«Es evidente que todos hemos participado de
alguna manera en la creación del monstruo económico que nos devora,
pues ningún ídolo es capaz de subsistir sin la ayuda de cuantos lo
adoran, y así, habiéndolo utilizado para poner remedio a nuestras
deficiencias y que nos proporcionase valores que no tenemos, le dimos
una vida y una realidad de la que carecía. Pero nada nos impide tampoco restaurar la
cordura que perdimos y, haciéndonos a un lado, dejar que el caos se
despeñe en los abismos de los que procede y a los que con tanto
empeño pretendía llevarnos.» El Roto
“Il est évident que tous nous avons
participé d'une façon ou d'une autre à la création du monstre
économique qui nous dévore, car nulle idole n'est capable de
subsister sans l'aide de ceux qui l'adorent, et ainsi, l'ayant
utilisé pour remédier à nos déficiences et pour qu'il nous
procure des valeurs que nous n'avons pas, nous lui avons donné vie
et une réalité qui lui manquait.
Mais rien ne nous empêche non plus de
restaurer la sagesse perdue et, nous mettant sur le côté, laisser
le chaos se précipiter dans les abîmes d'où il vient et où, avec
tant d'obstination, il prétendait nous mener.”
El Roto (Trad: Colo)
Un choix de dessins de El Roto parus dans El País
Una selección de viñetas (El País)
Ne vous en faites pas, le système capitaliste renaîtra de vos cendres.
Arrêtez de me sauver car vous me noyez!
Si on ne peut dévaluer la monnaie, il faudra dévaluer les gens
Lui
seul pouvait chanter la tomate, lui dédier une ode. Je parle de
Pablo Neruda bien sûr.
Voici ma traduction, le style est haché, je vous recommande, pour en
goûter toute la saveur, de la lire un peu vite, en rythme...
Sólo
él podía cantar el tomate, dedicarle un oda. Hablo de Pablo Neruda,
claro.
Para
disfrutar de todo su sabor os recomiendo leerla un poco rápido, con
ritmo.
Dans ma cuisine / En mi cocina
ODE À LA TOMATE
La
rue s'est
emplie de tomates, midi, été, la lumière se sépare
en deux moitiés de tomate, coule
le
jus
dans
les rues . En
décembre la tomate se déchaîne, envahit les
cuisines, s'introduit dans les repas s'assied calmement
sur les buffets, parmi les verres, les beurriers, les
salières bleues. Elle a sa lumière propre,
la majesté
bénigne. Nous devons,
par malheur, l'assassiner : le
couteau plonge dans sa pulpe vivante, c'est un rouge
viscère, un soleil frais, profond, inépuisable,
inonde
les salades du Chili, elle se marie allégrement avec le
clair oignon et pour fêter ça on laisse tomber
l'huile,
fille essentielle de l'olivier, sur ses hémisphères
entrouverts, le poivre ajoute sa fragrance le sel son
magnétisme : ce sont les noces du jour, le persil
plante ses banderilles les patates bouillent
vigoureusement, l' arôme
du
rôti frappe à la porte, c'est l'heure, vamos! Et
sur la table, à la ceinture de l'été, la tomate,
astre de terre, étoile répétée et féconde, nous
montre ses circonvolutions, ses canaux, l'insigne
plénitude et l'abondance sans noyau, sans cuirasse,
sans écailles
ni
arêtes, nous livre le cadeau de sa chaleur fougueuse et
la totalité de sa fraîcheur.
Pablo Neruda (Trad: Colo)
Variété coeur de boeuf / Cor de bou, corazón de buey (délicieuses)
Oda
al Tomate
La calle se
llenó de tomates, mediodía, verano, la luz se parte en
dos mitades de tomate, corre por las calles el
jugo. En diciembre se desata el tomate, invade las
cocinas, entra por los almuerzos, se sienta reposado en
los aparadores, entre los vasos, las matequilleras, los
saleros azules. Tiene luz propia, majestad benigna. Debemos,
por desgracia, asesinarlo: se hunde el cuchillo en su
pulpa viviente, es una roja víscera, un
sol fresco, profundo, inagotable, llena las ensaladas de
Chile, se casa alegremente con la clara cebolla, y para
celebrarlo se deja caer aceite, hijo esencial del
olivo, sobre sus hemisferios entreabiertos, agrega la
pimienta su fragancia, la sal su magnetismo: son las
bodas del día el perejil levanta banderines, las
papas hierven vigorosamente, el asado golpea con su
aroma en la puerta, es hora! vamos! y sobre la mesa,
en la cintura del verano, el tomate, astro de
tierra, estrella repetida y fecunda, nos muestra sus
circunvoluciones, sus canales, la insigne plenitud y la
abundancia sin hueso, sin coraza, sin escamas ni
espinas, nos entrega el regalo de su color fogoso y la
totalidad de su frescura.
