25 févr. 2013

Des nouvelles du cactus et du toit / Noticias del cactus y del tejado

Un billet tout court, juste pour vous donner, car vous me l'aviez demandé, des nouvelles du cactus et du toit.
Nous nous demandions ce qui allait se passer...


Una nota cortita para daros, ya que me lo habíais pedido, noticias del cactus y del tejado.
Nos preguntábamos lo que iba a pasar...

Octobre 2012

Voilà la réponse, mais pas encore définitive: photos prises hier, 24 février.
Aquí la respuesta, aunque no definitiva: fotos sacadas ayer, 24 de febrero.

février 2013


 

 Suspens....va-t-il contourner ou soulever la tôle ondulée? ...¿ va a rodear o sublevar la chapa?



22 févr. 2013

Un prrrt ironique / Un prrrt irónico


Relire, un plaisir ou une déconfiture. Le Notaire Du Havre de Duhamel, lecture obligée à l'école, m'avait barbée. Pourquoi m'a-t-il tendu ses mots l'autre jour? J'en suis enchantée. Comme vous en connaissez l'histoire ou la trouverez sans peine, en voici un extrait que j'intitulerais “doutes existentiels”.

Releer, un placer o una desilusión. El Notario de Le Havre de Duhamel, lectura obligada en la escuela, me había aburrido. ¿Por qué me tendió sus palabras el otro día ? Estoy encantada. Ya que conocéis la historia o la encontraréis sin pena, he aquí une extracto que titularía “dudas existenciales ».

Je crois, commençait-il, que je vais abandonner à quelque esprit moins agile que le mien la comptabilité des Galeries du Maine. J'ai eu, ce matin, avec mon chef, cet homme remarquable, un entretien qui, je pense, va le faire rêver pendant toute la fin de sa vie. Imaginez qu'au début de la matinée cet homme remarquable entreprend de me vanter les avantages de mon emploi:

Monsieur Wasselin, dit-il, vous jouissez ici d'une position stable.
Moi: Assurément, monsieur Duchnoque. (Il ne s'appelle pas Duchnoque, c'est un nom d'amitié.) Assurément. Et c'est, si j'ose l'avouer, ce qui m'attriste.
Lui: Ce qui vous attriste?
Moi: Comprenez, monsieur Duchnoque. Tant que je cherchais une place, j'avais de l'espoir.
Lui : Comment ? Quel espoir ?
Moi : L'espoir de trouver une place, monsieur Duchnoque.
Lui : Pas possible ! Et maintenant ?
Moi : J'ai la place, monsieur Duchnoque. Mais je n'ai plus d'espoir. C'est infiniment triste.
Lui : Qu'est-ce qui est triste, monsieur Wasselin ? Je ne comprends pas.
Moi : Je me demande toute la journée ce que j'aime le mieux de l'espoir ou de la place. Ça devient une idée fixe monsieur Duchnoque. Je finirai par m'en aller.
Lui : Vous en aller ? Vous parlez de vous en aller ! Enfin qu'est-ce que tout cela signifie ?
Moi : M'en aller ! Hélas, oui ! monsieur le directeur. Quand je serai parti, je serai sûr de n'être pas resté. Vous comprenez bien que je ne peux pas vivre dans l'indécision.
Lui : L'indécision ! Quelle indécision ?
Moi : L'indécision de savoir si je resterai ici, monsieur Duchnoque... "
 
Mme Wasselin levait les bras au ciel. Papa riait, l'air dédaigneux. Le bouffon modulait, le bec en sifflet, un prrrt ironique. De telles conversations avaient lieu, le plus souvent, sur le palier, à la faveur d'une rencontre. Les portes refermées, papa riait sans retenue (...) »
 (Le notaire du Havre, Duhamel, folio p.78 - 79)

