20 avr. 2011

Tant de silences /Tantos silencios

C’est l’immense variété de silences qui m’a intéressée cette semaine (à commencer par celui de ma connexion Internet que voici arrangée.)

Silence rempli d’émotions venant du Venezuela avec A. E. Blanco (1896-1955).

Silence surprenant, amusant, du Chilien Pablo Neruda (1904-1973)

Et finalement, ces sculptures "Nos Silences" du Mexicain Rivelino qui sont autant de cris pour la liberté d’expression, pour le droit à la parole. Faites pour de grands espaces à l’air libre, vous les avez peut-être vues dans votre pays car elles ont beaucoup voyagé : regardez ici, ça vaut vraiment la peine.

Pourquoi pas en France me direz-vous peut-être ? Ah, ça…c’est une histoire de brouilles diplomatiques dont l’infortuné artiste a fait les frais. Vous saurez tout en lisant ceci.


Es la inmensa variedad de los silencios lo que ha interesado esta semana (y para empezar el de mi conexión Internet ahora arreglada)

Silencio lleno de emoción del venezolano A.E. Blanco (1896-1955).

Silencio sorprendente, divertido del chileno Pablo Neruda (1904-1973).

Y finalmente, estas esculturas "Nuestros silencios" del mexicano Rivelino que son gritos para la libertad de expresión, para el derecho a la palabra. Hechas para grandes espacios al aire libre, tal vez las habéis visto en vuestro país ya que viajaron mucho; mirad aquí, de verdad vale la pena.

Tal vez os preguntaréis por qué no en Francia… ¡Ah, eso!...Es una historia de fanfurriña diplomática de la cual el desafortunado artista ha sido víctima.


Silencio Andrés Eloy Blanco


Cuando tú te quedes muda,
cuando yo me quede ciego

nos quedarán las manos.

Cuando tú te pongas vieja
cuando yo me ponga viejo,
nos quedarán los labios
y el silencio.

Cuando tú te quedes muerta,
cuando yo me quede muerto,
tendrán que enterrarnos juntos
y en silencio;

y cuando tú resucites,
cuando yo viva de nuevo,
nos volveremos a amar
en silencio;

y cuando todo se acabe
por siempre en el universo,
será un silencio de amor
el silencio.


Silence A.Eloy Blanco
Quand tu seras muette,
quand je serai aveugle,
il nous restera les mains.

Quand tu deviendras vieille,
et quand je deviendrai vieux,
il nous restera les lèvres
et le silence.

Quand toi tu seras morte,
et moi je serai mort,
ils devront nous enterrer ensemble
et en silence;

et quand tu ressusciteras,
quand je revivrai,
nous nous aimerons à nouveau
en silence;

et quand tout finira
pour toujours dans l’univers,
ce sera un silence d’amour
le silence. (Trad: Colo)

Silencio Pablo Neruda

Yo que crecí dentro de un árbol
tendría mucho que decir,
pero aprendí tanto silencio

que tengo mucho que callar

y eso se conoce creciendo
sin otro goce que crecer,
sin más pasión que la substancia
sin más acción que la inocencia,
y por dentro el tiempo dorado
hasta que la altura lo llama
para convertirlo en naranja.




Silence Pablo Neruda

Moi qui ai grandi à l’intérieur d’un arbre
j’aurais beaucoup à dire,
mais j’ai appris tant de silence
que j’ai beaucoup à taire

et cela s’apprend en grandissant
sans autre plaisir que grandir,
sans plus de passion que la substance,
sans plus d’action que l’innocence,
et en dedans le temps doré
jusqu’à ce que la hauteur l’appelle
pour le transformer en orange. (Trad: Colo)

Un si beau silence portugais envoyé par Hélder, merci!


Esta página se llena de silencios musicales, gracias hija, me encanta Zenet.


Foto1: http://www.elmundo.es/elmundo/2009/11/22/cultura/1258912481.html
Foto2:http://www.elmanana.com.mx/notas.asp?id=219895




12 avr. 2011

Le plaisir de l'orchidée / El placer de la orquídea

Une balade autour de chez moi, des herbes et fleurs folles, et surtout la découverte d’orchidées-abeille sauvages. (comme promis Isa.)

Un paseo alrededor de mi casa, hierbas y flores “al natural” y sobretodo el descubrimiento de orquídeas-abeja salvajes.

