24 juil. 2012

Laisser le chaos s'abîmer / Dejar el caos despeñarse



En palabras del autor

«Es evidente que todos hemos participado de alguna manera en la creación del monstruo económico que nos devora, pues ningún ídolo es capaz de subsistir sin la ayuda de cuantos lo adoran, y así, habiéndolo utilizado para poner remedio a nuestras deficiencias y que nos proporcionase valores que no tenemos, le dimos una vida y una realidad de la que carecía.
Pero nada nos impide tampoco restaurar la cordura que perdimos y, haciéndonos a un lado, dejar que el caos se despeñe en los abismos de los que procede y a los que con tanto empeño pretendía llevarnos.»
 El Roto
Fuente:  http://www.elpais.com/especial/el-roto-y-la-crisis/


Mots de l'auteur

“Il est évident que tous nous avons participé d'une façon ou d'une autre à la création du monstre économique qui nous dévore, car nulle idole n'est capable de subsister sans l'aide de ceux qui l'adorent, et ainsi, l'ayant utilisé pour remédier à nos déficiences et pour qu'il nous procure des valeurs que nous n'avons pas, nous lui avons donné vie et une réalité qui lui manquait.

Mais rien ne nous empêche non plus de restaurer la sagesse perdue et, nous mettant sur le côté, laisser le chaos se précipiter dans les abîmes d'où il vient et où, avec tant d'obstination, il prétendait nous mener.”

El Roto (Trad: Colo)

Un choix de  dessins de El Roto parus dans El País
Una selección de viñetas (El País)
Ne vous en faites pas, le système capitaliste renaîtra de vos cendres.




Arrêtez de me sauver car vous me noyez!


Si on ne peut dévaluer la monnaie, il faudra dévaluer les gens


18 juil. 2012

Lumière des tomates / Luz de los tomates


Lui seul pouvait chanter la tomate, lui dédier une ode. Je parle de Pablo Neruda bien sûr. Voici ma traduction, le style est haché, je vous recommande, pour en goûter toute la saveur, de la lire un peu vite, en rythme...

Sólo él podía cantar el tomate, dedicarle un oda. Hablo de Pablo Neruda, claro.
Para disfrutar de todo su sabor os recomiendo leerla un poco rápido, con ritmo.

Dans ma cuisine / En mi cocina


ODE À LA TOMATE

La rue
s'est emplie de tomates,
midi,
été,
la lumière
se sépare
en deux
moitiés
de tomate, 

 coule
le jus
dans les rues .
En décembre
la tomate
se déchaîne,
envahit
les cuisines,
s'introduit dans les repas
s'assied
calmement
sur les buffets,
parmi les verres,
les beurriers,
les salières bleues.
Elle a
sa lumière propre, 
la majesté bénigne.
Nous devons, 
par malheur,
l'assassiner :
le couteau
plonge
dans sa pulpe vivante,
c'est un rouge
viscère,
un soleil
frais,
profond,
inépuisable,
inonde les salades
du Chili,
elle se marie allégrement
avec le clair oignon
et pour fêter ça
on laisse
tomber
l'huile,
fille
essentielle de l'olivier,
sur ses hémisphères entrouverts,
le poivre
ajoute
sa fragrance
le sel son magnétisme :
ce sont les noces
du jour,
le persil
plante
ses banderilles
les patates
bouillent vigoureusement,
l' arôme
du rôti
frappe
à la porte,
c'est l'heure,
vamos!
Et sur
la table, à la ceinture
de l'été,
la tomate,
astre de terre,
étoile
répétée
et féconde,
nous montre
ses circonvolutions,
ses canaux,
l'insigne plénitude
et l'abondance
sans noyau,
sans cuirasse,
sans écailles
ni arêtes,
nous livre
le cadeau
de sa chaleur fougueuse
et la totalité de sa fraîcheur. 