M.C. Escher Humanity
Creo, comenzó, que abandonaré a algún espíritu menos ágil que el mío la contabilidad de las Galerias del Maine. Esta mañana he tenido, con mi jefe, ese hombre notable, una conversación que en mi opinión le hará soñar durante el resto de su vida. Imaginad que al principio de la mañana ese hombre notable comienza a alabar las ventajas de mi empleo:
Señor Wasselin, dijo, Usted disfruta aquí de una posición estable.
Yo : En efecto, señor Alcornoque. (No se llama Alcornoque, es tan solo un sobrenombre amistoso.) En efecto. Y es eso lo que me entristece.
El : ¿Lo que le entristece? Explíquese, señor Wasselin.
Yo : Compréndame, señor Alcornoque. Mientras buscaba un empleo, tenia la esperanza.
El : ¿Cómo? ¿Qué esperanza?
Yo : La esperanza de encontrar un empleo, señor Alcornoque.
El : ¡Increíble! ¿Y ahora?
Yo : Ahora tengo el empleo, señor Alcornoque. Pero ya no tengo la esperanza. Es infinitamente triste.
El : ¿Qué es lo que es triste, señor Wasselin?. No le entiendo.
Yo : Todo el día me he preguntado que es lo que prefiero: la esperanza o el empleo. Se está volviendo una idea fija, señor Alcornoque. Si esto continua acabaré por irme.
El : ¡Irse! ¡Usted habla de irse! Pero ¿qué significa todo esto?
Yo : ¡Irme! Por desgracia, ¡si! Señor director. Cuando me haya ido estaré seguro de no haberme quedado. Usted comprenderá que no puedo vivir en la indecisión.
El : ¡La indecisión! ¿Qué indecisión?
Yo : La indecisión de saber si me quedaré aquí, señor Alcornoque...”
La señora Wasselin levantaba los brazos al cielo. Papa se reía, desdeñoso. El bufón modulaba, con los labios en silbato, un prrrt irónico.
Tales conversaciones tenían lugar, la mayor parte del tiempo, en el descansillo.(...). Una vez las puertas cerradas, mi padre se reía a carcajadas.”.

Trad: MAH y Colo



18 févr. 2013

Au fond de l'eau.../ En el hondo del agua...

 
Dans la série de poèmes de F. García Lorca, miroirs et reflets, et parce qu'il faut bien s'arrêter un jour, voici ce dernier poème.
De nombreux problèmes de traduction cette fois aussi, notamment pour "niño" et "muchacho".
Il apostrophe le jeune, donc "enfant" pour "niño" ne convenait pas, j'ai choisi "petit".
Mais voilà que plus loin, il emploie "muchacho", garçon. Même problème. "jeune homme" n'est pas vraiment satisfaisant, si vous avez une suggestion...


En la serie de poemas de F. García Lorca, espejos y reflejos, y porque hay que parar un día, he aquí un último poema.
Traducirlo fue muy arduo...



Narcisse F. García Lorca

Petit.
Tu vas tomber dans le ruisseau!
Au fond il y a une rose
et dans la rose un autre ruisseau.
 
Regarde cet oiseau! Regarde
cet oiseau jaune!

Mes yeux sont tombés
dans l'eau.

Mon Dieu!
Il glisse! Muchacho!
 

...et dans la rose je suis, moi.

Quand il se perdit dans l'eau
je compris. Pourquoi expliquer.

(trad: Colo)

Narciso Arturo Martini

Narciso F. García Lorca
Niño.
¡Que te vas a caer al río!
En lo hondo hay una rosa
y en la rosa hay otro río.

¡Mira aquel pájaro! ¡Mira
aquel pájaro amarillo!
Se me han caído los ojos
dentro del agua.

¡Dios mío!
¡Que se resbala! ¡Muchacho! 

 
... y en la rosa estoy yo mismo.

Cuando se perdió en el agua
comprendí. Pero no explico.



vi interminables ojos inmediatos escrutándose en mí como en un espejo, vi todos los espejos del planeta y ninguno me reflejó” Borges, Aleph.