La poésie n'est
pas le domaine où Robert Graves excelle, mais je tenais à publier
“Not to sleep the all night long”, à mettre un peu de joie dans le
panorama affligeant, désespéré pour beaucoup, de ce moment
hispanique mais pas que...
Ma traduction de
l'anglais était lourde, sans grâce aucune, et j'ai fait appel à
BOL qui a aussitôt accepté le défi. Tous mes remerciements cher
ami "norvégien", je vous ai dit combien votre traduction m'a séduite
par sa légèreté et son rythme...magnifique!
La
poesía no es el dominio donde Robert Graves se distingue, pero
deseaba publicar “Not to sleep the all night long”, poner un poco
de alegría en el panorama desolador, desesperado para muchos, de
este momento hispánico, pero no tan solo...
Elisabeth Baysset http://elisabeth-baysset.net/
Ne
pas dormir de la nuit quelle joie, Ne compter ni moutons ni
les cloches qui sonnent, Saluer dès l´aurore le concert
des oiseaux, Beaux enfants négligemment éveillés Qui
discutent en détails les fastes fantaisies De la promesse
qui vient - Qu´aura-t-elle sur elle : du rouge, du
pourpre, du bleu ou du blanc pur et simple ? Qu´importe
après tout, magnifique !
Ne pas dormir de
la nuit quelle joie, Bien peu en profitent sinon moi Qui
ris et s´étire, et dès sorti du lit Descends quatre à
quatre, survolant le tapis Pour suivre du temps le
progrès, Et allié reconnu de l´oiseau m´envoler, Me
percher sur une branche Et parmi les oiseaux murmurer avec
eux.
(Traduction
BOL)
Ludvig Eikaas Vol d'oiseaux
Pasar
la noche en vela por simple gusto sin contar ovejas sin oír
campanadas. Dándole la bienvenida a las confabuladas avecillas,
hijas del despertar del día que en el alba discuten parleras los
detalles del atuendo que traiga aquella que se acerca. ¿Se
vestirá de rojo, de púrpura o azul, o de blanco purísimo? Será
el traje glorioso.
Pasar la noche en vela por simple gusto, lo
cual es concedido a pocos, y hoy a mí; y una vez que me ría, me
estire y deje el lecho bajaré velozmente escaleras abajo con
los pies en el aire, sólo rozando el piso por respeto a nuestro
progreso civilizado; aunque yo preferiría volar por la ventana y
posarme en la rama más erguida en el cielo, ser el posible aliado
de las aves alertas que agrupadas murmuran no sé qué dulcemente.
(Trad. inconnu(e))
"Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir,
c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour
nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie." Paul Émile Victor. (merci Lily)
la nuit de grandes plages vides écouter les heures
Ma lecture du moment est “Une femme
inconnue”, écrit par la fille de Robert Graves, Lucia Graves.
Tania en avait fait une chronique (ici), me l'avait gentiment passé
et je suis emballée . A travers son récit autobiographique, la vie
de l'écrivain et de sa famille à Deià, Mallorca; tout m'est si
familier.
J'ai senti l'urgence d'interrompre
ma lecture pour aller visiter leur maison maintenant ouverte au public et
qu'elle décrit fort bien; urgence aussi de me balader dans ce village
entouré de montagnes que je connais depuis si longtemps.
Le village/ el pueblo de Deià
Mi lectura del
momento es “Mujer desconocida”, escrito por la hija de Robert
Graves, Lucia.
