23 mars 2011

Par ces temps angoissants.../ En estos tiempos de angustias...


De temps en temps les cieux du monde se gâtent et, pour chasser les angoisses, je sens le besoin de republier ce poème de Quevedo. Je le dédie à BOL.

La traduction, inspirée pour certains vers de Jacques Ancet, est de moi… et donc très imparfaite !

De vez en cuando el cielo del mundo se oscurece y, para ahuyentar las angustias, siento la necesidad de volver a publicar este poema de Quevedo.

Amants Gauguin 1902


Francisco de Quevedo 1580-1645

DEFINIENDO EL AMOR Soneto

Es hielo abrasador, es fuego helado,

es herida, que duele y no se siente,

es un soñado bien, un mal presente,

es un breve descanso muy cansado.


Es un descuido, que nos da cuidado,

un cobarde, con nombre de valiente, .

un andar solitario entre la gente,

un amar solamente ser amado.


Es una libertad encarcelada,

que dura hasta el postrero parasismo,

enfermedad que crece si es curada.


Este es el niño Amor, este es tu abismo:

mirad cuál amistad tendrá con nada,

el que en todo es contrario de sí mismo.

POUR DÉFINIR L'AMOUR Sonnet

Il est glace brûlante, feu gelé,
une plaie douloureuse qu’on ne sent,
il est un bien rêvé, un mal présent,
un bref repos très fatigué.

Il est abandon, qui nous tient occupés,
un lâche au nom de vaillant
une marche solitaire parmi les gens,
un vouloir absolu d’être aimé.

Il est liberté prise en ses liens,
qui dure jusqu’au délire ultime,
maladie qui croît si on en prend soin.

Tel est l’enfant Amour, tel est ton abîme:
voyez quelle amitié il aura avec rien,
lui qui est tout le contraire de lui-même.

17 mars 2011

Larmes de lézards / Lágrimas de lagartos

C’est une chanson, un poème pour enfants écrit par F. García Lorca qui m'a toujours émue.

Pour ceux d’entre vous qui apprenez ou consolidez votre espagnol, pas de problème, niveau facile, ne regardez pas plus bas.

Et pour l’histoire, interprétez-la comme bon vous semblera….

A Mademoiselle Teresita Guillén...tocando su piano de seis notas.

El lagarto está llorando
(Federico García Lorca)


El lagarto está llorando.
La lagarta está llorando.

El lagarto y la lagarta
con delantaritos blancos.

Han perdido sin querer
su anillo de desposados.

¡Ay, su anillito de plomo,
ay, su anillito plomado!

Un cielo grande y sin gente
monta en su globo a los pájaros.

El sol, capitán redondo,
lleva un chaleco de raso.

¡Miradlos qué viejos son!
¡Qué viejos son los lagartos!

¡Ay cómo lloran y lloran.
¡ay! ¡ay!, cómo están llorando!

Le lézard est tout en larmes…

À Mademoiselle Teresita Guillèn
qui joue sur son piano à six notes


Le lézard est tout en larmes
La lézarde est tout en larmes.

Le lézard et la lézarde
en petits tabliers blancs.

Ils ont perdu par mégarde
leur anneau de mariage.

Aïe, leur anneau de plomb
aïe leur joli anneau plombé!

Un grand ciel solitaire
embarque à son bord les oiseaux.

Le soleil, gros capitaine,
porte un gilet de satin.

Regardez comme ils sont vieux!
Comme ils sont vieux, les lézards!

Aïe comme ils pleurent, et pleurent!
aïe, aïe, comme ils pleurent!

Federico GARCIA LORCA Chansons pour enfants Trad:Colo


Voici la superbe adaptation musicale et vocale de Paco Ibañez.


11 mars 2011

Expo "Heroínas" en Madrid


L’exposition « Heroínas » qui a lieu en ce moment et jusqu’au 5 juin au musée Thyssen-Bornemizsa de Madrid tient son nom de la sculpture colossale « L’Héroïne » de Gaston Lachaise (1932) et présente 120 œuvres venant du monde entier.

Comme je ne l’ai pas (encore) vue mais que j’aimerais que soyez tentés d’y aller, ce sont le commissaire de l’exposition Guillermo Solana et une journaliste qui vont vous la présenter.

