26 août 2015

Repasser / Planchar



Repasser; relaxant pour certain(e)s, corvée pour d'autres.
En regardant de près les objets de la salle consacrée au linge à La Granja (clic)(ancienne maison majorquine, autosuffisante; un lieu magique, l'eau y coule de partout et est très joliment aménagé pour les visites), je me disais que nos fers à vapeur sont une vraie bénédiction.

La Granja,une vue


Fers et un repasse-cravates intéressant/ Un interesante "planchador de corbatas"



Planchar; relajante para uno(a)s, incordio para otro(a)s.
Examinando atentamente los objetos de la sala dedicada a la lencería en La Granja(clic) (antigua casa mallorquina, autosuficiente; un lugar mágico, corre agua por todos los lados, y habilitada de forma muy agradable para las visitas), pensé que nuestras planchas de vapor eran una verdadera bendición.

Pour des plis parfaits / Para unas rayas perfectas

Ce que j'ignorais c'est l'existence d'une Ode de Pablo Neruda à ce sujet!
Lo que ignoraba es la existencia de una Oda de Pablo Neruda sobre este tema!


 Ode pour repasser


La poésie est blanche:
elle sort de l'eau enveloppée de gouttes,
elle se chiffonne, et s’amoncelle,
il faut étendre la peau de cette planète,
il faut repasser la mer de sa blancheur
et vont et vont les mains,
les surfaces sacrées se lissent
et ainsi se font les choses:
chaque jour les mains font le monde,
le feu s'unit à l'acier,
arrivent le lin, la toile et le calicot
du combat des blanchisseries
et de la lumière naît une colombe:
la pureté renaît de l'écume.

Pablo Neruda

(trad:Colo)

ODA PARA PLANCHAR

La poesía es blanca:
sale del agua envuelta en gotas,
se arruga, y se amontona,
hay que extender la piel de este planeta,
hay que planchar el mar de su blancura
y van y van las manos,
se alisan las sagradas superficies
y así se hacen las cosas:
las manos hacen cada día el mundo,
se une el fuego al acero,
llegan el lino, el lienzo y el tocuyo
del combate de las lavanderías
y nace de la luz una paloma:
la castidad regresa de la espuma.
 

P. Neruda





18 août 2015

Une tiède soirée / Una tibia tarde



Inattendu cet e-mail venu tout droit d'Équateur. Une poétesse me remerciait d'avoir traduit, il y a tout un temps, “Choses absurdes”. Elle avait aimé ma traduction. Un échange de courriers chaleureux et voilà que Rosa Amelia Alvarrado Roca vient de me faire parvenir un très beau cadeau: son dernier recueil, une anthologie personnelle de poèmes inédits. 

Una tarde tibia poemas Rosa Amelia Alvarrado

 
La présentation est très soignée, de fins dessins de Pilar Bustos séparent les différenets parties du livre. Bref, un présent dédicacé “Para Colette en reunión de la poesía y el habla castellana...” qui m'a fait grand plaisir
Rosa Amelia a fait des études de philologie et lettres à Paris, elle comprend donc parfaitement le français et c'est donc avec grand soin que j'ai traduit ces poèmes, choisis surtout en fonction de ma capacité à les rendre en français de façon musicale.

Inesperado el e-mail llegado directo desde Ecuador. Una poetisa me daba las gracias por haber traducido, hace tiempo, “Cosas absurdas”. Le había gustado mi traducción. Continuó con un intercambio de cálidos correos y he aquí que Rosa Amelia Alvarrado Roca me ha hecho llegar un precioso regalo: su último poemario, una antología personal de poemas inéditos.

Una presentación muy cuidada, delicados dibujos de Pilar Bustos en la hojas que separan las diferentes partes del libro. En fin, un presente dedicado: “Para Colette en reunión de la poesía y el habla castellana...” que me ha complacido mucho.
Rosa Amelia ha estudiado Filología y Letras en París. Como comprende perfectamente el francés, he traducido sus poemas con el mayor esmero y los he escogido sobre todo en función de mi capacidad para restituirlos en francés de manera musical
Navegando

Quiero trepar por las venas
de tu navío
navegar por tu sangre morena de sol
quiero llegar al corazón de tu barca herida
que vive en el silencio
al borde del acantilado

quiero ser el puerto
donde anclar tus tormentas

Navigant

Je veux escalader les veines
de ton vaisseau
naviguer sur ton sang brun de soleil
je veux arriver au cœur de ta barque blessée
qui vit en silence
au bord de la falaise

je veux être le port
où ancrer tes orages

(clic pour agrandir)