                                                            Pablo Neruda (Trad: Colo)
Variété coeur de boeuf / Cor de bou, corazón de buey (délicieuses)

 

Oda al Tomate

La calle
se llenó de tomates,
mediodía,
verano,
la luz
se parte
en dos
mitades
de tomate,
corre
por las calles
el jugo.
En diciembre
se desata
el tomate,
invade
las cocinas,
entra por los almuerzos,
se sienta
reposado
en los aparadores,
entre los vasos,
las matequilleras,
los saleros azules.
Tiene
luz propia,
majestad benigna.
Debemos, por desgracia,
asesinarlo:
se hunde
el cuchillo
en su pulpa viviente,
es una roja
víscera,
un sol
fresco,
profundo,
inagotable,
llena las ensaladas
de Chile,
se casa alegremente
con la clara cebolla,
y para celebrarlo
se deja
caer
aceite,
hijo
esencial del olivo,
sobre sus hemisferios entreabiertos,
agrega
la pimienta
su fragancia,
la sal su magnetismo:
son las bodas
del día
el perejil
levanta
banderines,
las papas
hierven vigorosamente,
el asado
golpea
con su aroma
en la puerta,
es hora!
vamos!
y sobre
la mesa, en la cintura
del verano,
el tomate,
astro de tierra,
estrella
repetida
y fecunda,
nos muestra
sus circunvoluciones,
sus canales,
la insigne plenitud
y la abundancia
sin hueso,
sin coraza,
sin escamas ni espinas,
nos entrega
el regalo
de su color fogoso
y la totalidad de su frescura.
Pablo Neruda

 Ce sont mes photos. / Son mis fotos.

14 juil. 2012

Joyeuse insomnie / Alegre insomnio


La poésie n'est pas le domaine où Robert Graves excelle, mais je tenais à publier “Not to sleep the all night long”, à mettre un peu de joie dans le panorama affligeant, désespéré pour beaucoup, de ce moment hispanique mais pas que...
Ma traduction de l'anglais était lourde, sans grâce aucune, et j'ai fait appel à BOL qui a aussitôt accepté le défi. Tous mes remerciements cher ami "norvégien", je vous ai dit combien votre traduction m'a séduite par sa légèreté et son rythme...magnifique!

La poesía no es el dominio donde Robert Graves se distingue, pero deseaba publicar “Not to sleep the all night long”, poner un poco de alegría en el panorama desolador, desesperado para muchos, de este momento hispánico, pero no tan solo...
Elisabeth Baysset http://elisabeth-baysset.net/

Ne pas dormir de la nuit quelle joie,
Ne compter ni moutons ni les cloches qui sonnent,
Saluer dès l´aurore le concert des oiseaux,
Beaux enfants négligemment éveillés
Qui discutent en détails les fastes fantaisies
De la promesse qui vient  -
Qu´aura-t-elle sur elle : du rouge, du pourpre,
du bleu ou du blanc pur et simple ?
Qu´importe après tout, magnifique !

Ne pas dormir de la nuit quelle joie,
Bien peu en profitent sinon moi
Qui ris et s´étire, et dès sorti du lit
Descends quatre à quatre, survolant le tapis
Pour suivre du temps le progrès,
Et allié reconnu de l´oiseau m´envoler,
Me percher sur une branche
Et parmi les oiseaux murmurer avec eux.

(Traduction BOL)
Ludvig Eikaas Vol d'oiseaux


Pasar la noche en vela por simple gusto
sin contar ovejas sin oír campanadas.
Dándole la bienvenida a las confabuladas
avecillas, hijas del despertar del día
que en el alba discuten parleras los detalles
del atuendo que traiga aquella que se acerca.
¿Se vestirá de rojo, de púrpura o azul,
o de blanco purísimo? Será el traje glorioso.

Pasar la noche en vela por simple gusto,
lo cual es concedido a pocos, y hoy a mí;
y una vez que me ría, me estire y deje el lecho
bajaré velozmente escaleras abajo
con los pies en el aire, sólo rozando el piso
por respeto a nuestro progreso civilizado;
aunque yo preferiría volar por la ventana
y posarme en la rama más erguida en el cielo,
ser el posible aliado de las aves alertas
que agrupadas murmuran no sé qué dulcemente.
(Trad. inconnu(e))

"Vivre, c’est se réveiller la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie."  Paul Émile Victor. (merci Lily)

la nuit
de grandes plages vides
écouter les heures
Danièle Duteil , ¡gracias!

11 juil. 2012

Robert Graves devant son miroir / delante de su espejo



Ma lecture du moment est “Une femme inconnue”, écrit par la fille de Robert Graves, Lucia Graves. Tania en avait fait une chronique (ici), me l'avait gentiment passé et je suis emballée . A travers son récit autobiographique, la vie de l'écrivain et de sa famille à Deià, Mallorca; tout m'est si familier. 
J'ai senti l'urgence d'interrompre ma lecture pour aller visiter leur maison maintenant ouverte au public et qu'elle décrit fort bien; urgence aussi de me balader dans ce village entouré de montagnes que je connais depuis si longtemps. 