« je vis des yeux tout proches, interminables, qui s'observaient en moi comme dans des miroirs, je vis tous les miroirs de la planète et aucun ne me refléta” » JLB in l'Aleph
(Merci K)

Tania nous en envoie un autre, merci!


Le narcisse et la jonquille


Es-tu narcisse ou jonquille ?
Es-tu garçon, es-tu fille ?
Je suis lui et je suis elle,
Je suis narcisse et jonquille,
Je suis fleur et je suis belle
Fille.


Robert Desnos, Chantefleurs Chantefables

14 févr. 2013

À l'envers / Al revés

Avec ce poème de F. García Lorca nous entrons dans l'univers des "et si...".

Con este poema de F. García Lorca entramos en el universo de los "y si...".


Terre
F. García Lorca

 
Nous marchons
sur un miroir,
sans tain,
sur un verre
sans nuages.
Si les iris naissaient
à l'envers,
si les roses naissaient
à l'envers
si toutes les racines
regardaient les étoiles,
le mort ne fermait
les yeux,
nous serions comme des cygnes.

(Trad: Colo)

Photo Christw, merci!
                                     

Tierra
F. García Lorca

Andamos
sobre un espejo,
sin azogue,
sobre un cristal
sin nubes.
Si los lirios nacieran
al revés,
si las rosas nacieran
al revés,
si todas las raíces
miraran las estrellas,
el muerto no cerrara
sus ojos,
seríamos como cisnes.

13 févr. 2013

Miroir / Espejo

Premier d'une suite de courts, ou très courts poèmes de F.García Lorca peu ou pas connus, réjouissants; juste pour nous faire plaisir.

Primero de una serie de cortos, o muy cortos poemas de F. García Lorca poco o nada conocidos, alegres; sólo para contentarnos. 

Wiiliam Degouve de Nuncques / Bahía (baie) de Palma 1900*



Le grand miroir
         El gran espejo F. García Lorca

Nous vivons
sous le grand miroir
L'homme est bleu!
Hosanna!

Vivimos
bajo el gran espejo
¡El hombre es azul!
¡Hosanna!




* Foto: Colo
Cuadro visto en el museo Es Baluard, exposición "Mallorca y la interpretación del paisaje".

7 févr. 2013

Si je vis, je peindrai des fleurs


 
Donc nous savons que María était gravement handicapée et qu'elle possédait du talent.
Son vrai nom est María Gutierrez Cueto y Blanchard, née à Santander, Blanchard était le nom de sa mère, française de Biarritz, et une fois installée à Paris María décida de ne garder que celui-là.
Une chance : elle est née dans une famille aisée, « cultivée et raffinée » et son père l'encourage dès l'enfance à dessiner et peindre. Sensible, douée, elle progresse rapidement et est envoyée à Madrid dans un école d'Art. Elle y peint ses premiers tableaux : bien, pas mirobolants.

Tête de gitane vers 1910

Autre chance : une bourse en 1909 pour étudier à Paris. Encouragée par Anglada Camarasa et Kees van Dongen, elle libère son expression, les couleurs.
Ici je saute quelques années et nous la retrouvons, définitivement installée à Paris, en 1916, elle a 25 ans et peint ses premiers tableaux cubistes. 
 
L'amitié c'est celle de la peintre russe Angelina Beloff et de son amoureux, le jeune peintre mexicain Diego Rivera, mais aussi de Jacques Lipchitz, et surtout d'André Lhote et de Juan Gris qui l'entourent, la protègent, l'admirent.

À propos de Juan Gris, j'ai lu que dans les années '40 le grand marchand d'art Kahnweiler dénonça qu'on avait éliminé de certains tableaux* la signature de María pour la remplacer par celle de Juan Gris, histoire de leur donner plus de valeur ! Ha ! Il ne fait pas bon d'être femme et, comme le lui disait Picasso : « Pauvre María, tu crois qu'une carrière se fait uniquement à base de talent ! »

*dont le tableau : « Nature morte rouge avec lampe » (Naturaleza muerta roja con lámpara) dont je n'ai pas trouvé de reproduction....si vous la trouviez!