Canto insomne

Tengo un canto
metido en la mitad de la garganta
que no tiene notas
ni tiene armonías
es apenas una voz delgada como fino hilo de seda
que se le escapó a la crisálida
y quiere salir de cualquier manera
porqué llegó el tiempo
de ser mariposa

Chant insomniaque

J'ai un chant
posé au milieu de la gorge
qui n'a ni notes
ni harmonies
c'est à peine une mince voix comme un fin fil de soie
qui aurait échappé à la chrysalide
et veut sortir à tout prix
car est arrivé le moment
d'être papillon

Trad: Colo



12 août 2015

Une âme douloureuse / Un alma dolorosa



Alimento - Aliment




Pilar Adón (Madrid 1971 -    )
(Son site officiel: pilaradon.co)



Yo… Lo sé. Tengo ese miserable aspecto
del que va demandando cariño por las puertas.
“Quiéreme un poco. Quiéreme un poco…”
Los ojos nostálgicos hacia el coche que se aleja
y la espalda estrecha que se detiene por última vez para decir adiós.

Moi... Je le sais. J'ai cet aspect misérable
de celui qui mendie de l'affection aux portes.
Aime-moi un peu. Aime-moi un peu...”
Les yeux nostalgiques vers la voiture qui s'éloigne
et le dos étroit qui s'arrête une dernière fois pour dire adieu.

Yo… Lo sé. Persigo la mirada comprensiva de todas las madres
y a veces las manos grandes de cada padre.
El susurro al teléfono que me diga: “todo está bien”
mientras la niña del pañuelo negro gira y gira
esperando la llegada del sosiego.
El apaciguamiento de la marea oscura que sube.
Y sube a la boca desde el alma que se creía ya aliviada
pero que no. Porque el alma, aunque se suponga el éxito sobre ella,
cuando es dolorosa y cuando tiene la tez de la angustia,
sobrevive.
Moi...Je le sais. Je poursuis le regard compréhensif de toutes les mères
et parfois les grandes mains de chaque père.
Le murmure au téléphone qui me dise: “tout va bien”
tandis que la fillette au foulard noir tourne et tourne
attendant l'arrivée du calme.
L'apaisement de la marée montante et sombre.
Et monte à la bouche depuis l'âme qui se croyait déjà soulagée
mais non. Parce que l'âme, même si on croit la ployer,
quand elle est douloureuse et quand elle a le teint de l'angoisse,
survit.
P.A Renoir, jeune fille sur un banc

Yo… Lo sé. Me estoy ahogando y no entiendo nada.
Dejé que tomara mi mano y me arrastrara hasta la orilla.
“Vas a ver un milagro”, me dijo.
Y la niña de los zapatos negros con lacito
me miraba a la cara y me mostraba sus dientes de conejito.
“Perdón. Perdón. Perdón.” Parecía suplicar. “Yo no fui. No fui yo…”
Yo… Ahora cuento las varillas azules que se insertan
en aquel jarrón transparente y me pregunto:
(uno, dos tres…)
¿Por qué lo haces?
(cuatro…)
Moi...je le sais. Je me noie et ne comprends rien.
J'ai permis qu'on me prenne la main et me traîne jusqu'au rivage.
Tu vas voir un miracle” m'a-t-il dit.
Et la fillette aux souliers noirs à bouffette
me regardait en face et me montrait ses dents de petit lapin.
Pardon. Pardon. Pardon.” Elle semblait supplier. “Ce n'était pas moi. Pas moi...”

Moi...Maintenant je compte les pailles bleues qu'on insère
dans ce vase transparent et je me demande:
(un, deux trois...)
Pourquoi le fais-tu?
(quatre...)

(Trad: Colo) 
source / fuente http://www.pilaradon.com/?p=163

6 août 2015

Siesta



Borges, le grand; des tas de spécialistes ont traduit ses poèmes et je n'aurais jamais osé me lancer si je n'avais lu celui-ci qui est assez abordable et si beau. Mais voilà, un vers me résiste.
Même si je crois en comprendre le sens, non, ça ne va pas. Avez-vous une suggestion pour ce vers marqué de trois étoiles?


Un jour plus tard:
Merci pour vos "lumières", j'ai enfin compris!

Borges, el grande; un montón de especialistas han traducido sus poemas y nunca me hubiera atrevido al no haber leído este, bastante ameno y tan bello. Pero un verso me resiste.
Creo entender su sentido pero no, no puedo traducirlo bien. ¿Tiene alguien una sugerencia para este verso marcado de tres estrellas?


