23 sept. 2026

La parole entend passer le vent / La palabra oye pasar el viento

  

L'Heure des oiseaux


LUZ MARY GIRALDO (Colombienne)


                                      Insaisissable couseuse                                       
la parole
tisse d'une toile trompeuse
la blessure de la nuit:
joue à être libre
ou rêve d'aventure.
Telle l'éternelle Pénélope 
elle tisse la tunique de tous
défaufile le secret de l'attente
jusqu'à inventer un nouveau visage
ou un miroir sans nom.
Insaisissable couseuse
elle entend passer le vent
fatigué par les oiseaux.

                                                 (Trad: Colo)


 LA HORA DE LOS PÁJAROS



LUZ MARY GIRALDO (Colombiana)

Inasible y costurera               
la palabra
teje con tela engañosa
la herida de la noche:
juega a la libertad
o sueña la ventura.
Como eterna Penélope
teje la túnica de todos
deshilvana el secreto de la espera
hasta inventar un nuevo rostro
o un espejo sin nombre.
Inasible y costurera
oye pasar el viento
fatigado por los pájaros.


21 commentaires:

  1. Tisseuse, joueuse, rêveuse, couseuse, la parole est fille de l'air, comme les oiseaux. Bonne après-midi, Colo.

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  2. La parole tisse sa toile, la "détisse"...et ses broderies de mots s'en vont au quatre vents vivre d'autres aventures

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    1. C’est ainsi, comme les mots de tes poèmes, Marie

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  3. Beau poème, extraordinaire photo !

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  4. La parole, les mots toujours recommencés. Tisser, ratisser, métisser, et ne pas rapetisser. ;-)

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    1. Les métissages sont toujours sources de richesses, oui. Rien de petit là dedans, surtout pas !
      Merci K.

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  5. La parole est une couseuse c'est une jolie expression pour définir ses envolées, ses retours en arrière et sa liberté. C'est beau de la comparer aux oiseaux dans ce poème et je n'avais jamais pensé que la parole jouait à être une autre :) Joli choix de poème. Merci Colo pour cette traduction. Je ne connaissais pas cette poétesse colombienne.

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    1. Merci à toi, Manou, un poème très imagé, comme souvent les poèmes sud américains.

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  6. Couseuse infatigable, comme le vent et comme les oiseaux.

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  7. Le vent fatigué par les oiseaux : drôle d'idée. La parole tisse, en effet, une toile ou une tunique ou autre chose. Bon dimanche. Bises.

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    1. Elle tisse des liens, aucun doute, Élisabeth. Merci bonne journée à toi aussi.

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  8. Tout se mêle et s'entremêle,la parole, le vent, les oiseaux... Très bien choisi ce poème que je découvre grâce à toi !

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    1. Merci, la vie est un grand mélo-mélo de vécus divers, oui, bonne journée !

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  10. C'est magnifiquement poétique, je demanderai à ma belle sœur colombienne si elle connaît cette poétesse, merci dame Colo, des bises et des pensées douces vers toi. brigitte

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    1. Oh, tu as une belle sœur Colombienne ! Tu me diras..je ne sais pas du tout si cette poétesse est très connue ou pas...
      Bonne journée et merci, un beso

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  11. la parole est quelque chose que j'ai souvent utilisé à tort lorsque j'étais plus jeune - elle m'a fait commettre bien des erreurs - et certainement pas aussi poétique que ce beau texte - merci colo

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    1. Ça nous arrive à tous je crois d’avoir trop ou mal dit.. l’âge rend plus prudent et circonspect heureusement 😅.
      Merci à toi Niki

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