30 oct. 2014

Stéréotype / Estereotipo


La Française
Mini conte d'Adolfo Bioy Casares (Buenos Aires 1914-1999)


Elle me dit que les gens l'ennuient. Les conversations se répètent. Les hommes commencent toujours par l'interroger en espagnol: “Vous êtes française?” et ils poursuivent en français: “J'aime la France”*. Quand, à l'inévitable question sur son lieu de naissance elle répond ”Paris”, tous s'exclament: “Parisienne!”*, avec une admiration souriante, non exempte de grivoiserie* comme s'ils disaient “vous devez être une cochonne!”*. Tandis que je l'écoute je me souviens de ma première conversation avec elle: elle fut minutieusement identique à celle qui précède. Et pourtant elle ne se moque pas de moi. Elle me dit la vérité. Tous les interlocuteurs lui disent la même chose. La preuve c'est que moi aussi je le lui ai dit. Et moi aussi, à certain moment, je lui ai communiqué mon soupçon, à savoir que j'aime plus la France qu'elle. Il semble que tous, tôt ou tard, lui communiquent cette trouvaille. Je ne comprends pas – nous ne comprenons pas – que la France pour elle c'est le souvenir de sa mère, de sa maison, de tout ce qu'elle a aimé et que peut-être elle ne reverra plus.
*en français dans le texte.
  • Trad: Colo


Jean Béraud 1849-1935

La francesa

[Minicuento. Texto completo.] Adolfo Bioy Casares

Me dice que está aburrida de la gente. Las conversaciones se repiten. Siempre los hombres empiezan interrogándola en español: «¿Usted es francesa?» y continúan con la afirmación en francés: « J’aime la France». Cuando, a la inevitable pregunta sobre el lugar de su nacimiento ella contesta «París», todos exclaman: «Parisienne!», con sonriente admiración, no exenta de grivoiserie como si dijeran «comme vous devez être cochonne!». Mientras la oigo recuerdo mi primera conversación con ella: fue minuciosamente idéntica a la que me refiero. Sin embargo, no está burlándose de mí. Me cuenta la verdad. Todos los interlocutores le dicen lo mismo. La prueba de esto es que yo también se lo dije. Y yo también en algún momento le comuniqué mi sospecha de que a mí me gusta Francia más que a ella. Parece que todos, tarde o temprano, le comunican ese hallazgo. No comprendo -no comprendemos- que Francia para ella es el recuerdo de su madre, de su casa, de todo lo que ha querido y que tal vez no volverá a ver.

26 oct. 2014

Tissus colorés / Telas coloridas

Pour égayer ce dimanche matin et donner de la couleur locale, voici les tissus typiquement majorquins appelés "lenguas" ou "llengües malloquines". (langues)

http://www.cuadernobrillante.es/teixits-vicens

La technique, celle des ikats, est antique et seule en Europe Mallorca a conservé cette tradition de teinture et tissage. Faits de coton , de lin, et pour les tissus les plus fins on ajoute de la soie, ces tissus multicolores sont une merveille.
La couleur initiale était le bleu indigo mais s'est diversifiée et toutes les maisons "comme il faut" avaient (ont) rideaux, couvre-lits, coussins...dans ce tissu.









Les photos ont été prises à La Granja, une demeure antique qui était à l'époque autosuffisante, et qui a recréé les divers ateliers.
Las fotos han sido tomadas en La Granja, una "posesión" antiguamente autosuficiente, que a restaurado los diversos talleres.


Para animar este domingo y dar bonitos colores locales, aquí la típica tela mallorquina llamada "tela de lenguas" o "llengües mallorquines".
La técnica, la de los ikats, es antigua y el único lugar de Europa donde se ha conservado esa tradición de tinte y tejido es Mallorca. Las telas hechas de algodón, de lino, y para las telas más finas se añade seda, son una pura maravilla. 

El color inicial era el azul índigo y todas las casas bien tenían (tienen) cortinas, cojines, colchas...hechos de esa tela.






http://www.bondianliving.com/shopping-ideas/


18 oct. 2014

Souci écologique. / Preocupación ecológica.


N'ayant jamais beaucoup voyagé j'ignore si cette particularité existe ailleurs que dans mon village: des trottoirs pour arbres.

Nunca viajé mucho e ignoro si esa particularidad existe en otro lugar que en mi pueblo: aceras para árboles.







Bonne semaine à vous, la prochaine fois nous parlerons de "dragons"!
¡Que tengaís una buena semana, la próxima vez hablaremos de "dragones"!

12 oct. 2014

D'air et de lumière / De luz y de aire



Destin du poète
Octavio Paz

Mots? Oui, d'air,
et dans l'air perdus.