Un día más tarde:
Gracias por vuestra ayuda, !ahora lo entiendo!

Jorge Luis Borges

SIESTA     SIESTE

Des foules de soleil
    bloquent la maison
et le temps intimidé stagne
derrière les volets
    verts comme des cannaies
Laissant tout de côté
    retrouvons notre corps
  pareil à une vaine annotation  ***
jusqu’à ce que les cloches débordantes
        versent le soir
et s'agenouille le ciel humilié
et nous nous vêtons de paysages prévus
 (trad. timide, Colo)

Fenêtre au caractère ombrageux (Ph. JEA/DR). Du blog Mosaïques 2
Muchedumbres de sol
    bloquean la casa
y el tiempo acobardado se remansa
detrás de las persianas
    verdes como cañaverales
Margenándolo todo
      hallamos nuestro cuerpo
   como una misma acotación inútil
hasta que las campanas rebosantes
            vierten la tarde
y se arrodilla el humillado cielo
y nos vestimos de previstos paisajes

30 juil. 2015

Bribes estivales / Fragmentos veraniegos



Foto Colo / Golondrinas - Hirondelles  Mallorca 2015




Balade quotidienne à 7h du matin, avant que le soleil ne rende le plaisir vivre par trop chaleureux.
Paseo cotidiano a las 7h de la mañana, antes que el sol convierta el placer de vivir demasiado caluroso.

Trois femmes et un chien noir, groupe d'âges disparates. Nous rencontrons pas mal de gens qui profitent de la relative fraîcheur du matin. Marche lente dans la campagne, rien ou presque ne nous échappe. V, la plus âgée, s'arrête souvent pour parler des choses de la terre, de la vie dans le village de sa jeunesse. Son père était berger de moutons, elle raconte si bien la vie d'alors.

Tres mujeres y un perro negro, grupo de edades variadas. Nos encontramos con bastante gente que aprovecha el relativo frescor de la mañana. Paseo lento por el campo, nada o casi nada se nos escapa. V, la mayor, se para a menudo para hablar de cosas de la tierra, de la vida en el pueblo de su juventud. Su padre era pastor de ovejas, cuenta tan bien la vida entonces.

De nombreux lapins cette année, des hirondelles à foison, et l'autre jour ces cochons qui ont à peine daigné ouvrir un oeil à notre passage.
Hay numerosos conejos este año, golondrinas en abundancia y, el otro día, esos cerdos que apenas se dignaron a abrir un ojo a nuestro paso.


Sommeil de porcs / Sueño de cerdos Mallorca 2015 Foto Colo



Cette semaine, à l'ombre, j'ai lu ce poème qui résume si bien nos petites peurs et nos grands courages.
Esta semana, a la sombra, leí este poema que resume tan bien nuestros pequeños miedos y nuestras grandes valentías.




Valiente / Courageux



GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

Le daban miedo las pisadas
las puertas entreabiertas
las cortinas
los pies de las esfinges
la lengua de los gatos.

 Il avait peur des pas
des portes entrouvertes
des rideaux
des pieds des sphinx
de la langue des chats


Le asustaban la risa de los viejos
y las fotos de niños con corbata
los osos de peluche
las gaviotas de cine
de los años sesenta.


Il était effrayé par les rires des vieux
et par les photos d'enfants en cravate
par les ours en peluche
par les mouettes au cinéma
des années soixante


Temía sobre todo
ver llorar a su padre
recorrer un pasillo
cortarse con papel
y morir cada noche.

Il craignait surtout de
voir pleurer son père
de parcourir un couloir
de se couper avec du papier
et de mourir chaque nuit


Pero era tan valiente
que miraba a los ojos
y derramaba el alma
y decía te amo
y era cierto.

Mais il était si courageux
qu'il regardait dans les yeux
et qu'il épanchait son âme

et disait je t'aime
et c'était vrai.
 

Trad: Colo
Source / Fuente: http://trianarts.com/gracia-iglesias-valiente/

23 juil. 2015

Champagner sa vie / Burbujear su vida



Dans ce paquet-poèmes il y avait également un livret-recueil de mini textes,

 superbes.

Intitulé Miniatures Sidérales et écrits par Mona Latif-Ghattas

En voici un aperçu...

En ese paquete-poemas también había un librito de mini textos, preciosos.

Titulado Miniatures Sidérales y escritos por Mona Latif-Ghattas

Os traduje unos pocos....