Le voilà, merci Tania!


Composition cubiste

 






















Elle voyage entre Paris, Londres et Bruxelles où elle expose souvent, travaille énormément. Elle développe l'esthétique cubiste et donne à la figure humaine une place inhabituelle dans le cubisme ; elle ne souhaitait pas s'éloigner de la peinture de la vie. 
 
Le déjeuner 1919
L'homme à la guitare 1919




  Vers 1920 elle revient à la peinture figurative et, à part un tableau, « Le buveur », je n'ai trouvé que des tableaux de femmes et d'enfants, de maternités. 

Madre e hijo 1926

La golosa (gourmande) 1924























El niño del helado 1924
La niña del brazalete 1922


La mort de Juan Gris en 1927 la plonge dans une profonde dépression. S'ajoutent de gros problèmes économiques - sa famille, sœurs et neveux sont venus la rejoindre à Paris , charges qui lui pèsent.
María cherche comme on dit « consolation dans la religion » et en 1930 Paul Claudel lui rend visite dans son atelier. Elle lui montre un tableau qui lui tient à cœur : San Tarcisius, le patron des enfants de choeur. Visiblement cela a plu à notre Claudel qui, en 1931 lui dédie un poème du même nom.

San Tarcisius
 
Partout il était mentionné, pas moyen de le trouver, jusqu'à ce que je fasse appel à Tania qui me l'a déniché, merci ! Rires car sans María au grand jamais nous n'aurions lu ce long poème religieux.
En voici un court extrait :
« Comme la myrrhe avec son parfum, comme le lys avec son odeur,
Ainsi Tarcisius au milieu des méchants ne fait plus qu’un avec Notre-Seigneur.
Comme le lys avec son odeur, il ne fait plus qu’un avec l’hostie.
Comment lui prendrait-on son Jésus alors qu’il ne fait plus qu’une seule chose avec Lui ?
– Quel est ce bruit que tu entends, Tarcisius ? un tintement comme d’une petite sonnette…
Et non point une seulement, une autre, et encore d’autres à la fois, dix ou douze, et cent mille de tous côtés, un million de petites voix, des millions de petites vierges d’argent, claires et nettes !
C’est un enfant qui fait ce petit bruit tout seul au-dessus de la Terre prosternée. »

María tombe gravement malade, la tuberculose la mine. 

La convaleciente

« Si je vis, je peindrai des fleurs » disait-elle...
Fin.

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4 févr. 2013

Toute mon oeuvre...pour un peu de beauté / Toda mi obra... por un poco de belleza

 
María Blanchard (1881- 1932), connaissez-vous cette peintre espagnole? 
Sans doute pas. Étrange “l'escamotage” de cette artiste du niveau de Juan Gris...
Elle m'a passionnée, et son art, enchantée.
Je lui consacrerai donc deux billets.

Ce n'est que l'an dernier, juin 2012, que le Musée Reina Sofía de Madrid décida qu'il était temps (plus que temps dirais-je) de parler d'elle, de lui donner cette place si méritée: “María Blanchard est une artiste d'avant-garde, pionnière de toute une future génération de femmes artistes, qui eût, comme Frida Khalo, un parallélisme vital de souffrances dû à ses déformations physiques* auxquelles s'ajouteront, dans le cas de Blanchard, à des moments de grande pénurie économique durant sa brève vie”.
*Suite à une chute de sa mère durant sa grossesse, María était de trop petite taille, bossue, boiteuse et myope. Elle disait: “J'échangerais toute mon œuvre...pour un peu de beauté”. (source)

María Blanchard (1881-1932), conocéis a esta pintora española? 
Probablemente no. Extraño escamoteo de esa artista del nivel de Juan Gris...me apasionó la persona, y su arte me encantó.
Le dedicaré dos entradas.