Apenas empecé
que sentí la urgencia de interrumpir mi lectura e ir a visitar su
casa en Deià, Mallorca, ahora abierta al público, y que Lucia describe
tan bien; urgencia también de pasear por ese pueblo rodeado de
montañas que hace tiempo que conozco.
Robert Graves y a vécu de 1929 à
1936, l'a quitté durant et à cause de la guerre civile, mais y
revint en 1946 et y resta jusqu'à sa mort en 1985. Sa tombe se
trouve dans le petit cimetière, au sommet du village, et en visitant
la maison on se rend compte qu'il était très proche des habitants
(hijo-fils adoptivo)
Robert Graves
vivió allí de 1929 a 1936, se fue durante y por culpa de la guerra
civil, pero volvió en 1946 y se quedó hasta su muerte en 1985. Su
tumba se encuentra en el pequeño cementerio, en lo alto del pueblo,
y al visitar su casa uno se da cuenta que vivía muy cerca de los
habitantes (hijo adoptivo).
Dans le musée (clic pour agrandir)
C'est ici qu'il écrivit la majeure
partie de son oeuvre dont “Moi, Claudio” ou la magnifique “Déesse
Blanche” (mythes celtes) ou "Mythes grecs".
Es aquí donde
escribió la mayor parte de sus obras, entre otras, “Yo, Claudio”
o la magnífica "Diosa Blanca” (mitos celtas) o "Mitos griegos".
Dans la maison, un miroir, et
l'enregistrement de ce poème “The face in the mirror” que j'ai
traduit du mieux possible, mais toute suggestion est bienvenue!
Le visage dans le miroir
Des
yeux gris, tourmentés, lumineux et absents Dans
de grandes orbites inégales; un sourcil légèrement Penché
sur un œil A
cause d'un débris de missile logé dedans, Profond
dans la peau, comme un souvenir fou d'une vieille guerre mondiale.
Nez
cassé et tordu; un placage au rugby en fut le coupable. Joues
sillonnées; cheveu grossier et gris qui flotte avec délire; Front
haut et ridé; Menton
proéminent; grandes oreilles; mâchoire “pugilistique”; Dents
rares; lèvres grosses et rouges; bouche ascétique.
J'arrête
de me raser, je retire la lame, renfrogné, me moquant De
l'homme dans le miroir dont la barbe exige mon attention, Et
je lui demande une fois de plus pourquoi Avec
une présomption juvénile, il se dispose encore A
faire la cour à la reine dans son haut pavillon de soie.
En la casa, un
espejo y la grabación de ese poema “The face in the mirror” .
EL
ROSTRO EN EL ESPEJO
Ojos
grises atormentados, luminosos y ausentes En grandes órbitas
desiguales; una ceja ligeramenteC Caída sobre un ojo A causa de
una esquirla de misil alojada dentro, Muy dentro de la piel, como
un loco recuerdo de una vieja guerra mundial.
Rota
y torcida la nariz: un placaje en el rugby fue el culpable. Mejillas
surcadas; pelo tosco y gris que flota con delirio; Alta frente
arrugada; Prominente mentón; grandes orejas; quijada
pugilística; Dientes escasos; labios gruesos y rojos; ascética
boca.
Dejo
de afeitarme, retiro la navaja, burlándome ceñudo Del hombre en
el espejo cuya barba exige mi atención, Y una vez más le
pregunto por qué Todavía, con presunción juvenil, se dispone A cortejar a la reina en su alto pabellón de seda.
L'été
c'était Bautista et ses chansons, toujours les mêmes, il les
connaissait par cœur. Il chantait bien et ses plus de quatre-vingt
ans n'avaient pas altéré sa voix.
La
chanson espagnole de toujours, des airs dansants, et soudain, ¡hop ! il faisait un petit pas de côté.
En
boucle passaient “Los Panchos” que je n'appréciais que très
modérément, et la merveilleuse María Dolores Pradera, une grande
dame de la chanson espagnole. C'est sur l'une de ses chansons,
sublime, des années '60 écrite par Mario Cavagnaro, « Le
chapelet de ma mère » que nos vues divergeaient.
