mataron,
tantas resucitarás
cuántas noches pasarás
desesperando.
Y a la hora del naufragio
y a la de la oscuridad
alguien te rescatará,
para ir cantando.

Cantando al sol,
como la cigarra,
después de un año
bajo la tierra,
igual que sobreviviente
que vuelve de la guerra.



       

2 juil. 2013

Poursuivre sa route.../ Seguir su camino....

Merci à tous qui vous êtes inquiétés de la disparition de ce blog...24h plus tard
 nous poursuivons nos espaces et instants, ensemble.





Gracias a todos los que os habéis preocupado por la desaparición de este blog....24h más tarde seguimos con nuestros espacios e instantes, juntos.



25 juin 2013

Fleurs d'arbres / juin-junio Mallorca / Flores de árboles




ARBRES 
Federico García Lorca 
Arbres !
Avez-vous été des flèches
tombées du bleu ?
Quels terribles guerriers vous ont-ils lancés ?
Étaient-ce les étoiles ?

Vos musiques viennent de l'âme des oiseaux,
des yeux de Dieu,
de la passion parfaite.
Arbres !
Vos  grossières racines connaîtront-elles
mon coeur en terre ?
                                          (Trad: Colo)
 Fleurs de jacaranda
À droite ce sont des Tipuana jaunes

 ÁRBOLES 
 Federico García Lorca
¡Árboles!
¿Habéis sido flechas
caídas del azul?
¿Qué terribles guerreros os lanzaron?
¿Han sido las estrellas?

Vuestras músicas vienen del alma de los pájaros,
de los ojos de Dios,
de la pasión perfecta.
¡Arboles!
¿Conocerán vuestras raíces toscas
mi corazón en tierra? 

 Et puis, sur le chemin que je prends entre la ville de Palma et mon village, ces deux "mystérieux" : en connaîtriez-vous le nom ?
Después, a lo largo de la carretera que sigo entre la ciudad de Palma y mi pueblo, esos dos "misteriosos" : ¿ alguien conoce su nombre ?


                           Feuillage vert-gris doux
Enfin celui-ci que j'appelle l'arbre-corail, il est extraordinaire.
Por fin este que llamo el árbol-coral, lo encuentro extraordinario.

Grâce à Album Vénitien, voilà le nom de l'arbre, originaire d'Australie, c'est un Brachychiton acerifolium. Merci Danielle!

(clic pour agrandir les photos)
Fotos: Colo