Le village/ el pueblo de Deià

Mi lectura del momento es “Mujer desconocida”, escrito por la hija de Robert Graves, Lucia.
Apenas empecé que sentí la urgencia de interrumpir mi lectura e ir a visitar su casa en Deià, Mallorca, ahora abierta al público, y que Lucia describe tan bien; urgencia también de pasear por ese pueblo rodeado de montañas que hace tiempo que conozco.

Robert Graves y a vécu de 1929 à 1936, l'a quitté durant et à cause de la guerre civile, mais y revint en 1946 et y resta jusqu'à sa mort en 1985. Sa tombe se trouve dans le petit cimetière, au sommet du village, et en visitant la maison on se rend compte qu'il était très proche des habitants (hijo-fils adoptivo)

Robert Graves vivió allí de 1929 a 1936, se fue durante y por culpa de la guerra civil, pero volvió en 1946 y se quedó hasta su muerte en 1985. Su tumba se encuentra en el pequeño cementerio, en lo alto del pueblo, y al visitar su casa uno se da cuenta que vivía muy cerca de los habitantes (hijo adoptivo).

Dans le musée (clic pour agrandir)

C'est ici qu'il écrivit la majeure partie de son oeuvre dont “Moi, Claudio” ou la magnifique “Déesse Blanche” (mythes celtes) ou "Mythes grecs".
Es aquí donde escribió la mayor parte de sus obras, entre otras, “Yo, Claudio” o la magnífica "Diosa Blanca” (mitos celtas) o "Mitos griegos".


Dans la maison, un miroir, et l'enregistrement de ce poème “The face in the mirror” que j'ai traduit du mieux possible, mais toute suggestion est bienvenue!

Le visage dans le miroir

Des yeux gris, tourmentés, lumineux et absents
Dans de grandes orbites inégales; un sourcil légèrement
Penché sur un œil
A cause d'un débris de missile logé dedans,
Profond dans la peau, comme un souvenir fou d'une vieille guerre mondiale.
 
Nez cassé et tordu; un placage au rugby en fut le coupable.
Joues sillonnées; cheveu grossier et gris qui flotte avec délire;
Front haut et ridé;
Menton proéminent; grandes oreilles; mâchoire “pugilistique”;
Dents rares; lèvres grosses et rouges; bouche ascétique.

J'arrête de me raser, je retire la lame, renfrogné, me moquant
De l'homme dans le miroir dont la barbe exige mon attention,
Et je lui demande une fois de plus pourquoi
Avec une présomption juvénile, il se dispose encore
A faire la cour à la reine dans son haut pavillon de soie.



En la casa, un espejo y la grabación de ese poema “The face in the mirror” .



EL ROSTRO EN EL ESPEJO
Ojos grises atormentados, luminosos y ausentes
En grandes órbitas desiguales; una ceja ligeramenteC
Caída sobre un ojo
A causa de una esquirla de misil alojada dentro,
Muy dentro de la piel, como un loco recuerdo de una vieja guerra mundial.
Rota y torcida la nariz: un placaje en el rugby fue el culpable.
Mejillas surcadas; pelo tosco y gris que flota con delirio;
Alta frente arrugada;
Prominente mentón; grandes orejas; quijada pugilística;
Dientes escasos; labios gruesos y rojos; ascética boca.
Dejo de afeitarme, retiro la navaja, burlándome ceñudo
Del hombre en el espejo cuya barba exige mi atención,
Y una vez más le pregunto por qué
Todavía, con presunción juvenil, se dispone
A cortejar a la reina en su alto pabellón de seda.

4 juil. 2012

Une chanson de mes étés / Una canción de mis veranos


L'été c'était Bautista et ses chansons, toujours les mêmes, il les connaissait par cœur. Il chantait bien et ses plus de quatre-vingt ans n'avaient pas altéré sa voix.
La chanson espagnole de toujours, des airs dansants, et soudain, ¡hop ! il faisait un petit pas de côté.
En boucle passaient “Los Panchos” que je n'appréciais que très modérément, et la merveilleuse María Dolores Pradera, une grande dame de la chanson espagnole. C'est sur l'une de ses chansons, sublime, des années '60 écrite par Mario Cavagnaro, « Le chapelet de ma mère » que nos vues divergeaient.
Histoire d'une femme abandonnée/trompée par son mari qui fait preuve d'une fierté peu commune. Je vous laisse d'abord l'écouter en suivant, si vous voulez, la traduction.