La exposición « Heroínas » que tiene lugar en este momento y hasta el 5 de junio en el museo Thyssen-Bornemizsa de Madrid saca su nombre de la colosal escultura “La Heroína” de Gaston Lachaise (1932) y presenta 120 obras procedentes del mundo entero.

Como no la he visto (todavía) pero que me gustaría que os apeteciera acudir, son el comisario de la exposición, Guillermo Solana y una periodista quienes os la van a presentar.

À propos de cette sculpture emblématique, Luz Sánchez-Mellado écrit dans un article publié dans El País 27-02-2011 : « …elle impose distance et admiration, oui, mais surtout du respect. (…) Elle est nue, ses seins, sa taille, ses hanches et ses cuisses imposent, mais ce n’est pas ce qui impressionne le plus. Ce qui paralyse est son regard. Un mélange d’élégance, d’arrogance et d’assurance qui hypnotise. Elle ne semble vouloir plaire à personne. Elle n’offre ni ne demande rien. Elle se suffit à elle-même. Les bronzes ne parlent pas, de plus elle a la bouche fermée, mais elle semble dire : Je suis ici, regardez-moi. Et elle est là, en effet, et on ne peut détourner son regard d’elle. »

De esta escultura emblemática escribe Luz Sánchez-Mellado en un artículo publicado en El País 27-02-2011: “…impone distancia y admiración, sí, pero sobre todo respeto. (…) Está desnuda, y sus pechos, su cintura, sus caderas y sus muslos apabullan lo suyo, pero no es eso lo que más impresiona. Lo que paraliza es su mirada. Una mezcla de arrogancia y seguridad en sí misma que hipnotiza. No parece querer agradar a nadie. No ofrece ni pide nada. Se basta y se sobra sola. Los bronces no hablan, y además, ella tiene la boca cerrada, pero parece estar diciendo: Aquí estoy yo, miradme. Y aquí está, en efecto, y no se puede dejar de mirarla.”

« La représentation de la femme dans l’art occidental s’est principalement limitée à deux stéréotypes: mères et séductrices. La maternité et l’objet érotique. Des femmes presque toujours au service de l’homme, soumises, vaincues, complaisantes. Mais le sujet de notre exposition sont les femmes fortes : actives, indépendantes, provocantes, inspirées, créatrices, dominatrices, triomphantes ». Guillermo Solana.

« La representación de la mujer en el arte occidental se ha limitado mayoritariamente a dos estereotipos: madres y seductoras: la maternidad y el objeto del deseo erótico. Mujeres casi siempre al servicio del hombre, sumisas, vencidas, complacientes. Pero el objeto de nuestra exposición son las figuras de mujeres fuertes: activas, independientes, desafiantes, inspiradas, creadoras, dominantes, triunfantes”. Guillermo Solana

« Voir cet éblouissant défilé d’amazones et magiciennes, d’athlètes et de ménades, de lectrices et travailleuses, de sorcières et de saintes, de bonnes et mauvaises filles donne envie de leur organiser une fête. Elles ont vécu ou furent créées à des siècles, même des millénaires, différents. Mais sûr qu’elles se seraient bien entendues (…) » (même article de El País)

« Viendo este deslumbrante desfile de amazonas y magas, atletas y ménades, lectoras y trabajadoras, brujas y santas, buenas chicas y chicas malas, dan ganas de montarles una fiesta. Vivieron o fueron creadas en siglos, incluso milenios, diferentes. Pero seguro que se hubieran caído bien. (…)” (mismo artículo de El País)

Intéressant me direz-vous peut-être, mais y a-t-il également, à côté des œuvres réalisées par leurs collègues masculins aussi célèbres que Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… des créations réalisées par des femmes ?

Mai oui, mais oui ! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... y sont présentes.


Interesante me diréis tal vez, pero ¿también hay, al lado de las obras realizadas por sus colegas masculinos tan celebres como Rubens, Rembrandt, Goya, Delacroix, Hopper… creaciones realizadas por mujeres?