Histoire
d'une femme abandonnée/trompée par son mari qui fait preuve d'une
fierté peu commune. Je vous laisse d'abord l'écouter en suivant, si
vous voulez, la traduction.
El
verano era Bautista y sus canciones, siempre las mismas, se las sabía
de memoria. Cantaba bien y sus más de ochenta años no habían
alterado su voz.
La
canción española de siempre, aires para bailar y de repente, ¡hop!
daba un pasito de lado.
Enlazaba
sin pausa “Los Panchos”, que me gustaban muy moderadamente con la
maravillosa María Dolores Pradera. Es sobre una de sus sublime
canciones, “El rosario de mi madre”, escrita en los años '60 por
Mario Cavagnaro, donde nuestros puntos de vista divergían. Historia
de una mujer abandonada/ engañada por su marido que demuestra una
dignidad poco común.
Primero
os dejo escucharla.
El rosario de mi madre / Le chapelet de ma mère
Aunque
no creas tú Como que me oye Dios Esta será la última cita de
los dos
Comprenderás
que es por demás Que te empeñes en fingir
Même
si tu le crois pas
Dieu
m'est témoin
Ce
sera notre dernière rencontre
Tu
comprendras qu'il est inutile
Que
tu t'obstines à feindre
Porque
el dolor de un mal amor No es como para morir
Pero
desecha ya Mi más bella ilusión
A
nadie ya en el mundo Daré mi corazón
Car
la douleur d'un mauvais amour
N'est
pas mortelle
Mais
détruit
Ma
plus belle illusion
À
personne au monde
Je
ne donnerai plus mon coeur
Devuélveme
mi amor Para matarlo
Devuélveme
el cariño que te di Tú no eres quien merece conservarlo Tú ya
no vales nada para mí
Rends-moi
mon amour
Pour
le tuer
Rends-moi
l'affection donnée
Ce
n'est pas toi qui mérites de la conserver
Tu
ne vaux plus rien pour moi.
Devuélveme
el rosario de mi madre Y quédate con todo lo demás
Lo
tuyo te lo envío cualquier tarde No quiero que me veas nunca más
Rends-moi
le chapelet de ma mère
Et
garde tout le reste
Tes
biens, je te les renvoie un de ces jours
Je
veux que tu ne me voies jamais plus.
….(Répétitions)
(Trad: Colo)
« Rends-moi
mon amour pour le tuer » , n'imagine-t-on pas ce vers déclamé
avec emphase dans une grande tragédie classique ?
Mais
c'est arrivée à ce couplet que je partais immanquablement d'un grand
fou rire.
« Rends-moi
le chapelet de ma mère et garde tout le reste ». Quelle
dignité ! Tragiquement parfait.
Autres
temps, autres mœurs.
Le
coté tragique des chansons - j'imagine que chacun de vous, en votre
langue, pense à l'une ou l'autre- devient-il souvent comique avec le
temps ?
“Devuélveme
mi amor para matarlo” ¿No nos imaginamos este verso declamado con
énfasis en una tragedia clásica?
Y
con el siguiente verso, siempre me entraba una carcajada.
“Devuélveme
el rosario de mi madre y quédate con todo lo demás.” ¡Qué
dignidad! Trágicamente perfecto. Otros tiempos, otras costumbres.
El
lado trágico de las canciones -me imagino que cada uno, en su
idioma, piensa en algunas - ¿se vuelve a menudo cómico con el
tiempo?
L'endroit
est superbe et si frais en été; ce fut le premier hôtel de
Palma transformé maintenant en salles d'exposition par La Caixa. En ce moment il
y en a deux : la plus importante, et à ne pas rater, offre de
très nombreux dessins, souvent fort féroces, sarcarstiques, de
George Grosz.
El
sitio es magnífico y tan fresco en verano ; fue el primer hotel
de Palma ahora trasformado en salas de exposición por La Caixa.
En este momento hay dos: la más importante, no se la pierdan, ofrece
numerosos dibujos, a menudo feroces, satíricos, de George Grosz.
Mais
c'est au deuxième étage que je vous mène aujourd'hui, une vraie
découverte pour moi, la photographe Cristina García Rodero. La
première femme espagnole devenue membre de l'agence Magnum.
