13 déc. 2013

Tisser les mots / Tejer las palabras


 LA HORA DE LOS PÁJAROS


LUZ MARY GIRALDO (Colombiana)
Inasible y costurera               
la palabra

teje con tela engañosa

la herida de la noche:

juega a la libertad

o sueña la ventura.

Como eterna Penélope

teje la túnica de todos

deshilvana el secreto de la espera

hasta inventar un nuevo rostro

o un espejo sin nombre.

Inasible y costurera

oye pasar el viento

fatigado por los pájaros.


       L'Heure des oiseaux

LUZ MARY GIRALDO (Colombienne)

                                      Insaisissable
couseuse                                       
la parole

tisse d'une toile trompeuse

la blessure de la nuit:

joue à être libre

ou rêve d'aventure.

Telle l'éternelle Pénélope
 
elle tisse la tunique de tous

défaufile le secret de l'attente

jusqu'à inventer un nouveau visage

ou un miroir sans nom.

Insaisissable couseuse

elle écoute passer le vent

fatigué par les oiseaux.
                                                 (Trad: Colo)



Vous trouverez un poème de René Guy Cadou qui a des correspondances avec celui-ci sur le blog de Tania:

45 commentaires:

  1. Splendide !
    La photo et le texte, il faut dire que je suis toujours émerveillée quand je vois passer un vol d'oiseaux dans le ciel, la beauté, la liberté ...

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    1. Un spectacle qui jamais ne lasse celui des vols d'oiseaux qui se font et défont...
      Bon weekend Marcelle.

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  2. ah je suis plongée aussi dans la poésie et tout cela grâce à toi !

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    1. Ah bon!?
      Belles lectures alors Dominique.

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  3. Du beau poème de Luz Mary Giraldo à la photo, de la photo au poème, une harmonie subtile - "pájaros" : on entend le passage des passereaux. (Merci pour le lien vers "La parole".)

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    1. À petits points coudre la vie...
      besos de bonne journée Tania.

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  4. Oh !!!
    Que c'est beau,
    merci Colo.

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    1. Rimes en o, subtiles comme tes mots.
      Merci à toi señor K.

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  5. c'est magnifique... tu es une passeuse Colo... merci pour ces traductions... Je suis toujours étonné par la capacité de transfiguration des poètes, qui se tiennent loin de l'anecdote et de l'insignifiant, ou qui savent donner aux choses les plus ordinaires un relief singulier...

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    1. Je partage cet étonnement avec toi Kwarkito. Tu le sais, je me balade pas mal dans la poésie d'Amérique latine, souvent j'y trouve cette concision mêlée au quotidien. Un relief singulier comme tu dis.
      Un abrazo.

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  6. "défaufile le secret de l'attente" que c'est beau ! Ce poème me fait penser au livre de Carole Martinez "le cœur cousu", la même capacité de nous enchanter est là. Je note précieusement le nom de cette poétesse inconnue de moi.

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    1. Cette dame, bien vivante, m'était inconnue il y peu...j'ai lu qu'une partie de ses poèmes a été traduite en français, mais je n'ai rien trouvé sur la toile. J'en traduirai d'autres à l'occasion.
      "Coeur cousu", ce roman m'avait transportée par sa grande imagination.
      Bonne soirée Aifelle,

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  7. Ta photo est magnifique et correspond tout à fait au "vent fatigué par les oiseaux" !
    C'est drôle, mais je ne me fatigue pas de voir passer les "pajaros"...
    La poésie passe et mon cœur est apaisé...
    Merci pour ce passage Colo !
    Bises

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    1. L'image d'un vent épuisé ou baillant de fatigue est forte, oui!
      Chaque oiseau, comme un point de couture dans le ciel...
      Un beso.

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    1. Oh, les mots c'était facile, c'est la musique, le rythme...parfois ça colle.
      merci Adrienne.

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  9. "Les poètes sont des oiseaux : tout bruit les fait chanter. "
    Chateaubriant
    Je te souhaite une belle journée

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    1. Ah, c'est amusant...tout à coup j'imagine la tète de certains poètes-oiseaux. Bon, je vais pas détailler!: -)
      Merci Aloïs, bonne soirée à toi aussi.