¡Claro que sí! Marina Abramovic, Sarah Jones, Mona Hatoum, Julia Fullerton-Battem, Pipilotti Rist, Frida Kahlo, Berthe Morisot, Nancy Spero... están allí presentes.


Voici l’adresse officielle du musée.

Tous les détails pratique ici .

Et une vidéo de l’expo ici

Vous pouvez cliquer sur toutes les photos pour les agrandir….comme toujours !

Podéis hacer clic en todas las fotos para verlas más grandes…. ¡como siempre!

Fotos.

1) Héroïne - Gaston Lachaise

2) Homenaje a Santa Teresa - Marina Abramovic

3) Amazone blessée - Franz von Stuck

4) Camila - Sarah Jones

5) El heroe II- Marina Abramovic

6) Prêtresses - Emil Nolde

3 mars 2011

Poésie dans la cuisine / Poesía en la cocina


Ce billet est inspiré d’un article intitulé « Choses de grand-mères » (El País 27-02-2011) écrit par Elvira Lindo. Este texto está inspirado en un artículo titulado “Cosas de abuelas” (El País 27-02-2011) escrito por Elvira Lindo

J’ignore comment sont, ailleurs, les cuisines des femmes d’un certain âge ; ici celles de la Encarna, de la Valeriana ou de la Francisca sont de véritables bazars, des mines de trésors qui pourraient faire l’objet d’une thèse de sociologie.

« Je pense que celui qui ne s’est pas assis un jour dans l’une de ces cuisines ne peut connaître l’essence du pays ». Car ces dames gardent tout, recyclent tout, littéralement. Dans quelques mètres carrés.

Les enfants ou les petits enfants leur offrent une cafetière électrique, une série de tupperware, un appareil à écraser l’ail ? Elles remercient chaleureusement, font semblant d’en avoir compris le fonctionnement et, sitôt partis, elles les recouvrent d’un chapeau en crochet (pour la poussière), et continuent à employer leurs vieux ustensiles. Elles sont heureuses de découper par le milieu un tetrabrik de lait, d’employer le bas pour y conserver une ration de nourriture et le haut comme couvercle… pas besoin de salir un tupper. La vieille petite cafetière qu’elles mettent sur le feu, bien sûr la poignée est cassée mais elles savent s’en servir sans se brûler, et puis c’est juste la bonne mesure…Et, enfin, rien ne peut remplacer leur vieux mortier en bois imprégné du goût d’ail !


Ignoro cómo son, en otras partes, las cocinas de las mujeres de cierta edad; aquí las de la Encarna, la Valeriana o de la Francisca son verdaderos bazares, minas de oro que podrían ser el objeto de una tesis de sociología. “Pienso que quien no se haya sentado a hablar alguna vez en una de estas cocinas no está capacitado para conocer la esencia del país”.

Porque esas señoras lo guardan todo, lo reciclan todo, literalmente. En unos metros cuadrados.

¿Sus hijos o nietos les regalan una cafetera eléctrica, una serie de tupperware, un aparato para machacar el ajo? Les dan las gracias con mucho amor, hacen como que han entendido el funcionamiento y, nada mas marcharse ellos, los tapan con un sombrero de ganchillo para el polvo, y siguen utilizando sus viejos utensilios.

Son felices al cortar por la mitad un tetrabrik de leche y usar la parte baja para conservar una ración de comida y la otra de tapadera… ¿para qué ensuciar un tupper? La vieja cafetera que ponen en el fuego, bien es verdad que el mango está roto, pero ellas saben usarla sin quemarse, y además es justo la medida que toca…Y, por fin, ¡nada puede reemplazar su viejo mortero impregnado de sabor a ajo!

Dans la réserve il y a évidemment des bocaux en prévision des conserves, mais aussi une boîte remplie de bougies d’anniversaire mi-consumées, une autre avec des bouchons de bouteille, des élastiques récupérés sur les bottes de poireaux, un sac en plastique avec le pain dur -elles en feront de la chapelure-, de jolis essuie-main de cuisine qui sont trop beaux pour les salir, leur téléphone portable à côté d’une liste des numéros d’urgence, une boîte encore avec des photos de tous, les annonces de mariage et de décès…un vrai bazar dont elles sont fières.