El verano era Bautista y sus canciones, siempre las mismas, se las sabía de memoria. Cantaba bien y sus más de ochenta años no habían alterado su voz.
La canción española de siempre, aires para bailar y de repente, ¡hop! daba un pasito de lado.
Enlazaba sin pausa “Los Panchos”, que me gustaban muy moderadamente con la maravillosa María Dolores Pradera. Es sobre una de sus sublime canciones, “El rosario de mi madre”, escrita en los años '60 por Mario Cavagnaro, donde nuestros puntos de vista divergían. Historia de una mujer abandonada/ engañada por su marido que demuestra una dignidad poco común.
Primero os dejo escucharla.



El rosario de mi madre / Le chapelet de ma mère
Aunque no creas tú
Como que me oye Dios
Esta será la última cita de los dos
Comprenderás que es por demás
Que te empeñes en fingir
Même si tu le crois pas
Dieu m'est témoin
Ce sera notre dernière rencontre
Tu comprendras qu'il est inutile
Que tu t'obstines à feindre

Porque el dolor de un mal amor
No es como para morir
Pero desecha ya
Mi más bella ilusión
A nadie ya en el mundo
Daré mi corazón
Car la douleur d'un mauvais amour
N'est pas mortelle
Mais détruit
Ma plus belle illusion
À personne au monde
Je ne donnerai plus mon coeur

Devuélveme mi amor
Para matarlo
Devuélveme el cariño que te di
Tú no eres quien merece conservarlo
Tú ya no vales nada para mí
Rends-moi mon amour
Pour le tuer
Rends-moi l'affection donnée
Ce n'est pas toi qui mérites de la conserver
Tu ne vaux plus rien pour moi.

Devuélveme el rosario de mi madre
Y quédate con todo lo demás
Lo tuyo te lo envío cualquier tarde
No quiero que me veas nunca más
Rends-moi le chapelet de ma mère
Et garde tout le reste
Tes biens, je te les renvoie un de ces jours
Je veux que tu ne me voies jamais plus.

.(Répétitions)
 (Trad: Colo)


« Rends-moi mon amour pour le tuer » , n'imagine-t-on pas ce vers déclamé avec emphase dans une grande tragédie classique ?

Mais c'est arrivée à ce couplet que je partais immanquablement d'un grand fou rire.
« Rends-moi le chapelet de ma mère et garde tout le reste ». Quelle dignité ! Tragiquement parfait.
Autres temps, autres mœurs.
Le coté tragique des chansons - j'imagine que chacun de vous, en votre langue, pense à l'une ou l'autre- devient-il souvent comique avec le temps ?

Devuélveme mi amor para matarlo” ¿No nos imaginamos este verso declamado con énfasis en una tragedia clásica?

Y con el siguiente verso, siempre me entraba una carcajada.
Devuélveme el rosario de mi madre y quédate con todo lo demás.” ¡Qué dignidad! Trágicamente perfecto. Otros tiempos, otras costumbres.

El lado trágico de las canciones -me imagino que cada uno, en su idioma, piensa en algunas - ¿se vuelve a menudo cómico con el tiempo?

27 juin 2012

L'âme mystérieuse de l'Espagne populaire / El alma misteriosa de la España popular


L'endroit est superbe et si frais en été; ce fut le premier hôtel de Palma transformé maintenant en salles d'exposition par La Caixa. En ce moment il y en a deux : la plus importante, et à ne pas rater, offre de très nombreux dessins, souvent fort féroces, sarcarstiques, de George Grosz.
El sitio es magnífico y tan fresco en verano ; fue el primer hotel de Palma ahora trasformado en salas de exposición por La Caixa. En este momento hay dos: la más importante, no se la pierdan, ofrece numerosos dibujos, a menudo feroces, satíricos, de George Grosz.