Pero
hoy os llevo al segundo piso. Fue para mí un verdadero
descubrimiento, las fotos de Cristina García Rodero. La primera
mujer española miembro de la agencia Magnum.
Il
est rare d'entendre rire lors des visites d'expos, non ? Des
trois personnes dans la salle, deux d'entre elles, plus très jeunes,
se marraient devant certaines photos dont celles-ci.
Pocas
veces se oye reir en las visitas de exposiciones, ¡no ? Des las
tres personas presentes en la sala, dos de ellas, ya no muy jóvenes,
se partían de risa delante de algunas fotos, de las cuales estas.
La confesión, Nuestra Señora de los Milagros / Lugo 1980
El ofertorio 1979 Amil
Le
sujet est « Espagne occulte » , une longue série de
photos en noir et blanc, des fêtes religieuses, des gens, plutôt
des gens pendant les fêtes, dans les années '70-'80.
« J'ai
essayé de photographier l'âme mystérieuse, vraie et magique de
l'Espagne populaire avec sa passion, son amour, humour, tendresse,
rage, douleur, avec sa vérité ; et les moments les plus
intenses et pleins de la vie des personnages, aussi simple
qu'irrésistibles, avec toute leur force intérieure, en un défi
personnel qui me donna force et compréhension et dans lequel j'ai
investi tout mon coeur. » C. García Rodero.
El
tema es « España oculta », una larga serie de fotos en
blanco y negro, de fiestas religiosas, de gente, mejor dicho de gente
durante las fiestas, en los años '70-'80.
Cristina
García Rodero
"Intenté
fotografiar el alma misteriosa, verdadera y mágica de la España
popular con su pasión, su amor, humor, ternura, rabia, dolor, con su
verdad; y los momentos más intensos y plenos en la vida de los
personajes, tan simples como irresistibles, con toda su fuerza
interior, en un desafío personal que me dio fuerza y comprensión y
en el cual invertí todo mi corazón."
C'est
l'Espagne d'hier, d'aujourd'hui aussi ; sinon allez vous
promener dans les villages en fête.
Es
la España de ayer, también la de hoy ; sino vayan a pasearse
por los pueblos en fiestas.
Sa
photo préférée ? Il paraît que c'est la petite fille qui
saute en chantant devant un cimetière et qui représente un fort
contraste vie-mort, la magie et le mélange réel-irréel.
¿Su
foto preferida ? Parece ser la niña que salta y canta delante
de un cementerio y que representa un fuerte contraste vida-muerte, la
magia y la mezcla real-irreal.
Les
miennes? Celles-ci peut-être.
¿Las
mías ? Estas tal vez.
La tarde 1978 / Campillo de Arenas
Pour ôter les "froids dans le dos".
Las potencias del alma 1976 / Puente Genil (Córdoba)
Il y en a tant, toutes émouvantes, que voici un document en PDF où vous pourrez en regarder des dizaines...bien que la qualité ne soit pas très bonne.
L'été
c'est aussi les touristes, plan à la main, perdus quand même. Et les
questions, mal posées et mal comprises, et les réponses plus souvent
mimées que dites.
J'ai
repêché et traduit un extrait d'une chronique d'Elvira Lindo;
j'aime son style simple, son ton mordant et l'apparente banalité de
ses propos.
Et
puis j'ai souvenir de tant et tant de malentendus...
El
verano es también los turistas, plano en mano pero pedidos. Y las
preguntas, mal hechas y mal comprendidas, y las respuestas más a
menudo mimadas que dichas.
Conseguí
encontrar este artículo de Elvira Lindo del cual me acordaba bien;
me gusta su estilo simple, su tono mordaz y la aparente banalidad de
sus propósitos.
También
tengo recuerdos de tantos malentendidos...
Eastern Han Dynasty / Gentlemen in conversation
« Le
bonheur d'une langue étrangère le ressentent ceux qui n'en savent
que quatre phrases, basiques: combien ça coûte, où se trouve cela,
quelle heure est-il, je viens d'Espagne (ou je suis catalan, basque
ou galicien, si on considère qu'être espagnol est vexatoire).