“Nous sommes des architectes de la pensée. Nous vivons dans de grandes transes. Et nous sommes souvent devenus animal. Nous avons déjà parlé aux brins d’herbe et aux grands arbres. Nous sommes dans l’éclosion du printemps. Nous suivons le rythme des saisons. Nous savons reprendre des forces. Et nous savons répandre notre énergie. Nous sommes dans la palpitation des corps et des choses. »

(Extrait de La Vie de Fabrice Caravaca découvert grâce à Dominique)

(cliquez pour agrandir les photos)



« Somos arquitectos del pensamiento. Vivimos en grande trances. Y a menudo nos hemos vuelto animales. Ya hemos hablado a las briznas de hierba y a los árboles grandes. Estamos en la eclosión de la primavera. Seguimos el ritmo de las estaciones. Sabemos recobrar fuerzas. Y sabemos difundir nuestra energía. Estamos en la palpitación de los cuerpos y de las cosas.” (Extracto de La Vie de Fabrice Caravaca. Trad. Colo)


Música

En la selva se oye la música de la barca subiendo

por el río.

A una orquídea le da por gritar de placer.

Muchos árboles están furiosos. No duermen bien

sus hojas,

sacuden con rabia las raíces y le gritan a la barca

de la música.

A mi madre la Anaconda no le importa.

Ella vive muy ocupada dándole vueltas a la tierra,

cargando en su barriga los árboles, los animales y
la gente.

Poema de Juan Carlos Galeano encontrado aquí.




Musique J.C. Galeano

Dans la jungle on entend la musique de la barque qui remonte

le fleuve.

Une orchidée se met à crier de plaisir.

Beaucoup d’arbres sont furieux. Leurs feuilles

ne dorment pas bien,

elles secouent les racines avec rage et engueulent la barque

de la musique.

Ma mère l’Anaconda ne s’en fait pas.

Elle vit fort occupée à faire des tours de la terre

et charge dans son ventre les arbres, les animaux et

les gens.

(Trad : Colo)


Juan Carlos Galeano (Caquetá, Colombia, 1958). Poeta, traductor y profesor universitario. Miembro fundador de la revista de poesía Ulrika. Ha publicado: Baraja inicial (Poesía, 1986), El pollo sin cabeza de Charles Simic (traducción, 1999), Los muertos y los vivos de Sharon Olds (traducción, 2001), Polen y escopetas (ensayo, 1997) y Amazonia (poesía, 2003).

6 avr. 2011

Rencontre de vents / Encuentro de vientos


“Toda cultura nace de la mezcla, del encuentro, de los choques. Por el contrario, a raíz del aislamiento mueren las civilizaciones” Octavio Paz

"Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations" Octavio Paz


(Photo Colo et illuminée par JEA, mille mercis! Cliquez pour agrandir)


Hier et toujours c’est le Mexicain Octavio Paz et ses vers qui m’ont séduite, emmenée danser dans l’espace ; instants magiques.

Ayer y siempre el Mejicano Octavio Paz y sus versos me han seducido, llevado a bailar en el espacio; instantes mágicos.

Viento Octavio Paz

Cantan las hojas,
bailan las peras en el peral;
gira la rosa,
rosa del viento, no del rosal.

Nubes y nubes
flotan dormidas, algas del aire;
todo el espacio
gira con ellas, fuerza de nadie.

Todo es espacio;
vibra la vara de la amapola
y una desnuda
vuela en el viento lomo de ola.

Nada soy yo,
cuerpo que flota, luz, oleaje;
todo es del viento
y el viento es aire siempre de viaje.

Vent

Chantent les feuilles,
dansent les poires sur le poirier ;
tourne la rose,
rose du vent, pas du rosier.

Nuages et nuages
flottent endormis, algues de l’air ;
tout l’espace
tourne avec eux, force de personne.

Tout est espace ;
vibre la tige du coquelicot
et l’un, nu,
vole dans le vent dos de la vague.

Rien je suis,
corps qui flotte, lumière, houle ;
tout est au vent,
et le vent est de l’air toujours en voyage.
(Trad. Colo)

Extrait d’une interview d’Octavio Paz datant du 2 septembre 1992 dans le journal belge Le Soir.

- De quelle époque datent vos premiers poèmes?