  Trois gouttes de sueur

Diamants de ses douleurs
  
celées

  Tres gotas de sudor

Diamantes de sus dolores

    ocultados


Dans le pli tendre de ses yeux
  
  Tout l'amour perdu de sa vie


En el tierno pliegue de sus ojos

  Todo el amor perdido de su vida

rosée-rocío

Elle lui transmet cet art de vivre

   qui champagne sa vie

        De rosée

Ella le transmite ese arte de vivir

   que burbujea su vida

        De rocío

Photo Fifi, grand merci!   http://aufilafil.blogspot.fr/2014/01/tchin-tchin.html

                           Par sa lumière sidérale

                      Elle soulève les mots qui escarpent les jours

                                Elle gravit l'injustice


                                  Con su luz sideral

                          Ella subleva las palabras que dificultan los días

                                   Escala la injusticia


Trad: Colo



Source: Poèmes et tableaux
En coll. avec
Teymour Toutounji
Éditions du Noroît
Avril 2010


16 juil. 2015

Le vent qui court / El viento que corre


Un colis bien fermé et rempli de poèmes, trois recueils de poésie; c'est ce que le facteur m'a apporté en début de semaine. Rien ne pouvait me faire plus plaisir L., un tout grand merci.

Un paquete bien cerrado y lleno de poemas, tres libros de poesía; eso es lo que el cartero me ha traído al principio de la semana. Nada podía alegrarme más. L., muchísimas gracias.

KOMBOLOÏ est le titre de l'un d'eux.
 
Komboloï? Chez les Grecs, ce sont de petits chapelets que l'on égrène, non par nécessité religieuse, mais plutôt comme “passe-nerfs”, comme pour regagner une sérénité, un équilibre, un ordre sur le point de basculer. (…) Lambersy réunit ici les rites et rythmes de ses trois origines: La Grèce, l'Inde et la langue française” peut-on lire en quatrième de couverture.
L'auteur, Werner Lambersy, est né en 1942 à Anvers et vit à Paris. 
 
KOMBOLOÏ es el titulo de uno de ellos.

En la contraportada se puede leer: “¿Komboloï? En Grecia son esos pequeños rosarios que desgranan, no por necesidad religiosa, sino como un “calma nervios” como para recobrar una serenidad, un equilibrio, un orden a punto de bascular. (…) Lambersy reúne aquí los ritos y los ritmos de sus tres orígenes: Grecia, India y la lengua francesa”
El autor, Werner Lambersy nació en Amberes en 1942 y vive en Paris.

Ce recueil est donc une suite de poèmes à lire et méditer comme les grains d'un chapelet.
Asi pues este libro es una sucesión de poemas para leer y meditar como las cuentas de un rosario.





Vieux mur

il ne parle plus qu'à la terre
et tout bas

Pared vieja

Tan solo habla a la tierra
y en voz baja




C'est un arbre à miroirs

pour faire chanter
l'oiseau qui viendrait seul

Es un árbol de espejos

para hacer cantar
al pájaro si viniera solo




La pluie est nue

elle aime
s'offrir aux passants

La lluvia esta desnuda

le gusta
ofrecerse a los viandantes



La seconde partie s'intitule Chànd-Màlà (En Inde « fleurs découpées dans la moelle du roseau, et servant d'offrande”)


Oui des dieux marchent
à nos côtés

qui ne connaissent
que les déserts
de l'âme



des dieux qui se disent
entre eux
ce que nous sommes

et nos peu de pouvoirs


mais ils ne savent rien
de notre ivresse
de chanter

de cette foi
qui ne demande aux mots

qu'un temple vide
et qui résonne bien

Kamulkia, templo budista



Sí dioses caminan
a nuestro lado

que tan solo conocen
los desiertos
del alma

dioses que se cuentan
entre ellos
lo que somos

y nuestros escasos poderes

pero nada saben
de nuestra embriaguez
al cantar

de esa fe
que solo pide a las palabras

un templo vacío
con buena resonancia

Le vent
qui court

n'arrive pas


on l'a vu trébucher
sur un brin d'herbe

sur un caillou
sur pas grand chose

le vent qui pousse
aux portes

jamais
n'entre tout à fait

El viento
que corre

no llega

se le ha visto tropezar
con una brizna de hierba

con un canto
con poca cosa

el viento que empuja
las puertas

nunca
del todo entra



Traductions: M.A.H y Colo

Titre: Komboloï suivi de Chànd-Màlà, edition Le Dé Bleu (1985)
Extraits P 28, 32, 38, 90, 94.

Ce petit recueil est une merveille, je vous le recommande vivement.