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26 juil. 2026

Calme sous la chaleur / Calma bajo el calor

Terminons ce mois de chaleurs, de sueurs inhabituelles et si épuisantes physiquement et moralement par ce beau poème. En espérant que août sera plus aimable....



Près de la mer

Francisco Villaespesa

Tout est silence. Sous la treille
gît le lévrier, terrassé par la chaleur.
L'abeille retourne à la fleur, l'oiseau au nid,
et la cigale nous invite au sommeil.

Le chèvrefeuille qui s'agrippe au balcon
répand un doux parfum d'oubli ;
Et, au loin, s'entend la plainte
d'une peine andalouse portée par la guitare.

Sur la mer des épis, dans les vagues d'or,
les coquelicots embrasés figurent
des cœurs entourés de flammes...

Et la sueur, de ses gouttes scintillantes,
ceint tes boucles, dorées comme le soleil,
d'une royale couronne de diamants !

Trad: Colo

 

Sorolla

María en la playa de Zarauz, 1910

Colección particular


Junto al mar



Francisco Villaespesa



Todo en silencio está. Bajo la parra
yace el lebrel por el calor rendido.
Torna a la flor la abeja, el ave al nido,
y a dormir nos invita la cigarra.


La madreselva que al balcón se agarra,
vierte como un suave olor a olvido;
y a lo lejos escúchase el quejido
de una pena andaluza, en la guitarra.


Del mar de espigas en las áureas olas
fingen las encendidas amapolas
corazones de llamas rodeados…


¡Y el sudor, con sus gotas crepitantes,
ciñe a tus bucles, como el sol dorados,
una regia corona de diamantes!


19 juil. 2016

Sautes d'humeur / Cambios de humor



La chaleur, la forte chaleur rend souvent les gens irritables, je le constate tous les étés. Et v'lan on klaxonne, on claque une porte, on invective...

Fascination et peur : deux sentiments que j’éprouve en présence de la colère d’autrui. La transformation physique subite d’une personne est souvent impressionnante. « Rouge de colère » Mais aussi, dans certains cas, les sourcils, cheveux se dressent, la bouche se distord, les bras volent en tous sens….une vraie sainte colère non contenue.
C’est effrayant et drôle à la fois.


El calor, el calor fuerte a menudo vuelve irritable a la gente, lo constato cada verano. Y pito, golpeo la puerta, injurio...

Fascinación y miedo: dos sentimientos que siento frente a la cólera ajena. La transformación física y súbita de una persona es, muchas veces, sobrecogedora. “Rojo de cólera”. Pero también, en algunos casos, las cejas, los pelos se levantan, la boca se distorsiona, los brazos vuelan en todas direcciones….una verdadera santa cólera no contenida.
Asusta y da risa a la vez.

La colère Charles Le Brun 1670

La colère peut aussi être canalisée. Je pense à Beethoven qui, selon Cioran, « a vicié la musique : il y a introduit les sautes d’humeur, il y a laissé entrer la colère ». Réécouter certaines de ses symphonies avec cette idée en tête donne, je trouve, un sens nouveau à certains mouvements forts. Et à voir ses portraits je l’imagine si bien en colère!


La cólera puede también ser canalizada. Pienso en Beethoven que, según Cioran, “ha viciado la música: ha introducido saltos de humor, ha dejado entrar la cólera”. Volver a escuchar algunas sinfonías con esto en la mente da, encuentro yo, un sentido nuevo a ciertos movimientos fuertes. Y, al ver sus retratos, me lo imagino muy bien así, iracundo.



Tout comme la révolte la colère est bonne en soi… mais parfois malvenue. J’ai trouvé un court texte d’Aristote qui en parle :

"Tout le monde peut se mettre en colère
c'est facile,
mais de se mettre en colère
avec la bonne personne
au bon degré
au bon moment
pour la bonne cause
de la bonne manière
ça, ce n'est pas facile"

Aristote (384-322)
(reprise d'une partie d'un texte publié il y a des lunes, sur un autre blog)



Al igual que la rebelión, la cólera es buena en si…aunque a veces inoportuna. He encontrado un texto corto de Aristóteles que habla de ello:

Todo el mundo puede montar en cólera
es fácil,
pero montar en cólera
con la persona que toca
en el momento que toca
por el buen motivo
de la manera que toca
eso, no es fácil.”

30 juil. 2015

Bribes estivales / Fragmentos veraniegos



Foto Colo / Golondrinas - Hirondelles  Mallorca 2015




Balade quotidienne à 7h du matin, avant que le soleil ne rende le plaisir vivre par trop chaleureux.
Paseo cotidiano a las 7h de la mañana, antes que el sol convierta el placer de vivir demasiado caluroso.