Fue tan solo el pasado año, en junio 2012, cuando el Museo Reina Sofía de Madrid decidió que era hora (más que hora diría yo) de hablar de ella, de darle un lugar tan merecido: “María Blanchard es una artista de vanguardia, pionera de toda una futura generación de mujeres artistas, que tuvo al igual que Frida Kahlo, un paralelismo vital de sufrimiento por sus deformidades físicas* al que se añadieron, en el caso de Blanchard, momentos de grandes penurias económicas en su breve vida.”
* Consecuencia de una caída de su madre durante su embarazo, María era enana, jorobada, coja y miope. Decía “"cambiaría toda mi obra... por un poco de belleza". (fuente)

Tora Vega Holmström 1921 María Blanchard

C'est pourquoi ce portrait d'elle réalisé en 1921 (merci BOL) par la peintre suédoise Tora Vega Holmström (1880-1967) a tant de valeur à mes yeux. La délicate Tora ne laisse deviner aucune de ces tares physiques, tout au plus les  lunettes  aux verres épais tenues à la main. Nous n'avons pas de détails sur leur relation mais elles se sont plus que probablement rencontrées à Paris où María s'est définitivement installée en 1910.
Por eso este retrato de ella realizado en 1921 por la pintora sueca Tora Vega Holmström (1880-1967) tiene tanto valor a mis ojos. La delicada Tora no deja adivinar ninguna de esas taras físicas, solo sus gafas en la mano. No tenemos detalles sobre su relación pero se encontraron, mas que probablemente, en París donde María se instaló definitivamente en 1910.


Nous commencerons par la fin, c'est à dire après sa mort, avec un article dans le journal l' Intransigeant - Paris qui résume bien sa vie. “ L'artiste espagnole est morte hier soir, après une douloureuse maladie. La place qu'elle occupait dans l'art contemporain était prépondérante. Son art, puissant, fait de mysticisme et d'un amour passionné pour la profession, restera comme celui d'un des artistes authentiques et les plus significatifs de notre époque. Sa vie de recluse et malade avait d'autre part contribué à développer et aiguiser singulièrement une des plus belles intelligences de notre temps.”

Empezaremos por el final, es decir después de su muerte, con un artículo del periódico L'Intransigeant de París que resume bien su vida: "La artista española, ha muerto anoche, después de una dolorosa enfermedad. El sitio que ocupaba en el arte contemporáneo era preponderante. Su arte, poderoso, hecho de misticismo y de un amor apasionado por la profesión, quedará como el de un auténtico artista y uno de los más significativos de nuestra época. Su vida de reclusa y enferma, había por otro lado contribuido a desarrollar y a agudizar singularmente una de las más bellas inteligencias de nuestro tiempo".

Et puis quelques courts extrait de l'Élégie de García Lorca à la mort de María:

He aquí unos cortos extractos de la Elegía de García Lorca a la muerte de María:

“...
La lucha de María Blanchard fue dura, áspera, pinchosa, como rama de encina, y sin embargo no fue nunca una resentida, sino todo lo contrario, dulce, piadosa, y virgen.
...La lutte de María Blanchard fut dure, âpre, épineuse, comme branche de chêne vert, et pourtant elle ne fut jamais rancunière, tout au contraire, douce, pieuse, et vierge.

- Aguantaba la lluvia de risas que causaba, sin querer, su cuerpo de bufón de ópera, y la risa que causaban sus primeras exposiciones, con la misma serenidad que aquel otro gran pintor, Barradas, muerto y ángel, a quien la gente rompía sus cuadros y él contestaba con un silencio recóndito de trébol o de criatura perseguida.