Laisse-moi me perdre parmi les mots,
laisse-moi être l'air sur des lèvres,
un souffle vagabond sans contours
que l'air dissipe.

Même la lumière se perd en elle-même.
(trad: Colo)
(clic pour plus de lumière, d'air...)



Destino del Poeta
Octavio Paz

¿Palabras? Sí, de aire,
y en el aire perdidas.

Déjame que me pierda entre palabras,
déjame ser el aire en unos labios,
un soplo vagabundo sin contornos
que el aire desvanece.

También la luz en sí misma se pierde.

5 oct. 2014

Des bracelets de feuilles / Pulseras de hojas




Tout comme la semaine dernière, cette semaine sera placée sous le signe “visite”. La campagne qui attend nos amis m'a fait traduire ce poème, si imagé, d'Octavio Paz.


Al igual que la semana pasada, esta semana será una de ·visitas. El campo que espera a nuestros amigos me hizo pensar en este poema tan lleno de bonitas imágenes de Octavio Paz.



Visites Octavio Paz


A travers la nuit urbaine de pierre et sécheresse
la campagne entre dans ma chambre.
Elle allonge des bras verts couverts de bracelets d'oiseaux,
de bracelets de feuilles.
A la main une rivière.
Le ciel de la campagne entre aussi,
avec son panier de joyaux fraîchement coupés.
Et la mer s'assied à mes côtés,
elle étend sa traîne si blanche sur le sol.
Du silence jaillit un arbre à musique.
De l'arbre pendent tous les mots superbes
qui brillent, mûrissent, tombent.
Sur mon front, grotte qu'habite un éclair...
Mais tout s'est peuplé d'ailes.
(Trad: Colo)

                                Photo Colo

Visitas Octavio Paz



A través de la noche urbana de piedra y sequía
entra el campo a mi cuarto.
Alarga brazos verdes con pulseras de pájaros,
con pulseras de hojas.
Lleva un río de la mano.
El cielo del campo también entra,
con su cesta de joyas acabadas de cortar.
Y el mar se sienta junto a mí,
extendiendo su cola blanquísima en el suelo.
Del silencio brota un árbol de música.
Del árbol cuelgan todas las palabras hermosas
que brillan, maduran, caen.
En mi frente, cueva que habita un relámpago...
Pero todo se ha poblado de alas.



1 oct. 2014

Nuages musicaux / Nubes musicales



Merci Gérard


et à toi K!


"Les nuages montrent le silence de l’aujourd’hui. Les nuages mangent le silence de l’aujourd’hui. Les nuages calligraphient le silence de l’aujourd’hui." Boris Wolowiec

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2014/09/anthologie-permanente-boris-wolowiec.html  
 

Merci Lily.

28 sept. 2014

Nuages 2 / Nubes 2


Dans Nuages 1 vous m'avez offert de la musique, des poèmes et titres de livres ou blogs tous en relation avec ce sujet de rêve.

De mon côté j'ai découvert cette semaine des extraits de ZOCALO d'Adonis...et ces écrits m'ont enchantée, dans le sens premier du mot: envoûté donc.

Je vous propose une semaine de nuages, 2 ou 3 billets où certains de vos "cadeaux" seront présents.

En Nubes 1 algunos lectores me han regalado música, unos poemas o títulos de libros o blog todos relacionados con este tema de sueños.

Por mi parte descubrí (en francés ya que creo que esta obra no está todavía traducida al español) unos extractos de ZOCALO de Adonis y esos textos me han realmente encantado.

Os propongo una semana de nubes, 2 o 3 notas.

Foto Colo














Une mouette dort sur le bras d'une mouette
Une vague pend au cou d'une vague - berceau pour ceux affublés du saroual de la mer.
Calmez-vous, calmez-vous, papillons du sens.
Les images improvisent les ailes et l'espace improvise l'encre.
C'est ainsi que je mets les choses entre parenthèses, et que je fends mon chemin entre ses signes.
J'ai sellé des chevaux que je n'ai pas touchés et touché des autres que je n'ai pas vus.
Les montagnes marchaient autour de moi, nuages serrés dans leurs mains.

Adonis (Ali Ahmed Said Esther), Zocalo, extrait


Una gaviota duerme en el brazo de una gaviota
Una ola cuelga del cuello de una ola – cuna para los adornados con los bombachos del mar.
Calmaos, calmaos, mariposas del sentido.
Las imágenes improvisan las alas y el espacio improvisa la tinta.
Así es como pongo las cosas entre paréntesis, y que surco mi camino entre los signos.
Ensillé caballos que no toqué y toqué otros que no vi.
Las montañas andaban alrededor mío, apretando nubes en sus manos.
Adonis (Ali Ahmed Said Esther)- Extracto de Zocalo
(Trad: Colo)