J'ai
connu beaucoup de touristes heureux. Moi-même, à un moment, je le
fus. Je vis maintenant dans le malheur de celui qui sait un peu plus.
Savoir un peu plus consiste à connaître la magnitude de tout ce
qu'on ne sait pas. Comprendre et être compris, que c'est difficile.
C'est la vie, une vallée de malentendus. On dit que ce qui est le
plus intraduisible est la poésie et le sens de l'humour. La poésie
ne se trouve pas seulement dans les vers, mais dans la musicalité de
la langue dans laquelle tu as été élevé, qui te fait remarquer
les subtilités et remarquer quand on essaye de te tromper.
Les
étrangers nous sommes toujours bêtes. Lents à l'heure de percevoir
une ironie, lents à l'heure de la dire nous-mêmes. Les gens lents
n'ont aucune grâce. John Huston le disait déjà : « Il
ne faut pas se fier des gens qui parlent lentement ».
J'achète : les gens qui parlent lentement, comme en se
délectant, cachent généralement sous ce manteau de solennité un
esprit pauvre en idées ; cette lenteur à dire ce qu'ils ont à
dire, qui est généralement une bêtise, est un genre d'égoïsme,
un égoïsme que je tiens pour délictueux. : ce sont des gens
qui te volent ton temps.
Mais
ce n'est pas le cas du pauvre étranger, cet étranger qui parle
lentement car pendant qu'il parle il pourchasse dans sa tête les
mots qu'il va employer dans la phrase suivante et parce qu'il se sent
souvent idiot et incompris.
Le
moment le plus satisfaisant dans une langue est celui où tu
comprends une blague et tu ris au même moment que tous les autres.
(...) »
Elvira
Lindo El País, 30 Septembre 2007 , Extrait. (Trad: Colo)
Juan Muñoz - Conversación
“LA
FELICIDAD de una lengua extranjera la tienen los que sólo se saben
cuatro frases, las básicas: cuánto cuesta esto, dónde está lo
otro, qué hora es, soy de España (o soy catalán, vasco o gallego,
si es que se considera el ser español algo vejatorio).
He conocido a
muchos turistas felices. Yo, en su momento, también lo fui. Ahora
vivo en la infelicidad del que sabe algo más. Saber algo más
consiste en conocer la magnitud de todo aquello que no se sabe.
Entender y ser entendido, qué difícil. Eso es la vida, un valle de
malentendidos. Dicen que lo más intraducible es la poesía y el
sentido del humor. La poesía no sólo está en los versos, sino en
la musicalidad de la lengua en la que te criaste, que te hace
advertir sutilezas y advertir cuándo te la están colando.
Los
extranjeros siempre somos tontos. Lentos a la hora de percibir una
ironía, lentos a la hora de decirla nosotros. La gente lenta no
tiene ninguna gracia. Ya lo dijo John Huston: "No hay que
fiarse de la gente que habla lento". Se lo compro: las personas
que hablan lento, como recreándose, suelen esconder bajo ese manto
de solemnidad una mente escasa de ideas; ese tardar tanto en decir lo
que tienen que decir, que normalmente es una tontería, es un tipo de
egoísmo, un egoísmo que tengo por delictivo: son personas que te
roban el tiempo.
Pero no es el caso del pobrecito extranjero, ese
extranjero que habla lento porque mientras habla anda cazando en su
mente las palabras que usará en la siguiente frase y porque a menudo
se siente un idiota y un incomprendido. El momento más satisfactorio
que se tiene en una lengua es aquel en el que pillas un chiste y te
ríes en el mismo momento en el que se ríe todo el mundo.”
NB: Après vérifications, ces peluches blanches ne sont pas du pollen mais des sortes de parachutes remplis de semences que produisent les dames peupliers pour que s'éparpillent les graines fécondées.
Después de unas verificaciones, esas pelusas blancas no son polen sino especies de paracaídas llenos de simientes producidos por damas chopos para que se esparzan mejor.
Beaucoup d'encre a coulé
sur la relation amicalo-amoureuse qui exista entre F.G. Lorca et
S.Dalí.
Aujourd'hui je vous
propose une lettre écrite par Lorca en 1927 au journaliste et
critique d'Art Sebastian Gasch. Elle apporte un éclairage
intéressant sur le personnage de Dalí.
