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11 févr. 2024

L'espace du chant

 

Certains trocs sont plus intéressants que d’autres, le dernier m’enchante: des amandes grillées de Majorque en échange de livres de poésie.

Ainsi viennent d’arriver deux recueils de Guillevic, Eugène. Superbes.

En ce dimanche voici trois très courts poèmes de la partie intitulée Le chant.


Le chant

Ouvre ses espaces

En dehors de l’espace.


                                               ………


Si le chant

N’épouse pas le silence

Alors il n’est pas.


………

                                   Marc Chagall, Le violoniste bleu 1947


Le chant

Insinue toujours


Qu’il est là

Pour le salut de ceux

Auxquels il se donne.


Art poétique, Guillevic, Le chant, p324,329 Poésie / Gallimard


14 mars 2017

Nuit témoin / Noche testigo



Un jour je reçois ce gentil message:
"Je suis auteure, poète. Et je tombe sur votre blog à deux reprises en faisant de petites recherches.
Je suis très sensible à la poésie espagnole.
Je vous remercie de m'avoir fait découvrir de grands poèmes."

Signé: Laurine Rousselet.

Nous prenons contact, et sur mon offre de traduire/publier un ou deux de ses poèmes...voici le premier.

Un día recibo un mensaje muy amable y alentador de la poetisa francesa Laurine Rousselet. No la conocía y le ofrecí traducir un par de poemas suyos al español. Aquí tienen el primero:

 
Robinet Testart, Hypsipyle écrivant. Manuscrit, vers 1496-1498 © Bnf, Paris, FR 875



la fièvre se tient dans la valise
gagnée par le temps et l’itinérance
ouvrir sa trousse
y fourrer de l’écrire
du bleu et des galets
des rendez-vous capables

le ciel n’est pas pastel
il coûte des rideaux de pluie
ombres
déflagrations

sauter dans la vie
les deux pieds trempés d’incertitude

Laurine Rousselet
Extrait de: Nuit témoin, éditions Isabelle Sauvage, Plounéour-Ménez, France, 2016.
                                 

la fiebre está en la maleta
vencida por el tiempo y los traslados
abrir el estuche
embutir lo escrito
el azul y los guijarros
y las citas posibles

El cielo no es apastelado
cuesta cortinas de lluvia
sombras
estallidos

saltar a la vida
los pies empapados de incertidumbre.

(Trad: Colo)