En la despensa hay por supuesto tarros de cristal para hacer conservas, pero también una caja llena de velas de cumpleaños medio gastadas, otra con corchos de botellas, gomas elásticas recuperadas de los manojos de puerros, una bolsa de plástico con el pan seco, - ellas lo rallarán-, bonitos trapos de cocina demasiado bonitos para mancharlos, su móvil al lado de una lista de números de urgencia, una caja con fotos de todos, anuncios de bodas y de fallecimientos…..un verdadero bazar del cual están orgullosas.

Elvira Lindo pensait que ce genre de cuisine n’existait que dans des coins de la Méditerranée jusqu’à ce qu’elle voit POETRY, le magnifique film du coréen Lee CHAN-dong. « Il y avait longtemps que je ne voyais un film qui m’émeuve tant. Les villes occidentales se sont remplies ces dernières années de restaurants exotiques et nous avons pensé, erronément, qu’à travers eux nous connaissions la Chine, la Corée, le Vietnam ou ces pays arabes qui nous montrent en ce moment des désirs si pareils aux nôtres. ( …) La cuisine de la grand-mère qu’interprète l’actrice Yoon Jeong-Hee ressemble à la cuisine de nos grand-mères » (…).

«Elle (la grand-mère) ne sait pas que la poésie de sa vie, plus que dans les feuilles de l’arbre ou dans la brise, est dans la cuisine, si puissamment sienne et nôtre aussi» (…).


Elvira Lindo pensaba que este tipo de cocinas sólo existía en algunos rincones del Mediterráneo hasta que vio POETRY, la magnífica película del coreano Lee Chan-dong. “Hacía tiempo que no veía una película que me conmoviera así. Las ciudades occidentales se nos han ido llenando en los últimos años de restaurantes exóticos y hemos pensado, ilusos, que a través de ellos conocíamos China, Corea, Vietnam o esos países árabes que ahora nos muestran anhelos tan similares a los nuestros. (…) La cocina de la abuela que interpreta la actriz Yoon Jeong-Hee se parece a la cocina de una de nuestras abuelas” (…).

“Ella (la abuela) no sabe que la poesía de su vida, más que en las hojas del árbol o en la brisa, está en esa cocina, tan poderosamente suya y nuestra también” (…)

Sans être encore très âgée ni (encore ?) grand-mère, j’ai pris cette photo…dans ma cuisine !

Sin ser todavía muy mayor ni (¿todavía?) abuela, saqué esa foto….¡en mi cocina!

26 févr. 2011

En vert / En verde



Une balade lente ce samedi; mon île est une belle-verte en cette fin février.
Du vert à respirer, à déguster, contempler....à caresser aussi, pourquoi pas?
Un paseo lento este sábado; mi isla es una guapa-verde en este fin de febrero.
Verde para respirar, paladear, contemplar...acariciar tambien, ¿por qué no?







Escrito con tinta verde Octavio Paz

La tinta verde crea jardines, selvas, prados,

follajes donde cantan las letras,

palabras que son árboles,

frases que son verdes constelacions.
(...)

Écrit à l'encre verte Octavio Paz

L'encre verte crée jardins, forêts, prés,
feuillages où chantent les lettres,
mots qui sont des arbres,
phrases qui sont de vertes constellations.
(..)



Champ d'artichauts




Asperges sauvages, espárragos trigueros. Délicieuses en omelette.


Romarin.... respirez! Romero...¡respirad!

Pour terminer une photo d'un tableau de mon ami peintre Ken Orton.

Para terminar una foto de un cuadro de mi amigo pintor Ken Orton.

22 févr. 2011

23F un coup d'Etat raté / 23F, un golpe de estado fallido

Ce fut le 23 février, « el 23-F » 1981 vers 18h.

Il y a 30 ans.

Franco était mort depuis 6 ans.

La transition faisait son chemin, poco a poco, prudemment, le sol espagnol semblait s’affermir.

Puis tout à coup surgit dans la salle du Congrès l’arme au poing, le colonel Tejero tirant en l’air en hurlant : « Restez tranquilles.....Tout le monde à terre..... asseyez-vous bordel ! »

Stupéfaction, panique dans le pays entier… des blindés dans les rues de Valencia… on avait presque oublié la dictature.

