Lentement
la caméra se balade sur des paysages verdoyants, des cours d'eau qui
serpentent joyeusement la France ; une voix masculine,
agréable, détaille l'un ou l'autre château datant du XIVº
siècle, on traverse de jolis villages...
Changement
de plan. Cette fois c'est une vue aérienne ; une longue route
où de petits points se déplacent. Comme une colonne de fourmis,
parfois solitaires, souvent par paquets.
En
tête quelques échappés, vont-ils le rester ?, en queue ceux
qui ont décroché, vont-ils atteindre le but ? Les corps
penchés se distinguent maintenant, les jambes surtout, les bras,
très bronzés. Rien que des hommes, partout : dans les voitures
des « spécialistes » et soignants, sur les motos qui
trop souvent gênent nos gaillards à pédale, les journalistes au
micro...
Si
ce n'étaient leurs maillots dûment décorés du nom de leurs
sponsors, comment les reconnaître du haut, de loin? Leurs
mères, sûrement.
Mais
les innombrables caméramen à moto nous donnent des images
individuelles, et oui, bien sûr, c'est Contador à côté du maillot
jaune, serré de près par Mollema et Valverde.
Vision
finale, de face, juste avant l'arrivée où le peloton lancé à
toute allure, tête baissée, ressemble tout à coup à une horde
de taureaux au galop.
«
Vu comme ça, moi le Tour me fait peur » dis-je à M.A.
C'est
un passionné du Tour , vais-je être piétinée?
« C'est
en effet fort effrayant » me dit-il.
La
cámara se pasea lentamente sobre los verdes paisajes, ríos y
riachuelos serpentean alegremente Francia; una voz masculina,
agradable, detalla este o aquel castillo del siglo XV, mientras
atravesamos bonitos pueblos... Cambio de plano. Esta vez es una
vista aérea ; una larga carretera en la que se desplazan
pequeños puntos. Como una fila de hormigas, a veces solitarias, a
veces en grupo.
A
la cabeza algunos escapados, ¿llegaran así a la meta?, en la cola
aquellos que han perdido pie,¿llegarán a tiempo ? Los cuerpos
inclinados se distinguen ahora, sobre todo las piernas, los brazos,
muy morenos. Solo hombres por doquier : en los coches de los
« especialistas » y de los ayudantes, sobre las motos
que, con demasiada frecuencia, estorban a los mozos que pedalean, los
periodistas con micrófonos...
Si
no fuera por las camisetas debidamente decoradas con el nombre de los
patrocinadores, ¿cómo reconocerlos desde lo alto, desde lejos ?
Sus madres, seguramente.
Pero
los innumerables cámaras en moto nos dan imágenes individuales ;
Contador al lado del « maillot Jaune » seguido de cerca
por Mollema y Valverde.
Visión
final de frente, justo antes de la meta.
Lanzado
sin freno, el pelotón, la cabeza gacha, me parece de repente, una
horda de toros desbocada. “Me da como miedo”, le digo a M.A. y
temo su respuesta.
M.A.
es un hombre y además apasionado por el Tour. Sin embargo me dice :
“en efecto la cosa asusta”.