Mais c'est au deuxième étage que je vous mène aujourd'hui, une vraie découverte pour moi, la photographe Cristina García Rodero. La première femme espagnole devenue membre de l'agence Magnum.
Pero hoy os llevo al segundo piso. Fue para mí un verdadero descubrimiento, las fotos de Cristina García Rodero. La primera mujer española miembro de la agencia Magnum.
Il est rare d'entendre rire lors des visites d'expos, non ? Des trois personnes dans la salle, deux d'entre elles, plus très jeunes, se marraient devant certaines photos dont celles-ci.
Pocas veces se oye reir en las visitas de exposiciones, ¡no ? Des las tres personas presentes en la sala, dos de ellas, ya no muy jóvenes, se partían de risa delante de algunas fotos, de las cuales estas.
La confesión, Nuestra Señora de los Milagros / Lugo 1980





El ofertorio 1979 Amil



Le sujet est « Espagne occulte » , une longue série de photos en noir et blanc, des fêtes religieuses, des gens, plutôt des gens pendant les fêtes, dans les années '70-'80.
« J'ai essayé de photographier l'âme mystérieuse, vraie et magique de l'Espagne populaire avec sa passion, son amour, humour, tendresse, rage, douleur, avec sa vérité ; et les moments les plus intenses et pleins de la vie des personnages, aussi simple qu'irrésistibles, avec toute leur force intérieure, en un défi personnel qui me donna force et compréhension et dans lequel j'ai investi tout mon coeur. » C. García Rodero.

El tema es « España oculta », una larga serie de fotos en blanco y negro, de fiestas religiosas, de gente, mejor dicho de gente durante las fiestas, en los años '70-'80.
Cristina García Rodero
"Intenté fotografiar el alma misteriosa, verdadera y mágica de la España popular con su pasión, su amor, humor, ternura, rabia, dolor, con su verdad; y los momentos más intensos y plenos en la vida de los personajes, tan simples como irresistibles, con toda su fuerza interior, en un desafío personal que me dio fuerza y comprensión y en el cual invertí todo mi corazón."

C'est l'Espagne d'hier, d'aujourd'hui aussi ; sinon allez vous promener dans les villages en fête.
Es la España de ayer, también la de hoy ; sino vayan a pasearse por los pueblos en fiestas.

Sa photo préférée ? Il paraît que c'est la petite fille qui saute en chantant devant un cimetière et qui représente un fort contraste vie-mort, la magie et le mélange réel-irréel.
¿Su foto preferida ? Parece ser la niña que salta y canta delante de un cementerio y que representa un fuerte contraste vida-muerte, la magia y la mezcla real-irreal.   
                               
                                                                 













Les miennes? Celles-ci peut-être.
¿Las mías ? Estas tal vez.

 


La tarde 1978 / Campillo de Arenas
Pour ôter les "froids dans le dos".
Las potencias del alma 1976 / Puente Genil (Córdoba)


 Il y en a tant, toutes émouvantes, que voici un document en PDF où vous pourrez en regarder des dizaines...bien que la qualité ne soit pas très bonne.

Sur cette vidéo, d'autres...



Photos: Cristina García Robero trouvées sur la toile / Fotos de Internet

22 juin 2012

Un parler lent / Un hablar lento


L'été c'est aussi les touristes, plan à la main, perdus quand même. Et les questions, mal posées et mal comprises, et les réponses plus souvent mimées que dites.
J'ai repêché et traduit un extrait d'une chronique d'Elvira Lindo; j'aime son style simple, son ton mordant et l'apparente banalité de ses propos.
Et puis j'ai souvenir de tant et tant de malentendus...
El verano es también los turistas, plano en mano pero pedidos. Y las preguntas, mal hechas y mal comprendidas, y las respuestas más a menudo mimadas que dichas.
Conseguí encontrar este artículo de Elvira Lindo del cual me acordaba bien; me gusta su estilo simple, su tono mordaz y la aparente banalidad de sus propósitos.
También tengo recuerdos de tantos malentendidos...
Eastern Han Dynasty / Gentlemen in conversation