M. Blanchard "La primera comunión"
- Elle supportait la pluie de rires que causait, sans le vouloir, son corps de bouffon d'opéra, et le rire que causèrent ses premières expositions, avec la même sérénité que cet autre grand peintre, Barradas, mort et ange, à qui les gens cassaient les tableaux et auxquels il répondait par un silence abstrus de trèfle ou de créature poursuivie.
- Y a medida que avanzaba el tiempo, su alma se iba purificando y sus actos adquirían mayor trascendencia y responsabilidad. Su pintura llevaba el mismo camino magistral, desde el cuadro famoso de "La primera comunión" hasta sus últimos niños y maternidades, pero atormentada por una moral superior daba sus cuadros por la mitad del precio que le ofrecían, y luego ella misma componía sus zapatos con una bella humildad.

- Au fil du temps, son âme se purifiait et ses actes acquiéraient une plus grande transcendance et responsabilité. Sa peinture prenait le même chemin magistral, depuis le tableau “La première communion” jusqu'à ses derniers enfants et maternité, mais tourmentée par une morale supérieure elle donnait ses tableaux pour la moitié du prix qu'on lui offrait, même si après elle devait confectionner ses propres souliers avec une belle humilité.

Et la fin, si belle.
Y el final, precioso.

Te he llamado jorobada constantemente y no he dicho nada de tus hermosos ojos, que se llenaban de lágrimas, con el mismo ritmo que sube el mercurio por el termómetro, ni he hablado de tus manos magistrales. Pero hablo de tu cabellera y la elogio, y digo aquí que tenías una mata de pelo tan generosa y tan bella que quería cubrir tu cuerpo, (…). Porque eras jorobada, ¿y qué? Los hombres entienden poco las cosas y yo te digo, María Blanchard, como amigo de tu sombra, que tú tenías la mata de pelo más hermosa que ha habido en España."
Je t'ai constamment appelée bossue et je n'ai rien dit de tes beaux yeux, qui s'emplissaient de larmes, au même rythme que monte le mercure dans le thermomètre, rien dit non plus de tes mains magistrales. Mais je parle de ta chevelure et j'en fais l'éloge, et je dis ici que tu avais une masse de cheveux si généreuse et si belle qu'elle voulait couvrir ton corps, (…). Parce que tu étais bossue, et alors? Les hommes comprennent peu les choses et je te dis, María Blanchard, comme ami de ton ombre, que tu avais la masse de cheveux la plus belle qu'il y a eu en Espagne.” (Trad: Colo)

Extrait de la conférence prononcée par F. García Lorca à Madrid en 1932 (texte entier ici)

M. Blanchard La toilette



Dans le prochain billet je vous raconterai sa vie, à travers ses oeuvres, d'abord cubistes puis plus expresionnistes. Je vous parlerai de ses rencontres aussi.
La próxima vez os contaré su vida, a través de sus obras, primero cubistas luego más expresionistas. Os hablaré también de sus encuentros.

29 janv. 2013

Un "Voyage enchanteur" / Un "Viaje encantador"

 
Le 2 Novembre 1892, le jour, précisément, des Morts, bon augure, je partis par la gare du Nord* dans, grâces à des fonds miraculeusement venus des Pays-Bas, un wagon spécial de première classe, sinon en vrai souverain, du moins en prince encore très sortable - :”
*(Paris)
El 2 de Noviembre 1892, el día, precisamente, de los Muertos, buen auguro, salí por la estación del Norte* en, gracias a unos fondos milagrosamente venidos de los Países Bajos, un vagón especial de primera clase, si no es en verdadero soberano, por lo menos en príncipe todavía muy presentable -:”
* (París)
Ce “je” est Paul Verlaine, invité par un groupe d'artistes et de littérateurs pour donner une série de conférences à Den Haage (La Haye), Leyde et Amsterdam. Il accepta volontiers ”ayant toujours été curieux de ce pays que l'ingrat Voltaire, son hôte de corps et d'esprit, dénonce comme plein “de canaux, de canards et de canailles”, de ce pays qu'à mon tour je proclame plein, évidemment de canaux et de canards, mais plus encore de talent héréditaire et de traditionnelle histoire restée.”
Este “Yo” es Paul Verlaine, invitado por un grupo de artistas y literatos para dar une serie de conferencias en La Haya, Leyde y Amsterdam. Acepta con mucho gusto “habiendo siempre sido curioso de este país que el ingrato Voltaire, su huésped de cuerpo y espíritu, denuncia como lleno “ de canales, patos y canallas”, de ese país que a mi vez proclamo lleno, evidentemente de canales y patos, pero aún más de talento hereditario y de tradicional historia permanecida.”