Les nouvelles étaient contradictoires ; les amis réunis chez nous pour écouter la radio, pour que je leur traduise aussi ce qu’en disait la radio française.

L’intervention décisive du Roi, chef des armées, à 1h00 du matin. « À 01h00 du matin, Juan Carlos Ier intervient à la télévision, en uniforme de capitaine général des armées pour s'opposer au coup d'État, défendre la Constitution… « (Wikipedia).

L’armée retourne dans les casernes, les insurgés seront punis.

Un sentiment de fragilité qui a mis des années à s’estomper.

Il n’y a que 30 ans de cela….

Fue el 23 de febrero, « El 23F » 1981 hacia las 18h.

Hace 30 años.

Hacía 6 años que Franco había muerto.

La transición hacía su camino, poco a poco, prudentemente, el suelo español parecía volverse más firme.

Cuando de repente surgió en la sala de Congreso, arma al puño, el coronel Tejero disparando y vociferando " Quietos.... todo el mundo al suelo.... ¡Se sienten, coño!".

Estupefacción, pánico en el país entero…unos vehículos blindados en las calles de Valencia… casi habíamos olvidado la dictadura

Las noticias eran contradictorias; los amigos reunidos en nuestra casa para escuchar la radio, para que les tradujera lo que decía de ello la radio francesa.

La intervención decisiva del Rey, jefe de los ejércitos, a la 1 de la madrugada. “A la 01h00 Juan Carlos interviene por televisión, en uniforme de capitán general de los ejércitos para oponerse al golpe de Estado, defender la Constitución…” (Wikipedia)

El ejército vuelve a sus cuarteles, los insurrectos serán castigados.

Un sentimiento de fragilidad que tardó años en disiparse.

Sólo han pasado 30 años…

Sur la guerre d’Espagne je vous recommande de lire le billet de JEA, Mosaïques 2, sur un film-documentaire de l’espagnol José Luís Peñafuente qui a obtenu le prix Magritte en Belgique en 2010.

Puis aussi un article (en espagnol) paru dimanche dernier dans le journal El País où des personnalités politiques racontent ce qu’ils firent ce 23 février à 18h.

Et chez Dominique, cette chronique dun livre sur la guerre civile.

Una película-documental del español José Luís Peñafuente sobre la guerra civil ha recibido el premio Magritte en Bélgica en 2010, leed aquí.

Tambien muy interesante este artículo publicado por el diario El País el domingo pasado donde personajes políticos cuentan lo que hicieron aquél 23 F a las 18h.

17 févr. 2011

La nature, l'enfance et Lorca / La naturaleza, la infancia y Lorca

En mi “Obras completas” de G.G. Lorca, muy gastado, unas entrevistas.

-¿Mi vida? ¿Es que yo tengo vida? Estos mis años, todavía me parecen niños. Las emociones de la infancia están en mí. Yo no he salido de ellas. Contar mi vida sería hablar de lo que soy, y la vida es un relato de lo que se fue. Los recuerdos, hasta los de mi alejada infancia, son en mí un apasionado tiempo presente…

Dans mon “Oeuvres complètes » de G.G. Lorca, fort usé, quelques interviews.

-Ma vie? Ai-je une vie? Les ans que j’ai appartiennent encore à l’enfance. Les émotions de l’enfance sont en moi. Je n’en suis pas sorti. Raconter ma vie serait parler de ce que je suis, et la vie est un récit de ce qui s’en est allé. Les souvenirs, même ceux de mon enfance la plus lointaine, sont en moi un temps présent passionné….

