27 juil. 2014

La plage / La playa



Manuel Altolaguirre (Málaga1905 - Burgos1959)

La poésie, comme toute manifestation amoureuse, est un désir et une création, et le poète, comme tout amoureux, doit regarder d'un oeil bienveillant la vie, qui est la meilleure muse et avec qui il réalisera son oeuvre.” Fin d'un amour 1949
"La poesía puede ser, como toda manifestación amorosa, un deseo y una creación, y el poeta, como todo enamorado tiene que mirar con buenos ojos a la vida, que es la mejor musa y con la que, al fin y al cabo, realizará su obra." 
 

A Federico García Lorca

PLAGE

Deux par deux les barques
comme sandales du vent
mises à sécher au soleil.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Couché sur le sable
comme une dépouille de la mer
un enfant endormi.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.

Et plus loin, des pêcheurs
tirant des amarres
jaunes et saumâtres.

Moi et mon ombre, angle droit.
Moi et mon ombre, livre ouvert.
(Trad: Colo)

Sorolla 1863-1923


A Federico García Lorca

PLAYA

Las barcas de dos en dos,
como sandalias del viento
puestas a secar al sol.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.

Sobre la arena tendido
como despojo del mar
se encuentra un niño dormido.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


Y más allá, pescadores
tirando de las maromas
amarillas y salobres.

Yo y mi sombra, ángulo recto.
Yo y mi sombra, libro abierto.


PS: Le peintre Valencien Sorolla sera le sujet du prochain billet. 

24 juil. 2014

Ondes poétiques / Ondas poéticas


Le premier juillet, souvenez-vous, un court poème de Silvia Baron Supervielle sur ce blog...je l'avais traduit en espagnol. Une amie-blog, Adrienne, a eu l'idée de le traduire en néerlandais...tâche ardue car sans ponctuation il nous faut interpréter, mais elle le publie aujourd'hui sur son blog et m'a donné l'autorisation, muchas gracias, de le reproduire ici.
Suite à son idée, j'ai fait appel à Danielle, poète et spécialiste de la langue wallonne, puis à ma fille pour qu'elle le traduise en catalan. Toutes deux acceptèrent le défi, mille mercis.
El día 1 de julio, acordaos, un corto poema de Silvia Baron Supervielle en este blog...lo había traducido al español. Una amiga-blog, Adrienne, tuvo la idea de traducirlo al neerlandés...tarea ardua debido a la falta de puntuación que obliga a interpretar, pero lo publica hoy en su blog y me dio la autorización, muchas gracias, de ponerlo aquí.
Siguiendo su idea, contacté a Danielle, poeta y especialista de la lengua valona, luego a mi hija para que lo traduzca al catalán. Las dos aceptaron, mil gracias.

Si l'envie vous prenait de le traduire en italien, breton ou portugais ou …?, ce serait fantastique!
Si tuvierais ganas de traducirlo al italiano, portugués, gallego o...? ¡sería fantástico!
  1. Texte original en français (rappel)
Silvia Baron Supervielle

dans La distance de sable


dans les tiroirs de l’armoire
la valise vide les coins inanimés
sur l’étagère dans les miroirs
enchaînés l’escalier l’étalage
de la rue permanente pressée
au fond du jour du sac des poches
d’où viennent toutes ces clefs
le fleuve les arbres les coupoles
qui coulent avec le vent le virage
depuis longtemps contre le lit
le mur revenir sur ses pas demander
mais les gens ne sont pas d’ici
j’ai perdu quelque chose au large
de l’espace la mer le désert
au seuil d’une ombre disparue 

2) Traduction espagnole (Colo) (rappel)


 
en La distancia de arena


en los cajones del armario
la maleta vacía los rincones inanimados
en el estante en los espejos
encadenados la escalera el escaparate
de la calle permanente apresurada
en le fondo del día del bolso de los bolsillos
de dónde salen toda esas llaves
el río los árboles las cúpulas
que fluyen con el viento la curva
desde hace tiempo contra la cama
la pared volver sobre sus pasos preguntar
pero la gente no es de aquí
he perdido algo en la lejanía
del espacio el mar el desierto
en el umbral de una sombra desaparecida

