12 avr. 2017

Fauves dorés / Doradas fieras



Sans doute, oui sans doute un billet sur nos 17 lapins nouveaux-nés accompagné d’adorables photos aurait-il été plus approprié en ces jours de Pâques.
Mais non, c’est un poème surréaliste d’Octavio Paz qui m’a étonnée, m'a fait sourire et me demander où il avait été chercher tant de choses à dire sur...deux yeux.

Tal vez, sí tal vez una entrada sobre nuestros 17 conejitos recién nacidos , acompañada de fotos muy monas hubiera sido más apropiado en estos días de Pascua.
Pero no, es un poema surrealista de Octavio Paz que me ha sorprendido, hecho sonreír y preguntarme de dónde había sacado tantas cosas que decir sobre...dos ojos.

Octavio Paz ( Mexique 1914-1998)
 
Tes yeux 
 
Tes yeux sont la patrie
de l'éclair et de la larme,
silence disert,
tempêtes sans vent, mer sans vagues,
oiseaux prisonniers, fauves dorés endormis,
topazes impies comme la vérité,
automne dans une clairière
où la lumière chante sur l’épaule
d'un arbre, et où toutes les feuilles sont oiseaux,
plage que le matin trouve constellé d'yeux,
panier de fruits de feu,
mensonge nourricier,
miroirs de ce monde, porte de l'au delà,
pulsation tranquille de la mer à midi
absolu qui scintille,
désert.

traduction Colo (inspirée par celle d’ E. Dupas )

Silvana Canetti (Uruguay)
" Los ojos de Ariadna"


Tus ojos O. Paz
Tus ojos son la patria
del relámpago y de la lágrima,
silencio que habla,
tempestades sin viento,
mar sin olas, pájaros presos,
doradas fieras adormecidas,
topacios impíos como la verdad,
otoño en un claro del bosque
en donde la luz canta en el hombro
de un árbol y son pájaros todas las hojas,
playa que la mañana
encuentra constelada de ojos,
cesta de frutos de fuego,
mentira que alimenta,
espejos de este mundo,
puertas del más allá,
pulsación tranquila del mar a mediodía,
absoluto que parpadea, páramo.

36 commentaires:

  1. et avoir les yeux (de l'amoureuse) d'Octavio plus los conejitos, c'est possibil?
    ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour les conejitos je peux, mais les yeux...;-))

      Supprimer
  2. un beau poème, de beaux yeux :)

    RépondreSupprimer
  3. Pour répondre à cet "absolu qui scintille", je t'envoie quelques mots de Bobin :-)

    "Regarde-moi, regarde-moi. Vous vous dites : les chevaux aussi demandent ça, et les arbres et les fous et les pauvres et tout ce qui se passe dans le temps - pour un temps. Partout l'appel, partout l'impatience de la gloire d'être aimé, reconnu, partout cette langueur de l'exil et cette faim d'une vraie demeure -les yeux d'un autre. Regarde-moi, regarde-moi."
    Christian Bobin
    Une petite robe de fête

    Bises, Colo, pour une belle journée ! Merci pour "Tes yeux" ♥

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci, ce bel extrait colle parfaitement au poème!
      Bobin est toujours si vrai.
      Excellente journée Fifi, besos

      Supprimer
  4. C'est merveilleux, et très riche, tumultueux. Et j'adore les yeux d'Ariadna, quelle teinte somptueuse!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On les lui emprunterait bien, juste pour un jour..!

      Supprimer
  5. Oh que cette description est riche et belle, il aurait pu se borner à dire "T'as d'beaux yeux tu sais" et bien non, la poésie et la grâce l'ont envahi ! Merci Colo, bises printanières. brigitte

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En effet, et t'as de beaux yeux aurait été si plat...
      Bon week-end pascal Brigitte, ici les processions, inévitables, ont commencé!

      Supprimer
  6. Il a l'imagination débordante le poète ! mais quand le résultat est aussi somptueux, on applaudit (et quels yeux pour Ariadna ..)Bon week-end de Pâques Colo, bises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bon une fois de plus (comme parfois, sans comprendre pourquoi) pas d'entrée de com possible pr moi alors je fs comme si je répondais désolée :-)
      Qu'est-ce que c'est beau ! (un peu banal comme réflexion :-) je le concède...)
      Qu'est-ce que ce serait chouette quelqu'un qui nous écrirait ... comme ça ...

