12 juil. 2010

Bleu / Azul

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En ce début de juillet me poursuit la couleur bleue. Normal penserez-vous en Méditerranée, le ciel, la mer. Mais non, le ciel est laiteux de chaleur et je vis à la campagne.
Bleu mauve d’un bracelet reçu, bleu étrange d’une salade dégustée, bleu clair du plumbago devant ma porte, bleu soutenu du volubilis qui couvre la clôture de ma voisine, bleu sombre d’une chemise légère offerte par ma fille, cascade de bleus de la clématite,…tout est bleu je vous dis, couleur du rêve, de la sagesse, de la sérénité.
Mais vous, rêvez-vous d’un espace, d’un instant bleu ?




En este principio de julio me persigue el color azul. Pensareis que es lo normal viviendo en el Mediterráneo, el cielo, el mar. Pues no; el cielo es lechoso, cocido de calor y yo vivo en el campo.
Azul morado de una pulsera recibida, azul raro de una ensalada degustada, azul claro del plumbago delante de mi casa, azul constante del volúbilis que cubre la valla de mi vecina, azul oscuro de una camisa ligera regalo de mi hija, cascada de azules de la clemátide,… todo es azul os digo, color del sueño, de la cordura, de la serenidad.
Pero vosotros, ¿soñáis con un espacio, con un instante azul?




Bleu de toi de Eduardo Carranza

Penser à toi est bleu, comme musarder
dans un bois doré à midi :
naissent des jardins dans mon parler
et dans tes rêves je marche avec mes nuages.

Nous unit et nous sépare un air mou,
une distance de mélancolie ;
je lève les bras de ma poésie,
bleu de toi, blessé et haletant.

C’est comme un horizon de violons
ou une tiède souffrance de jasmins
penser à toi, de bleu tempérament.

Le monde devient cristallin,
et je te regarde, dans ma lampe de verre*,
bleu dimanche de ma pensée.

(Trad. Colo. « lámpara de trino » est peut-être une expression ou réalité colombienne, je n’ai pas réussi à le savoir. Une suggestion ?)




Azul De Ti de Eduardo Carranza

Pensar en ti es azul, como ir vagando
por un bosque dorado al mediodía:
nacen jardines en el habla mía
y con mis nubes por tus sueños ando.

Nos une y nos separa un aire blando,
una distancia de melancolía;
yo alzo los brazos de mi poesía,
azul de ti, dolido y esperando.



Es como un horizonte de violines
o un tibio sufrimiento de jazmines
pensar en ti, de azul temperamento.

El mundo se me vuelve cristalino,
y te miro, entre lámpara de trino,
azul domingo de mi pensamiento.














ET... voilà les volubilis , Euterpe.
(cliquer pour agrandir).
















13 commentaires:

  1. je suis d'accord avec toi sur la couleur qui est magnifique et peux ajouter - aussi bleu que tes yeux - pour deux membres de ma famille. Besos, Nadina

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  2. révélons notre côté...fleur bleue!

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  3. @Nadina, se noyer dans de blue eyes? Besos.

    @Sable du temps, mais oui, de temps en temps.

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  4. Un bleu à la Picasso ? Joli fil bleu de ce billet qui musarde. Au jardin, bleu et vert se marient avec élégance.
    Quelle est la couleur de mes rêves ? Une question à laquelle je ne saurais répondre.

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  5. J'adore ce poème... une tiède souffrance de jasmins...que c'est bien dit, bien trouvé.

    Des bleus à l'âme, être bleu de quelqu'un, feeling blue... blue tango!

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  6. magnifique : le bleu de toi ... l'horizon et la blessure ... en même temps et toujours. merveilleux poème !!!!

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  7. @Tania, tant de bleus en peinture, tant de nuances dans ce Picasso, oui. Besos.

    @Edmée, ce poème a tant de lectures, fait appel à l'imagination, je suis contente que tu l'apprécies. "Dans une dominante bleue, où le mauve fait ce qu'il peut..."

    @Carole,oh oui, tu y as lu la même chose que moi; l'autre c'est l'horizon et tant de blessures..., c'est nous aussi. Je t'embrasse.

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  8. Ah qu'il est dur de travailler en ces jours d'été
    Bleu, je l'avoue ce n'est pas ma couleur, trop froide mais ...le bleu du ciel et de la mer là oui
    Encore une poésie à découvrir

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  9. Ah oui ! Quel bleu suave que celui de ce plumbago ! Et les fleurs du bas, ce sont des volubilis ? J'aurais dit des clématites, pourtant...
    Encore une poésie enivrante : "naissent des jardins dans mon parler" ce vers bleu tendre, est-ce un voeu ?

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  10. @Dominique, oh, je compatis vraiment, un saut dans la belle bleue fait rêver. Ce poète colombien, je l'ai découvert il y a peu.

    @Euterpe, ce sont des clématites, vous n'avez pas la berlue! Les volubilis sont compliquées à photografier, fermées aux heures chaudes et la lumière n'est pas optimale aux autres...mais je vais m'obstiner, patience!

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  11. à force d'obstination la lumière vaincra la pudeur des volubilis.
    La volonté, c'est bien l'entêtement qui réussit?
    Je t'ai dédié le portrait d'Anaîs Nin.
    Il ne figurait pas puisque je listais des losers et des suicidaires.
    Anaïs hors catégories donc.
    Allez, je livre à domicile:
    "Pour Colo,
    Anaïs Nin: Admirable mère et pygmalion fendue. Maîtresse femme de l'être,Antonin Arthaud, Henri Miller (et June), James Agee, Lawrence Durell, ou ne pas lettre: diariste*dés onze ans s'adressant à son père fuyard.
    "Vénus érotica" flamboyante à voile et à vapeur, elle flambât une ultime fois sur la baie de Santa Monica où ses cendres furent dispersées."
    Besitos.
    *écrivaine du journal intime. Pardon à celles qui savent.

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  12. @Alex, ce service à domicile, super! Merci pour Anaïs aussi. As-tu jamais écouté la musique de son père, Joaquín?
    Te deseo alegres vacaciones...se come muy bien en Bilbao. Besos.

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  13. Qu'ils sont beaux ! Très réussie la photo avec le fond de maquis. Quel pays de lumière !

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