Trois femmes et un chien noir, groupe d'âges disparates. Nous rencontrons pas mal de gens qui profitent de la relative fraîcheur du matin. Marche lente dans la campagne, rien ou presque ne nous échappe. V, la plus âgée, s'arrête souvent pour parler des choses de la terre, de la vie dans le village de sa jeunesse. Son père était berger de moutons, elle raconte si bien la vie d'alors.

Tres mujeres y un perro negro, grupo de edades variadas. Nos encontramos con bastante gente que aprovecha el relativo frescor de la mañana. Paseo lento por el campo, nada o casi nada se nos escapa. V, la mayor, se para a menudo para hablar de cosas de la tierra, de la vida en el pueblo de su juventud. Su padre era pastor de ovejas, cuenta tan bien la vida entonces.

De nombreux lapins cette année, des hirondelles à foison, et l'autre jour ces cochons qui ont à peine daigné ouvrir un oeil à notre passage.
Hay numerosos conejos este año, golondrinas en abundancia y, el otro día, esos cerdos que apenas se dignaron a abrir un ojo a nuestro paso.


Sommeil de porcs / Sueño de cerdos Mallorca 2015 Foto Colo



Cette semaine, à l'ombre, j'ai lu ce poème qui résume si bien nos petites peurs et nos grands courages.
Esta semana, a la sombra, leí este poema que resume tan bien nuestros pequeños miedos y nuestras grandes valentías.




Valiente / Courageux



GRACIA IGLESIAS LODARES (Madrid 1977)

Le daban miedo las pisadas
las puertas entreabiertas
las cortinas
los pies de las esfinges
la lengua de los gatos.

 Il avait peur des pas
des portes entrouvertes
des rideaux
des pieds des sphinx
de la langue des chats


Le asustaban la risa de los viejos
y las fotos de niños con corbata
los osos de peluche
las gaviotas de cine
de los años sesenta.


Il était effrayé par les rires des vieux
et par les photos d'enfants en cravate
par les ours en peluche
par les mouettes au cinéma
des années soixante


Temía sobre todo
ver llorar a su padre
recorrer un pasillo
cortarse con papel
y morir cada noche.

Il craignait surtout de
voir pleurer son père
de parcourir un couloir
de se couper avec du papier
et de mourir chaque nuit


Pero era tan valiente
que miraba a los ojos
y derramaba el alma
y decía te amo
y era cierto.

Mais il était si courageux
qu'il regardait dans les yeux
et qu'il épanchait son âme

et disait je t'aime
et c'était vrai.
 

Trad: Colo
Source / Fuente: http://trianarts.com/gracia-iglesias-valiente/

19 août 2012

Jupe-éventail / Falda-abanico



Le réseau ferroviaire est fort limité sur mon île, Mallorca.
Alors les trains, je les assiège sans modération quand je voyage seule à l'étranger, une semaine par an. Les trajets sont pour moi des transitions silencieuses et nécessaires entre les visites, les rencontres.
La red de ferrocarril es muy limitada en mi isla, Mallorca.
Por eso los trenes, los ocupo sin moderación cuando viajo sola en el extranjero, una vez al año. Los trayectos son para mí unas transiciones silenciosas y necesarias entre las visitas, los encuentros.

La semaine dernière régnait une chaleur épuisante dans les wagons. Les trains du nord accueillaient les sueurs et odeurs de l’humanité dont je fais bien sûr partie. Ici pas de priorités, ni de places réservées, ni personne pour faire respecter je ne sais quels privilèges. C’est ce qui me plaît tant.
La semana pasada reinaba un calor agotador en los vagones. Los trenes del norte acogían los sudores y olores de la humanidad de la cual formo parte, claro. Aquí no hay prioridades, ni asientos reservados, ni nadie para hacer respetar no sé qué privilegios. Es lo que tanto me gusta.

Les marches d’accès aux wagons sont hautes et une entraide est indispensable.
 Nous embarquons à 15h30. Une jeune femme avec un bébé de sept mois et une poussette, un employé mallette-thermos vide, quatre jeunes gens chargés d’énormes sacs à dos et torses nus, une dame opulente et moi. Le train se met en marche, chacun guette les petites fenêtres rectangulaires, mais pas un souffle pour sécher les gouttes sur nos visages.
Rêves d’air conditionné, d’un ventilateur, d’un éventail…
C’est à ce moment que la dame bien en chair écarte les jambes et secoue lentement, de haut en bas, son ample jupe.
Un peu de fraîcheur par là doit faire du bien me fait remarquer d’un clin œil amusé la jeune femme.
En effet.
Botero
Los escalones de acceso a los vagones son altos y la ayuda mutua es indispensable.
Embarcamos a las 15h30. Una mujer joven con un bebé de siete meses y un cochecito, un empleado maleta-termo vacía, cuatro jóvenes cargados de enormes mochilas y pecho descubierto, una señora opulenta y yo.
El tren se pone en marcha, cada uno acecha las ventanitas rectangulares, pero ni un soplo para secar las gotas en nuestros rostros.
Sueños de aire acondicionado, de ventilador, de un abanico...
Es en este momento que la dama muy rellena aparta las piernas y sacude, lentamente, de arriba hacia abajo, su amplia falda.
Un poco de fresco por allí debe ser agradable me hace notar de un guiño alegre la dama joven.
En efecto.