Mucho
se ha escrito sobre la relación amistosa-amorosa entre F.G. Lorca y
S. Dalí.
Hoy
os propongo una carta escrita por Lorca en 1927 al periodista y
crítico de Arte Sebastian Gasch.
Aporta
una luz interesante sobre Dalí.
« Je sens chaque
jour un peu plus le talent de Dalí. Il me semble unique et possède
une sérénité et une clarté de jugement dans ses idées qui
me semblent réellement émouvantes. Il se trompe et ça n'a pas
d'importance. Il est vivant. Son intelligence très fine va de
pair avec un infantilisme déconcertant, formant un mélange si
insolite qu'il est absolument original et captivant. Ce qui m'émeut
le plus en lui en ce moment est son délire de construction
(c'est à dire de création), où il prétend créer à partir du
rien, et il fait des efforts et il se lance dans des rafales
avec tant de foi et d'intensité que cela semble incroyable. Rien de
plus dramatique que cette objectivité et cette recherche de la joie
pour la joie elle-même. (…)
Dalí est l' homme qui
lutte armé d'une hache dorée contre les fantasmes. (...) »
« Yo
siento cada día más el talento de Dalí. Me parece único y posee
una serenidad y una claridad de juicio para lo que piensa que
es verdaderamente emocionante. Se equivoca y no importa. Está
vivo. Su inteligencia agudísima se une a su infantilidad
desconcertante. En una mezcla tan insólita que es absolutamente
original y cautivadora. Lo que más me conmueve en él ahora es su
delirio de construcción (es decir, de creación), en donde
pretende crear de la nada y hace unos esfuerzos y se lanza a
unas ráfagas con tanta fe y tanta intensidad que parece increíble.
Nada más dramático que esta objetividad y esta busca de alegría
por la alegría misma. (…)
Dalí
es el hombre que lucha con hacha contra los fantasmas. (..)"
(Trad. Colo)
Parmi leurs multiples oeuvres, la
présence de l'autre est fréquente.
Ainsi sur ce tableau de Dalí, leurs
deux têtes emmêlées.
Entre sus
múltiples obras, la presencia del otro es frecuente.
Así en este
cuadro sus cabezas enredadas.
Puis cette ode de Lorca, traduite par Paul
Éluard et adressée à Dalí.
Después esa oda
dedicada por Lorca a Dalí.
Ode a Salvador
Dalí. (extrait)
Ô
Salvador Dalí à la voix olivée ! Je dis ce que me disent ta
personne et tes tableaux. Je ne loue pas ton imparfait pinceau
adolescent, Mais je chante la parfaite direction de tes
flèches.
Je chante ton bel effort de lumières catalanes Et
ton amour pour tout ce qui explicable. Je chante ton cœur
astronomique et tendre, Ton cœur de jeu de cartes, ton cœur sans
blessure.
Je chante cette anxiété de statue que tu poursuis
sans trêve, La peur de l’émotion qui t’attend dans la
rue. Je chante la petite sirène de la mer qui te chante, Montée
sur une bicyclette de coraux et de coquillages.
Mais avant
tout je chante une pensée commune Qui nous unit aux heures
obscures et dorées. L’art, sa lumière ne gâche pas nos
yeux. C’est l’amour, l’amitié, l’escrime qui nous
aveuglent.
¡Oh Salvador Dalí de voz
aceitunada! Digo lo que me dicen tu persona y tus cuadros. No
alabo tu imperfecto pincel adolescente, pero canto la firme
dirección de tus flechas.
Canto tu bello esfuerzo de luces
catalanas, tu amor a lo que tiene explicación posible. Canto
tu corazón astronómico y tierno, de baraja francesa y sin
ninguna herida.
Canto el ansia de estatua que
persigues sin tregua el miedo a la emoción que te aguarda en la
calle. Canto la sirenita de la mar que te canta montada en
bicicleta de corales y conchas.
Pero ante todo canto un común
pensamiento que nos une en las horas oscuras y doradas. No es
el Arte la luz que nos ciega los ojos. Es primero el amor, la
amistad o la esgrima.