Quinze jours en Hollande” de Paul Verlaine; une série de lettres à un ami qui lui a demandé de lui relater son séjour.
L'édition que je possède est magnifique, illustrée à la main, des aquarelles de Van Teyne. Un héritage “de grand-mère, en mère, en fille” sans prix donc.
C'est avec délicatesse (pour en pas l'abimer) et curiosité que je me suis immergée dans ce récit. La prose de Verlaine m'était inconnue, elle m'a surprise par sa variété; un style très vivant fait de rapprochements, d'incises et de digressions. Ces dernières sont souvent des vers, des réflexions, quelques souvenirs. Aucune mention de sa tumultueuse vie passée pourtant.
Reçu et partout traité, c'est vrai, comme un prince, il s'attache au peintre symboliste Toorop, au poète Albert Verwey, au peintre Joseph Israëls, à l'écrivain Willem Kloos...des artistes très connus dit-il, mais dont j'ai à peine entendu le nom.
Quinze días en Holanda” de Paul Verlaine; una serie de cartas a un amigo que le pidió que le contara su estancia allí. Fue con gran curiosidad con la que me metí en ese relato. La prosa de Verlaine me era desconocida, me sorprendió por su variedad; un estilo muy vivo hecho de aproximaciones, incisas y digresiones. Estas últimas son a menudo versos, reflexiones, recuerdos. Sin embargo no hace ninguna referencia a su tumultuosa vida anterior.
Recibido y, es cierto, tratado como un príncipe por todas partes, establece amistad con el pintor simbolista Toorop, con el poeta Albert Verwey, con el pintor Joseph Israëls, el escitor Willem Kloos...todos artistas muy conocidos dice, pero yo apenas he oído su nombre.


Enchanté, il visite les villes, des musées, il détaille tout avec grand intérêt; il passe pas mal de temps aussi, entouré d' un aéropage, dans des cafés et restaurants où les cigares et l'alcool, surtout les amer-Schiedam (sorte d'eau de vie) trouvent chez Verlaine un gosier fort accueillant.
Avant chaque conférence, et pour s'éclaircir la voix, il gobe un oeuf cru. Être le centre de l'intérêt et l'attention lui plaît énomément.
Quant au sujet de ses conférences:
...J'ai bien assez de mon symbolisme à moi, - j'entends, grands dieux, non pas le mien qui n'a jamais existé, - je veux dire celui, feu d'ailleurs, de Jean Moréas aujourd'hui Chef de l'École romane.
Ce sacré, les anglais diraient “bloody”, symbolisme dont je dois encore parler ici.”
Alors il alterne et lit/récite, à la demande du public, beaucoup de ses propres poèmes.
Encantado, visita las ciudades, unos museos, detalla todo con gran interés; pasa mucho tiempo también, rodeado de un aerópago, en cafés y restaurantes donde los puros y el alcohol, sobre todo los “amer-Schiedam” (un tipo de aguardiente) encuentran en Verlaine un cliente más que acogedor.
Antes de cada conferencia, y para aclarase la voz, traga un huevo crudo. Ser el centro del interés y de la atención le encanta.
En cuanto al tema de sus conferencias:
...Me basta con mi propio simbolismo, - entiendo, dios mío, no el mío que nunca existió, - sino el del ya fallecido Jean Moréas hoy Jefe de la Escuela románica.
Este maldito, los ingleses dirían “bloody”, simbolismo del cual tengo que hablar de nuevo aquí.”
También lee/recita, a la demanda de su público, muchos de sus propios poemas.