17 juil. 2010

L'ennui / El aburrimiento


C’est après une conversation avec le responsable de la section légumes et fruits du supermarché que m’est apparue l’idée suivante : pourquoi l’ennui serait-il négatif ? Vivre intensément des moments pas folichons, banals, quotidiens – fastidieux selon les critères établis- n’est-ce pas vivre ?
Cet homme entre deux âges me disait que les jours torrides et répétitifs à Majorque le déprimaient et qu’il trouvait un plaisir immense à trier, placer les légumes et fruits frais dans les rayons « même si cela semble ennuyeux » me dit-il.

Fue al hablar con el encargado de la sección de frutas y verduras del supermercado cuando me apareció la idea siguiente: ¿por qué sería el aburrimiento algo negativo? Vivir intensamente aquellos momentos que no son excitantes,
banales, cotidianos – fastidiosos según el criterio establecido - ¿no es vivir?
Ese hombre de mediana edad me decía que los días calurosos y repetitivos de Mallorca le deprimían y que escoger y colocar las frutas y verduras frescas en los lineales le procuraba un gran placer “a pesar de que eso pueda parecer aburrido”, añadió.


L’ennui est l’apanage des jeunes entre 10 et 15 ans, et c’est pour cette raison que les romantiques, qui voulaient vivre une éternelle adolescence, en ont fait leur symbole.
Et les adultes ? Il y en a qui souffrent de cette insipidité vitale, ils s’ennuient et je me suis demandé de quel talent inné jouissent ceux qui savent apprécier le moment présent, arrivent à lui trouver un côté plaisant.

El aburrimiento es la especialidad de los jóvenes de entre 10 y 15 años y es por esta razón por que los románticos, que querían vivir una eterna adolescencia, lo convirtieron en su símbolo.
¿Y los adultos? Los hay que sufren de esta insipidez vital, se aburren y me he preguntado de qué talento innato gozan los que saben apreciar el momento presente, consiguen encontrar su lado placentero.

J’avais noté ce passage du livre « 99 francs » de Frédéric Beigbeder.
"Le vrai hédonisme, c’est l’ennui. Seul l’ennui permet de vivre le présent mais tout le monde vise le contraire : pour se désennuyer, les occidentaux fuient par l’intermédiaire de la télé, du cinéma, d’Internet, du téléphone, du jeu vidéo, ou d’un simple magazine. Ils ne sont jamais à ce qu’ils font, ils ne vivent plus que par procuration, comme s’il y avait un déshonneur à se contenter de respirer ici et maintenant. (…) On est ailleurs qu’à l’endroit où l’on est. On n’est peut être pas mort, mais pas très vivant non plus. Il serait intéressant de mesurer combien d’heures par jour, nous passons ainsi ailleurs que dans l’instant. Ailleurs que là où nous sommes. (…) »
Cette vision singulière de l’hédonisme me paraît intéressante. Elle
rejoint en quelque sorte la pensée du grand poète espagnol, Miguel de Unamuno :
« L'ennui fait le fond de la vie, c'est l'ennui qui a inventé les jeux, les distractions, les romans et l'amour. »

Del libro “99 francos” de Frédéric Beigbeder había anotado el siguiente pasaje:
“El verdadero hedonismo es el aburrimiento. Sólo el aburrimiento permite vivir el presente aún cuando todo el mundo intenta lo contrario: para “desaburrirse” los occidentales se escapan a través de la televisión, del cine, de Internet, del teléfono, del videojuego o de una simple revista. Nunca están a lo que están, tan sólo viven por procuración, como si fuera una deshonra el contentarse de respirar aquí y ahora. (…)
No estamos donde estamos. No estamos muertos pero tampoco muy vivos. Sería interesante calcular cuántas horas al día pasamos fuera del instante. En otro sitio que aquel en que estamos (…).”

Esta visión singular del hedonismo me parece interesante. De alguna manera se acerca al pensamiento de Miguel de Unamuno:
“El aburrimiento constituye el fondo de la vida, es el aburrimiento el que ha inventado los juegos, las distracciones, las novelas y el amor.”

NB: Les quatre tableaux sont du peintre Xavier Valls /Los cuatro cuadros son del pintor Xavier Valls