« Le bonheur d'une langue étrangère le ressentent ceux qui n'en savent que quatre phrases, basiques: combien ça coûte, où se trouve cela, quelle heure est-il, je viens d'Espagne (ou je suis catalan, basque ou galicien, si on considère qu'être espagnol est vexatoire).
J'ai connu beaucoup de touristes heureux. Moi-même, à un moment, je le fus. Je vis maintenant dans le malheur de celui qui sait un peu plus. Savoir un peu plus consiste à connaître la magnitude de tout ce qu'on ne sait pas. Comprendre et être compris, que c'est difficile. C'est la vie, une vallée de malentendus. On dit que ce qui est le plus intraduisible est la poésie et le sens de l'humour. La poésie ne se trouve pas seulement dans les vers, mais dans la musicalité de la langue dans laquelle tu as été élevé, qui te fait remarquer les subtilités et remarquer quand on essaye de te tromper.
Les étrangers nous sommes toujours bêtes. Lents à l'heure de percevoir une ironie, lents à l'heure de la dire nous-mêmes. Les gens lents n'ont aucune grâce. John Huston le disait déjà : « Il ne faut pas se fier des gens qui parlent lentement ». J'achète : les gens qui parlent lentement, comme en se délectant, cachent généralement sous ce manteau de solennité un esprit pauvre en idées ; cette lenteur à dire ce qu'ils ont à dire, qui est généralement une bêtise, est un genre d'égoïsme, un égoïsme que je tiens pour délictueux. : ce sont des gens qui te volent ton temps.
Mais ce n'est pas le cas du pauvre étranger, cet étranger qui parle lentement car pendant qu'il parle il pourchasse dans sa tête les mots qu'il va employer dans la phrase suivante et parce qu'il se sent souvent idiot et incompris.
Le moment le plus satisfaisant dans une langue est celui où tu comprends une blague et tu ris au même moment que tous les autres. (...) »
Elvira Lindo El País, 30 Septembre 2007 , Extrait. (Trad: Colo)

Juan Muñoz - Conversación


LA FELICIDAD de una lengua extranjera la tienen los que sólo se saben cuatro frases, las básicas: cuánto cuesta esto, dónde está lo otro, qué hora es, soy de España (o soy catalán, vasco o gallego, si es que se considera el ser español algo vejatorio). 
He conocido a muchos turistas felices. Yo, en su momento, también lo fui. Ahora vivo en la infelicidad del que sabe algo más. Saber algo más consiste en conocer la magnitud de todo aquello que no se sabe. Entender y ser entendido, qué difícil. Eso es la vida, un valle de malentendidos. Dicen que lo más intraducible es la poesía y el sentido del humor. La poesía no sólo está en los versos, sino en la musicalidad de la lengua en la que te criaste, que te hace advertir sutilezas y advertir cuándo te la están colando.
 Los extranjeros siempre somos tontos. Lentos a la hora de percibir una ironía, lentos a la hora de decirla nosotros. La gente lenta no tiene ninguna gracia. Ya lo dijo John Huston: "No hay que fiarse de la gente que habla lento". Se lo compro: las personas que hablan lento, como recreándose, suelen esconder bajo ese manto de solemnidad una mente escasa de ideas; ese tardar tanto en decir lo que tienen que decir, que normalmente es una tontería, es un tipo de egoísmo, un egoísmo que tengo por delictivo: son personas que te roban el tiempo. 
Pero no es el caso del pobrecito extranjero, ese extranjero que habla lento porque mientras habla anda cazando en su mente las palabras que usará en la siguiente frase y porque a menudo se siente un idiota y un incomprendido. El momento más satisfactorio que se tiene en una lengua es aquel en el que pillas un chiste y te ríes en el mismo momento en el que se ríe todo el mundo.” 

Carabanchel Alto y Carabanchel Bajo (Extracto)

Elvira Lindo 30 SEP 2007 El País.
 

17 juin 2012

Peluches en fête / Pelusas de fiesta


Ce dimanche midi, 30º à l'ombre.
Une balade dans les rares sous-bois de feuillus pas loin de chez moi se décide.
Peut-être même y aura-t-il un reste d'eau dans la petite rivière...

Non, plus une goutte, mais une vision magique et une forte illusion de fraîcheur.

Este domingo a mediodía, 30º a la sombra.
Un paseo por los escasos sota bosques de árboles frondosos cerca de casa se decide.
Tal vez quedará incluso un poco de agua en el pequeño torrente...

No, ni una gota, pero una visión mágica y una fuerte ilusión de frescura.
            
Les "coupables" / Los "culpables"


Torrents de douceur / Ríos de dulzura


Aaaatchoum, rentrons /Aaaachís, volvamos

NB: Après vérifications, ces peluches blanches ne sont pas du pollen mais des sortes de parachutes remplis de semences que produisent les dames peupliers pour que s'éparpillent les graines fécondées.
Después de unas verificaciones, esas pelusas blancas no son polen sino especies de paracaídas llenos de simientes producidos por damas chopos para que se esparzan mejor.