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  10. Très joli poème , j'en ai la tête ailleurs

    Tu traverses la nuit plus douce que la lampe
    Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe

    Je partage avec toi la cinquième saison
    La fleur la branche et l’aile au bord de la maison
    Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse
    René Guy Cadou,

    Un autre poète que vous avez cité ainsi que Tania, né à tout juste cinq minutes de chez moi ! Un recueil de ses poèmes "Comme un oiseau dans la tête" aux éditions Point seuil par Jean-François Jacques et Alain Germain et une préface de Philippe Delerm.
    http://www.cadou-poesie.net/category/actualites
    Très beau week-end Colo

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  11. Cadou, ce poète qui n'a vécu que la jeunesse...merci pour ce délicat poème. "les vitres de ma tempe".
    IL fait très beau en ce moment, j'espère que la lumière est belle chez vous aussi.
    Bonne soirée Gérard.

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  12. La photo est aussi suggestive que ce très beau poème...

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  13. Pendant qu'avec des mots choisis tu tisses tes souvenirs...
    Bonne journée Edmée.

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  14. Sur l'image, j'ai l'impression que les branches ondoient avec les oiseaux en nuages (des étourneaux je présume). Deux poèmes comme des paroles secrètes dans le vent du soir.

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    1. Vos mots, pleins de poésie.
      Ces vols groupés, en lignes, comme des coutures célestes...
      Merci, bonne journée.

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  15. La parole, pour le meilleur et pour le pire...

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    1. En effet, et puis celles qui débordent de l'ourlet...

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  16. Oui la parole est couturière
    Et celui qui coud rassemble
    Une belle reprise sur un drap
    Cela a de la valeur
    Moi j'en ai une sur un mien
    Effectuée par ma mère
    J'espère le garder longtemps
    Alors que ses mots à elle
    N'ont plus beaucoup de sens

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    1. Beau et doux souvenir à garder précieusement!
      Bonne journée Lily.

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  17. C'est toujours un enchantement de voir un vol d'oiseaux bien formé ou un peu éparpillé en formant des motifs de dentelle... Magnifiques poème et photo.
    Belle soirée, Colo.
    Bisous

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    1. Merci Denise, les vols d'oiseaux font rêver de tas de choses, entre autres de solidarité...
      Bonne journée à toi aussi.

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  18. Que c'est beau! Ces nuées qui s'envolent pour d'autres cieux...
    Je suis toujours en admiration lorsque j'en croise une dans le ciel!
    Merci Colo de cette magnifique photo et du partage de ce très beau texte!
    Je te souhaite une agréable semaine

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    1. Merci Kenza, où vont-ils ces fils du ciel?
      Excellente semaine à toi aussi, au plaisir de te retrouver chez toi!

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  19. Le tissage des mots quand il ne prend pas la voie prévisible a la délicatesse d'une oeuvre d'art du dire.
    Merci pour ce beau poème et cette photo d'envol qui pourrait nous faire croire que chez toi aussi le ciel est gris :-)

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    1. Tu es spécialiste de ces textes-mots qui s'échappent et finissent par revenir Savarati.
      Mais oui, peu à peu j'essaye de faire entrer dans la tête des gens qu'ici il fait aussi gris et froid en hiver...pas tous les jours, mais...ET il pleut...Et parfois il neige. :-))
      Bonne journée.

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  20. Les deux poèmes sont en effet sur le même registre des mots toile étoilée, refuge et irradiation à la fois. J'aime tout particulièrement celui que tu publies mais celui de Cadou est très profond aussi.

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    1. Merci d'apprécier ce poèmes que j'aime beaucoup!
      Bonne journée Maïté.

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  21. J'aime venir lire ici des poèmes magnifiques. Merci.
    A bientôt !

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    1. Vous êtes toujours la bienvenue Bonheur!
      Bonne journée.

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  22. Que veux-tu que je rajoute après tous ces commentaires aussi élogieux les uns que les autres ? Je n'ai pas, hélas, le talent de brodeuse de mots.
    Je t'embrasse fort.

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    1. Regarde ce que j'ai trouvé!
      Special for you:

      http://marie-aupaysdesimagesetdesmots.blogspot.com.es/2012/10/poeme-brodeuse-des-iles.html

      Besos

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    2. Super merci Colo
      Bon alors c'est décidé ! Quand je serai grande, je ferai brodeuse de mots ... et peut-être même avant d'ailleurs ! ! !

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  23. Réponses
    1. N'est-ce pas? J'ai pris mon dictionnaire, histoire de vérifier l'existence de...

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  24. Ah ce poète, combien j'ai lu et relu ses textes... tiens, une idée je vais le ressortir de l'étagère de ma bibliothèque... où il dort depuis trop longtemps.

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  25. Ah magnifique ! J'adore ! Je note le nom et je la page. Cet poème va atterrir sur mon blog un jour ou l'autre !
    Merci Colo pour cette belle découverte.

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