(Trad: Colo)



3) Traduction en Wallon . Danielle (http://albumvenitien.blogspot.com.es/)


dins lès ridants d' l'ârmwêre
èl valîje vûde lès cwins bôyant ô lôdje
su l’ bâr dins lès murwès
atchin.nès lès montéyes, èl mousse
dèl rûwe toufêr a dalâdje
ô pèrfond du djoû du satch dès poches
d'ayu vèn.neut-èles toutes lès clés
èl fleûve lès-ârbes lès ronds twèts
qui coul'neut avè l'vint èl toûrnant
dispûs lontins asto du lit
èl mur èrvèni su sès pas d'mandér
mins lès djins n’ sont nin dè d'ci
dj'é pièrdu 'ne saqwè ô lon
d’ l’èstindûwe èl mér´ èl désêrt
su l'soû d'ène ombe dèsfacéye


4) Traducción al catalán . Anaïs

a La distància de sorra

als calaixos de l’armari
la maleta buida els racons inanimats
al prestatge als miralls
encadenats l’escala l’aparador
del carrer permanent afanyat
al fons del dia de la bossa de les butxaques
d’allà on surten totes aquestes claus
el riu els arbres les cúpules
que flueixen amb el vent el viratge,
d’un temps ençà contra el llit
la paret tornar enrere demanar
però la gent no és d’aquí
he perdut quelcom a la llunyania
de l’espai la mar el desert
al llindar d’una ombra desapareguda







De afstand van zand



in de laden van de kast

de lege koffer de levenloze hoeken

op het rek in de spiegels

vastgeketend de trap het uitstalraam

van de straat steeds gehaast

in het diepste van de dag de tas de zakken

vanwaar al die sleutels komen

de stroom de bomen de koepels

die verglijden met de wind de bocht

al lang tegen het bed

de muur op zijn stappen terugkeren vragen

maar de mensen zijn niet van hier

ik ben iets kwijt in de verte

van de ruimte de volle zee de woestijn

op de drempel van een verdwenen schaduw



traduction de l'Adrienne



Tableaux / Cuadros


17 juil. 2014

Lignes du soir / Lineas de la tarde

Horizontales et quelques verticales. Des paysages nus, pourtant si habités; des souvenirs moins colorés que ceux de ces photos reçues.

Souvenirs des brise-lames où on jouait, pêchait...glissades et chutes.




Breskens, le sud-ouest de la Hollande, le jour s'illumine avant de s'éclipser.
Des paysages qui font penser au peintre belge Spilliaert.
Merci MF.

Horizontales y algunas verticales. Paisajes desnudos, sin embargo tan habitados; recuerdos menos colorados que en esas fotos recibidas.

Recuerdos de rompeolas donde jugábamos, pescábamos...resbalones y caídas.


Breskens, al sur-oeste de Holanda, el día se ilumina antes de eclipsarse.

Paisajes que recuerdan al pintor belga Spilliaert.
Gracias MF.




Crépuscule à Breskens, Photos: MF





12 juil. 2014

Enfiler les mots / hilar las palabras


Dans “Arbre de Diane” Alejandra Pizarnik enchaîne, enfile les idées, les images....
En “Arbol de Diana” Alejandra Pizarnik encadena, hila las ideas, las imágenes...


te alejas de los nombres
que hilan el silencio de las cosas
tu t'éloignes des noms
qui filent le silence des choses



Quels dessins-peintures de Wols, Goya et Klee regardait-elle quand elle écrivit ces lignes? Peut-être ceux que j'ai choisis, probablement d'autres...
¡Qué dibujos-cuadros de Wols, Goya y Klee miraba cuando escribió esas lineas? Tal vez los que elegí, probablemente otros...


(un dibujo de Wols) (un dessin de Wols)

Traces de gestes

 
estos hilos aprisionan a las sombras
y las obligan a rendir cuentas del silencio
estos hilos unen la mirada al sollozo


ces fils emprisonnent les ombres
et les obligent à rendre compte du silence
ces fils unissent le regard au sanglot
(trad: Colo)


(exposición Goya)


un agujero en la noche
súbitamente invadido por un ángel


un trou dans la nuit
soudain envahi par un ange
 (Trad: Colo)


(un dibujo de Klee) (un dessin de Klee)


cuando el palacio de la noche
encienda su hermosura
pulsaremos los espejos
hasta que nuestros rostros canten como ídolos
 
quand le palais de la nuit
allumera sa beauté
nous pousserons les miroirs
jusqu'à ce que nos visages chantent comme des idoles
(trad: Colo)

5 juil. 2014

Ah ces mouches! / Ah ¡esas moscas!