- J'inventais des poèmes quand j'étais enfant mais je ne les écrivais pas de manière délibérée: des imitations, c'est normal! Aristote dit que l'homme est surtout l'animal capable d'imiter. C'est ce qui nous permet d'apprendre, et la création commence comme un pastiche: il faut l'accepter ainsi, même chez Mozart.
Après vient la transgression.
Et l'amour de la transgression. Ce «passage à travers» n'a pas la même importance pour tout le monde, peut-être pas pour moi, alors qu'elle en a eu tant pour les surréalistes. J'aimais beaucoup la transgression sur le plan moral, philosophique, politique, ce qu'on appelle la subversion, mais, au point de vue littéraire, je suis plus attaché à une idée de perfection, au sens de rendre perfectible.

Les amis de Breton aimaient la poésie dans une sorte de spontanéité alors que, moi, je crois que la poésie doit pouvoir résister à l'érosion du temps, qu'elle doit se couler dans la forme d'un poème.

José Cuneo (pintor paraguayo) Suburbios.


Extracto de una entrevista a Octavio Paz del 2 de septiembre 1992 en el periódico belga Le Soir.

¿De qué época datan sus primeros poemas?

Inventaba poemas cuando era niño, pero no los escribía de forma deliberada: imitaciones, ¡es normal! Aristóteles dice que el hombre es sobre todo capaz de imitar. Es lo que nos permite aprender, y la creación empieza como un plagio, hay que aceptarlo así, incluso con Mozart.

Luego viene la trasgresión.

Y el amor de la trasgresión. Ese “tránsito” no tiene la misma importancia para todo el mundo, tal vez no para mí, y sin embargo tanta para los surrealistas. Me gustaba mucho la trasgresión en el plano moral, filosófico, político, lo que se llama la subversión, pero, desde el punto de vista literario, estoy más ligado a una idea de perfección, en el sentido de volverse perfectible.

A los amigos de André Breton les gustaba la poesía como un tipo de espontaneidad mientras que, yo, creo que la poesía debe poder resistir a la erosión del tiempo, que debe moldearse en la forma de un poema. (Trad. Colo)

31 mars 2011

La ligne rouge / La linea roja


Silencios

Si he tardado tanto tiempo en decidirme a hablaros de Marisa Herrón es porque su recorrido es tan rico en estilos y materiales que la tarea me parecía aventurada.

Si j’ai tant tardé à me décider à vous parler de Marisa Herrón c’est que son parcours est si riche en variété de styles et de matériaux que la tâche me paraissait hasardeuse.

Una llamada a Valencia:

- Marisa, no encuentro gran cosa sobre ti en Internet, muchas exposiciones colectivas y poco más.

- Claro, es que yo empecé hace mucho tiempo, antes de la era del todo en la Red. Si quieres te mando recortes de periódicos.

- ¡Gracias!. ¿Puedo copiar y reproducir alguna de tus obras en mi blog?

- Elige.

Un coup de fil à Valencia :

- Marisa, je ne trouve pas grand-chose à ton sujet sur Internet, beaucoup d’expos collectives mais rien d’intéressant.

- Ah, mais c’est que j’ai commencé il y a longtemps, avant le temps du tout sur le Net, si tu veux je t’envoie des coupures de journaux.

- Merci ! Je peux copier et reproduire certaines de tes œuvres sur mon blog ?

- Sers-toi.

También he tenido la preciosa ayuda de una amiga artista bloguera que me ha hecho ver la unidad de la obra a través del tiempo y de los medios empleados. A ti, gracias.

J’ai également reçu l’aide précieuse d’une amie artiste blogueuse qui m’a permis de mieux percevoir l’unité de l’œuvre à travers le temps et les médiums. Grand merci à toi.

En su bello website podréis ver cerámicas-esculturas adornadas, a veces con telas metálicas muy finas, pinturas en las que aparecen textiles, cartón, una interesante y permanente mezcla de materiales.

Sur son beau site vous verrez des céramiques-sculptures parfois ornées de très fines toiles métalliques, des peintures sur lesquelles on trouve du textile, du carton, un intéressant et permanent mélange de matériaux.

Pausas

« Existe confusión entre lo que es cerámica y lo que es escultura. Para mí la cerámica es el material que utilizo para expresarme, como puede ser el papel o el hierro, no una obra acabada” dice ella.

« Il existe une confusion entre ce qui est céramique et ce qui est sculpture. Pour moi la céramique est le matériel que j’emploie pour m’exprimer, comme peuvent l’être le papier ou le fer, et non pas une œuvre finie » dit-elle.