      Supprimer
    2. Oui Aifelle, son imagination m'a fait sourire...on ne nous parle jamais comme ça;-))
      Bon week-end à toi aussi, besos

      Supprimer
    3. Nikole, c'est devenu notre code à nous, non? Si tes mots changeaient de place, j'en serais toute perturbée!
      Oui, on peut rêver, mais cela ne nous gênerait-il pas un peu aussi???
      Bon week-end.

      Supprimer
  7. Bonjour Colo, magnifique poème. Quand on dit que les yeux sont les miroirs de l'âme. Bon week-end de Pâques.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bien contente qu'il t'ai plu Dasola, les yeux...
      Excellent week-end à toi aussi.

      Supprimer
  8. Certes ... et où y'a d'la gêne ... yapa (forcément) de plaisir ! :-)

    RépondreSupprimer
  9. Tes yeux, une terre fertile aux profondeurs parfois insoupçonnées.
    Octavio Paz, merci !

    RépondreSupprimer
  10. C'est beau. Je connais si peu Octavio Paz.
    Bon week end pascal.
    Et bienvenue aux 17 petits lapereaux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Bonheur, voilà l'occasion de faire un peu sa connaissance.
      Je passerai votre gentil message aux lapereaux! Bon dimanche, un beso

      Supprimer
  11. Mon commentaire s'est perdu, que disais-je ? De belles images inattendues dans ce poème - et une bannière qui me rappelle une merveilleuse journée.
    Bon week-end de Pâques, chère Colo, je t'embrasse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tiens! Encore un qui se perd... pourtant blogspot semble être guéri;)
      Bon dimanche, besos

      Supprimer
  12. Bonsoir chère Colo, merci de ce très beau poème avec des mots qui se lisent comme une douceur pour ces fêtes. Et les yeux sont superbes.
    Ces petits lapereaux doivent être attendrissants :-)
    Belles et douces fêtes de Pâques avec toutes mes amitiés.
    Bisous ♥

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Très joyeuse fête de Pâques chère Denise. Mes jeunes petits neveux devront faire un long jeu de piste pour trouver les œufs colorés.
      Besos

      Supprimer
  13. Oh, j'aime ce poème d'une infinie richesse. Nous disons souvent que les yeux sont le "miroir de l'âme", mais le détailler ainsi est une grande prouesse poétique. Joyeuse Pâques à toi et à ta famille ! Des bises, Colo.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis bien contente que tu l'apprécies ce beau poème Lily.
      Excellent lundi Pascal, je t'embrasse

      Supprimer
  14. Ohhh, des lapereaux!!!!!!!!!!! Peut-être une photo dans un autre article, hi!!!!!!! Bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je leur demanderai de poser...!!!
      besos!

      Supprimer
  15. tes yeux,
    fauves dorés endormis

    très joli poème, traduction châtiée, Colo !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Que c'est gentil, merci merci Bihn An. Tes mots m'encouragent à poursuivre. En ce moment il y en a un poème qui me donne du fil à retordre...
      Bonne semaine, amicalement.

      Supprimer
  16. C'est beau, que dire de plus qui ne dissiperait le charme ?
    Quelques différences avec E Dupas, nuances réussies dont je n'irai pas jusqu'à comprendre les justifications – elles sont superflues lorsqu'il s'agit de ressenti – et je connais trop peu la langue originale.
    Merci Colette.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Christian, c'est en effet du ressenti. Toujours je traduis les poèmes moi-même puis, quand le résultat me plaît et sonne bien, je regarde s'il y a une traduction "professionnelle". Je m'en inspire parfois et introduis quelques changements, souvent non: j'aime rester près du texte, de son ambiance, et souvent les traductions pros s'envolent lyriquement...
      Bonne semaine Christian, contente que vous ayez apprécié ce poème.

      Supprimer
  17. Oui, comment a-t-il pu écrire ses mots ? Il a mis des images qu'il a vues, des souvenirs, des paysages qui ne sont pas les nôtres. Merci beaucoup pour la découverte.

    RépondreSupprimer