-Y se lo contaré. Es la primera vez que hablo de esto, que siempre ha sido mío solo, íntimo, tan privado, que ni yo mismo quise nunca analizarlo. Siendo niño, viví en pleno ambiente de naturaleza. Como todos los niños, adjudicaba a cada cosa, mueble, objeto, árbol, piedra, su personalidad. Conversaba con ellos y los amaba. En el patio de mi casa había unos chopos. Una tarde se me ocurrió que los chopos cantaban. El viento, al pasar por entre sus ramas, producía un ruido variado en tonos, que a mí se me antojo musical. Y yo solía pasarme las horas acompañando con mi voz la canción de los chopos…

- Et je vous le raconterai. C’est la première fois que j’en parle, cela n’a toujours appartenu qu’à moi seul, intime, si privé que même moi je n’ai jamais voulu l’analyser. Enfant j’ai vécu en pleine nature. Comme tous les enfants, j’assignais à chaque chose, meuble, objet, arbre, pierre, sa personnalité. Je conversais avec eux et je les aimais. Dans le patio de ma maison il y avait des peupliers. Un après-midi j’ai eu l’idée que les peupliers chantaient. Le vent, en passant entre leurs branches, produisait un bruit aux tons variés, qui à moi me sembla musical. Et j’avais l’habitude de passer les heures à accompagner de ma voix la chanson des peupliers…

- Amo a la tierra - dice Lorca -. Me siento ligado a ella en todas mis emociones. Mis más lejanos recuerdos de niño tienen sabor de tierra. La tierra, el campo, han hecho grandes cosas en mi vida. Los bichos de la tierra, los animales, las gentes campesinas, tienen sugestiones que llegan a muy pocos. Yo las capto ahora con el mismo espíritu de mis años infantiles. De lo contrario, no hubiera podido escribir Bodas de Sangre. Este amor a la tierra me hizo conocer la primera manifestación artística…

- J’aime la terre - dit Lorca-. Je me sens lié à elle dans toutes mes émotions. Mes souvenirs d’enfance les plus lointains ont une saveur de terre. La terre, la campagne, ont fait de grandes choses dans ma vie. Les bestioles de la terre, les animaux, les gens des campagnes ont des suggestions qui touchent bien peu de gens. Je les capte maintenant avec le même esprit que dans mes années d'enfance. Sinon je n’aurais pas pu écrire Noces de sang. C’est cet amour de la terre qui m’a fait connaître la première manifestation artistique… (trad. Colo)

(Foto olivos: http://revista.consumer.es/web/es/20070301/actualidad/informe1/71301.php)

10 févr. 2011

L'oeil d'Osiris, Malte / El ojo de Osiris, Malta

Pourquoi Malte ? D’abord parce que, comme les Baléares, c’est un archipel qui, au long de l’histoire, a été convoité par tous, envahi, colonisé : il semble que les îles Baléares constituent un point stratégique de contrôle de l’entrée dans la Méditerranée depuis l’Atlantique ; l’archipel de Malte l’est tout autant vers le Moyen Orient.


Ensuite parce que, à part l’histoire des chevaliers de Malte, les séjours anglo-linguistiques qu’y font certains jeunes gens et son appartenance à L’union Européenne, j’ignorais tout le reste.

Fortifications, bords de mer dangereux et pêche aventureuse (là-bas les bateaux ont l’œil d’Osiris peint sur la proue pour les protéger) sont le lot des deux archipels pendant des siècles. Les habitants vivent plus volontiers, plus en sécurité, à l’intérieur des terres et la cuisine traditionnelle en est le témoin. Ici à Malte j’ai trouvé « une soupe de la veuve » faite de légumes et fromage de chèvre fondu et puis le plat le plus apprécié, le lapin. (Il y a bien sûr des poissons et une forte influence de la cuisine italienne, la Sicile est à deux pas.)

¿Por qué Malta? Primero porque, al igual que las Baleares, es un archipiélago que a lo largo de su historia ha sido codiciado, invadido, colonizado: parece ser que las islas Baleares son un punto estratégico para el control de la entrada en el Mediterráneo desde el Atlántico; el archipiélago de Malta no lo es menos hacia el Oriente Medio.

Después porque, aparte de la historia de los caballeros de Malta, de las estancias anglo-lingüísticas que realizan algunos jóvenes allí y su pertenencia a la Unión Europea; lo demás, lo ignoraba.