Aujourd'hui deux fables qui n'en font qu'une; comme presque toutes les fables, elles se sont inspirées d'Esope. L'une en vers par le grand fabuliste espagnol Samaniego, l'autre en prose par Phèdre ( « Caius Iulius Phaedrus », auteur Latin né autour de 14 avant J.-C. et mort vers 50 après J.-C.)

Hoy dos fábulas que sólo son una; como casi todas la fábulas están inspiradas por Esopo. Una en versos del gran fabulista español Samaniego, la otra en prosa por Phèdre ( « Caius Iulius Phaedrus » fue una autor latino nacido alrededor de 14 AC y muerto hacia el año 50 DC).



Le chauve et la mouche Samaniego

Une Mouche insolente
Piquait impertinente
La spatieuse calvitie d'un Ancien.
Il voulut la tuer, leva la main,
Frappa un coup, mais elle s'en fut, sauve,
Blessant le coup la ronde calvitie.
Avec un rire démesuré
La Mouche cria: “Chauve maudit,
Si m'ôter la vie
Tu essayas pour un léger délit,
À quelle peine condamnes-tu ton bras,
Barbare exécuteur d'un tel coup?”
“À celui qui oeuvre avec malice,
Lui répondit l'homme prudemment,
Une justice rigoureuse
Doit appliquer le juste châtiment
Et il est bon d'exercer la clémence
Pour celui qui pèche par inadvertance.
Vous savez, Mouche scélérate,
Que la condition humaine 
mesure l'offense reçue
Selon la main d'où elle est venue”.

L'offense grandit d'autant plus
Que celui qui offense est vil
(Trad: Colo)

El calvo y la mosca Samaniego

Picaba impertinente
En la espaciosa calva de un Anciano 
Una Mosca insolente.
Quiso matarla, levantó la mano, 
Tiró un cachete, pero fuese salva, 
Hiriendo el golpe la redonda calva. 
Con risa desmedida
La Mosca prorrumpió: «Calvo maldito, 
Si quitarme la vida
Intentaste por un leve delito,
¿A qué pena condenas a tu brazo, 
Bárbaro ejecutor de tal porrazo?» 
«Al que obra con malicia,
Le respondió el varón prudentemente, 
Rigurosa justicia
Debe dar el castigo conveniente, 
Y es bien ejercitarse la clemencia 
En el que peca por inadvertencia. 
Sabe, Mosca villana,
Que coteja el agravio recibido 
La condición humana,
Según la mano de donde ha venido»; 

 
Que el grado de la ofensa tanto asciende 
Cuanto sea más vil aquel que ofende.
 
 
LE CHAUVE ET LA MOUCHE Phèdre

Liber IV, Fabula XXXICALVUS ET MUSCA

Une Mouche piqua la tête d'un Homme chauve; celui-ci, cherchant à l'écraser, se donna une forte tape. « Tu voulais te venger d'une légère piqûre par la mort d'un petit être ailé, lui dit la Mouche en se moquant; comment te puniras-tu du mal et de l'affront que tu t'es faits? » L'Homme répondit: « Je ferai promptement la paix avec moi-même, parce que je sais que je n'avais pas l'intention de m'offenser. Quant à toi, vil et méchant animal, qui te plais à sucer le sang humain, je voudrais te tuer, dût-il m'en coûter plus encore. »


Cet exemple nous apprend qu'il faut pardonner une faute involontaire; mais celui qui cherche sciemment à nuire, je le juge digne de tout châtiment.

Voici le texte en latin!