En la primera serie, esculturas en gres, objetos cotidianos, « recuerdos de la infancia » dice Marisa y después Silencios y Pausas, bellos momentos de alejamiento que yo vuelvo a encontrar en buen número de sus pinturas y sobre todo en la segunda serie « Del blanco al negro ». « Sobrias en extremo, su cerámica nos aproxima a sensaciones o pasajes de un mundo onírico tan inquietante en ocasiones, como lírico en otras – la mayoría-.”(Las Provincias, 24-12-2000)


Sombras (ombres)

Dans la première série, des sculptures en grès, des objets du quotidien, « souvenirs d’enfance » dit Marisa et puis Silences et Pauses, ces beaux moments de distanciation que je retrouve aussi dans nombre de ses peintures et surtout dans la deuxième série « Du blanc au noir ». « Sobres à l’extrême, ces céramiques nous approchent à des sensations ou passages oniriques, si inquiétants parfois, mais le plus souvent lyriques » (Las Provincias, 24-12-2000)

Este cuadro pertenece a la serie « Mediterráneo ». Parcelas de tierra, trabajo del hombre, y esa línea roja recurrente en su pintura; incluso cuando los colores son pálidos, delicados, ese hilo rojo, como una línea de vida o como « la vida que pende de un hilo » me escribe mi amiga. El tiempo que pasa...

Paisaje I

Ce tableau appartient à la série « Mediterraneo ». Des lopins de terre, travail de l’homme, et cette ligne rouge, très récurrente dans sa peinture ; même quand les couleurs sont pâles, délicates, ce fil rouge, comme une ligne de vie ou « la vie qui ne tient qu’à un fil » m’écrit mon amie. Le temps qui passe…


Lectura

Las dos últimas series « Acrílicos y materia textil » son intimistas; interior y exterior, paisajes como mapas o imágenes satélite y el interior de casas, diríamos, con manchas de color y tejidos pegados. Telas sobre tela que dan, a la relativa austeridad de los cuadros, un toque de calor.

Les deux dernières séries, acrylique et textile, sont intimistes ; intérieur et extérieur, des paysages comme des cartes ou des images satellite, et l’intérieur des maisons dirait-on, aux taches de couleur et aux tissus collés. Toiles sur la toile qui donnent à la relative austérité des tableaux une touche de chaleur.

Secuencias E

Os dejo mirar a gusto, seguir el hilo de la obra de mi cuñada, de la vida... ¡Feliz semana!

Je vous laisse regarder à l’aise, suivre le fil de l’œuvre de ma belle-soeur, de la vie…Bonne semaine !

25 mars 2011

D'île en île, le vent / De isla en isla, el viento

Le vent s’amuse-t-il à voyager d’île en île emportant avec lui espérances et tristesses ?

Hiromi le croit.

Hiromi et sa famille qui vivent sur mon île depuis longtemps, qui ont la tête sous les décombres de la leur.

Hiromi me raconte, elle peint beaucoup pour l’instant.

Elle me parle de Haïti aussi.

Iles, îles.

¿Se divierte el viento al viajar de isla en isla llevando consigo esperanzas y tristezas?

Lo cree Hiromi.

Hiromi y su familia que viven en mi isla desde hace tiempo, que tienen la cabeza bajo los escombros de la suya.

Hiromi me cuenta, pinta mucho en estos momentos.

También me habla de Haití.

Islas, islas.



Une chanson de Laura López Castro, les paroles en espagnol ici. La musique est belle aussi, écoutez!



Mon corps au vent
Laura López Castro

Trad. Colo

Arrive la nuit et par ma fenêtre

Entre un vent qui m’apporte tristesse

Noire ombre

Qui se couche lentement sur moi

Battements qui semblent accrus

Par l’obscurité


Mes yeux clos surveillent l’intérieur

Essayent de calmer le battement

J’essaye d’échapper à cette triste réalité

Que le sommeil me mène ailleurs


J’offre mon sommeil au vent

J’offre mon sommeil à la mer

Je voyage avec l’espoir

A la recherche de la vérité


J’offre mon temps au vent

J’offre mon âme à la mer

Je voyage avec l’espoir

A la recherche de la vérité


Arrive la nuit et par ma fenêtre

Entre un vent qui m’apporte tristesse

J’offre mon temps au vent

J’offre mon sommeil à la mer

Voyageant avec l’espoir

A la recherche de la vérité

…..