Fortificaciones, costas peligrosas y pesca venturosa (allí los barcos tienen el ojo de Osiris pintado en la proa para protegerlos) son el destino de los dos archipiélagos durante siglos. Los habitantes eligen vivir en terrenos más resguardados, seguros, en el interior de las tierras y la cocina tradicional lo refleja: Aquí en Malta he encontrado una “sopa de la viuda” hecha con verduras y queso fresco de cabra fundido y el plato más apreciado que es el conejo. (Por supuesto hay pescado y una fuerte influencia de la cocina italiana, Sicilia está a dos pasos.)

Les illustrations sont du peintre maltais Edward Caruana Dingli

Las ilustraciones son del pintor maltés Edward Caruana Dingli.



Et pour terminer un poème que je trouve très réussi écrit en maltais par Oliver Friggieri

et traduit en français par Martine Vanhove.

Y para terminar un poema que encuentro muy expresivo, escrito en maltés por Oliver Friggieri , traducido al francés por Martine Vanhove y al español, por MA y yo, Colo.

LE RITUEL DU CRÉPUSCULE

Le désir pénètre chevauchant la vague,

chacun l'observe et le salue,

mon coeur sur la jetée attend

comme à l'appel du crépuscule :

l'espoir lui fait délier les filets et voir le contenu,

l'amour lui a appris à ne rien demander et il se tait,

l'angoisse lui a enseigné que la prise n'est pas pour lui.


El ritual del crepúsculo

El deseo penetra cabalgando la ola,

todos le observan y le saludan,

mi corazón en el malecón espera

como cuando suena el crepúsculo:

la esperanza le hace desatar las redes y ver el contenido,

el amor le ha enseñado a no pedir nada y se calla,

la angustia le ha enseñado que para él no es lo cogido.

(trad. MA y Colo)



3 févr. 2011

En longeant les côtes... / Costeando...

Un peu de musique ? Voici la belle voix de l’algérienne Souad Massi.

¿Un poco de música ? Hé aquí la bonita voz de la argelina Souad Massi.


Embarquons à bord d’un ou plusieurs llaouds…combien sommes-nous ?- ces modestes bateaux de pêche traditionnels majorquins. Si l’archipel de Malte est notre prochaine escale, nous resterons en mer cette semaine. Le temps de regretter les rires des femmes algériennes, les amandiers en fleur et celui dont nous n’avons pas parlé : le désert.

Embarquemos a bordo de uno o más llaudes… ¿cuántos somos? - esos modestos tradicionales barcos de pesca mallorquines. Si el archipiélago de Malta es nuestra próxima escala, esta semana nos quedaremos en el mar. El tiempo de echar de menos las risas de las mujeres argelinas, los almendros en flor y él que no hemos mencionado: el desierto.

CASIDA DEL SEDIENTO Miguel Hernández

Arena del desierto
soy: desierto de sed.
Oasis es tu boca
donde no he de beber.

Boca: oasis abierto
a todas las arenas del desierto.

Húmedo punto en medio
de un mundo abrasador,
el de tu cuerpo, el tuyo,
que nunca es de los dos.

Cuerpo: pozo cerrado
a quien la sed y el sol han calcinado.

Casida de l’assoiffé - Miguel Hernández (casida: composition poétique arabe ou persane)

Sable du désert
je suis : désert de soif.
Oasis est ta bouche
où je ne dois boire.

Bouche : oasis ouverte
à tous les sables du désert.

Point humide au milieu
d’un monde brûlant,
celui de ton corps, le tien,
qui n’est jamais des deux.

Corps : puits fermé
que la soif et le soleil ont calciné. (Trad. Colo)


Le temps aussi, en longeant les côtes, de croquer des khobz tounes, ces gâteaux algériens aux amandes parfumés au citron ou alors ces délicieux kaâk ambar tunisiens à l’amande et eau de rose.

El tiempo también, costeando, de hincar el diente en unos khobz tounes, esos pastelitos de almendras argelinos perfumados al limón o esos deliciosos kaâk ambar tunecinos de almendras y agua de rosas.

Le temps enfin et bien sûr, de suivre attentivement les nouvelles venant des pays en ébullition démocratique.

Mais voilà que les îles ….à la semaine prochaine.

El tiempo por fin y por supuesto, de seguir atentamente las noticias procedentes de los países mediterráneos en ebullición democrática.

Pero allí están las islas…hasta la semana que viene.