Calvi momordit musca nudatum caput ; quam opprimere captans alapam sibi duxit gravem. Tunc illa inridens : « Punctum volucris parvulae voluisti morte ulcisci ; quid facies tibi, injuriae qui addideris contumeliam ? » Respondit : « Mecum facile redeo in gratiam, quia non fuisse mentem laedendi scio. Sed te contempti generis animal improbum, quae delectaris bibere humanum sanguinem, optem necare vel majore incommodo. »

Hoc argumento veniam dari docet qui casu peccat quam qui consilio est nocens, illum esse quamvis dignum poena judico.


Una Mosca picó la cabeza de un Hombre calvo; este, intentando aplastarla, se dio un fuerte golpe en la cabeza. “Querías vengarte de una ligera picadura con la muerte de un diminuto ser alado, le dijo la Mosca burlándose; ¿cómo te castigarás del daño y de la afrenta que te hiciste?”
El Hombre contestó:”Pronto haré las paces conmigo mismo, porque sé que no tenía intención de ofenderme. En cuánto a ti, vil y malévolo animal, que te complaces en chupar la sangre humana, me gustaría matarte, aunque me cueste mucho más aún.”

Ese ejemplo nos enseña que hay que perdonar una ofensa involuntaria; pero el que busca perjudicar a sabiendas, le juzgo digno de todo castigo.
(Trad. Colo)


1 juil. 2014

Quitter, pas abandonner / Marcharse, no abandonar


Perdre quelque chose au large...partir, quitter; ce qu'on laisse là-bas restera en suspens, au dessus des mers .

Ce poème je l'ai lu il y a longtemps et depuis je crois n'avoir jamais trouvé de plus belle et exacte expression de ce vide. Silvia Baron Supervielle, dame que vous connaissez déjà: ici et ici.

Ce poème a été écrit par elle en français, je l'ai traduit en español (elle l'a peut-être fait elle-même, je l'ignore).


Perder algo en la lejanía...partir, marcharse; lo que se deja allá quedará en suspenso, encima de los mares.

Hace tiempo que leí ese poema y no creo haber encontrado después más bonita y exacta expresión de ese vacío. 
Silvia Baron Supervielle que ya conocéis: aquí y aquí.




Partir no significa abandonar” 
 



Silvia Baron Supervielle

dans La distance de sable


dans les tiroirs de l’armoire
la valise vide les coins inanimés
sur l’étagère dans les miroirs
enchaînés l’escalier l’étalage
de la rue permanente pressée
au fond du jour du sac des poches
d’où viennent toutes ces clefs
le fleuve les arbres les coupoles
qui coulent avec le vent le virage
depuis longtemps contre le lit
le mur revenir sur ses pas demander
mais les gens ne sont pas d’ici
j’ai perdu quelque chose au large
de l’espace la mer le désert
au seuil d’une ombre disparue 



 

en La distancia de arena


en los cajones del armario
la maleta vacía los rincones inanimados
en el estante en los espejos
encadenados la escalera el escaparate
de la calle permanente apresurada
en le fondo del día del bolso de los bolsillos
de dónde salen toda esas llaves
el río los árboles las cúpulas
que fluyen con el viento la curva
desde hace tiempo contra la cama
la pared volver sobre sus pasos preguntar
pero la gente no es de aquí
he perdido algo en la lejanía
del espacio el mar el desierto
en el umbral de una sombra desaparecida

(Trad: Colo)

28 juin 2014

Pataude! / ¡Patosa!


Une calita au coucher du soleil, à Banyalbufar; pas de sable mais des rochers où l'on titube, glisse, s'accroche et tombe. Derrière moi j'entends "quelle pataude!" jusqu'à ce qu'il lui arrive la même chose...Ah,tout semble si facile vu du rivage, là...dans la vie aussi.

Una calita a la puesta del sol, en Banyalbufar; no hay arena sino rocas donde uno se tambalea, resbala, se  agarra y cae. Detrás oigo "¡Qué patosa!" hasta que le pasó lo mismo...Ha,todo parece tan fácil desde la orilla, allí...en la vida también.


Chute qui a valu la peine car j'ai pu admirer à l'aise ces anémones de mer qui, quand la marée est basse, se recroquevillent et forment ces jolies tomates.





Esa caída valió la pena ya que pude admirar cómodamente esas anémonas marinas que se encojen a marea baja y forman esos bonitos tomates.