(Répétitions)

Bonne nuit ma vérité (bis)

23 mars 2011

Par ces temps angoissants.../ En estos tiempos de angustias...


De temps en temps les cieux du monde se gâtent et, pour chasser les angoisses, je sens le besoin de republier ce poème de Quevedo. Je le dédie à BOL.

La traduction, inspirée pour certains vers de Jacques Ancet, est de moi… et donc très imparfaite !

De vez en cuando el cielo del mundo se oscurece y, para ahuyentar las angustias, siento la necesidad de volver a publicar este poema de Quevedo.

Amants Gauguin 1902


Francisco de Quevedo 1580-1645

DEFINIENDO EL AMOR Soneto

Es hielo abrasador, es fuego helado,

es herida, que duele y no se siente,

es un soñado bien, un mal presente,

es un breve descanso muy cansado.


Es un descuido, que nos da cuidado,

un cobarde, con nombre de valiente, .

un andar solitario entre la gente,

un amar solamente ser amado.


Es una libertad encarcelada,

que dura hasta el postrero parasismo,

enfermedad que crece si es curada.


Este es el niño Amor, este es tu abismo:

mirad cuál amistad tendrá con nada,

el que en todo es contrario de sí mismo.

POUR DÉFINIR L'AMOUR Sonnet

Il est glace brûlante, feu gelé,
une plaie douloureuse qu’on ne sent,
il est un bien rêvé, un mal présent,
un bref repos très fatigué.

Il est abandon, qui nous tient occupés,
un lâche au nom de vaillant
une marche solitaire parmi les gens,
un vouloir absolu d’être aimé.

Il est liberté prise en ses liens,
qui dure jusqu’au délire ultime,
maladie qui croît si on en prend soin.

Tel est l’enfant Amour, tel est ton abîme:
voyez quelle amitié il aura avec rien,
lui qui est tout le contraire de lui-même.

17 mars 2011

Larmes de lézards / Lágrimas de lagartos

C’est une chanson, un poème pour enfants écrit par F. García Lorca qui m'a toujours émue.

Pour ceux d’entre vous qui apprenez ou consolidez votre espagnol, pas de problème, niveau facile, ne regardez pas plus bas.

Et pour l’histoire, interprétez-la comme bon vous semblera….

A Mademoiselle Teresita Guillén...tocando su piano de seis notas.

El lagarto está llorando
(Federico García Lorca)


El lagarto está llorando.
La lagarta está llorando.

El lagarto y la lagarta
con delantaritos blancos.

Han perdido sin querer
su anillo de desposados.

¡Ay, su anillito de plomo,
ay, su anillito plomado!

Un cielo grande y sin gente
monta en su globo a los pájaros.

El sol, capitán redondo,
lleva un chaleco de raso.

¡Miradlos qué viejos son!
¡Qué viejos son los lagartos!

¡Ay cómo lloran y lloran.
¡ay! ¡ay!, cómo están llorando!

Le lézard est tout en larmes…

À Mademoiselle Teresita Guillèn
qui joue sur son piano à six notes


Le lézard est tout en larmes
La lézarde est tout en larmes.

Le lézard et la lézarde
en petits tabliers blancs.

Ils ont perdu par mégarde
leur anneau de mariage.

Aïe, leur anneau de plomb
aïe leur joli anneau plombé!

Un grand ciel solitaire
embarque à son bord les oiseaux.

Le soleil, gros capitaine,
porte un gilet de satin.

Regardez comme ils sont vieux!
Comme ils sont vieux, les lézards!

Aïe comme ils pleurent, et pleurent!
aïe, aïe, comme ils pleurent!

Federico GARCIA LORCA Chansons pour enfants Trad:Colo


Voici la superbe adaptation musicale et vocale de Paco Ibañez.


11 mars 2011

Expo "Heroínas" en Madrid


L’exposition « Heroínas » qui a lieu en ce moment et jusqu’au 5 juin au musée Thyssen-Bornemizsa de Madrid tient son nom de la sculpture colossale « L’Héroïne » de Gaston Lachaise (1932) et présente 120 œuvres venant du monde entier.

Comme je ne l’ai pas (encore) vue mais que j’aimerais que soyez tentés d’y aller, ce sont le commissaire de l’exposition Guillermo Solana et une journaliste qui vont vous la présenter.

