Jeune, le poète Rafel Alberti, poète et peintre, hésita sur le chemin à prendre. S’il
choisit le premier, la couleur, ses nuances, apparaissent dans ses mots.
C’est donc lui que j’ai choisi pour accompagner cette photo prise à l’aube ce matin,
le 15 janvier 2023.
Cet extrait fait partie d’un recueil, puis d’un poème “À la peinture”
Mille neuf cent dix-sept
Mille neuf cent dix-sept
Mon adolescence: la folie
pour une boîte de peinture,
une toile blanche, un chevalet.
Bonheur de mon bagage
pour un matin impressionniste.
Plaisir divin, l’imprévue
leçon ouverte du paysage.
Candide et compliquée
coule la couleur de la palette,
qui éclaire l’arbre de violet
et de mauve le tronc à l’ombre
(…)
Le vermillon brûle heureux
de se marier avec le jaune
et de dresser la tour de briques
sous un orange lumineux.
Trad: Colo
Mil
novecientos diecisiete
Mil novecientos diecisiete.
Mi
adolescencia: la locura
por una caja de pintura,
un
lienzo en blanco, un caballete.
Felicidad de mi equipaje
en la mañana impresionista.
Divino gozo, la imprevista
lección abierta del paisaje.
Cándidamente
complicado
fluye el color de la paleta,
que alumbra al
árbol en violeta
y al tronco en sombra de morado.
(...)
El
bermellón arde dichoso
por desposar al amarillo
y erguir
la torre de ladrillo
bajo un naranja luminoso.