15 juin 2012

"Il est vivant" / "Está vivo"


Beaucoup d'encre a coulé sur la relation amicalo-amoureuse qui exista entre F.G. Lorca et S.Dalí.
Aujourd'hui je vous propose une lettre écrite par Lorca en 1927 au journaliste et critique d'Art Sebastian Gasch. Elle apporte un éclairage intéressant sur le personnage de Dalí.
Mucho se ha escrito sobre la relación amistosa-amorosa entre F.G. Lorca y S. Dalí.
Hoy os propongo una carta escrita por Lorca en 1927 al periodista y crítico de Arte Sebastian Gasch.
Aporta una luz interesante sobre Dalí. 
 
« Je sens chaque jour un peu plus le talent de Dalí. Il me semble unique et possède une sérénité et une clarté de jugement dans ses idées qui me semblent réellement émouvantes. Il se trompe et ça n'a pas d'importance. Il est vivant. Son intelligence très fine va de pair avec un infantilisme déconcertant, formant un mélange si insolite qu'il est absolument original et captivant. Ce qui m'émeut le plus en lui en ce moment est son délire de construction (c'est à dire de création), où il prétend créer à partir du rien, et il fait des efforts et il se lance dans des rafales avec tant de foi et d'intensité que cela semble incroyable. Rien de plus dramatique que cette objectivité et cette recherche de la joie pour la joie elle-même. (…)
Dalí est l' homme qui lutte armé d'une hache dorée contre les fantasmes. (...) »

« Yo siento cada día más el talento de Dalí. Me parece único y posee una serenidad y una claridad de juicio para lo que piensa que es verdaderamente emocionante. Se equivoca y no importa. Está vivo. Su inteligencia agudísima se une a su infantilidad desconcertante. En una mezcla tan insólita que es absolutamente original y cautivadora. Lo que más me conmueve en él ahora es su delirio de construcción (es decir, de creación), en donde pretende crear de la nada y hace unos esfuerzos y se lanza a unas ráfagas con tanta fe y tanta intensidad que parece increíble. Nada más dramático que esta objetividad y esta busca de alegría por la alegría misma. (…)
Dalí es el hombre que lucha con hacha contra los fantasmas. (..)"
(Trad. Colo)

Parmi leurs multiples oeuvres, la présence de l'autre est fréquente.
Ainsi sur ce tableau de Dalí, leurs deux têtes emmêlées.
Entre sus múltiples obras, la presencia del otro es frecuente.
Así en este cuadro sus cabezas enredadas.

 
Puis cette ode de Lorca, traduite par Paul Éluard et adressée à Dalí.
Después esa oda dedicada por Lorca a Dalí.

Ode a Salvador Dalí. (extrait)

Ô Salvador Dalí à la voix olivée !
Je dis ce que me disent ta personne et tes tableaux.
Je ne loue pas ton imparfait pinceau adolescent,
Mais je chante la parfaite direction de tes flèches.

Je chante ton bel effort de lumières catalanes
Et ton amour pour tout ce qui explicable.
Je chante ton cœur astronomique et tendre,
Ton cœur de jeu de cartes, ton cœur sans blessure.

Je chante cette anxiété de statue que tu poursuis sans trêve,
La peur de l’émotion qui t’attend dans la rue.
Je chante la petite sirène de la mer qui te chante,
Montée sur une bicyclette de coraux et de coquillages.

Mais avant tout je chante une pensée commune
Qui nous unit aux heures obscures et dorées.
L’art, sa lumière ne gâche pas nos yeux.
C’est l’amour, l’amitié, l’escrime qui nous aveuglent.
Traduction Paul Éluard 1938
(Pour lire le poème en entier:

Oda a Salvador Dali (extracto)

¡Oh Salvador Dalí de voz aceitunada!
Digo lo que me dicen tu persona y tus cuadros.
No alabo tu imperfecto pincel adolescente,
pero canto la firme dirección de tus flechas. 
 
Canto tu bello esfuerzo de luces catalanas,
tu amor a lo que tiene explicación posible.
Canto tu corazón astronómico y tierno,
de baraja francesa y sin ninguna herida. 
 
Canto el ansia de estatua que persigues sin tregua
el miedo a la emoción que te aguarda en la calle.
Canto la sirenita de la mar que te canta
montada en bicicleta de corales y conchas. 
 
Pero ante todo canto un común pensamiento
que nos une en las horas oscuras y doradas.
No es el Arte la luz que nos ciega los ojos.
Es primero el amor, la amistad o la esgrima.