Tour à tour émerveillé, attentif à tout et à tous, attendrissant dans sa relation avec la fillette de son hôte, Monsieur Zilcken, Verlaine se révèle à moi comme épistolier-voyageur hors pair.

Trouverez-vous chez un bouquiniste cette balade hollandaise? Est-il réédité?
Je vous le souhaite.

NB: Dominique nous signale que ce livre a été réédité, sans les belles illustrations, et Tania a trouvé sur Gallica la possibilité de le lire et/ou feuilleter:
http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&p=1&lang=ES&q=verlaine+hollande


Portrait de Verlaine par Ph. Zilcken
Alternativamente maravillado, atento a todo y a todos, enternecedor en su relación con la joven hija de su huésped, el Señor Zilcken, Verlaine se me revela como un viajero-epistolar fuera de serie.
No sé si lo encontraréis, tal vez una edición antigua...os lo deseo.

20 janv. 2013

Mains à la pâte

 
À la demande, pas générale du tout, voici deux recettes, faciles et typiques de Mallorca.
Dès que plus de deux personnes se réunissent, hop il y a une Coca et un Gató.


Les Cocas sont aux légumes, généralement verts en hiver, rouges en été. Elles se cuisent sur la plaque du four, beaucoup de portions donc.





Allumez le four, 180º.

Version verte.

Alors, vous commencez par nettoyer les bettes/blettes et vous ne gardez que le vert que vous coupez en lanières et mettez dans un récipient avec du sel. Après une bonne heure pendant laquelle vous préparerez la pâte et lirez quelques poèmes, vous pressez les feuilles entre vos mains pour en extraire le plus d'eau possible.
Pour la pâte vous mélangez 1 tasse à café de bonne huile d'olive avec une autre d'eau tiède et la moitié d'un sachet de levure. Vous ajoutez peu à peu de la farine jusqu'à ce que se forme un boule qui se détache facilement des bords du bol. Cette pâte est un peu huileuse. (pas de sel ici mais c'est comme vous voudrez bien sûr).
Nettoyez le persil (plat ici), coupez-le ainsi que les oignons frais (facultatifs Gérard!) et mélangez le tout avec les blettes.
Étendez la pâte à la mesure de votre plaque-four, la plus fine possible, mettez au fond du papier-four, puis voilà, sur la pâte distribuez les légumes. Vous pouvez mettre ci et là quelques morceaux de tomate pour faire joli, ou encore des anchois frais.
Enfournez; quand les bords de la pâte brunissent, mettez le grill pendant quelques minutes.
Ça y est. 

 
Alors, la version rouge. La pâte est la même bien sûr, mais au dessus vous mettez une salade que vous aurez préparée avec des tomates, poivrons verts et rouges, oignons frais coupés en petits morceaux et salés, huilés.

                             _____________________________
 


Dans le style sucré, j'aime énormément le Gató. Oui, c'est un gâteau aux amandes et sans farine, super facile à réaliser.


Vous aurez besoin, pour 6 personnes, de:
6 oeufs
150 gr de sucre
200gr d'amandes crues et pelées et moulues (je préfère qu'il y ait des petits morceaux, pas tout à fait réduites en poudre)
le zeste d'un citron
de la cannelle en poudre.
Allumez le four, chaleur moyenne.
Battez les jaunes d'oeufs avec le sucre. Ajoutez à cette crème moussante les amandes, le zeste, la cannelle. Battez les blancs en neige ferme et ajoutez délicatement au mélange.
Versez le tout dans un moule, et au four pour une bonne heure.
Le gâteau monte comme un soufflé, n'ouvrez pas le four avant 1 heure! Vérifiez avec un couteau si la cuisson est bien terminée.

                                      Bon appétit.
Des questions?

 PS:
Esta vez no hay traducción al español ya que las recetas se encuentran facilmente en Internet!