La exposición « Heroínas » que tiene lugar en este momento y hasta el 5 de junio en el museo Thyssen-Bornemizsa de Madrid saca su nombre de la colosal escultura “La Heroína” de Gaston Lachaise (1932) y presenta 120 obras procedentes del mundo entero.

Como no la he visto (todavía) pero que me gustaría que os apeteciera acudir, son el comisario de la exposición, Guillermo Solana y una periodista quienes os la van a presentar.

À propos de cette sculpture emblématique, Luz Sánchez-Mellado écrit dans un article publié dans El País 27-02-2011 : « …elle impose distance et admiration, oui, mais surtout du respect. (…) Elle est nue, ses seins, sa taille, ses hanches et ses cuisses imposent, mais ce n’est pas ce qui impressionne le plus. Ce qui paralyse est son regard. Un mélange d’élégance, d’arrogance et d’assurance qui hypnotise. Elle ne semble vouloir plaire à personne. Elle n’offre ni ne demande rien. Elle se suffit à elle-même. Les bronzes ne parlent pas, de plus elle a la bouche fermée, mais elle semble dire : Je suis ici, regardez-moi. Et elle est là, en effet, et on ne peut détourner son regard d’elle. »

De esta escultura emblemática escribe Luz Sánchez-Mellado en un artículo publicado en El País 27-02-2011: “…impone distancia y admiración, sí, pero sobre todo respeto. (…) Está desnuda, y sus pechos, su cintura, sus caderas y sus muslos apabullan lo suyo, pero no es eso lo que más impresiona. Lo que paraliza es su mirada. Una mezcla de arrogancia y seguridad en sí misma que hipnotiza. No parece querer agradar a nadie. No ofrece ni pide nada. Se basta y se sobra sola. Los bronces no hablan, y además, ella tiene la boca cerrada, pero parece estar diciendo: Aquí estoy yo, miradme. Y aquí está, en efecto, y no se puede dejar de mirarla.”

« La représentation de la femme dans l’art occidental s’est principalement limitée à deux stéréotypes: mères et séductrices. La maternité et l’objet érotique. Des femmes presque toujours au service de l’homme, soumises, vaincues, complaisantes. Mais le sujet de notre exposition sont les femmes fortes : actives, indépendantes, provocantes, inspirées, créatrices, dominatrices, triomphantes ». Guillermo Solana.

« La representación de la mujer en el arte occidental se ha limitado mayoritariamente a dos estereotipos: madres y seductoras: la maternidad y el objeto del deseo erótico. Mujeres casi siempre al servicio del hombre, sumisas, vencidas, complacientes. Pero el objeto de nuestra exposición son las figuras de mujeres fuertes: activas, independientes, desafiantes, inspiradas, creadoras, dominantes, triunfantes”. Guillermo Solana

« Voir cet éblouissant défilé d’amazones et magiciennes, d’athlètes et de ménades, de lectrices et travailleuses, de sorcières et de saintes, de bonnes et mauvaises filles donne envie de leur organiser une fête. Elles ont vécu ou furent créées à des siècles, même des millénaires, différents. Mais sûr qu’elles se seraient bien entendues (…) » (même article de El País)

« Viendo este deslumbrante desfile de amazonas y magas, atletas y ménades, lectoras y trabajadoras, brujas y santas, buenas chicas y chicas malas, dan ganas de montarles una fiesta. Vivieron o fueron creadas en siglos, incluso milenios, diferentes. Pero seguro que se hubieran caído bien. (…)” (mismo artículo de El País)

Intéressant me direz-vous peut-être, mais y a-t-il également, à côté des œuvres réalisées par leurs collègues masculins aussi célèbres que Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… des créations réalisées par des femmes ?

Mai oui, mais oui ! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... y sont présentes.


Interesante me diréis tal vez, pero ¿también hay, al lado de las obras realizadas por sus colegas masculinos tan celebres como Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… creaciones realizadas por mujeres?

¡Claro que sí! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... están allí presentes.


Voici l’adresse officielle du musée.

Tous les détails pratique ici .

Et une vidéo de l’expo ici

Vous pouvez cliquer sur toutes les photos pour les agrandir….comme toujours !

Podéis hacer clic en todas las fotos para verlas más grandes…. ¡como siempre!

Fotos.

1) Héroïne - Gaston Lachaise

2) Homenaje a Santa Teresa - Marina Abramovic

3) Amazone blessée - Franz von Stuck

4) Camila - Sarah Jones

5) El heroe II- Marina Abramovic

6) Prêtresses - Emil Nolde